Le romantisme

Cette page a été rédigée par Benjamin.

Le romantisme est le mouvement qui incarne la liberté : c’est « le libéralisme en littérature »1. Cherchant l’évasion dans le rêve, dans l’exotisme (« Parfum exotique » de Charles Baudelaire), il exalte le goût du mystère et du fantastique. Il réclame la libre expression de la sensibilité, et prônant le culte du moi, comme il est dit dans la préface aux Méditations poétiques de Lamartine : « je n’imitais plus personne, je m’exprimais moi-même pour moi-même ». Le romantisme se veut détaché de toute contrainte formelle car « aucune loi ne le domine ». Il se veut infini, toujours à la recherche de l’essence de la nature humaine. Le romantique est en quelque sorte un explorateur à la recherche des terres inconnues, où pullulent des sensations et des pulsations nouvelles. C’est bien pour cela que seule sa poésie « est infinie, comme elle seule est libre ». Non seulement elle se veut infinie, mais elle est la « poésie universelle progressive », c’est-à-dire qu’elle mêle et fond tous les genres possibles pour peu qu’ils soient imprégnés du sentiment romantique. « L’examen de l’homme est jusqu’à présent le plus digne représentant du romantisme », disait Baudelaire. L’homme subissant les fluctuations liées à son histoire, comment se peut-il qu’il demeure le même homme au fil des siècles ? Ainsi, être romantique, c’est être le peintre des nouvelles couleurs humaines. Le romantisme est donc un épanchement intérieur, il est « le génie qui s’adresse immédiatement à notre cœur ». Mais, le romantisme est aussi l’opposition à l’héritage antique. La poésie romantique se veut créatrice et revient à l’étymologie du terme poiêsis en grec qui signifie « création ». En effet, elle consiste dans l’acte de toujours pérenniser « le faire », de toujours pérenniser la création. C’est en ce sens qu’elle s’oppose au classicisme, qui n’est que l’écoute des poètes anciens, qui demeure figé dans son époque, qui ne peut apporter aucun renouveau, aucune nouvelle âme à la littérature du XIXe siècle alors que « la littérature romantique est la seule qui soit susceptible encore d’être perfectionnée, parce qu’ayant ses racines dans notre propre soi, elle est la seule qui puisse croître et se vivifier de nouveau »2.


1 Victor Hugo (1802-1885), Hernani, préface.
2 Madame de Staël (1766-1817), De l’Allemagne (1810).

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