Histoire du roman au XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, le genre romanesque n’a pas de poétique spécifique : c’est encore un genre sans règles précises. Cette situation forme un constraste très fort avec la fin du XIXe siècle où le genre romanesque est dominant.

Dans De la littérature (ouvrage qui évoque l’histoire de la littérature), Madame de Staël (1766-1817) ne mentionne même pas le roman, excepté quelques pages sur le roman anglais. L’auteur constate aussi que les romans psychologiques sont bien souvent écrits par des femmes.
La Harpe (1739-1803) ne mentionne pas non plus le roman. Il fait seulement quelques remarques sur les romans chevaleresques du Moyen-Âge.
→ Le roman est à cette époque un genre en marge, bien que ce soit un genre assez libre. Les romanciers assimilent leurs romans à d’autres genres littéraires : le roman peut être alors un poème épique en prose, des mémoires, etc.
C’est dans les années 1830-1840 que le roman commence à faire partie de la littérature « sérieuse ». Au début du XIXe siècle, il existe trois grands types de roman :

  • le roman picaresque : il s’agit d’un roman dont le héros est un aventurier issu du peuple et qui est volontiers voleur, mendiant ou vagabond ;
  • le roman sentimental : il véhicule la sensibilité, la sentimentalité. Il s’agit des romans d’amour (avec des intrigues amoureuses et des analyses d’ordre psychologique).
  • les dialogues philosophiques : cf. Diderot (1713-1784), Le Neveu de Rameau et Jacques le Fataliste.
  • Il existe aussi des romans populaires : il s’agit des romans « noirs » ou « gothiques » qui proposent des scénarios mélodramatiques.

Le roman historique connaît un grand succès dans les années 1820, avec notamment Walter Scott (1771-1832). L’impact sur les écrivains romantiques est très important. Victor Hugo a par ailleurs fait l’éloge du roman Ivanhoé (1820) où l’Histoire est le sujet du livre → le roman n’est plus du faux, de l’inventé.

Alfred de Vigny (1797-1863), dans la préface de son roman historique Cinq-Mars (1826), propose une réflexion sur la vérité dans l’art. Il suggère aussi quelques règles concernant le roman.

Dans les années 1840-1845, Balzac incarne le romancier des mœurs. Balzac décrit les effets sociaux et en explique les causes (→ tentation encyclopédique). Dans la Comédie humaine, chaque étude de mœurs correspond à une scène : scène de la vie provinciale, scène de la vie parisienne, etc. Ces études de mœurs constituent les bases du roman réaliste.

Le roman personnel existe aussi au XIXe siècle : il s’agit de l’analyse (psychologique) d’une figure centrale, analyse souvent opérée par le narrateur ou l’auteur du récit. Cf. Chateaubriand, René (1802).

Stendhal (1783-1842) a incorporé les caractéristiques du roman personnel dans des genres plus complexes. Le roman stendhalien a développé les potentialités et les techniques du roman.

Les genres annexes : le conte et la nouvelle présentent une gamme de personnages moins large, et les intrigues sont réduites par rapport à celles du roman. Beaucoup d’auteurs ont essayé le conte et la nouvelle : Flaubert, Zola, Balzac, etc. Le conte et la nouvelle véhiculent généralement la rêverie, l’étrange, le fantastique et le morbide : il s’agit en fait d’un genre refuge : la réalité du monde est oubliée.

George Sand a fait preuve d’une étonnante productivité littéraire. Ses romans protestent souvent contre une société faite par et pour les hommes et ont ainsi dénoncé le problème du statut de la femme. Du coup, il s’agit souvent de romans de souffrance et de protestation.

Après 1848, on découvre le réalisme, terme de prime abord utilisé par les peintres (Courbet, Millet, etc.). Le réalisme est une nouvelle attitude, en opposition avec l’ordre établi. Baudelaire, avec Les Fleurs du Mal, et aussi Flaubert, ont été accusés d’excès de réalisme et de « réalisme grossier ». Cf. Madame Bovary.

Quelques mots sur le roman naturaliste

Le roman naturaliste est dominant de 1865 à 1885. Le réalisme voulait allier le beau et le vrai et l’extension du réalisme est sans doute dans l’école naturaliste.

La volonté de l’époque est de faire œuvre de science, d’où la nécessité de la documentation. La science devient ainsi le « modèle » pour le romancier. Lire Le Roman expérimental sur le site Lyc-levigan.ac-montpellier.fr.

1887 est l’année de la publication du « Manifeste des Cinq », dont les auteurs dénoncent les excès du naturalisme.

Conseils de lecture

Histoire de la littérature française  Histoire de la littérature française
X. Darcos, Histoire de la littérature française, Hachette.
B. Valette, Histoire de la littérature française, Ellipses.