Dans ce cas, un attelage ? (zeugme sémantique).
Quelle est cette figure de style ?
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Moi, j’aurais dit métonymie… Mais bon ça dépend si on cherhce la figure au niveau purement grammatical ou au niveau sylleptique.
J’avoue que j’ai du mal à percevoir la métonymie ou la synecdoque ? @dudule : peux-tu me l’expliquer ?
La mère comme métonymie de l’enfance, afin de souligner l’importance déterminante de la figure maternelle ?
@Lucid_Lynx J’y vois d’abord un rythme ternaire, marque de perfection.Ensuite une assimilation : Sidonie et l’enfance de Colette sont des équivalents.Enfin une reprise ou épanaphore. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89panaphore
Oui, j’aurais effectivement mis "la mère" (elles s’adoraient, je crois) comme métonymie redondante de l’enfance pour l’explication que tu invoques. Hypallage, je ne vois pas. Zeugme… hum… techniquement, peut-être mais je ne suis pas convaincu dans ce cas.
@Jean-Luc Pour le rythme ternaire, oui, c’est clair !Reprise… ou épanorthose (qui n’est qu’une épanaphore avec une légère mutation) ?@dudule Oui, en effet. Moi non plus, je ne vois pas l’hypallage.
En fait, la seule rhétorique que j’y vois de façon effective, c’est effectivement le rythme ternaire, peut-être travaillé. Faut-il chercher plus loin ?
@dudule Il est assez inutile de chercher plus loin, tant que le sens peut être perçu et expliqué (ce qui ne nécessite pas d’identifier les figures de style). Ce n’est pas dans mes habitudes et j’ai d’ailleurs toujours été mauvais pour mémoriser les termes les plus exotiques du Gradus. Simplement, ici, je sais que des questions surgiront dans mon cours et je souhaitais m’en prémunir.
A mon sens, la dénomination exacte des figures de style ne présente pour les étudiants qu’un intérêt limité. La question me semble plutôt de savoir 1) est-ce qu’il y a une figure de style ? 2) est-elle voulue explicitement ? Dans l’exemple cité, l’analyse du rythme ternaire (que le français adore) souligné par Lamaneur me semble tout aussi pertinente.
Je suis entièrement d’accord. Mais il y a nos principes, et la réalité. Mes étudiants sont obsédés par les figures de style. Après des années de formatage mental, ils sont convaincus qu’analyser un texte consite à relever les figures de style. Ils ne mesurent la compétence d’un enseignant qu’à l’aune de sa connaissance des figures les plus exotiques, ce qui conduit à de grotesques concours de pédanterie. S’ils connaissent des dizaines de définitions, ils sont bien incapables de les reconnaître quand ils les croisent dans un texte, quant à les interpréter, n’en parlons pas… C’est lassant, mais j’ai cessé de vouloir me battre contre des moulins. Pour rien au monde je n’ai l’âme militante.
Les rythmes ternaires, comme les asyndètes et les accumulations sont fréquents dans l’écriture de Colette et me semblent assez caractéristiques de son style, du moins dans l’œuvre ici mentionnée. Parfois, l’effet est au rendez-vous : emphase, intensité, tension, gradation, etc. Cela n’est pas sans rappeler les plus belles heures du dix-neuvième siècle. Je suppose donc que c’est voulu. D’autres fois, c’est moins heureux, et la syntaxe dilatoire de Colette se fait quelque peu claudicante, il serait alors loisible de parler de lourdeur.
Dans l’exemple cité, l’analyse du rythme ternaire (que le français adore) souligné par Lamaneur…
Souligné par Jean-Luc, non ?😉
Ah… heu… oui … mille excuses à Jean-Luc pour l’erreur de paternité !!!
Bonjour,En dehors des précisions de Jean-Luc, je continue à m’interroger sur ceci : Sido est un être bien concret et l’enfance un terme abstrait. Colette assimile les deux. Comment appelez-vous ça ? Une assimilation, tout simplement ? J’insiste car, malheureusement, la connaissance des figures de style est nécessaire pour un concours. Cela dit, une fois le concours dans la poche, le prof peut bien en faire ce qu’il veut.
@fandixhuit Oui, c’est cette "assimilation" qui m’a fait penser au zeugme, figure aussi simple que puissante quand on y pense, et qui suffit amplement à mon analyse et mon cours.
Dans "Noces à Tipasa" de Camus (récit magistral que je relis régulièrement), je trouve : "Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est."Bien sûr, on comprend aisément le sens derrière cette contradiction, mais au niveau rhétorique : truisme, lapalissade, tautologie ?
Bonsoir,
J’y vois un apparent paradoxe.
D’accord avec Jean-Luc.
Et pour philosopher dessus, on peut remonter à Nietzsche… Et même à Pindare :
https://www.lesinrocks.com/cheek/philosophie-cache-formule-deviens-es-57066-16-10-2016/
@Jehan : merci pour l’article. Je constate que Camus s’inscrit en partie dans cette ontologie du "soi" par contruction progressive, par pratique performative de l’expérience. Presque un empirisme de l’identité, qui me semble rappeler l’existentialisme sartrien.
C’est donc un paradoxe assez ancien — ce que j’ignorais —, auquel on peut rattacher plusieurs questions. Il semblerait qu’aujourd’hui la formule soit devenue un peu convenue. Pauvre Albert !