Grammaire

Subjonctif

Une contribution de Michel.

Il est difficile, particulièrement pour ceux dont la langue maternelle n’est pas le français, de comprendre pourquoi le subjonctif figure dans une proposition et pas dans une autre. Je vais donner quelques explications, couvrant un assez grand nombre de cas, et tirées en partie des sites :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Subjonctif
http://www.etudes-litteraires.com/forum/topic3636-il-ny-a-pas-que-indicatif-ou-subjonctif.html

Mettre une proposition au subjonctif (respectivement, à l’indicatif) conduit à envisager sa réalisation comme possible (respectivement, très probable), et, éventuellement, à se prononcer ultérieurement sur le bien fondé d’une telle position. Pour être précis, lorsque la subordonnée dépend d’une proposition rectrice pourvue d’un sujet se référant à une personne physique (ou des personnes physiques), cela conduit cette personne (ou ces personnes) à envisager comme possible la réalisation de la subordonnée. L’emploi du subjonctif dans une phrase comme « Quel imbécile : il doute que ce soit vrai ! » s’explique donc par le fait que la personne à laquelle se réfère le sujet de la proposition principale envisage comme incertaine la réalisation de la subordonnée ; que l’énonciateur ne partage pas cet avis n’a rien à voir avec l’emploi du mode. De même, l’emploi de l’indicatif dans « Eh bien ! ces Parisiens s’imaginaient que nous sommes des imbéciles » (7, partie 2, chapitre 10) s’explique par le fait que « ces Parisiens » regardaient comme quasi-certaine l’imbécillité des habitants d’Issoudun. Enfin, prenons l’exemple d’un élève qui n’aimerait pas les cours d’anglais et qui dit à ses parents « Il est impossible que mon professeur vienne aujourd’hui, car il est mort » ; la proposition rectrice indique que la possibilité que la subordonnée se réalise doit, aux dires de l’énonciateur, être rejetée ; que l’élève mente est un autre problème, qui, là encore, n’a rien à voir avec l’emploi du mode. On évitera simplement d’envisager comme très probable la réalisation de la subordonnée avant de déclarer, finalement, que cette présentation est erronée ; ainsi, on n’écrira pas « Il est possible que mon professeur viendra », alors qu’on écrit : « Il est probable qu’elle avait eu avec Marius une de ces conversations dans lesquelles l’homme aimé dit ce qu’il veut, n’explique rien et satisfait la femme aimée » (Hugo, Les Misérables).

La phrase « Crois-tu que, toujours ferme au bord du précipice, Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse ? » (Boileau, Les Satires, satire 10) conduira le sujet « tu »de la principale à dire s’il regarde comme quasi-certaine la réalisation de la subordonnée, et, ici, à répondre par la négative. La phrase « Crois-tu que cette accusation soit fondée ? » conduira le sujet « tu » à dire s’il regarde comme possible la réalisation de la subordonnée. On analyserait de même les phrases « Mais tu ne crois pas que cette accusation soit fondée, quand même ! », « Il ne croit pas que cette accusation est fondée », « Crois-tu maintenant qu’elle est fondée ? », « S’il pense qu’elle est fondée, alors coupe toute relation avec lui ».

Examinons de même quelques subordonnées relatives. Dans « J’offre mon fusil de chasse à quiconque trouvera les moyens de jouer un tour à ces parisiens qui les mette si mal avec monsieur et madame Hochon, qu’ils soient renvoyés par ces deux vieillards, ou qu’ils s’en aillent d’eux-mêmes » (7, partie 2, chapitre 7), la réalisation de la subordonnée n’est envisagée par l’énonciateur que comme possible. La phrase « Avant tout indiquez-moi les militaires de l’ancienne armée revenus ici, qui ne sont point du parti de ce Maxence Gilet, et avec lesquels je puisse me lier » (7, partie 2, chapitre 11), vise à connaître les militaires qui, à la connaissance du sujet « vous » [à savoir, les capitaines Mignonnet et Carpentier] ne sont à coup sûr point du parti de Maxence Gilet et avec lesquels Philippe Bridau pourrait se lier. La phrase « Y a-t-il des villes qu’il n’a pas visitées ? » invite l’allocutaire à préciser les villes que, à coup sûr, le « il » n’a pas visitées, tandis que la phrase « Y a-t-il des villes qu’il n’ait pas visitées ? » invite l’allocutaire à préciser les villes que « il » n’aurait, peut-être, pas visitées.

Ainsi le subjonctif apparaît comme une restriction à la réalité du fait.

Derrière une expression comme « il est peu probable que », on doit donc s’attendre à trouver un subjonctif ou, éventuellement, un conditionnel. Ainsi, en est-il dans : « Grimm a toujours affirmé qu’il ne l’avait pas touchée [la jeune fille] : c’était donc pour nous impatienter qu’il resta si longtemps avec elle ; et s’il s’en abstint, il est peu probable que ce fût par scrupule, puisque, avant d’entrer chez le comte de Frièse, il logeait chez des filles au même quartier Saint-Roch » (Rousseau, Confessions), « Mais il était peu probable que Diébitsch oserait laisser l’armée polonaise tout entière sur le Bug pour se rapprocher lui-même d’un grand fleuve qu’il n’était pas prêt à passer » (Louis Pierre Anquetil, Histoire de France, chapitre 44), « Ils nous ont dit qu’il était peu probable que le législateur se laisserait influencer par un intérêt privé » (Archives parlementaires de 1787 à 1860), « Une partie de l’argent de l’homme — si toutefois il en avait— nous était certainement due, mais il était peu probable que les compagnons de notre capitaine, surtout les deux spécimens que j’avais vus, Chien Noir et le mendiant aveugle, seraient enclins à abandonner leur butin en paiement des dettes du mort ». (Stevenson, L’Île au trésor, chapitre 4), « Il était peu probable que le Congrès des États-Unis prendrait une décision à cet égard » (Revue de droit international et de législation comparée, 1885)

Comme la volonté, la nécessité, le désir portent généralement sur des choses non acquises, et qui, pour la plupart sont futures ou incertaines, le subjonctif sert à l’expression d’un état ou d’une action dépendante d’une volonté quelconque, positive ou négative, ou d’un sentiment.

Le subjonctif sert aussi à exprimer un fait réel, mais dépendant de l’affectivité de quelqu’un, c’est-à-dire en ne le présentant pas de manière neutre. Dans ce cas, l’affectivité prime sur la réalité de l’action. Alors que l’indicatif servirait à rapporter un fait en tant que tel. Exemples : « Cela désole sa sœur qu’il se soit fâché avec ses parents » –il s’agit d’un fait réel, mais il est d’emblée présenté comme envisagé par quelqu’un qui a une émotion à son sujet–, « Il s’est fâché avec ses parents, cela désole sa sœur » –le fait est tout d’abord rapporté objectivement, puis une émotion est exprimée à son sujet–.

Le remplacement de l’indicatif par le subjonctif n’apporte parfois qu’une nuance imperceptible de sens : « Il nous a caché que Marie était venue », « Il nous a caché que Marie fût venue ».

Souvent, quand la proposition rectrice est négative, conditionnelle ou interrogative, la subordonnée, complétive pure ou relative déterminative, est au subjonctif : « S’il est décidé que nous en venions aux mains, M. Morden et moi, nous engagerons le combat avec les mêmes sentiments pour l’objet de notre querelle » (Richardson, Histoire de Miss Clarisse Harlove, lettre 366). Mais pas toujours ! En effet, il ne faut pas perdre de vue que des verbes comme « douter » ou « nier » peuvent induire l’idée de négation de la proposition subordonnée.

Nous allons maintenant reprendre et compléter ce qui vient d’être dit.

Le subjonctif peut être employé dans une proposition optative ou jussive: « Les ribauds, ces fous, ces gueux, tuèrent clercs et femmes et enfants ; pas un, je crois, n’échappa. Dieu reçoive leurs âmes, s’il lui plaît, dans son paradis ! » (Chanson de la croisade albigeoise, laisse 21), « Va, va et advienne que pourra ! » (parole adressée à Jeanne d’Arc par Robert de Baudricourt), « Grâces au ciel mes mains ne sont point criminelles. Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles ! » (Racine, Phèdre, Acte I, scène 3), « Qu’on aille sonner pour elle, et qu’on l’ensevelisse » (3, page 134), « Tous les Princes vinrent à Villers-Cotterêts témoigner à mon père la peine que leur causait son exil. Plût à Dieu qu’il eût continué à se conduire avec autant de modération et de dignité qu’il le fit alors ! » (4, page 37), « L’enthousiasme était général, et depuis les Tuileries jusqu’à Notre-Dame, on n’entendait qu’un cri prolongé de Vivent le Roi et l’Assemblée nationale ! » (4, page 208), « Malheureux et excellent père ! […] Celui qui tiendra ce langage ne fera que vous rendre la justice la plus sévère ; mais vos ennemis écraseront sa voix, et malheureusement ils n’en ont que trop de moyens. Eh bien ! qu’ils consomment leur ouvrage ! Qu’ils achèvent de déchirer la mémoire de cet être infortuné, et sacrifié ! Mais puisse-t-il au moins être connu un jour ! Puisse le monde savoir ce que je sais ! Puissé-je encore exister à cette époque ! » (5, page 321), « Soient deux triangles semblables ».

Le subjonctif peut être employé dans une proposition, même principale ou indépendante, pour exprimer une concession. :« Quelque difficulté et quelque péril qui me parussent dans un tel projet, je puis dire qu’il me donna plus de joie que je n’en avais jamais eu de ma vie » (La Rochefoucauld, Mémoires, partie 1), « Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre, Je ne balance point, je vole à son secours » (Racine, Andromaque, Acte I, scène 4), « Je ne sache pas que vous m’ayez jamais sauvé la vie » (Marivaux, L’Éducation d’un prince), « J’ai pris le parti de la suivre, dût-elle aller au bout du monde » (1, page 35), « Non que je fisse des efforts extraordinaires pour mériter cet éloge, mais j’ai l’humeur naturellement douce et tranquille » (1, page 38), « Quelque innocente que je fusse, je trouvais, en y pensant, que les apparences ne m’étaient pas favorables » (1, page 141), « Fussiez-vous, vous-même, un de ces ennemis implacables, cessez de l’être envers ma cendre » (2, Préface), « Non pas qu’elle eût l’espoir de tuer le loup » (A. Daudet, La Chèvre de M. Seguin), « D’ailleurs, la pensée d’être privé de cette tendresse, fût-elle illusoire, lui causait une horrible angoisse » (7, partie 2, chapitre 5), « N’eût été la compagnie du bœuf, il n’aurait probablement pas pu s’y résigner » (Aymé, Le Cerf et le Chien).

On emploie parfois le subjonctif imparfait ou le subjonctif plus-que-parfait dans la subordonnée quand la réalisation de celle-ci est soumise à une condition exprimée ou sous-entendue. On pourrait alors remplacer ce subjonctif par un conditionnel. En voici des exemples :
« Que faut-il que Bérénice espère ? Rome lui sera-t-elle indulgente ou sévère ? Dois-je croire qu’assise au trône des Césars, Une si belle reine offensât ses regards ? » (Racine, Bérénice, Acte II, scène 2), « Il n’y a aucune famille qui ne lui donnât tout ce qu’elle a de bien, s’il se trouvait dans une pressante nécessité […]. Il n’y a aucun de ses sujets qui ne craigne de le perdre, et qui ne hasardât sa propre vie pour conserver celle d’un si bon roi » (Fénelon, Les Aventures de Télémaque, livre 7), « Il n’y a pas d’apparence qu’elle y eût été renfermée pour ses bonnes actions » (1, page 34), « Cette sérénité parfaite, qu’il eût été si flatteur de lui faire oublier un instant, s’alliait chez elle à l’esprit le plus fin, et lui valait une considération au-dessus de son âge » (Stendhal, Armance, chapitre 5), « Je crois que tout le monde s’aperçut de cet inconvénient, mais personne n’en dit un seul mot qui eût gâté le triomphe de notre exposition » (chapitre 12), « Il eût fait en trois semaines le bonheur de l’humanité » (chapitre 13), « De temps à autre, je lançais le cri de l’oiseau moqueur –si parfaitement imité que sa femelle s’y fût trompée » (chapitre 17), « Il essaya trois ou quatre syllabes gutturales, mais il était hors d’état de leur donner une suite qui eût précisé leur sens » (chapitre 19), « Comme ils eussent rougi de prendre un permis, ils craignaient les gendarmes d’Aubagne » (chapitre 28), « Le porteur d’une bonne nouvelle, fût-il un criminel, n’est jamais mal reçu » (chapitre 31), « Il eût été maladroit de refuser » (chapitre 32). 
Même si un conditionnel passé est substituable au subjonctif plus-que-parfait, ce dernier n’en demeure pas moins un subjonctif, car l’auxiliaire est au subjonctif imparfait. Ainsi, « eussent obtenu » est un subjonctif, et non un conditionnel, dans « Je ne doute pas que si les membres du côté droit fussent restés dans l’Assemblée, ils n’eussent obtenu beaucoup plus que ce qui fut gagné dans la révision [de la Constitution] (4, page 178), qui est d’ailleurs à comparer à « Ma maîtresse était si aimable que je ne doutai point qu’elle ne pût lui plaire, si je trouvais le moyen de lui faire connaître sa sagesse et son mérite » (1, page 45).

 

Le subjonctif peut être employé en cas d’alternative : « Il me choisit plusieurs morceaux très pathétiques, à ce qu’il prétendait ; mais soit qu’un accent si nouveau pour moi demandât une oreille plus exercée, soit que le charme de la musique s’efface dans une profonde tristesse, ces morceaux me firent peu de plaisir » (Rousseau, La Nouvelle Héloïse, lettre 45), « Soit qu’il eût joué quelque rôle convenu, soit qu’il fût l’un des révélateurs, Philippe resta sous le poids d’une condamnation à cinq années de surveillance sous la Haute Police » (7, partie 2, chapitre 11), « Quand mes lèvres la touchèrent, les mains de ma grand’mère s’agitèrent, elle fut parcourue d’un long frisson, soit réflexe, soit que certaines tendresses aient leur hyperesthésie qui reconnaît à travers le voile de l’inconscience ce qu’elles n’ont presque pas besoin des sens pour chérir » (12), « Et qu’il fût aux champs, ou au vert, ou par les chemins, il ne se lassait pas de réfléchir à ses lectures » (Marcel Aymé, Les Bœufs), « Nos parents nous ont défendu d’ouvrir la porte, qu’on nous prie ou qu’on nous menace » (Marcel Aymé, Le Loup). 

M. Grevisse écrit : le verbe de la proposition substantive sujet, ou attribut, ou terme complétif, dans les phrases autres qu’impersonnelles, se met usuellement :
a) à l’indicatif si le fait est situé sur le plan de la réalité ; au conditionnel s’il s’agit d’un fait hypothétique ;
b) au subjonctif si le fait est simplement envisagé dans la pensée, ou s’il implique une appréciation, ou s’il est chargé d’affectivité.
Exemples : « Mais ce qui n’était pas douteux, c’est que ce trésor lui appartînt » (T. Gautier, Le Capitaine Fracasse, épilogue) –l’appartenance est envisagée, puis déclarée conforme à la réalité–, « Qu’elle se fût employée aussi à défaire […] la situation qu’elle tenait de sa grande naissance, ne signifie nullement que Mme de Villeparisis n’y attachât un grand prix »(12), « L’important est que vous réussissiez », « L’idée que vous restiez me plaît », « Quiconque veut m’accompagner est le bienvenu », « A cela s’ajoute qu’il a manqué de prudence », « De là vient que je me suis trompé ».
Toutefois, on trouve, par exemple : « Le pire était qu’à rêver sans cesse, il oubliât la moitié du temps de boire et de manger » (Aymé, Les Bœufs).

Derrière « le fait que », on a le choix entre l’indicatif-conditionnnel et le subjonctif. On trouve un subjonctif, notamment, lorsque l’exactitude du fait contenu dans la conjonctive n’apparaît pas comme allant de soi. Ainsi, lit-on : « Le fait qu’il dût avoir transporté avec lui ces coquillages durant sa vie errante, coupable et pourchassée, m’a souvent donné à penser, par la suite » (Stevenson, L’Île au trésor, chapitre 4), « Le fait qu’il m’avait été interdit d’y pénétrer, […] me le faisait […] imaginer [le salon de Mme de Guermantes] tout différent » (12), « Le fait que nous ayons nos plus gros chagrins avec les femmes qui ne sont pas de notre genre ne tient pas seulement à cette dérision du destin qui ne réalise notre bonheur que sous la forme qui nous plaît le moins » (Proust, Le Temps retrouvé, deuxième partie), « Les oppositions que j’ai pu susciter dans ma ville natale ne sont pas liées au fait que je suis Bordelais » (Mauriac, dans le Figaro littéraire du 21-10-1965), « Le fait que Dauger aurait empoisonné son maître prouve, une fois de plus, que ce n’était qu’un valet criminel » (Pagnol, Le Masque de fer), « Il n’attache pas grande importance au fait que Napoléon ait laissé une France mutilée » (Malraux, Les Chênes qu’on abat), « Les Allemands ont toujours respecté, bien reçu et bien traité les Français : à cela s’ajoute le fait que je sois un ami de Siegfried Kast ». (Robert Brasillach, Les Sept Couleurs), « L’essentiel était précisément le caractère irréductible de nos rapports, le fait que nous soyons, eux et nous, les termes opposés d’un rapport indissoluble » (Jean-Paul Sartre, Les Temps modernes, 1963), « Le fait que Voltaire a été dupé par ses associés genevois est indiqué par le fait que, le 12 mars, il pensait que l’Hercule n’était rentré que depuis trois mois » (Théodore Besterman, Correspondance de Voltaire, 1993), « On peut aussi penser à ce passage célèbre des Mémoires d’outre-tombe, où Chateaubriand raconte qu’il s’est baigné dans la tempête. On a pourtant retrouvé le journal de bord du bateau : il y est noté qu’il faisait un temps radieux le jour où M. de Chateaubriand s’est fait descendre dans l’eau. Ce qui est intéressant là-dedans, ce n’est pas la contradiction entre la mémoire et la vérité, c’est le fait que la mémoire a construit une tempête » (Pierre Vidal-Naquet, dans Vacarmes, n°17, automne 2001).

On trouve le subjonctif dans les propositions subordonnées complétives pures, après toutes sortes de propositions principales, à la forme personnelle ou impersonnelle, pour marquer que la réalisation du procès, dans la complétive, est envisagée comme incertaine. Exemples : « Ce qui paraîtra de la dernière invraisemblance de ce côté-ci des Alpes, c’est que le comte eût donné sa démission avec bonheur » (Stendhal, La Chartreuse de Parme, partie 1, chapitre 6), « Est-il vrai que j’aie vu ce policier et qu’il m’ait parlé ainsi ? » (Hugo, Les Misérables, livre 7, chapitre 3), « J’ignorais qu’il y eût un berger dans l’île » (A. Daudet, L’Agonie de la Sémillante) –a priori, je n’aurais pas pensé qu’il y en avait un–, « Je ne nie pas que la liberté ne soit pour une nation le premier des biens » (A. France, Thaïs, livre 2), « J’ignore ce que tu sais des choses de l’existence » (10, chapitre 4) –je constate mon ignorance–, « Pourquoi jugeait-il si sévèrement la conduite de Julien alors qu’il n’avait jamais même songé que la sienne pût être coupable ? » (10, chapitre 7), « Ainsi, il n’y a qu’un homme qui puisse nous aider » (Stevenson, L’Île au trésor, chapitre 13), « Il m’expliqua […] que son fils aîné, le comte André, se trouvait chez lui pour quinze jours et que je n’eusse pas à me froisser de sa brusquerie, car elle cachait le meilleur des cœurs » (P. Bourget, Le Disciple) – sa brusquerie n’est qu’envisagée, incertaine–, « Toutefois, il ne paraissait guère probable qu’il y eût dans un recoin de cette misérable demeure, quelque trésor caché » (Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier), « Cet objet, il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas » (11), « Si j’étais certain qu’il vienne à l’heure, je n’aurais pas à rester chez moi tout l’après-midi ».

C’est donc logiquement qu’on trouve l’indicatif dans : « Et il expliquait que lui-même allait s’y cacher quand il avait vu les chevaux attachés aux brancards » (10, chapitre 10) –il s’apprêtait vraiment à s’y cacher–, « Nous ne savions pas que la ville était si distante » (Gide, Incidences).
On comparera : « Il semble que je ne puisse pas le faire » – le locuteur émet une opinion quant au fait, incertain, qu’il puisse le faire–, « Je ne peux pas le faire » – le locuteur constate une impossibilité–, « Quand est-il prévu que tu dois rendre tes livres d’école ? »  – la restitution est obligatoire–, « Quand est-il prévu que tu doives rendre tes livres d’école ? » –la restitution devrait normalement se faire à la date indiquée–.

On trouve le subjonctif dans les propositions complétives pures, après des expressions marquant la fréquence : « Quand Françoise, après avoir veillé à ce que mes parents eussent tout ce qu’il leur fallait, remontait une première fois chez ma tante pour lui donner sa pepsine et lui demander ce qu’elle prendrait pour déjeuner, il était bien rare qu’il ne fallût pas donner déjà son avis ou fournir des explications sur quelque évènement d’importance » (11), « A table, il est fréquent qu’il fasse des plaisanteries ». Après, il arrive que, on emploie le subjonctif pour marquer une restriction à la réalité du fait : « Cependant son attachement sans but pour cette singulière petite camarade, si délicieuse à regarder, continuait de l’envahir, tout en prenant quelque chose de chaste et de tranquille, de presque immatériel. Avec le respect absolu et la conscience des impossibilités, il arrive ainsi que l’amour des sens vive et grandisse en dessous de l’amour de l’âme jusqu’à ce qu’un rien l’éveille » (P. Loti, Matelot, chapitre 35), « Sans doute, il arrive que c’est après sa mort seulement qu’un écrivain devient célèbre » (12).

 On trouve le subjonctif dans les propositions subordonnées complétives pures, après toutes sortes de propositions principales, à la forme personnelle ou impersonnelle, qui expriment la nécessité, la volonté, le conseil, l’exigence, l’interdiction, la préférence, le souhait, le désir, l’attente, la crainte, etc. Lorsque la proposition principale exprime la conformité à la norme, le subjonctif figure dans la complétive, à moins qu’on veuille présenter comme très probable l’issue du procès indiqué dans la complétive. Quand la proposition principale est interrogative, négative ou conditionnelle, le subjonctif figure usuellement dans la complétive. Exemples à la forme affirmative : « Madame, il était temps que j’en usasse ainsi, Et je perdais ma gloire à demeurer ici » (Racine, La Thébaïde, Acte I, scène 3), « Il abrégea beaucoup les leçons des enfants, et ensuite, quand la présence de Mme de Rênal vint le rappeler tout à fait aux soins de sa gloire, il décida qu’il fallait absolument qu’elle permît ce soir là que sa main restât dans la sienne » (6, partie 1, chapitre 9), « Il est urgent que je sache ce que deviendront mon oncle et Maxence » (7, partie 3, chapitre 1), « Elle donna dix écus à Benjamin pour obtenir de lui qu’il cousît la relique dans le gousset du pantalon de son maître » (7, partie 3, chapitre 2), « Faites que je puisse au moins les voir et les consoler » (A. Daudet, Le Curé de Cucugnan), « Jeanne tira de sa poche une lettre de la baronne demandant qu’on lui envoyât immédiatement cette fille si on ne la gardait pas aux Peuples » (10, chapitre 7), « Elle désirait qu’il restât son fils rien que son fils ; mais, quand elle l’aimait avec sa raison passionnée, elle ambitionnait qu’il devînt quelqu’un par le monde» (10, chapitre 9), « J’aurais voulu que, du moins, il marquât un peu de regret de m’avoir causé tant de peine » (Gide, L’École des femmes), « Cette invention pédagogique m’inquiéta un peu, car je craignais qu’elle ne fût expérimentée aux dépens de mes jeux » (chapitre 22), « Je tremblais qu’il ne manquât la porte : c’eût été l’humiliation définitive » (chapitre 23), « J’attendais que l’oncle Jules exprimât son admiration » (chapitre 23).
Exemple à la forme interrogative : « Est-il bien nécessaire que vous l’essayiez sur vous-même, ce terrible élixir ? » (A. Daudet, L’Élixir du Révérend Père Gaucher).
Exemples de conformité ou non-conformité à la norme : « Il était naturel que, lors même que la cour [de justice] aurait jugé au-dessous de sa dignité de demander l’opinion d’un clerc rapporteur, plusieurs des individus qui la composaient le consultassent, comme mieux informé de la cause ou plus versé dans la disposition des lois, et formassent leur opinion d’après son avis » (J.D. Meyer, Esprit, origine et progrès des instituions judiciaires), « Il est étrange que la noblesse […] se montrât tout à coup si rigoureuse sur les principes, quand il s’agissait de ses prérogatives » (Thiers, Histoire de la Révolution française, livre 2), « Le Roi, qui a trouvé naturel que son aide de camp, le général Rapp, pleurât son ancien maître, aura sans doute de l’indulgence pour moi » (7, partie 3, chapitre 3), « Il lui paraissait mal séant que je consacrasse à cette œuvre un temps qu’elle prétendait toujours qui serait mieux employé différemment » (Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier), « Il lui paraissait tout naturel que l’air chaud se mit à chanter, de même que l’eau se met à bouillir près du feu » (ibidem), « N’eût-il pas été naturel qu’elle s’informât de ce que nous avions entendu, puisqu’elle savait que je menais Gertrude au concert ? » (ibidem).
Le verbe « espérer » vient du latin « sperare », qui signifie « attendre quelque chose comme devant se réaliser ». Il est donc à part. Lorsque qu’une proposition principale affirmative le contient, elle est usuellement suivie d’une complétive à l’indicatif-conditionnel (c’est-à-dire à l’indicatif ou au conditionnel). De même, pour « se flatter ».

On trouve le subjonctif dans les propositions subordonnées complétives pures, après toutes sortes de propositions principales, à la forme personnelle ou impersonnelle, qui expriment une émotion, un sentiment, une impression du locuteur.  Exemples : « Votre bon ami Valenod n’aurait pas été fâché que l’on pensât dans Verrières qu’il s’établissait entre lui et moi un petit amour tout platonique » (6, livre 1, chapitre 21), « On trouvait très mal aussi qu’un homme du renom de maître Cornille s’en allât maintenant par les rues comme un vrai bohémien » (A. Daudet, Le Secret de maître Cornille), « C’est un peu fort pourtant que le mépris ne puisse pas tuer l’amour » (A. Daudet, L’Arlésienne), « Il était tout fier que ça vînt de Paris, ce brave père Azan » (A. Daudet, Les Vieux), « Les Majestés n’aiment pas qu’on les voie pleurer » (A. Daudet, La Mort du Dauphin), « Ces braves gens ne sont pas fâchés que la messe aille ce train de poste » (A. Daudet, Les Trois Messes basses), « Il me laissait entendre […] qu’il aimerait autant que je ne parlasse pas de cette visite à mes parents » (11), « J’ignorais qu’il possédât un fusil, et je fus indigné qu’il eût gardé un si beau secret » (chapitre 22). Cependant, on remarquera quelques bizarreries ; « il est heureux que » sera suivi du subjonctif tandis que « heureusement que » sera suivi de l’indicatif.

 

On trouve usuellement le subjonctif dans les subordonnées complétives pures placées en tête de la phrase, exerçant la fonction de sujet ou de complément d’objet : « Et que ce pays honnête m’ennuyât, c’est ce que je savais d’avance » (Gide, L’Immoraliste), « Que ce soit exact, j’en suis certain ». Toutefois, il peut arriver que la proposition complétive soit néanmoins à l’indicatif, pour exprimer la certitude: « Que l’homme est né pour le bonheur, certes toute la nature l’enseigne » (Gide, Nouvelles Nourritures terrestres), « Que je suis devenue une petite rentière, voilà ce que j’aurais eu à lui apprendre » (Colette, L’Entrave), « Que tu as une horloge dans le cerveau est un fait » (Maurois, Cours de bonheur conjugal, chapitre « Conflits mineurs »).

Dans certaines complétives pures, l’emploi ou le non emploi du subjonctif est motivé par le sens exact qu’on entend donner au verbe, ou à la locution verbale, dans la proposition principale, par la forme de cette principale, affirmative ou non, et par le fait qu’on utilise ou non une langue soutenue. On reviendra plus loin sur le sujet.

On trouve le subjonctif dans certaines complétives pures pour marquer une nuance volontariste. Il en sera, notamment, ainsi après les verbes dire, écrire, crier, conclure, entendre, prétendre : « La Reine lui ayant dit qu’il se reposât et qu’il ne se donnât pas la peine sans besoin de venir au Palais-Royal, il accepta ce parti » (Mme de Motteville, Mémoires, chapitre 44), « Non, s’il vous plaît ; je n’entends pas que vous fassiez de dépense, et que vous envoyiez rien acheter pour moi » (Molière, M. de Pourceaugnac, Acte I, scène 10), « Il [Cicéron] prétend que tout vienne et dépende de lui » (Voltaire, Jules César, Acte II, scène 2), « Dites-lui qu’elle ne reparaisse plus » (3, page 60).

On emploie le subjonctif dans une proposition relative déterminative quand on envisage sa réalisation comme possible. Ce sera souvent le cas lorsque la subordonnée ajoute à la principale l’idée de but, de conséquence possible. Usuellement, le subjonctif figure dans la relative quand la principale est négative, interrogative ou conditionnelle. On considérera comme négatives des propositions principales contenant pas de, personne, rien, peu, aucun… Exemples à la forme affirmative : « Il était impossible de rencontrer deux figures qui offrissent autant de contrastes » (Balzac, Le Curé de Tours), « Aussi, tout en cherchant une personne dont l’éducation ou les sentiments lui offrissent des garanties, essaya-t-il de jeter son fils dans la voie de l’avarice » (7, livre 2, chapitre 4) –dont les sentiments semblassent lui offrir des garanties–, « Max constatait avec Fario qu’il n’existait ni dégât ni traces qui indiquassent le passage de la charrette » (7, partie 2, chapitre 6), « Ils envoyèrent à Delphes des députés qui consultassent Apollon » – dont la mission était de consulter le dieu–, « Je te donnerai des raisons qui te convainquent » –susceptibles de te convaincre–. Exemples à la forme interrogative, négative ou conditionnelle : « Il n’y eut pas de croisée qui ne fût garnie de curieux » (7, partie 2, chapitre 9), « Plus de corde, plus de pieu… rien qui l’empêchât de gambader, de brouter à sa guise » (A. Daudet, La Chèvre de M. Seguin), « Il n’y en avait pas un qui manquât » (A. Daudet, La Mule du pape), « Pas un vitrail debout, pas une porte qui tînt » (A. Daudet, L’Élixir du Révérend Père Gaucher), « En connaissez-vous beaucoup, des maris qui soient fidèles ? » (10, chapitre 7), « Jeanne n’avait plus personne qu’elle pût consulter, à qui elle pût confier ses intimes secrets » (10, chapitre 10), « Il n’y a point dans le cœur de l’homme de bon mouvement que Dieu ne produise ».

 

Dans les propositions subordonnées relatives, après les superlatifs et les locutions exprimant l’exclusion (comme : le premier, le dernier, le seul, l’unique, un des seuls, peu, ne […] que, etc.), suivies de qui, que, dont, où, on emploie l’indicatif-conditionnel ou le subjonctif. L’indicatif-conditionnel met l’accent sur le fait qu’on envisage comme très probable la réalisation de la relative, alors que le subjonctif fait porter l’accent sur la comparaison, qui ne peut se faire qu’après que l’esprit a flotté dans le doute avant de décider. La langue soutenue joue subtilement de ces possibilités pour nuancer la pensée ; la langue courante préfère le subjonctif. La première fois que, la dernière fois que, etc. sont suivis, à la forme affirmative, de l’indicatif-conditionnel, et, de nos jours, il en est souvent de même dans les autres formes.

  • Exemples à l’indicatif : « Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos » (Malherbe, Consolation à M. du Perrier sur la mort de sa fille), « C’est une affaire fort sérieuse et la plus pleine d’honneur pour vous qui se peut souhaiter » (Molière, Le Bourgeois gentilhomme, Acte V, scène 4) – M. Jourdain souligne un fait pour lui indiscutable : le fils du Grand Turc est pour Lucile le meilleur parti–, « Il me dit qu’il était aisé de remarquer qu’il y avait dans, dans mon affaire, plus d’imprudence et de légèreté que de malice ; mais que c’était néanmoins la seconde fois que je me trouvais sujet à son tribunal, et qu’il avait espéré que je fusse devenu plus sage, après avoir pris deux ou trois mois de leçons à Saint-Lazare » (1, page 154), « Flore illumina pour lui la maison paternelle, elle lui donna sans le savoir les seuls plaisirs qui lui dorèrent sa jeunesse » (7, partie 2, chapitre 4), « Après les fraîcheurs d’automne, la première fois qu’on entendait sa chanson, on disait : Voici l’hiver qui nous est arrivé » (9, chapitre 23), « Je te raconterai les plus beaux jardins que j’ai vus » (Gide, Les Nourritures terrestres).
  • Exemples au subjonctif : « Voilà le plus sot et le plus ridicule madrigal que j’aie jamais lu » (Mme de Sévigné, lettre du 1-12-1664) – il ne s’agit pas, en effet, d’insister sur le fait que le locuteur a lu le madrigal, mais sur le degré de sottise et de ridicule de celui-ci–, « Il fit voir de près, à Manon, le collier de perles et les bracelets. Les reconnaissez-vous ? lui dit-il avec un sourire moqueur. Ce n’était pas la première fois que vous les eussiez vus. Les mêmes, sur ma foi. Ils étaient de votre goût, ma belle ; je me le persuade aisément » (1, page 150), « Il n’y a que l’homme et le singe qui aient des cils aux deux paupières » (Buffon, Histoire naturelle, tome 2, De l’âge viril), « Cette église, un des plus jolis specimen d’église romane que possédât la France, a péri » (7, partie 2, chapitre 1), « Flore fut la seule femme qui restât près de ce garçon, la seule qu’il pût voir à son aise, en la contemplant en secret, en l’étudiant à toute heure » (ibidem, chapitre 4), « Ce bois est le premier de tous les bois de la terre que j’aie connu et celui que j’ai le plus aimé » (9, chapitre 64), « Sous la fenêtre de ma chambre, un immense platane, qui est bien l’un des plus beaux arbres que j’aie vus. Je reste longtemps dans l’admiration de son tronc énorme, de sa ramification puissante et de cet équilibre où le maintient le poids de ses plus importantesbranches » (Gide, Journal, 3 juillet 1940), « Il était presque blanc, gigantesque : le plus grand nocturne que j’aie vu ; un grand-duc plus haut qu’un chien de chasse » (Colette, La Maison de Claudine, chapitre Le Veilleur).

 

Dans les subordonnées circonstancielles temporelles (introduites par une locution conjonctive de temps), on emploie le subjonctif lorsque l’action subordonnée est future par rapport à celle de la principale, ce qui laisse subsister un doute quant à sa réalisation ultérieure. Avant que, en attendant que, le temps que, etc., sont donc suivis du subjonctif : « La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté » (11), « Le temps que vous alliez à la boulangerie, l’heure du repas serait déjà passée », « Mais avant même que les bestioles tronçonnées fussent retombées de ses mandibules, d’autres avaient pris leur place » (chapitre 16). Jusqu’à ce que est normalement suivi du subjonctif, mais il peut être suivi d’un indicatif quand on veut insister sur la réalité du fait : « Le juge ordonna qu’il serait lié à la pierre jusqu’à ce qu’il eût rendu les cinq cents onces » (Voltaire, Zadig, chapitre L’ Esclavage ), « Le roi saint Louis porta la here [la haire] jusques à ce que, sur sa vieillesse, son confesseur l’en dispensa » (Montaigne, Essais, livre 1, chapitre 14), « Vous avez vu ci-dessus que les députés [du Parlement] la commencèrent malignement [la conférence de Saint-Germain en vue de la réconciliation des partis] par les prétentions particulières. La cour les entretint adroitement par des négociations secrètes avec les plus considérables, jusques à ce que se voyant assurée de la paix, elle en éluda au moins la meilleure partie (Retz, Mémoires, page 280), « Les choses allèrent ainsi jusqu’à ce que, le lendemain de l’enterrement, vers les trois heures d’une après-midi brumeuse, d’un froid mordant, j’étais sur le pas de la porte depuis un moment, pensant tristement à mon père, quand je vis quelqu’un s’avançant lentement sur la route » (Stevenson, L’Île au trésor, chapitre 3), « Douze jours, ils le cherchèrent, et chaque jour ils maugréaient contre moi, jusqu’à ce qu’un beau jour, tous retournèrent à bord ». (ibidem, chapitre 15), « Pendant tout le temps que je passai à nettoyer la cahute et ensuite à faire la vaisselle, ce dégoût et cette envie ne firent que croître et embellir jusqu’à ce qu’à la fin, me trouvant près d’un sac à pain et personne ne me regardant, je fis le premier pas de mon escapade et remplis de biscuits les deux poches de mon habit » (ibidem, chapitre 22)

 Derrière quand, lorsque, comme, dès que, aussitôt que, si tôt que, une fois que, etc., on emploie l’indicatif-conditionnel : « En nous y rendant, par une longue rue droite où il n’y avait aucun passant, comme nous arrivions près de la chapelle des Orphelines, nous entendîmes sonner et psalmodier pour le mois de Marie » (9, chapitre 37).  Normalement, il en est de même pour après que, car le passé est connu : « Les Princes concluaient des capitulations avec différentes personnes […], pour lever des régiments qui devaient rester à la solde de la France, après que le contre-Révolution y aurait été opérée » (4, page 292), « Sans doute le Swann que connurent à la même époque tant de clubmen était bien différent de celui que créait ma grand-tante, quand le soir, dans le petit jardin de Combray, après qu’avaient retenti les deux coups hésitants de la clochette, elle injectait et vivifiait de tout ce qu’elle savait sur la famille Swann, l’obscur et incertain personnage qui se détachait, suivi de ma grand-mère, sur un fond de ténèbres, et qu’on reconnaissait à la voix » (11); cependant, on observe, particulièrement depuis 1940, une forte tendance à faire suivre après que du subjonctif : « Enfin je sus qu’ils étaient partis et je me rendis à Paris longtemps après qu’ils y fussent arrivés » (La Rochefoucauld, Mémoires, édition de La Pléiade, page 85), « J’ai entendu que vous refusiez l’amie de Robert, dit Mme de Guermantes à sa tante, après que Bloch eût pris à part l’Ambassadeur » (12).

Dans les propositions subordonnées circonstancielles causales (introduites par une locution conjonctive exprimant la cause), on met le subjonctif quand la cause est présentée comme fausse : « La légation réussit, moins parce que les Samnites voulaient la paix que parce qu’ils n’étaient pas encore prêts pour la guerre » – les deux causes sont présentées comme justes–. Ainsi, attendu que, comme, d’autant plus que, du moment que, étant donné que, parce que, puisque, sous prétexte que, vu que sont suivis de l’indicatif-conditionnel : « La brassée de menu bois était consumée et, comme on n’avait pas encore allumé de lampe, il faisait plus noir » (9, chapitre 2), « Cela a-t-il du bon sens de laisser des fenêtres qui ne donnent pas de jour et trompent même la vue par ces reflets d’une couleur que je ne saurais définir, dans une église où il n’y a pas deux dalles qui soient au même niveau et qu’on se refuse à me remplacer sous prétexte que ce sont les tombes des abbés de Combray ? » (11). Par contre, ce n’est pas que, faute que, non pas que, non point que, non que sont suivis du subjonctif : « Si le pianiste voulait jouer la chevauchée de la Walkyrie ou le prélude de Tristan, Mme Verdurin protestait, non que cette musique lui déplût, mais au contraire parce qu’elle lui causait trop d’impression » (11, partie 2), « Ce n’est pas que le duc de Guermantes fût mal élevé, au contraire. Mais il était de ces hommes incapables de se mettre à la place des autres » (12). Après de ce que, le subjonctif est courant, mais pas obligatoire : « Mais flattées de ce qu’il les eût appelées “jeunes filles”, elles n’osèrent pas reprocher au paon son impolitesse » (Aymé, Le Paon)

Dans les subordonnées circonstancielles finales (introduites par une location conjonctive exprimant le but), on met le subjonctif. En effet, l’action de la subordonnée est désirée par le sujet principal, mais sa réalisation n’aura pas nécessairement lieu. Ainsi, à ce que, afin que, de crainte que, de peur que, pour que sont suivis du subjonctif. : « Mon enfant, dit-elle, conduis-moi sur la terrasse que je voie encore mon pays » (Balzac, La Grenadière), « Les deux antagonistes mirent leur honneur à ce que ce duel n’eût rien de commun avec les disputes ordinaires » (7, partie 3, chapitre 2), « Mais écoutez encore un peu que je vous dise » (A. Daudet, L’Élixir du Révérend Père Gaucher), « Fais attention que personne ne te voie étudier » (Aymé, Les Bœufs), « Après tout, dit la maîtresse, je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous entriez dans la classe » (Aymé, Le Problème).

Pour les subordonnées circonstancielles consécutives (introduites par une locution conjonctive exprimant la conséquence), il faut distinguer deux cas.
Si cette locution conjonctive est formée d’un adverbe de quantité suivi de que (donc sur le modèle de tant que et tellement que), avec éventuellement un adjectif intercalé (donc sur le modèle de si bien que), on emploie l’indicatif-conditionnel quand la principale est affirmative, et le subjonctif sinon : « Jeanne fut tellement émue qu’elle faillit pleurer » (10, chapitre 5), « Le bruit est si intense que nous devons fermer la fenêtre ». Il en est de même pour au point que : « Oui, vraiment, j’avoue que les dix premiers jours j’en étais venu à désespérer, et même à me désintéresser d’elle au point que je regrettais mon élan premier et que j’eusse voulu ne l’avoir jamais emmenée » (Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier).
Si cette locution est de façon que, de manière que, de sorte que, en sorte que, souvent on insiste sur le résultat, et l’on emploie l’indicatif-conditionnel ; parfois, on insiste sur l’intention, ou la possibilité, et l’on emploie le subjonctif. Exemples : « Elle me prit les deux mains, elle s’approcha de moi plus près encore, en sorte qu’elle me touchait et que je la touchais » (3, page 159), « Toutefois, je pouvais certainement lui faire confiance sur un point, car là nos intérêts coïncidaient ; c’était sur ce que nous voulions faire de la goélette. Nous souhaitions tous les deux la voir échouée en lieu sûr, dans un endroit protégé, de sorte que, le moment venu, on pût l’en faire repartir avec aussi peu de travail et de risque que possible » (L’Île au trésor, chapitre 26), « Sur ce, j’étais parvenu à la porte, et me redressai. Tout était sombre à l’intérieur, de sorte que je ne pus rien distinguer » (ibidem, chapitre 27), « Cependant, et même si les choses tournaient de telle sorte qu’il fût forcé de rester loyal vis-à-vis du docteur Livesey, quels dangers nous courions encore ! » (ibidem, chapitre 31), « Il a partagé les gâteaux de manière que tout le monde a été satisfait » (Grevisse), « Il a partagé les gâteaux de manière que tout le monde soit satisfait » (Grevisse), « On a mis une barrière, de sorte que les chevaux ne peuvent plus passer », « On a mis une barrière de sorte que les chevaux ne puissent plus passer ».

Dans les subordonnées circonstancielles comparatives (introduites par une locution conjonctive de comparaison), on utilise presque toujours l’indicatif-conditionnel : « Les vertus devraient être sœurs Ainsi que les vices sont frères» (La Fontaine, Les Deux Chiens et l’Âne mort), « Elle annonçait le froid, comme les hirondelles annoncent le printemps » (9, chapitre 23), « Ils se retrouvaient tout à coup presque aussi inconnus l’un à l’autre que s’ils n’avaient (ou n’eussent) pas dormi côte à côte » (10, chapitre 6), « Croyez bien que je respecte Gertrude autant que vous pouvez faire vous-même » (Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier), « Il travaille plus qu’on le croit », « Le spectacle était bien tel qu’on l’avait annoncé ».

Dans les subordonnées circonstancielles concessives (introduites par une locution conjonctive exprimant qu’il n’y a pas eu la relation logique attendue entre les faits exprimés dans la principale et dans la subordonnée), on trouve l’indicatif-conditionnel après quand, alors que, pendant que, sauf que, tandis que, même si (qui est suivi de l’indicatif), lors même que et quand bien même (qui sont tous deux suivis du conditionnel) : « Tu passes ton temps à ne rien faire, alors que ton frère est là pour aider ». On trouve généralement l’indicatif après tout […] que, et le subjonctif après au lieu que, encore que, autant que, pour autant que, si […] que. Au lieu que est suivi de l’indicatif-conditionnel quand il a le sens de « tandis que », du subjonctif quand il a celui de « loin que ». Ainsi, on trouve : « Par exemple, trois Papes ont décidé que les religieux qui sont obligés par un vœu particulier à la vie quadragésimale n’en sont pas dispensés, encore qu’ils soient faits évêques » (Pascal, Les Provinciales, lettre 6), « La violence n’a qu’un cours borné par l’ordre de Dieu qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu’elle attaque, au lieu que la vérité subsiste éternellement et triomphe enfin de ses ennemis » (ibidem, lettre 12) – « subsister » est à l’indicatif–, « Et quoi ne dites vous pas vous-même que le ciel et les oiseaux prouvent Dieu ? — Non. Car encore que cela est vrai en un sens pour quelques âmes à qui Dieu donna cette lumière, néanmoins cela est faux à l’égard de la plupart » (Pascal, Pensées), « J’affectai fort de témoigner aux grands d’Espagne que j’avais toute ma vie eu une si haute idée de leur dignité que, encore que j’eusse l’honneur d’être revêtu de la première du royaume de France, je me trouvais fort honoré de l’être de la leur » (Saint-Simon, Mémoires, édition de La Pléiade, volume 7, page 23), « Le prince, dans ses ambassades et comme ministre des Affaires Etrangères, avait tenu, pour son pays au lieu que ce fût comme maintenant pour lui-même, de ces conversations où on sait d’avance jusqu’où on veut aller et ce qu’on ne vous fera pas dire » (12), « Au lieu que son histoire l’ait calmé, on dirait plutôt qu’il s’aigrit » (J. Romains, Les Hommes de bonne volonté, partie « Les Humbles », chapitre 23), « Je considère qu’il faut encourager l’introduction à l’école de logiciels libres, pour autant que leur valeur pédagogique aura (ou ait) été reconnue », « Tout gentil qu’il est (ou soit), il ne me plaît pas », « Il ne songe qu’à ses plaisirs, au lieu qu’il devrait veiller à ses affaires ». On trouve le subjonctif derrière bien que, quoique, loin que, sans que, si peu que, malgré que, à quelque […] que, où que, quel que, quelque [ …] quequoi que : « Je saisis l’une de ses mains malgré qu’elle en eût » (3, page 52), « Et voilà que, malgré que j’en aie, mon nom reparaît dans des mémoires, des factums, à l’audience » (3, page 177), « Il ne se passait pas une semaine qu’il ne fût terrassé par une migraine atroce » (A. France, Les Désirs de Jean Servien, chapitre 16), « Cela avait fait d’elle une si noble, si impérieuse, si efficace éducatrice, qu’il n’y avait jamais eu chez nous de domestiques si corrompus qui n’eussent vite modifié, épuré leur conception de la vie jusqu’à ne plus toucher “le sou du franc” et à se précipiter –si peu serviables qu’ils eussent été jusqu’alors– pour me prendre des mains et ne pas me laisser me fatiguer à porter le moindre paquet » (12), « Médicalement, si peu d’espoir qu’il y eût de mettre un terme à cette crise d’urémie, il ne fallait pas fatiguer le rein » (12), « Sans que ce mot se trouvât dans une conversation […], ils me donnèrent anticonstitutionnellement » (chapitre 18), « Il déclara que l’éclairage était excellent, quoique la hauteur du soleil de midi lui eût un peu allongé le nez » (chapitre 33).

Dans les subordonnées circonstancielles hypothétiques (introduites par une locution conjonctive exprimant la supposition ou la condition), on trouve l’indicatif-conditionnel, après dans la mesure où, selon que, suivant que : « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » (La Fontaine, Les Animaux malades de la peste), « Chaque passeport est en double expédition, selon que Votre excellence voudra arriver de Florence ou de Modène» (Stendhal, La Chartreuse de Parme, livre 1, chapitre 12). On trouve usuellement le subjonctif après que, en supposant que, en admettant que, supposé que : « Sœur Thérèse baissait les yeux, rougissait et bégayait ; cependant, que j’eusse les doigts jolis ou non, que la supérieure eût tort ou raison de l’observer, qu’est-ce que cela faisait à cette sœur ? » (3, page 146), « Au reste, tout ce qu’elle lui apprenait ne lui fit pas changer un instant de dessein : en supposant que les périls qu’elle lui peignait fussent bien réels, était-ce trop que d’acheter, par quelques dangers du moment, le bonheur de la voir tous les jours ? » (Stendhal, La Chartreuse de Parme, livre 2, chapitre 20), « Qu’une abeille coure un danger, la ruche accourt, l’essaim hausse son bourdonnement » (Colette) ; « Quand on leur parle [aux littérateurs traditionnalistes] des tentatives nouvelles, ils répondent doctoralement : “On ne fera pas mieux que ce qui est”. Cette réponse est juste ; mais tout en admettant qu’on ne fera pas mieux, on peut bien convenir qu’on fera autrement » (Maupassant, Émile Zola, partie 2), « Admettant que la filière doit être ouverte à tout ressortissant de la communauté économique européenne, le gouvernement décide… ». On trouve le subjonctif après à condition que, à moins que, à supposer que, en cas que, pour peu que, pourvu que, si tant est que, etc. Exemple : « Pour peu que l’on s’efforçât d’appeler son attention elle commençait à geindre, à grogner comme un animal » (Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier).

On met parfois le subjonctif dans des propositions subordonnées circonstancielles hypothétiques introduites par si : « Si elle eût joui de sa santé, peut-être aurait-elle fui de la maison où gisait au-dessus d’elle, le meurtrier de Max » (7, partie 3, chapitre 3), « Jeanne renonçait à comprendre quand elle découvrit dans un coin une bestiole microscopique, que le lapin, s’il eût vécu, aurait pu manger comme un brin d’herbe » (10, chapitre 1), « Il peut sembler étrange qu’une personne haute comme une bouteille, et qui aurait disparu dans la poche de ma redingote s’il n’eût pas été irrévérencieux de l’y mettre, donnât précisément l’idée de la grandeur » (A. France, Le Crime de Sylvestre Bonnard). L’emploi du subjonctif souligne l’irréalité de l’hypothèse ou de la condition. Rappelons que, la situation la plus courante, est que l’indicatif soit dans l’hypothèse et l’indicatif-conditionnel dans la conclusion. : « S’ils valent seulement quarante mille francs, mille francs par tableau, n’en dites rien à personne » (7, partie 2, chapitre 9), « Mon oncle, si Flore revient, et qu’elle soit tendre pour vous, vous reconnaîtrez que j’ai eu raison » (7, partie 3, chapitre 1), « Si l’évènement se produisait, elle irait en informer le poissonnier » (chapitre 3). L’indicatif est nécessaire lorsque si introduit une suggestion : « Si nous allions nous promener, dit Jeanne » (10, chapitre 3), « Si nous montions à pied» (10, chapitre 5).

Dans les propositions subordonnées circonstancielles hypothético-comparatives introduites par comme si, on emploie tantôt le subjonctif, et tantôt l’indicatif. L’emploi de l’imparfait ou du plus-que-parfait du subjonctif au lieu du temps correspondant de l’indicatif, est censé apporter une restriction à la réalité du fait : « Je serrai le tronc contre mon cœur, comme si c’eût été ma mère. J’aurais aimé entendre une cigale » (chapitre 28). Par contre, on écrira : « Aucune autre voix ne montait sous le ciel torride, d’un bleu miroitant et jauni comme s’il allait tout d’un coup devenir rouge, à la façon des métaux trop rapprochés d’un brasier » (10, chapitre 3), « Elle s’étonnait de cette froideur qui paralysait sa tendresse, comme si, lorsqu’on a beaucoup pensé de loin aux gens qu’on aime, et perdu l’habitude de les voir à toute heure, on éprouvait, en les retrouvant une sorte d’arrêt d’affection jusqu’à ce que les liens de la vie commune fussent renoués » (10, chapitre 6), « Quand elle le vit lever le genou pour faire un pas, comme s’il allait enjamber un fleuve, elle fut saisie d’un rire invincible » (10, chapitre 6). Dans la plupart des cas, la nuance est imperceptible.

Ainsi que je l’ai dit, des conjonctions comme « bien que », « quoique », « quoi que »… doivent normalement être suivies du subjonctif. Les faire suivre d’un indicatif ou d’un conditionnel est archaïque, comme dans :
Alain : S’il ne tient qu’à frapper, Monsieur, tout est à nous :
Vous verrez, quand je bats, si j’y vais de main morte.
Georgette : La mienne, quoique aux yeux elle n’est pas forte,
N’en quitte pas sa part à le bien étriller
(Molière, L’École des femmes, Acte IV, scène 9), « Jamais les Pères ne l’ont reprochée [une loi autorisant la polygamie], ni durant la vie ni après la mort, ni à Valentinien ni à Justine, cette prétendue seconde femme, quoique, devenue arienne et persécutrice des catholiques, elle n’avait pas mérité d’être flattée » (Bossuet, Défense de l’histoire des variations), « Au surplus, la ligue, quels que furent ses crimes, sauva la religion catholique en France, dans ce sens qu’elle donna des soldats et un chef à de vieux principes et de vieilles idées, qu’attaquaient des principes nouveaux et des idées nouvelles » (Chateaubriand, Analyse raisonnée de l’histoire de France), « Ayez pitié de nous, qui que nous fûmes, pour la simple raison que nous sommes morts ». (Les études classiques, volume 5, page 95, 1936).

Néanmoins, dans quelques cas, l’emploi de l’indicatif, ou du conditionnel, derrière quoique, bien que…, lève toute ambiguïté. Ainsi en est-il dans : « Je crois superflu d’en dire plus long sur cette question, quoique j’aurais beaucoup de choses prêtes à ajouter » (Pierre de Fermat, Œuvres), « En attendant, on laissera tout faire au cardinal [Fleury], quoique l’on parera plusieurs de ses coups les plus impertinents et les plus nuisibles » (Marquis d’Argenson, Mémoires), « Je suis si pressé par le départ du courrier que je n’ai pas le temps de vous écrire davantage, quoique j’aurais grande envie de vous communiquer beaucoup de choses que je réserve pour une prochaine occasion » (Chateaubriand, Correspondance), «À l’heure actuelle, Mirabeau ne remuerait personne, bien que sa corruption ne lui nuirait point (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe), « Je crois que j’ai le goût plus sûr que lui, quoique je serais bien incapable de faire ses articles » (Proust, Lettres à la Comtesse de Noailles), « Peut-être on va m’emmener dans le Midi. Ce que ce serait chic ! Quoique cela me fera manquer un arbre de Noël » (11), « Et de peur qu’elle l’enfreignît jamais, j’ajoutai : “Quoique je serais furieux que vous me réveilliez” » (Proust, La Prisonnière), « Je m’occupe de la traduction et c’est la pure vérité que j’aime ce travail —quoique j’aurais préféré le faire avec vous » (Gide, Correspondance avec Dorothy Bussy).

Conseils de lecture

Grammaire  Grammaire méthodique du français
Grammaire, Le Robert & Nathan.
M. Riegel, J.-C. Pellat et R. Rioul, Grammaire méthodique du français, PUF.

Voir aussi

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