Accord du participe passé

Langue française

4223 réponses · Page 188 / 212

Je pense que vous appliquez trop mécaniquement des questions du style : "Qui a été nommé" ?

- d'abord, le pronom "qui" est ambigu, il peut être utilisé pour évoquer le sujet aussi bien que le COD :
Ex : Qui avez-vous vu hier en ville ? "Qui" ici est le COD
Ex : Qui a cassé le vase de Soissons ? "Qui" ici est le sujet, et non pas le COD.

Ensuite, il faut quand même regarder à quelle forme est la phrase (active ? passive ?)

Le chat a mangé la souris : forme active, sujet "le chat", COD "la souris".
La souris a été mangée par le chat : forme passive, sujet "la souris", complément d'agent "le chat".

Les deux phrases veulent dire à peu près la même chose, mais le sujet grammatical n'est pas du tout le même ! (et il n'y pas de COD dans la 2ème).

Dans "Rome est la « nouvelle Troie » : elle a été ainsi nommée en souvenir de son fondateur.", la forme verbale "a été nommée" est une forme passive, donc la question "Qui a été nommé ?" ne peut vous fournir en réponse que le sujet, et non pas le COD (à supposer qu'il y en ait un).
N'empêche qu'avec la méthode Wilmet, une même question permet de trouver le mot-support de l'accord du participe , que la tournure soit active ou passive.

La souris que le chat a mangée.
Qu'est-ce qui est mangé ? > la souris, féminin singulier > mangée.
La souris est mangée par le chat.
Qu'est-ce qui est mangé ? > la souris, féminin singulier > mangée.

Et dans le cas de l'auxiliaire avoir, l'accord ne se fait que si le mot-support précède le verbe.
Bonjour à tous et à toutes.

Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, son pragmatisme reprit le dessus.

J'avoue un doute quant à l'accord de "vécus". Pouvez-vous m'aider ? Merci.
C'est bon.
Vécu quoi ? Les moments. COD placé avant le verbe donc accord.
L'accord se fait avec "moments", en effet, mais la phrase est légèrement boiteuse, du fait du pronom "il" qui semble renvoyer au pragmatisme.

"Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, il retrouva (ou : recouvra) son pragmatisme." Ou bien : il finit par retrouver / recouvrer son pragmatisme.
Voir
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/6457-accord-du-participe-passe-les-annees-que-vous-avez-vecu-vecues.html
Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, son pragmatisme reprit le dessus.

Je trouve cette phrase parfaite et sans ambiguïté, du fait de la virgule qui suit "vécus".

@ Patrice :
Je ne comprends pas ce qui te faisait hésiter sur l'accord (???)
Peut-être entre "moments et émotion", c'est ça ?
Merci à tous,

Oui, je vous comprends et je vous approuve, mais vécus avec un s me semblait bizarre.
L'auxiliaire être est utilisé à la voix passive ou dans les formes pronominales. Sinon, peu de verbes se conjuguent avec lui aux temps composés.
@ricardo :
L'effacement de l'ambigüité n'est pas dû à la virgule, je pense, mais plutôt à la présence de l'adjectif "son" et au fait que "pragmatisme" renvoie à une notion abstraite et est peu susceptible d'être sujet de "vivre".

Ex : Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, son chien le ramena à la réalité.

Cette phrase serait douteuse, car on pourrait comprendre que c'est le chien qui a vécu des moments d'émotion. Toutefois, il reste l'adjectif "son" et le pronom "le", qui tirent dans l'autre sens.

Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, le chien le ramena à la réalité.

Plus ambigu, mais il reste le pronom "le".

Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, le chien ramena la bonne humeur dans l'habitacle.

Ouille, là ça devient carrément ambigu… (mais dans tous les cas, il y a une virgule après "vécus").
perluète a écrit :L'auxiliaire être est utilisé à la voix passive ou dans les formes pronominales. Sinon, peu de verbes se conjuguent avec lui aux temps composés.
Je ne vois pas de rapport avec la question de Patrice Dumas .
Mais peut-être est-ce en rapport avec les "questions" de la méthode Wilmet que j'ai mentionnées plus haut ?
ricardo a écrit :Pendant le trajet, après les moments d’émotion intense qu’il avait vécus, son pragmatisme reprit le dessus.

Je trouve cette phrase parfaite et sans ambiguïté, du fait de la virgule qui suit "vécus".

@ Patrice :
Je ne comprends pas ce qui te faisait hésiter sur l'accord (???)
Peut-être les nombreux cas de non-accord :
Évidemment il veut faire coïncider l'âge des premiers hommes avec l'âge reconnu nécessaire pour la génération, toutefois sans préjudice du nombre total des années qu'ils ont vécu (St-Augustin, La Cité de Dieu, traduction de René de Ceriziers, 1655)

Oui, c’est moi qui voudrais effacer de ma vie Les jours que j’ai vécu sans vous avoir servie (Corneille, Le Menteur, Acte III, scène 5)

Ah ! c’est alors que le pécheur accablé, effrayé de son aveuglement et de sa méprise, ne trouvant plus qu’un grand vide dans une vie que le monde seul a toute occupée ; voyant qu’il n’a pas encore commencé à vivre après une longue suite d’années qu’il a vécu ; laissant peut-être les histoires remplies de ses actions , les monuments publics chargés des événements de sa vie, le monde plein du bruit de son nom, et ne laissant rien qui mérite d’être écrit dans le livre de l’éternité, et qui puisse le suivre devant Dieu : c’est alors qu’il commence, mais trop tard, à se tenir à lui-même un langage que nous avons souvent entendu : Je n’ai donc vécu que pour la vanité ? (Massillon, Sermon sur la mort du pécheur, et la mort du juste)

Mais, au mois d'août passé, cette oppression ayant augmenté, les médecins décidèrent qu'il était attaqué d'une hydropisie de poitrine. Les six dernières semaines qu'il a vécu, il [Charles-Louis de La Fontaine, frère de la personne qui écrit] a souffert des douleurs affreuses, avec une patience dont la connaissance de son caractère ne permettait pas de croire qu’il fut capable. (lettre d’une petite-fille du fabuliste La Fontaine, rapportée dans le Voyage à Rennes-les-Bains, d’Auguste de Labouisse-Rochefort, 1832)

Enfin, après trois mois de résistance, la grâce de Dieu opéra en elle [la Sœur Le Vavasseur] une conversion pleine et entière : telle qu’elle a été sans aucun retour pendant vingt-cinq ans qu’elle a vécu parmi nous (lettre citée dans les Mémoires historiques sur l’abbaye de Port-Royal des Champs, par Pierre Guilbert, 1756)

Puisse le ciel, qui lit dans mon cœur éperdu, Ajouter à vos jours ceux que j’aurais vécu ! (Nivelle de La Chaussée, la Gouvernante, Acte V, scène 4, 1747)

Je regrette les nombreuses années que j’ai vécu sans pouvoir m’instruire (De Marignan, Éclaircissements sur la musique du Devin du village)

Tout ce que je puis assurer, c'est que pendant six mois que j'ai vécu au Kaire , j'ai interrogé avec soin ceux de nos Négocians et des Marchands Chrétiens à qui une longue résidence et un esprit sage m’ont paru donner un témoignage plus authentique. (Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, chapitre 8)

J'ai donc retrouvé, grâce à vous, cette sainte chose perdue, qu'on appelle un anniversaire ! Pendant dix ans que j'ai vécu loin de vous, j'avais oublié ce que c'était. (A. Dumas, Le Marbrier, Acte II, scène 1)

Si de l’année de sa mort on ôte l’année de sa naissance, on aura le nombre des années qu'il a vécu. (Didier Grégoire Trincano, Traité complet d’arithmétique à l‘usage de l’Ecole militaire, 1781)

Un autre étalera son sale capuchon, si usé et si gras, qu’un matelot dédaignerait de s’en couvrir ; un autre, les onze lustres qu’il a vécu cloué au même lieu. (Nisard, Érasme, dans la Revue des Deux Mondes, 1835)

Les jours que nous avons vécu ont rendu difficiles les études de littérature comparée. (Revue d’histoire littéraire de la France, 1920)

Durant les dix années qu’elle avait vécu dans ce pensionnat, Madge n’était venue qu’une fois passer ses vacances à la ferme (P. Benoît, La Dame de l’Ouest)

Et la richesse de cette histoire exprime celle de notre vie intérieure plutôt que le nombre des années que nous avons vécu (Olivier Messiaen, Traité de rythme, de couleur et d’ornithologie, 1996)
https://www.etudes-litteraires.com/262638.html#p262638
Ne s'agit-il pas de formes un peu anciennes ou à tendance classicisante ? Il semble que "que", ici, signifie "au cours desquelles".

"après une longue suite d’années qu’il a vécu" : je ne suis pas certain qu'on écrirait encore comme cela aujourd'hui ?
Jehan a écrit :
perluète a écrit :L'auxiliaire être est utilisé à la voix passive ou dans les formes pronominales. Sinon, peu de verbes se conjuguent avec lui aux temps composés.
Je ne vois pas de rapport avec la question de Patrice Dumas .
Mais peut-être est-ce en rapport avec les "questions" de la méthode Wilmet que j'ai mentionnées plus haut ?
En relisant son dernier message (3 658), je ne le vois plus non plus. :/ . Il me semble qu'initialement il y parlait de l'auxiliaire être…
Bonjour, dans "une cabane, qu'il avait remis en état"
Est-ce qu'il faut écrire remis ou remise ?
Bonsoir.

Participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir : le participe passé s'accorde avec le COD placé avant.
Ici, le COD est le pronom relatif qu', représentant la cabane, nom féminin.
Il a remis la cabane en état…
Donc une cabane, qu'il avait remise en état
Bonjour,

N'y a-t-il pas une petite erreur d'accord du participe passé ? La phrase a été rédigée sur le site de l'Académie française, d'où mon grand étonnement : https://www.academie-francaise.fr/michel-f-france

Cordialement.
Voir règle 3 ici
Effectivement, il y a ici une belle "coquille".
Verbe au passé composé à la voix passive, auxiliaire être au passé composé (a été) .
Donc accord avec le sujet : c'est la lecture qui a été suggérée.
Merci infiniment pour vos réponses ! 🙂