Merci beaucoup pour les liens, mais je ne comprends pas comment les distinguer^^.
Bonjour,
Tout de même, je ne sais pas si l'on peut dire que la phrase suivante est correcte en français. :
"D'amour vos beaux yeux, Marquise, mourir me font."
Certaines inversions sont courantes, d'autres plus surprenantes.
Je n'ai pas étudié la grammaire à un niveau élevé mais je me permets de penser qu'il existe des phrases qui sont correctes grammaticalement mais qui paraissent fausses parce qu'elles sont construites d'une manière très rare.
Non ?
Raymond Queneau utilise dans Exercices de style une anastrophe lorsqu'il énonce : « Jour un midi vers » (au lieu de « Un jour vers midi ». Elle permet de créer une rupture syntaxique qui est destinée à attirer l'attention sur une phrase ou une expression.
[…]
L'anastrophe n'est toutefois possible en français que dans certaines expressions figées, sans quoi le propos devient obscur et agrammatical.
Wikipédia
C'est moi qui souligne.
Si Wikipédia a raison, l'anastrophe peut effectivement comporter des phrases grammaticalement incorrectes. Dommage qu'aucun exemple ne soit donné…
Mais, une "rupture syntaxique" est une anacoluthe et non une anastrophe:
https://www.projet-voltaire.fr/origines/les-jurons-du-capitaine-haddock/
Difficile de s'y retrouver…
En français, contrairement à d'autres langues, il existe un ordre des mots usuel.
D'amour me font vos yeux belle marquise ...etc a été écrit par Molière dans un but comique.
français2000 a écrit :Bonjour ! Comment distinguer l'anastrophe de l'inversion?
Bonjour, bonsoir ! 🙂
Si je suis la définition du
lien précédemment indiqué par perluète,
l’anastrophe est un cas particulier d’inversion.
L’inversion est un terme général qui désigne toute modification de l’ordre normal des mots dans une phrase, que ces modifications concernent les changements d’ordre entre syntagmes (elle est intersyntagmatique) ou à l’intérieur des syntagmes (elle est intrasyntagmatique).
L’anastrophe est l’inversion intrasyntagmatique.
Reprenons la phrase :
D'amour vos beaux yeux, Marquise, mourir me font.
Je réécris la phrase dans son ordre canonique et indique les syntagmes entre crochets.
(Je mets
marquise au début, mais il pourrait être placé assez librement « normalement » en d’autres endroits.)
[Marquise], [vos beaux yeux] [me] [font mourir] [d’amour].
Et je reprends la phrase « mélangée » en indiquant les syntagmes entre crochets :
[D'amour] [vos beaux yeux], [Marquise], mourir [me] font.
On voit que hormis pour
font mourir, l’ordre intrasyntagmatique n’a pas été modifié, en revanche l’ordre intersyntagmatique a été pas mal bousculé.
Donc, s'il y a en effet bien une anastrophe dans cette phrase, il me semble difficile de la qualifier toute entière d’anastrophe.
Bonsoir Laoshi,
Laoshi a écrit :En français, contrairement à d'autres langues, il existe un ordre des mots usuel.
D'amour me font vos yeux belle marquise ...etc a été écrit par Molière dans un but comique.
Il existe donc des ordres des mots inusuels. Sont-ils fautifs pour autant ?
Fautifs, je ne sais pas, je ne suis pas un juge. Surprenants, poétiques, comiques…
Bonjour,
Désolée de répondre un peu tard, merci beaucoup pour toutes vos réponses j'ai compris maintenant 🙂
Bonjour, étant en train de réviser mon oral de bac, j'ai un doute quand à la figure de style employée dans ce bout de phrase : "ce n'est pas moi; c'est une chute". A première vue, il s'agirait d'un parallélisme mais comme il y a une négation, j'ai un doute.
Aussi, lorsque dans une poésie, on a pour débuts de quatre strophes "Elle/Nous/Nous/Elle" ou "Elle/Elle/Nous/Nous", ou "Elle/Nous/Elle/Nous", cela porte t-il un nom ?
Je ne sais pas si j'ai été bien clair, un exemple :
"Elle tricote
Nous marchons
Elle se meurt
Nous rions"
(on remarquera un certain talent)
Merci par avance.
Bonjour, moi aussi je révise pour le bac et je pense que la première figure est un parallélisme! Pour la seconde, si je tombais dessus au bac, je dirais déjà que c'est une anaphore et que ça ressemble un peu à un parallélisme (?). Et si c'est dqns une poésie, je dirais que ça forme une espèce de rime au début?
Sinon, j'ai aussi une question : "Vivre sous cette habit qui souille et déshonore". Est-ce un zeugma?
Merci!
Est-ce "Invisible, invincible" une paronomase ?
Je pense que oui, en effet.
Bonjour j'étudie en ce moment, le petit port bleu, d'André Suarez.
Je suis tombé sur une figure de style que je ne connaissais pas :
«Le ciel est bleu, la mer est bleue, le calme est bleu»
J'aurai besoin d'aide afin d'identifier cette figure merci d'avance 🙂
Bonjour,
Je dirais qu'il s'agit d'une épiphore.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89piphoreBonjour,
une phrase admirable m'est tombée sous les yeux tout à l'heure, dans
Le côté des Guermantes de Proust:
Si je levais la tête, je voyais quelquefois des jeunes filles aux fenêtres, mais même en plein air et à la hauteur d'un petit étage, ça et là, souples et légères, dans leur fraîche toilette mauve, suspendues dans les feuillages, de jeunes touffes de lilas se laissaient balancer par la brise sans s'occuper du passant qui levait les yeux jusqu'à leur entresol de verdure.
Je n'ai jamais été doué pour identifier les figures de style; je me demande comment qualifier le procédé ici. Il y a un glissement des "jeunes filles" aux "jeunes touffes de lilas". Proust crée une ambigüité qui ne se découvre qu'à l'apparition du nouveau sujet : "de jeunes touffes de lilas", auquel on peut rattacher les attributs "souples et légères"… attributs que le lecteur (cela a été mon cas du moins) a d'abord rattaché aux "jeunes filles".
Je crains de m'exprimer de manière confuse mais si vous m'avez compris, votre aide sera la bienvenue 🙂
Ce sont des jeunes filles en fleurs…
Comme cette femme à la tête de fleur retrouvant la peau d'un piano à queue sur la plage (S. Dali) :
[lien invalide]/pics/815393Dali.png[/url]