Le roman noir fascine parce qu’il fait appel aux instincts de cruauté, au désir d’aventures terrible

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voici le sujet d'après une définition de R. Virolle :

"Le roman noir fascine parce qu'il fait appel aux instincts de cruauté, au désir d'aventures terribles pour échapper à l'ennui, à tout ce qu'il y a en nous de nocturne et de refoulé. Il repose, comme la tragédie, sur la terreur et la pitié, mais non sublimées, organisées plutôt en scènes destinées à électriser les nerfs, à régaler l'imagination d'une dérive sur les abîmes éternels de la méchanceté et de la souffrance."

Dans quelle mesure cette définition vous semble t elle pouvoir s'appliquer au Moine de Lewis, à Notre Dame de Paris (Hugo) et à La lettre écarlate d'Hawthorne ?

Je vous avoue que je ne sais pas vraiment où aller, dans quelle direction… Notamment en ce qui concerne la problématique … Si vous aviez une ou des idées je suis prenante… Mreci d'avance. Je pensais orienter ma problématique vers la comparaison de la Tragédie mais légérement modifiée… Pensez vous comme moi ?

Merci Voilà mes idées sur le sujet :

J'ai d'abord fait une petite recherche sur les notions notamment :

L'instinct de cruauté
Le sublime (perverti ? ) / Catharsis / Tragédie
Plaisir d'avoir peur
Refoulement (Freud) / inconscient /
Electriser les nerfs → Thrill
Les abîmes éternels → L'Enfer.

Voici mon intro :

D'après Baudelaire :
"Nous voulons, tant ce jeu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau !
"
Le roman noir représente cette littérature de la rupture et de la subversion afin d'avancer le lectuer dans un monde imaginaire qui rejette la morale et bienséance. Il aborde des thèmes simples enracinés dans notre inconscient et qui possèdent un grand pouvoir de suggeston. Il exalte nos peurs et nos fantasmes inavoués, le goût du macabre et de la terreur. Roger Virolle donne une définition de ce type de roman. Il écrit : " … Sujet…".
L'auteur conçoit le roman gothique comme la mise en scène de la souffrance et théatralise les blessures de l'âme et met en avant les affects, jouant un rôle cathartique. Le roman noir est d'abord une perversion de l'esthétique du sublime, une crise de la représentation qui se confond avec une crise de l'imagination et donc ne peut toucher au sublime. Dès lors, il apparaît comme le refuge des passions extrèmes et violentes servant à alimenter l'imaginaire.

Problématique : Ainsi, à traver cette définition, les oeuvres étudiées mettent en scène un spectacle tragique qui transforme des sentiments refoulés, voire désagréables en plaisir.


Qu'en pensez vous ? merci
Bonjour,
Etudiante en master d'anglais, je fais un mémoire sur la monstruosité dans le roman gothique. En faisant mes recherches, je suis tombée par hasard sur ce site et la citation de votre dissertation m'interresse beaucoup dans le cadre de mon travail. Auriez-vous les références de l'ouvrage de R. Virolle? Car je n'ai pas retrouvé le nom du livre sur internet. Si la correction de votre travail a été faite en classe, je serais ravie de pouvoir la lire si possible
Merci d'avance
Virolle n'a pas écrit d'ouvrage sur le gothique, mais le chapitre intitulé "Vie et survie du roman noir", dans Histoire littéraire de la France, dir. Pierre Abraham et Roland Desné, Tome 4 : 1789-1848, dir. Pierre Barbéris et Claude Duchet, Messidor/Éditions sociales, 1972.
Son prénom n'est sans doute pas Roger : le catalogue de la BNF ne recense pas de "Roger" Virolle, mais un Roland Virolle, dix-huitiémiste. (Seule l'initiale "R." est mentionnée dans le chapitre de l'Histoire littéraire de la France).

Beau sujet, par ailleurs!
C'est très aimable à vous. Merci mille fois!
je vais tenter de mettre la main dessus au plus vite…
D'après mon professeur il s'agit bien de Roger et non Roland Virolle.

Il existe un très bon ouvrage sur le roan gothique très complet c'est celui de maurice lévy … y a pas mieux je crois. Bon courage
Merci, en effet l'ouvrage de Maurice Lévy m'a beaucoup aidé.
Bonjour actuellement en Licence 2 de lettres modernes et arts du spectacle, je dois prochainement rendre une dissertation qui me donne quelques fils à retordre.

Mon sujet a déjà été posté mais ne contient aucune réponse ici : https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/9973-le-roman-noir-fascine-parce-quil-fait-appel-aux-instincts-de-cruaute-au-desir-daventures-terribles-pour-echapper.html

le voici a nouveau détaillé :

"Le roman noir fascine parce qu'il fait appel aux instincts de cruauté, au désir d'aventures terribles pour échapper à l'ennui, à tout ce qu'il y a en nous de nocturne et de refoulé. Il repose, comme la tragédie, sur la terreur et la pitié, mais non sublimées, organisées plutôt en scènes destinées à électriser les nerfs, à régaler l'imagination d'une dérive sur les abîmes éternels de la méchanceté et de la souffrance."
Dans quelle mesure cette définition vous semble t elle pouvoir s'appliquer au Moine de Lewis, à Notre Dame de Paris (Hugo) et à La lettre écarlate d'Hawthorne ?

pour le moment je suis partie sur la théatralité du roman noir/gothique et du coup sur le coté "catharsis" du genre.

c'est l'expression "sublimée" qui me pose le plus de problème, je n'arrive pas à comprendre ce qui est par là sous-entendu.

merci d'avance pour votre aide
Bonjour,

Il faut revenir au dictionnaire :
TLFI a écrit :SUBLIMER, verbe trans.
A. ALCHIM., vx. Opérer la sublimation. Il faudra passer de l'or à l'antimoine par trois fois, et après le réduire en chaux; (…) il s'élèvera une terre feuillée de la couleur des perles orientales; il faut sublimer de nouveau jusqu'à ce que cette terre soit très pure: alors vous aurez fait la première opération du grand œuvre (CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 156).
B. 1. CHIM. Faire passer un corps de l'état solide à l'état gazeux. Sublimer le soufre, le mercure. Exposé à l'air, il [l'antimoine pur] ne perd que peu de son éclat à la température ordinaire. Il n'a point de saveur, mais une odeur particulière qui se développe quand on le frotte. Il fond difficilement. Dans des vaisseaux clos, on peut le sublimer en totalité à l'aide d'une forte chaleur (KAPELER, CAVENTOU, Manuel pharm. et drog., t. 1, 1825, p. 91). Ustensiles de toutes sortes Pour sublimer, pour distiller, Matras, cucurbites, retortes Dont on voit les becs s'effiler (POMMIER, Enfer, 1853, p. 86).
Empl. pronom. Cependant il arrive presque que le sous-carbonate d'ammoniaque entraîne dans la sublimation un peu d'acide muriatique. Si le muriate d'ammoniaque avait été mêlé à dessein au sous-carbonate de cette même base, il serait facile de reconnaître cette fraude. Le premier exige pour se sublimer une température bien plus élevée que celle qui suffit au sous-carbonate d'ammoniaque (KAPELER, CAVENTOU, Manuel pharm. et drog., t. 1, 1825, p. 150).
2. Au fig. Idéaliser quelqu'un ou quelque chose en le purifiant de tout élément matériel ou imparfait, impur ou étranger. Synon. magnifier. Aussi les Jésuites acceptèrent-ils la liberté baroque seulement dans le vaste domaine ornemental qui faisait de l'église un décor, et soumirent-ils bientôt le geste baroque à l'art de l'illusion, à la pointure qui sublimait les tableaux vivants que leurs collègues mettaient en honneur (MALRAUX, Voix sil., 1951, p. 90).
Empl. pronom. Se dépasser. Il pensait que par une lutte systématique contre ses instincts physiques l'homme peut se purifier, se sublimer, se supernaturaliser, enfin se diviniser (BARRÈS, Pays Levant, t. 2, 1923, p. 15).
PSYCHANAL. Transposer consciemment ou non ses pulsions ou ses complexes sur un plan supérieur, les faire dériver vers un objet plus élevé. Sublimer une passion, une tendance. En présence d'un médecin âgé, la jeune patiente peut éprouver, le désir non de devenir sa maîtresse, mais d'être traitée par lui comme une fille préférée, sa tendance libidineuse peut se modérer et devenir une aspiration à une amitié inséparable, idéale, n'ayant rien de sensuel. Certaines femmes savent sublimer le transfert et le modeler jusqu'à le rendre en quelque sorte viable (FREUD, Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p. 474). Empl. abs.,,Effectuer une sublimation`` (ROB. 1985).
Empl. pronom. Entre les deux amies, l'attachement sensuel peut se sublimer en sentimentalité exaltée (BEAUVOIR, Deux. sexe, t. 2, 1949, p. 362).
Arg. Travailler pendant la nuit. Afin de tromper la surveillance (…) [le Polytechnicien] qui sublime (…) étendu sous cet abri [la couverture de son lit], rumine (..) [les] mathématiques transcendantes (LARCHEY, Excentr. lang., 1865, p. 302).
Le roman noir serait en quelque sorte un voyeurisme pervers, une peinture transgressive au premier degré, un défouloir direct pour nos instincts sadiques, une manière d'échapper à l'ennui de notre condition verrouillée par les interdits sociaux.
La tragédie sublime ces tendances en prenant une certaine distance à l'égard de la représentation de leurs effets (règle de la bienséance) ainsi qu'en les faisant dériver vers l'expression de notre condition humaine finie.
Le roman noir est-il un plaisir raffiné malsain ou l'occasion de prendre conscience des abîmes de la psyché ?

Il est évident que le degré de sublimation va croissant du Moine de Lewis, à Notre Dame de Paris (Hugo) et à La lettre écarlate d'Hawthorne.