Les deux tercets exploitent l'image exprimée avant, "le tintement lointain" de la cloche mise en branle plus haut dans la tour. Les sons qui parviennent au sonneur sont atténués et déformés. La cloche située en hauteur comme l'oiseau, d'où le "plumage" fidèle, ne délivre que de "froids péchés".
C'est au point que le sonneur imagine un jour remplacer la pierre qui assure la tension du cable… Le poète manifeste son désespoir de n'avoir pu produire un chant digne de son idéal….
Excellent, vraiment.
Ce poème demeure certes l'un des moins hermétiques de Mallarmé.
Et on y repère facilement l'analogie entre le sonneur et le poète, et le désespoir et l'impuissance qui font surgir le désir de suicide.
Quant à étudier le détail, les figures de style, et la signification du mot à mot…
On peut passer sa vie à écrire des milliers de pages sur la poésie de Mallarmé. Beaucoup l'ont fait.
Je comprends l'embarras de Henri B qui doit expliquer :
.
..Hélas ! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s'ébat un plumage féal,
La nuit désireuse : assurément, personnification. Hypallage, pourquoi pas, mais peut-on en être sûr ?
Ibant obscuri sola sub nocte est plus évocateur.
J'ai beau tirer le câble à sonner l'idéal…, passe encore, on imagine les efforts vains…
De la nuit désireuse.… j'ai déjà plus de mal.
Mais lorsque j'arrive à :
De froids péchés s'ébat un plumage féalCe vers paraît flou,
C'est peu de le dire.
Il est carrément incompréhensible, y compris sur le plan de la syntaxe.
Il est donc vain d'en chercher le sens.
C'est en général le cas de beaucoup de vers de Mallarmé.
Analyser le détail, on le voit, n'est pas la bonne méthode.
On s'y casse le nez.
Il faut peut-être s'attacher aux mots de prédilection de l'univers du poète, aux impressions ressenties…et supputer, si on en a envie.
Tout reste selon moi terriblement subjectif.
Il existe des spécialistes éminents de la poésie de Mallarmé.
Tu devrais sans doute t'y reporter, Henri B.
Oserai-je dire que leurs interprétations ne font pas toujours l'unanimité ?
Bon courage !