Quelle est cette figure de style ?

Entraide scolaire

1578 réponses · Page 35 / 79

Bonsoir,

Quelqu'un pourrait-il m’éclaircir sur la figure de style de ces deux vers du poème "Il n'y a pas d'amour heureux" d'Aragon:

"il n'y a pas d'amour heureux
mais c'est notre amour à tous les deux"

Je pense que c'est parallélisme mais je ne suis pas sure …
Merci de votre aide
Je ne vois pas là de parallélisme. Ni aucune autre figure de style d'ailleurs.
Mais peut-être ai-je besoin de lunettes…. 🙂
Pourtant on me demande dans un exercice, la figure dominante de ces deux vers ?.
Par ordre d'importance croissant,
- une opposition,
- une reprise (amour)
- des procédés d'insistance marquant l'appropriation :
un présentatif, c'est
un renforcement, notre amour à tous deux.
et si j'ai mis "parallélisme", c'est juste ou c'est faux ? merci 🙄
On dirait bien que c'est faux… Relis Gabiana et Jean-Luc.

De plus, Aragon a écrit "notre amour à tous deux"… pas "à tous les deux"
Opte plutôt pour l'opposition alors. Effectivement, il y a un mais.
Mais la figure de style dominante (anaphore) se lit sur le poème entier, et non sur ces deux seuls vers, qui franchement n'ont rien de remarquable, si ce n'est qu'ils sont la conclusion du poème.
On pourrait peut-être parler de polyptote nominal aussi. Le substantif "amour" apparaît deux fois, à chaque foi précédé d'un déterminant différent : pas de pour la première occurrence, et notre pour la deuxième. Il me semble que cette figure renforce la mise en opposition des deux vers.
Merci ! 🙂
Bonjour à tous,
Le terme polyptote est très joli.
Mais ce n'est pas cela. Le mot amour est répété deux fois. C'est une répétition.
Bonsoir,

Je voudrais savoir à quelle figure de style correspond "cette création" pour parler de la création de Dieu dans la phrase de Rieux : "…cette création où des enfants sont torturés."

Merci d'avance !
Je crois que c'est une périphrase. On emploie un mot pour un autre. Ou alors une métaphore.
Cela fait image. Le monde = la création de Dieu.
Je dirais plutôt une catachrèse, tant cela relève d'un automatisme langagier de dire la création pour le monde.
A la base de cette catachrèse, une métonymie de la cause pour l'effet.
Que l'élève m'excuse de ne pas répondre à sa question …

J'ignorais cette rencontre où Camus explique sa position …
C'était en 1948, au couvent Saint-Dominique, rue de la Tour-Maubourg à Paris. Les Dominicains organisaient un cycle de conférences, en lien avec les éditions du Cerf, sur le thème « Ce que les incroyants attendent des chrétiens ». Parmi les personnalités conviées à venir apporter leur contribution, l'écrivain Albert Camus, intellectuel reconnu qui publiait l'année précédente La Peste.


De cette conférence dans un couvent catholique est resté un texte, publié quelques années plus tard par Gallimard, dans lequel Camus montre, certes, certaines lignes de fracture avec l'Eglise, mais aussi la volonté d'établir un véritable dialogue.

C'est ainsi que l'intellectuel rejette d'emblée un « pharisaïsme laïque », qu'il définit ainsi : « J'appelle pharisien laïque celui qui feint de croire que le christianisme est chose facile, et qui fait mine d'exiger du chrétien, au nom d'un christianisme vu de l'extérieur, plus qu'il n'exige de lui-même. »

« Ce que j'ai envie de vous dire aujourd'hui, explique-t-il alors, c'est que le monde a besoin de vrai dialogue, que le contraire du dialogue est aussi bien le mensonge que le silence, et qu'il n'y a donc de dialogue possible qu'entre des gens qui restent ce qu'ils sont et qui parlent vrai. Cela revient à dire que le monde d'aujourd'hui réclame des chrétiens qu'ils restent des chrétiens. L'autre jour, à la Sorbonne, s'adressant à un conférencier marxiste, un prêtre catholique disait en public que, lui aussi, était anticlérical. Eh bien ! je n'aime pas les prêtres qui sont anticléricaux pas plus que les philosophies qui ont honte d'elles-mêmes. Je n'essaierai donc pas pour ma part de me faire chrétien devant vous. Je partage avec vous la même horreur du mal. Mais je ne partage pas votre espoir et je continue à lutter contre cet univers où des enfants souffrent et meurent. »
Tout d'abord, merci beaucoup pour vos réponses !

Merci Floreale, même si cela ne répond pas à ma question, le discours de Camus est très intéressant je trouve. Je vais me renseigner davantage dessus, mais ce genre de référence est sûrement bien vu à l'entretien ! 😉

Concernant la figure de style, je pensais plutôt à une synecdoque,mais la catachrèse semble être plus précise. Cependant, j'ai trouvé une définition de cette figure de style qui me laisse perplexe : "Procédé qui étend l'emploi d'un terme au-delà de ce que permet son sens strict".
Métaphore, ce n'est pas suffisant ?
Si c'en est une, ça me suffit amplement ! Mais je n'en étais pas sûre…
Laoshi a écrit :Métaphore, ce n'est pas suffisant ?
Certes, mais cette métaphore n'est pas une figure délibérément conçue par l'auteur, c'est la façon habituelle de traduire cette réalité.
D'où mon diagnostic : ou c'est une catachrèse, ou ce n'est pas une figure du tout…
Si le mot "création" est ici utilisé pour désigner…. "la création", je peine à voir où il peut y avoir une métaphore. En effet, la métaphore, en tant que trope, implique une forme de caractérisation a priori impertinente en contexte, et je ne vois pas en quoi le mot "création" serait ici a priori impertinent.

Parler de catachrèse peut paraître plus séduisant, mais là encore je suis moyennement convaincu, car la catachrèse n'est qu'une métaphore éculée au point de devenir la désignation normale du référent. Cela dit, pour qu'il y ait catachrèse, il faut qu'il y ait à l'origine un processus métaphorique. Or, ici je ne le vois guère.

En fait, je peine à voir ici l'emploi d'une figure de style, si ce n'est peut-être une pointe d'ironie. En effet, comment comprendre qu'un monde qui soit le produit d'un créateur puisse être le théâtre de tant de souffrance ? Si l'on se décide à défendre cette lecture, on pourra considérer que le mot "création" est l'objet d'une connotation autonymique qui suggérerait le caractère partiellement inconvenant d'un tel mot et de ce qu'il présuppose. La difficulté, c'est qu'ici la connotation autonymique n'est pas signalée par l'emploi de guillemets, comme c'est très souvent le cas.

D'autres auront peut-être un autre point de vue que le mien.

Bon courage pour l'oral de français 🙂
Merci beaucoup petitleceir pour cette explication très claire. En voulant absolument trouver des figures de style dans ma lecture analytique, je vais finir par en inventer ! 😜
Je préfère ne pas m'embrouiller l'esprit avec des figures de style que je ne maîtrise pas, mais merci pour toutes vos réponses. Cependant, s'il y a d'autres avis, je suis toujours preneuse !