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Le Menteur de Corneille – Résumé de la pièce

Résumé du Menteur de Pierre Corneille

Un document préparé par Jean-Luc.

Acte I

Scène 1

Dorante revient à Paris après des études de droit à Poitiers. Il retrouve son valet Cliton et lui confie son goût irrésistible pour l’embellissement (le mensonge) et la séduction. Ce travers fonde la comédie de caractère.

Scène 2

Au jardin des Tuileries, il aperçoit deux jeunes femmes, Clarice et Lucrèce. La première feint de trébucher. Dorante vient à son secours et engage une conversation galante avec elles. Pour les impressionner, il invente qu’il s’est illustré au cours des guerres menées en Allemagne. Il prétend également aimer Clarice depuis un an alors qu’il vient juste de la voir. Clarice se montre réservée face à cet inconnu qui lui déclare soudainement sa flamme.

Scène 3

Le valet reproche à son maître de mentir de manière éhontée. Dorante le rabroue et lui demande de se renseigner sur les deux jeunes femmes. Cliton revient avec une information : l’une s’appelle Lucrèce. Dorante croit que c’est la plus belle, alors qu’il a entrepris Clarice. Ce quiproquo va alimenter la comédie d’intrigue.

Scène 4

Clarice et Lucrèce commentent leur rencontre avec le jeune homme. Clarice est déjà fiancée à Alcippe, mais trouve Dorante séduisant. Lucrèce, elle, est sincèrement charmée. L’arrivée d’Alcippe et de Philiste, amis de Dorante, oblige Clarice et Lucrèce à s’éloigner pour ne pas provoquer la jalousie du fiancé.

Scène 5

Alcippe confie à Dorante qu’il voudrait en savoir plus sur une fête nautique qui a été donnée la nuit dernière en faveur d’une dame. Aussitôt, pour éblouir ses amis, Dorante s’attribue l’organisation de ce concert et repas fastueux. Philiste doute cependant de la véracité de ce compte‑rendu fabuleux tandis qu’Alcippe, jaloux, part furieux.

Scène 6

Le valet, estomaqué par l’audace fabulatrice de son maître, essaie de le ramener à un comportement plus moral. Dorante se justifie en rétorquant qu’un guerrier est plus séduisant qu’un homme de loi jargonnant. Il néglige les avis raisonnables de Cliton qui le prévient que « ces pratiques / […] peuvent [l’] engager en de fâcheux intriques ».

Le Menteur - Comédie

Acte II

Scène 1

Géronte, le père de Dorante et ami du père de Clarice, affirme à cette dernière qu’il serait très heureux que son fils l’épouse. La jeune femme qui croit n’avoir jamais rencontré ce prétendant demande à Géronte de pouvoir faire sa connaissance à son insu. Le père acquiesce à cette juste demande et annonce qu’il amènera son fils sous le balcon de Clarice.

Scène 2

Clarice partage son embarras à sa suivante Isabelle. Doit‑elle se soumettre au projet matrimonial de Géronte, sûr mais inconnu, ou se garder pour Alcippe qui la courtise, mais qui n’a toujours pas formalisé sa demande ? Pour être sûre de son choix, elle demandera à son amie Lucrèce de la remplacer sur le balcon. Ainsi, elle pourra examiner tout à loisir ce nouveau prétendant à son insu.

Scène 3

Survient Alcippe qui s’emporte contre Clarice. Il lui en veut d’avoir été la dame fêtée et honorée par Dorante au cours de la dernière nuit. Clarice ne comprend pas ce qu’on lui reproche d’autant plus qu’elle assure son amant qu’elle ne connaît pas ce Dorante.

Scène 4

Dans une parodie du registre tragique, Alcippe, pour laver l’affront, entend provoquer Dorante en duel.

Scène 5

Géronte, qui a accepté que son fils abandonne ses études de droit pour devenir militaire, l’informe qu’en compensation il lui a arrangé un mariage avec une certaine Clarice. En effet, il souhaite, face aux risques, avoir au plus vite un petit‑fils pour perpétuer le nom. Dorante, qui veut épouser celle qu’il croit être Lucrèce, invente aussitôt qu’il est déjà marié secrètement depuis deux ans, avec une femme rencontrée à Poitiers. L’entassement des circonstances invraisemblables qui ont conduit à ce mariage forcé est du plus haut comique.

Scène 6

Dorante se félicite de son habileté devant son valet ébahi qui, lui aussi, s’est laissé prendre par le jeu de son maître.

Scène 7

Dorante reçoit un billet de rendez-vous de la part de Lucrèce (lettre écrite en réalité par Clarice). Ignorant toujours laquelle des deux jeunes femmes porte ce nom, il persiste à suivre son intuition et décide de se rendre à cette invitation galante.

Scène 8

Il est également convoqué à se battre en duel avec Alcippe. Loin de s’en émouvoir, il s’enorgueillit d’avoir, lors de sa première journée parisienne, « déjà querelle, amour et mariage ».

Acte III

Scène 1

Dorante se rend à la convocation de son adversaire et lui demande en quoi il a commis un affront. Il détrompe la jalousie d’Alcippe en proférant un autre mensonge. La fête qu’il prétendait avoir donnée était destinée à une femme mariée et donc ne pouvait concerner la fiancée de son ami.

Scène 2

Philiste révèle à Alcippe que Dorante a menti en prétendant être celui qui a donné la fête galante sur l’eau. Il s’engage aussi, auprès de son ami, à apaiser la colère de Clarice injustement accusée de trahison par son amant.

Scène 3

Clarice apprend les mensonges de Dorante. Il est le fils de Géronte. C’est lui qui viendra au rendez-vous galant, fixé par le billet envoyé par Lucrèce. Clarice en veut à Dorante de l’avoir trompée et d’avoir excité la jalousie d’Alcippe. Isabelle, sa servante, ne voit là que les manigances d’un jeune séducteur. Clarice ne sait que penser : Dorante n’a‑t‑il pas prétendu qu’il était déjà marié ? Géronte n’est‑il pas venu demander la main de la jeune fille pour son fils ? Elle ira au rendez-vous et jouera le rôle de Lucrèce pour démasquer le menteur. Si ce futur mari ne lui convient pas, elle se contentera d’Alcippe.

Scène 4

Cliton informe son maître que Lucrèce est fille d’un homme de robe. Il espère qu’elle saura rivaliser avec lui dans l’art du mensonge.

Scène 5

Clarice, qui se fait passer pour Lucrèce, révèle à Dorante qu’il n’est qu’un menteur. Elle connaît toute la vérité : Dorante est un étudiant arrivé la veille à Paris. Il n’a jamais donné de souper sur l’eau. Le jeune homme, toujours persuadé qu’elle est Lucrèce, continue ses déclarations enflammées. Clarice lui assène un dernier coup : elle sait qu’il est marié. Dorante, habilement, essaie de la détromper en prétendant que c’est par amour pour elle qu’il a prétendu être marié. Ce mensonge devait lui servir à échapper au projet matrimonial nourri par son père. Clarice, troublée par l’audace, termine brusquement la conversation.

Scène 6

Dorante est dépité, et cherche comment se tirer de ce mauvais pas.

Acte IV

Scène 1

Pour revenir en grâce auprès de celle qui l’a éconduit, Dorante envisage de soudoyer la servante. Cliton apprend alors à son maître que le bruit court qu’Alcippe s’est battu en duel. Aussitôt Dorante s’attribue ce rôle d’adversaire. Il prétend qu’au cours de l’échange, il a touché deux fois son ami et l’a laissé comme mort.

Scène 2

Survient alors Alcippe… bien vivant. Il apprend à Dorante qu’il va bientôt se marier avec Clarice. Son père vient d’arriver pour conclure cette union.

Scène 3

Cliton demande des comptes à son maître au sujet de ce prétendu duel. Dorante ne manquant pas d’aplomb, allègue des remèdes miraculeux, une « poudre de sympathie » qui guérit les blessures mortelles. Son valet reste pantois devant tant d’audace.

Scène 4

Géronte survient, ce qui agace son fils. Il demande à Dorante de faire la connaissance de sa future belle-fille. Pour se sortir de ce mauvais pas, Dorante invente que sa future femme est enceinte de six mois et qu’elle ne peut se déplacer. Géronte, ravi de cette nouvelle qui comble ses espérances, demande alors d’écrire à son père. Acculé dans ses mensonges, Dorante se contredit sur le nom de son prétendu beau-père, puis prétexte un double patronyme. Il se tire provisoirement d’affaire.

Scène 5

Cliton fait remarquer à son maître que les jeunes femmes qui connaissent la vérité ne tarderont pas à la révéler. Dorante décide donc de s’engager sans tarder avec celle qu’il croit être Lucrèce.

Scène 6

Scène de franche comédie où Dorante essaie de soudoyer la servante Sabine pour qu’elle porte sa lettre à sa maîtresse. Sabine feint d’en être offusquée pour faire monter le prix de la course. Cliton la sermonne pour la faire céder et montre tous les avantages de la vénalité. Dans leur situation, les domestiques ne peuvent s’offrir le luxe de refuser ces occasions.

Scène 7

Cliton et Sabine négocient. Sabine révèle que Lucrèce n’est pas insensible mais qu’elle doute de Dorante à cause de ses mensonges.

Scène 8

Lucrèce qui attendait impatiemment le retour de sa servante, lit la lettre de Dorante. Elle doute de la sincérité du « fourbe ». Mais Sabine lui apprend le prix de sa course, ce qui confirme l’attachement de Dorante. Lucrèce instruit alors sa servante d’avoir à maintenir Dorante dans l’expectative, afin de le mettre à l’épreuve.

Scène 9

Clarice et Lucrèce échangent leurs avis sur Dorante. La lettre reçue par Lucrèce détache définitivement Clarice de Dorante. Désormais, elle se consacrera à Alcippe. Les deux jeunes femmes s’accordent sur le fait que Dorante est un grand menteur, mais Lucrèce admet une certaine curiosité amoureuse.

Acte V

Scène 1

Géronte demande à Philiste des nouvelles de « Pyrandre » ou « Armédon » à Poitiers. Philiste confirme que de telles personnes n’existent pas et qu’il n’y a eu aucun mariage. Il ajoute insidieusement que Dorante sait composer des récits imaginaires. Géronte comprend qu’il a été trompé par son fils.

Scène 2

Géronte, furieux et honteux, déplore sa crédulité et la malhonnêteté de son fils. Corneille parodie comiquement le Don Diègue de son Cid.

Scène 3

Géronte, qui estime son honneur bafoué par son fils, sermonne vertement Dorante. Il exige la vérité sur son épouse. Dorante, acculé, avoue qu’il aime Lucrèce et que tout le reste était faux pour éviter d’épouser Clarice. Géronte, furieux, jure que Dorante mourra de sa main s’il ment encore, mais accepte de demander la main de Lucrèce pour sauver l’honneur.

Scène 4

Dorante confesse à Cliton que, bien qu’il aime Lucrèce (en fait Clarice), l’amie de celle-ci (en fait Lucrèce) lui plaît aussi beaucoup. Mais, lié par la confession et la promesse que lui a arrachées son père, il regrette de ne plus pouvoir choisir.

Scène 5

Sabine informe Dorante que Lucrèce a déchiré la lettre (un pieux mensonge, car elle l’a lue) mais qu’il y a de l’espoir s’il cesse de mentir.

Scène 6

Virtuosité de la rencontre finale aux nombreux retournements de situation. Dorante veut rester le maître du jeu. Clarice et Lucrèce sont ensemble, elles se disputent au sujet de savoir qui est la véritable cible des déclarations amoureuses du jeune homme. Dorante, qui est attiré par les deux femmes, tente de parler aux deux. Il commence par tenter sa chance auprès de Clarice. Puis apprenant qu’elle l’a joué, il se déclare à Lucrèce. S’il a menti, c’était par amour pour elle. Dorante justifie en outre sa stratégie mensongère par son désir de ne pas blesser son ami Alcippe et, peut-être, en secret, le bonheur de pouvoir concilier son attirance et sa soumission filiale à son père.

Scène 7

Fin heureuse, puisqu’il s’agit d’une comédie, mais fin ambiguë aussi, puisque le menteur n’est pas puni. Les pères arrivent. Géronte a obtenu le consentement du père de Lucrèce. Alcippe et Clarice se marient. Dorante et Lucrèce promettent de s’unir. Cliton clôt la pièce en louant l’habileté de son maître qui, par ses mensonges, a réussi à s’en sortir indemne.

Foire aux questions

Qui sont les personnages principaux du Menteur de Corneille ?

Les personnages principaux sont Dorante, le jeune menteur compulsif, son valet Cliton, et les deux jeunes femmes qu’il courtise, Clarice et Lucrèce, dont il confond les noms dès le début.

Quelle est l’origine du quiproquo central dans la pièce ?

Dorante croit courtiser Lucrèce alors qu’il a abordé Clarice, déjà fiancée à Alcippe. Ce malentendu sur les prénoms nourrit toute l’intrigue de la comédie.

Le Menteur est-il puni à la fin de la pièce ?

Non : la pièce se conclut sur deux unions heureuses (Alcippe épouse Clarice, et Dorante promet d’épouser Lucrèce), mais le menteur n’est jamais vraiment sanctionné pour ses mensonges, ce qui donne à la comédie une fin délibérément équivoque.

À quelle date la pièce Le Menteur de Corneille a-t-elle été créée ?

La pièce a été représentée en 1642 au théâtre du Marais et publiée en octobre 1644. Corneille s’est inspiré d’une comédie espagnole de Juan Ruiz de Alarcón, La Verdad sospechosa (La vérité suspecte).

Quels types de comique Corneille utilise-t-il dans Le Menteur ?

Corneille mêle la comédie de caractère (le travers du mensonge), la comédie d’intrigue (les quiproquos sur les identités) et des touches de parodie du registre tragique, notamment avec le personnage d’Alcippe.

En quoi la pièce Le Menteur est-elle représentative de la comédie classique ?

La pièce respecte globalement la règle des trois unités, présente des personnages typés et se conclut par des mariages, conformément aux conventions de la comédie du XVIIe siècle.