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Le complément indirect d’objet

Une contribution de Michel. | Version doc

La technique consistant à poser, pour trouver un complément d’objet indirect, la question « à qui, à quoi », « de qui, de quoi », « pour qui, pour quoi », etc., après le verbe, est à utiliser avec circonspection. Elle ne permet souvent pas de distinguer les COI et les compléments circonstanciels, ainsi qu’il est expliqué sur ce site : http://www.cairn.info/….htm.
M. Grevisse écrit : « La frontière entre le complément d’objet indirect et le complément adverbial n’est pas toujours très nette. Il n’est d’ailleurs pas indispensable de trancher les cas douteux ».

La pronominalisation par « en » ou « y » est souvent possible pour un COI comme pour un CC (complément circonstanciel). Ainsi, « Je range mes livres dans les cartons » devient « Je les y range », où « y » remplace le CC « dans les cartons » ; mais « Je pense à Marie » devient aussi « J’y pense », où « y » remplace cette fois le COI « à Marie ». De même, « Il arrive de Paris » devient « Il en arrive », où « en » remplace le CC « de Paris », tandis que « Les agriculteurs profitent de la hausse des prix alimentaires » devient « Ils en profitent », où « en » remplace le COI « de la hausse ».

De même, la possibilité de remplacer le complément du verbe par un adverbe ne signale pas les compléments circonstanciels. Ainsi « Je vais à Paris » peut être remplacé par « Je vais loin », où « loin » remplace le CC « à Paris » ; mais « Je reviens sur ma décision » peut être remplacé par « Je reviens dessus », où « dessus » remplace le COI « sur ma décision ».

Dans ce poème de Victor Hugo (Les Contemplations, livre premier, XI, « Lise »), les COI ont été mis en gras :

J’avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j’étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j’attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m’asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.

[…]

Elle disait de moi : C’est un enfant !
Je l’appelais mademoiselle Lise ;
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre, à l’église ;
Si bien qu’un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.

Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l’aube et le matin du cœur.
Charmez l’enfant, extases inouïes !
Et, quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encore nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite évanouies !

Le COI peut être un groupe nominal, un pronom, une proposition infinitive (comme dans « Cela a suffi à le tromper dans ses calculs »), une proposition subordonnée (comme dans « Il parla à qui voulait bien venir », ou dans « Je tiens à ce qu’il soit là »).


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