Allégorie

(figure de pensée) Une allégorie désigne la représentation d’une abstraction, d’une idée, par une image concrète, souvent par un être vivant.

Exemples d’allégories en littérature

Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, I, « Misères » :

Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée. […]

Victor Hugo (1802-1885), Les Contemplations (1856), Livre IV, « Mors » :

Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.
Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant,
Noir squelette laissant passer le crépuscule. […]


→ La faucheuse est l’allégorie de la mort.

Dans le poème « Spleen - Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle… » de Baudelaire :

— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.


→ L’allégorie est souvent marquée par une majuscule.

Ou encore dans le poème « Bon chevalier masqué qui chevauche en silence » de Paul Verlaine (dans Sagesse) :

Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,
Le Malheur a percé mon vieux cœur de sa lance. […]
Alors le chevalier Malheur s’est rapproché,
Il a mis pied à terre et sa main m’a touché.

L’allégorie est une figure proche de la personnification.

Fontanier, dans Les figures du discours, définit l’allégorie de la manière suivante :

Proposition à double sens […] par laquelle on présente une pensée sous l’image d’une autre pensée, propre à la rendre plus sensible et plus frappante que si elle était présentée directement […].

L’allégorie en peinture :

Allégories
Jean-Baptiste Regnault (1754-1829), Un Génie montre à la France la Liberté et la Mort (1794), Hamburger Kunsthalle, Hambourg.


Pour l’étude de ce tableau, voir Regnault, Un Génie montre à la France la Liberté et la Mort.

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