Allitération
Une allitération est la répétition d’un son identique. Le terme « allitération » est employé pour la répétition de consonnes dans une suite de mots rapprochés.
D’une manière générale, l’allitération produit un effet harmonique (on parle d’« harmonie imitative » lorsque la sonorité des mots employés évoque ou imite le bruit que produit la chose dont il est question) ou de soulignement.
Exemples littéraires :
Racine, Andromaque, acte V, scène 5 :
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
→ Il s’agit ici d’une harmonie imitative : la sonorité des mots évoque le sifflement du serpent.
Victor Hugo, La Légende des siècles, « Booz endormi » :
Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.
→ Allitérations en [f] et en [l].
Rimbaud, « Le Dormeur du val » :
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
→ Effet de dureté.
Émile Verhaeren, Les Villages illusoires (1895) :
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs,
Voici le vent,
Le vent sauvage de novembre.
→ Les allitérations en [v], [f] et [ʃ] imitent le souffle du vent. On parle là aussi d’harmonie imitative.
Comment identifier et analyser une allitération ?
Pour repérer une allitération, lisez l’extrait à voix haute : la répétition sonore s’entend avant de se voir. Repérez ensuite les consonnes dominantes et vérifiez qu’elles reviennent dans des mots rapprochés (généralement dans la même phrase ou le même vers).
Dans un commentaire composé, ne vous contentez pas de nommer le procédé : interprétez-le. Demandez-vous ce que cette répétition sonore produit comme effet (douceur, dureté, fluidité, tension) et en quoi cet effet renforce le sens du texte. Par exemple : l’allitération en [r] et [d] crée une impression de brutalité qui renforce la violence de la scène.
Quelques effets fréquents selon les consonnes :
- [s], [f], [v] → sons continus, évoquent un souffle, le sifflement, la fluidité
- [r], [d], [t] → sons durs ou roulés, évoquent la brutalité, le choc ou encore la violence
- [l], [m], [n] → sons liquides ou nasaux, peuvent évoquer la douceur, la mélancolie, la lenteur
Attention : ces associations sont des tendances, pas des règles. C’est toujours le contexte qui donne son sens à une allitération.
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Foire aux questions
Quelle est la différence entre allitération et assonance ?
L’allitération répète un son consonantique, l’assonance répète un son vocalique. Par exemple, « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » est une allitération en [s].
Comment identifier une allitération dans un texte ?
Repérez la répétition d’une même consonne ou d’un même son consonantique dans des mots proches, puis interrogez-vous sur l’effet produit en lien avec le sens du passage.
Qu’est-ce que l’harmonie imitative ?
C’est l’utilisation d’allitérations (et d’assonances) pour imiter par le son la réalité décrite : sifflement, fracas, écoulement de l’eau, etc.
Comment analyser une allitération dans un commentaire de texte ?
Nommez le procédé, citez les sons répétés et les mots concernés, puis interprétez l’effet en lien avec le sens : « l’allitération en [s] imite le sifflement du serpent et renforce l’image de menace. »
L’allitération est-elle réservée à la poésie ?
Non, on la trouve aussi dans la prose littéraire, les slogans publicitaires et les titres : elle produit partout un effet de rythme et de mémorisation.