Quelle est cette figure de style ?
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Je pencherais aussi pour l'antithèse.
Raisonner autour de figures de style, ça n'a pas grand sens je trouve. On perd beaucoup de temps à faire rentrer de force tel énoncé dans telle définition, on classifie à tort et à travers, et l'on en vient à ne plus se soucier des particularités propres à chaque cas. A l'inverse, l'on oublie bien souvent que les figures de style ne procèdent pas spécifiquement d'une écriture élevée, qu'elles fructifient jusque dans l'énoncé le plus anodin. Et ce n'est pas parce que deux énoncés correspondent à une même figure de style que l'effet est le même, ou qu'il est d'une intensité semblable. Dans le cas présent, l'antithèse "cheveux blancs / ombre" est relativement pauvre, molle.
Il me semble que le plus important n'est pas tant de mettre un nom sur un énoncé, mais d'être sensible à ses effets, d'être en mesure de les décrire, de les analyser, de les expliquer. Cet exercice est autrement plus fin et moins systématique que celui auquel se livre notre ami.
Je suis d'accord avec ce que tu dis, mais il me semble qu'il est aussi utile de connaître les noms des figures…Les relever dans un but purement gratuit n'a effectivement pas grand intérêt en soi, mais je vois mal Redhouse aller dire à son professeur que son exercice n'est pas d'une grande finesse.
Goldmund apprécie certes les exercices "autrement plus fins".
Mais sur un autre fil d'une autre rubrique, cela ne l'empêche pas de trouver certains distingos grammatico-sémantiques un peu trop subtils, à l'occasion.
Dans le sens de capillotractés, oui. On se fait violence pour inclure un "vive" dans la classe des interjections, et dans le même temps, on rechigne à voir les parentés qu'un "quelconque" peut entretenir avec la classe des adjectifs.
La grammaire normative est quelque chose d'assez idiot.
Je pensais aussi à une antithése, seulement oxymore et métaphore se mélangeaient dans ma tête,
Merci à tous pour votre aide,
Goldmund Je ferais passer tes dires à mon professeur 😀 Thanks !
Pour ne pas confondre l'antithèse et l'oxymore, en trois points:
- l'oxymore est une figure microstructurale, ce qui signifie qu'elle peut être ciblée, délimitée dans l'espace de la phrase; l'antithèse est une figure macrostructurale, son effet s'analyse en fonction du contexte et du co-texte.
- l'oxymore repose sur un rapprochement syntaxique très étroit de termes contradictoires, ou en apparence contradictoires: il peut s'agir d'un rapport de coordination ("une pièce drôle et tragique") ou de caractérisation ("obscure clarté"); l'antithèse est une opposition d'idées plus que de mots, et à ce titre, elle n'obéit pas à une structure syntaxique prédéfinie.
- l'oxymore met en relation des termes absolument opposés, contradictoires, tels que blanc et noir, grand et petit (à ce titre, "paix sanglante" n'est pas vraiment un oxymore, mais je ne pense pas que ton professeur vous en demande tant); l'antithèse est plus tolérante, elle oppose des idées plus que des mots.
Il arrive qu'une antithèse s'appuie sur un oxymore
Merci à Goldmund d'avoir corrigé mon approximation quant à la paronomase.
Rigoureusement parlant, la paronomase concerne bien des sons "proches" et non des sons "identiques".
Donc, en toute rigueur, un titre de polar comme "Cinq gars pour Singapour"
ne constitue pas une stricte paronomase, c'est vrai.
Un titre comme "Banco à Bangkok", si. Très subtil !
Cela dit, se contenter de parler d' holorime à ce propos est largement aussi approximatif. Le préfixe holo- implique la totalité, le caractère entier.
S'il suffit de deux syllabes homophones dans un même énoncé, même séparées par une autre (Brut de brutes) pour parler d'holorime, où allons-nous ?
On parlera plutôt d' "écho homophonique" ou de "rime intérieure".
C'est sûr… On est toujours moins indulgent pour les approximations d'autrui que pour les siennes. 😉
Il n'y a pas d'indication de longueur dans la définition du mot "holorime", pas plus que dans celle de "calembour": ce garçon ne devrait donc pas rencontrer de problème en les utilisant; en revanche, confondre des paronymes et des homophones, c'est une faute assez basique, qui lui serait certainement reprochée. Je ne dis pas cela pour te jeter la pierre, simplement parce que sur des choses aussi simples, j'ai l'impression que nous ne parvenons tout à fait à nous entendre.
Je suis le premier à critiquer les limites d'une démarche qui consisterait à enserrer chaque cas particulier dans une définition générale, à étiqueter chaque énoncé au moyen d'une figure de style: je ne le fais que pour rendre service à ce garçon. Je trouve que tu as raison de chercher à t'en éloigner en réfléchissant à des formulations plus spécifiques, plus transparentes. Je n'aime pas l'expression "rime intérieure", d'abord parce qu'il ne s'agit pas de vers, en prose on parle d'homéotéleute, ensuite parce que dans l'énonce "cinq gars pour Singapour", il n'y a clairement pas de rime; l'expression "écho homophonique" est déjà plus proche de la vérité, il s'agit malheureusement d'un pléonasme assez disgracieux (toute homophonie s'appuie sur un effet d' "écho", sur un retour de sonorités). Pour ma part, je parlerais tout simplement de "jeu homophonique". Tu souscris ?
Le terme calembour est approprié, c'est vrai, mais tu as indiqué toi-même
qu'il y avait plusieurs types de calembours. Trop général, donc.
Quant à holorime, c'est un terme beaucoup plus spécialisé.
En tant qu'adjectif, il qualifie toujours un vers ou un poème;
en tant que substantif, il désigne un distique (ou un poème plus long) bâti selon cette contrainte.
Te paraphrasant, je pourrais donc te retourner ton argument :
"Je n'aime pas l'expression "rime intérieure" holorime d'abord parce qu'il ne s'agit pas de vers."
Pour que "Cinq gars pour Singapour" puisse à la rigueur être qualifié d'holorime,
il faudrait donc disposer ainsi, en distique de deux trisyllabes :
Cinq gars pour
Singapour
Et c'est vrai qu'il n'y a pas d'indication de longueur,
le plus court étant l'holorime monosyllabique :
Pois ?
Pouah !
Mais essaie de faire la même chose avec "Brut de brutes"
Il y aura un "de" en trop, forcément.
A ce compte-là, toute expression comportant deux syllabes homophones
(même des syllabes purement vocaliques :"Alors, ami ?")
pourrait être qualifiée d'holorime.
Est-ce bien raisonnable ?
Alors, va pour "jeu homophonique"… Faute de mieux.
"Je n'aime pas l'expression "rime intérieure" holorime d'abord parce qu'il ne s'agit pas de vers."
Plutôt qu'un long discours:
holorime féminin
Expression, phrase ou vers holorime d'un(e) autre.
"Gal, amant de la reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l'arène à la tour Magne à Nîmes"
J'ajoute qu'un phonème, s'il ne forme pas en lui-même un mot, n'est pas une "expression": on parlera tout simplement d'assonance ou d'allitération. CQFD.
Merci le Wiktionnaire.
Au temps pour moi, holorime peut donc s'appliquer
aussi, semble-t-il, à du texte non versifié :
à deux expressions ou à deux phrases holorimesl'une de l'autre.
Fort bien.
Mais est-ce que ça compte aussi quand un mot sépare les deux termes homophones,
comme dans "Brut de brutes" ?
Que devient le "de" dans tout ça ?
Au moins, dans "Cinq gars pour Singapour", pas de déchet.
Je sais bien qu' "expression", à l'occasion, veut dire simplement "mot"
J'ai cependant du mal à considérer que les termes "Brut" ou "brutes" constituent chacun une mini-expression au sein de l'expression "Brut de brutes", et qu'ainsi "Brut" soit l'holorime de "brutes", et vice-versa. "Homophone" ne suffirait pas, en l'occurrence ? Ou bien est-ce la proximité, jointe à l'intention ludique, qui permet l'emploi de ce terme holorime ?
Merci d'éclairer ma lanterne.
L'homophonie est un effet, non un procédé, on ne peut pas apporter cette réponse si le professeur s'attend à une figure de style. Alors je ne sais pas. Le "de" ne me choque pas particulièrement, le cas est pourtant assez différent de "cinq gars pour Singapour", je le reconnais volontiers. Peut-être sommes-nous dans un de ces nombreux cas limites, peut-être simplement faut-il se résoudre à parler de calembour, avec toute l'imprecision que ce terme renferme. En tout les cas, je ne pense pas que son professeur lui compte une faute s'il emploie l'un ou l'autre. Ce serait intéressant d'avoir la réponse, mais je doute que nous le revoyions.
Bonjour,
J'avais aussi une question pour une figure de style. Quelle est-elle dans ces 2 vers :
" Et plus de moi je lui donne assurance,
Moins me veut croire, et m'appelle un moqueur " Ronsard
J'ai pensé à une antithèse, mais je ne suis pas sure.
Il me semble qu'il y a aussi une allitération en "m" dans le dernier vers; est-ce correct ?
On me demande aussi quel est l'effet produit par le dernier mot. Quelqu'un pourrait-il m'aider ?
Bonjour Lilo,
Tes observations sont pertinentes.
Goldmund a écrit :Je signale au passage que ta définition de la litote, Lys, n'est pas pertinente.
Oui c'est vrai, disons qu'elle fonctionne dans certains cas, et qu'en fait, c'est toujours la définition basique qu'on m'a enseignée dans le secondaire. Elle n'est donc pas parfaitement pertinente, mais dans la copie d'un lycéen ou d'un collégien, elle est susceptible d'être acceptée, et assimilée à l'atténuation.
Va, je ne te hais point… (quelle originalité dans l'exemple 😜)
J'ajouterais que le problème avec les figures de style, c'est leur profusion, qui va s'accroissant avec les années d'études, comme une manie de vouloir à tout prix circonscrire par les mots des images et des constructions qui résistent souvent à toute fixation. Cela donne parfois le vertige, quand cela ne confine pas à la préciosité, mais c'est un autre débat !
Quel est le procédé utilisé dans cette phrase et quel est l'effet produit? svp :
"On m'a fait enfiler des perles,reconstituer des trucs,sortir d'un labyrinthe,trouver des animaux…"
Bonsoir Seyh,
Tu as été servi(e) dans une autre discussion, maintenant, il faut que tu proposes des réponses.
Muriel
Bonjour, j'ai à nouveau besoin de votre aide, quelles sont les figures de style utilisées dans ses phrases (je précise que j'ai fais ce travail et que je veux juste le comparé avec votre travail et avis):
1: Un poète, au lieu de dire "l'oie", dit "l'aquatique animal sauveur du Capitole".
2: Elle arriva "Dans le simple appareil / D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil" pour = elle arriva en chemise de nuit.
3:"Elle est terriblement ravissante".
4:"Le quadruple médaillé d'or des jeux de Berlin de 1936" pour dire "Jesse Owens".
5: "C'est le temps que tu perds pour ta rose qui fait ta rose si importante" : les gens n'ont que la valeur qu'on est prêt à leur accorder.
6: "J'ai rencontré ma mort sur un bouton de rose" = j'ai éprouvé un plaisir extrême à embrasser vos lèvres.
7: "Quels exploits !"
8: "Cette faucille d'or dans les champs des étoiles" = un croissant de lune dans le ciel très étoilé.
9: "Le violon de l'orchestre se plaignait que la trompette ne jouait pas tout à fait juste."
Merci.
Bonsoir Pepsouille,
Le plus logique (et conforme aux règles de ce forum) serait de nous faire part de tes propositions, merci de le faire.
Muriel
Oui mais j'ai mes réponses, mes capiers au casiers dans mon lycée.
Et j'aimerais avoir les réponses pour pouvoir les comparer demain pendant une heure de libre.
Bon sinon c'est pas grave… 😞