Adjectif et participe passé

Langue française

87 réponses · Page 2 / 5

Bonsoir !

* Son repas TERMINÉ, il sortit.
* ANIMÉE par tout un groupe, une population naît.

Dans ces deux énoncés, la SYNTAXE est différente.

Dans le premier, vous avez une proposition participiale : une proposition dans laquelle le verbe est un participe passé (ou présent) et dont le sujet est DIFFÉRENT de celui de la proposition principale. Effectivement, « son repas » est différent de « il ».
C’est l’équivalent d’une proposition circonstancielle de temps.
→ LORSQUE SON REPAS FUT TERMINÉ, il sortit.
* LE CHAT PARTI, les souris dansent. (Proverbe)
→ Lorsque le chat est parti…
* LA GRAMMAIRE ÉTANT l’art de lever les difficultés d’une langue, il ne faut pas que le levier soit plus lourd que le fardeau. (Rivarol)
→ Puisque la grammaire est…
* LECTURE FAITE, (il/elle) persiste et signe.

Dans le second, vous avez un participe passé qui qualifie « une population » et s’accorde avec ce sujet. Le participe passé est en position DÉTACHÉE par rapport à son sujet, COMME LE SERAIT UN ADJECTIF.
→ APPROBATIVE, une population naît.

Autrement dit, dans le premier énoncé, le participe dépend d’un sujet qui est différent de celui de la proposition principale,
alors que, dans le second, le participe dépend d’un terme de la proposition principale, ici son sujet.
Je pense que vous avez bien pressenti cette différence syntaxique.

Ne vous étonnez pas du SENS PASSIF du participe passé ISOLÉ, c’est la règle avec les verbes transitifs directs :
1 son repas terminé = lorsque son repas A ÉTÉ TERMINÉ,
2 animée = une population A ÉTÉ ANIMÉE.

J’ai cependant dit ailleurs que, EXCEPTIONNELLEMENT, le participe passé a :
- un sens actif (un homme réfléchi = qui réfléchit),
- un sens pronominal (la jeunesse enfuie = qui s’est enfuie),
- un sens circonstanciel (une place assise = où l’on peut s’asseoir).
Bonjour Edy et Lejip,

Merci Edy pour ces réponses qui m'en ont appris un peu plus en la matière, notamment sur le sens actif du participe passé que je n'avais jamais envisagé…

Pour revenir à la question posée, j'ajouterai deux considérations :
- le participe est le mode adjectival du verbe.
- Nous avons à coup sûr un participe passé chaque fois que le complément d'agent est exprimé : "Je ne suis pas pressé" sera probablement interprété comme un adjectif alors que "je ne suis pas pressé par la foule" sera un participe passé (avec un autre sens d'ailleurs).

Au fait, Edy, vos moutons sont-ils toujours frisés ? Comment va leur berger ?

Amicalement.
Bonjour, cher Jean-Luc !

Je suis bien aise de vous retrouver pour de nouvelles joutes. Mais, jusqu’à présent, j’attends de vous lire aussi sur les deux sujets que notre webmestre a épinglés : le sens des verbes pronominaux et la construction faire + infinitif.

Vous avez bien fait de rappeler ce que j’avais dit à la page 1.

En relisant ce que j’ai écrit le 18 juin 2006 (comme le temps passe, dirait le Général !), je dois amender le début de ma réponse de la page 1 :
* La question est intéressante, même si la distinction à l’intérieur du participe PASSÉ ne débouche pas sur des applications orthographiques.
En écrivant cela, je pensais au participe PRÉSENT, qui peut avoir deux graphies : convaincant, convainquant, négligent, négligeant, par exemple.
J’aurais dû ajouter que les DEUX PARTICIPES SONT SOUMIS À DES RÈGLES D’ACCORD, surtout le participe passé, qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Il me suffit maintenant de lire quelque chose d’ennuyeux pour m’endormir. Pour le reste, je me porte comme les gens qui ont mon âge. Mais quand je me compare à certains, j’aurais tort de me plaindre. Il n'empêche que chaque jour nouveau est une victoire.

Voici la citation du jour :
* Ma montre me dit que vous êtes amoureuse de moi. – Elle déraille, votre montre ! – Je sais, elle avance de cinq minutes. (Anonyme)

Amicalement,
Bonjour,

Ce n'est jamais assez de remercier tous les litteraires genereux qui nous font profiter de leur savoir.

Pourriez vous me confirmer que la fiche que je commence la, est correcte dans les termes, exemples et explications.

Il s'agit d'une fiche pour illustrer la difference entre PP adjectif attribut et adjectif attribut.
Mille merci.

I-Participe passé - Adjectif- Attribut = (après un verbe d'état.):

1-Il / elle est angoissé ( e ).
PP. du verbe angoisser.

2-Le soleil reste couché pendant plusieurs mois dans les pôles.

Du verbe coucher.



MAIS :

II- Adjectif - Attribut
l'adjectif n'a pas la même forme que le PP


1- Il est courageux.

Pas de verbe de cet adjectif.


2- Le soleil reste brillant toute la journée.

(le PP "brillé" du verbe "briller" ne peut pas être employé avec un v. d'état.)


Est ce que les explications que je donne sont correctes. Alors pas de reponses?

Je me permets de relancer le message.

Bonne soiree.
Je n'ai pas compris la question.
Moi non plus… Désolé !
Bon je vais essayer de mieux m'exprimer =D

J'essaye d'expliquer a des eleves quelle est la difference entre :

I- Attribut Participe Passe adjectif. et II- Attribut adjectif.

Alors j'ai fait un tableau de deux colonnes les represantants, si je peux envoyer la fiche a un de vous Jehan ou Lecrretius, par piece jointe, ca sera tres aimable d'accepter.

Alors dans la colonne I- Attribut PP adj.
je donne comme exemple:

Il est angoisse.

Et j'explique cela en disant que:
puisque le PP du verbe angoisser, est "angoisse" donc c'est un PP adjectif.

Mais dans la colonne II- Attribut adjectif:

je donne comme exemple :

Il est courageux.

Cela n'est pas un PP. et il n' y a pas de verbe de cet adjectif.

2eme exemple:

Le soleil reste brillant toute la journee.

J'explique ca en disant que :
puisque le PP du verbe briller est "brille", donc brillant ne peut pas etre PP il est seulement adjectif.

est ce que c'est clair?

J'espere =|

J'attends votre reponse au plus vite.
Merci.
Euh, je crains que cette fiche embrouille les élèves. La notion "attribut participe passé adjectif"' me parait confuse: elle regroupe la fonction, l'origine, et la nature du mot. Il s'agit d'un adjectif, originellement participe passé, employé en fonction d'attribut.
Dans beaucoup de cas, il est impossible de voir s'il s'agit d'un participe adjectivé en fonction attribut accompagné du verbe être, ou tout bonnement du verbe conjugué à la voix passive.
Ex. Il est angoissé.
Les deux analyses sont possibles, et finalement ne changent pas beaucoup le sens à une nuance près, d'ailleurs discutable: soit on le définit par son angoisse (adjectif), soit on note un état (verbe conjugué).
Pour que les élèves aient des idées un peu distinctes (enfin tout dépend du niveau), il vaut mieux, je pense, ne pas faire cas de cette duplicité, et ne parler ici ni d'adjectif, ni d'attibut, mais tout bonnement de voix passive, avec l'auxiliaire être suivi du participe passé.

L'attribut du sujet peut faire à lui seul l'objet d'une autre fiche.
Les adjectifs qualificatifs, qui peuvent avoir le participe comme origine, sont encore une autre question.
Bonjour, Elissa.

Donc, le seul but de l'exercice, c'est de distinguer un adjectif d'un participe passé employé comme adjectif…

Mais je ne saisis pas bien l'importance de les faire distinguer, étant donné qu'un participe passé adjectivé se comporte tout à fait comme un adjectif "classique" quant à l'accord, et qu'il peut avoir les mêmes fonctions (épithète, attribut, apposition).

J'irai plus loin : même non employé comme adjectif, un participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être" s'accorde tout à fait comme un adjectif qualificatif attribut.

Pour l'exemple "Il est courageux", dire "il n'y a pas de verbe de cet adjectif" est une formulation maladroite.
Car si je dis "Il est fâcheux", il y a bien un verbe "fâcher", non ?
"Il est boiteux", verbe boiter.
"Il est pensif", verbe penser.
"Il est râleur", verbe râler.
"Il est adorable", verbe adorer.

Et pourtant, fâcheux, boiteux, pensif, râleur ou adorable, bien qu'ils aient chacun un verbe qui leur corresponde, sont des adjectifs, et non des participes. Ce n'est donc pas un critère pertinent pour identifier un participe passé.

Dans l'exemple "Il est brillant", l'on a un participe présent employé comme adjectif, et non un adjectif. Et ton critère pour trouver que ce n'est pas un participe passé suppose que les élèves savent déjà identifier le participe passé "brillé".

Et s'ils savent déjà énoncer le participe passé de tel ou tel verbe et l'identifier comme tel, je ne vois pas vraiment pas, encore une fois, l'utilité de l'exercice. =)
Jehan a écrit :Bonjour, Elissa.

Donc, le seul but de l'exercice, c'est de distinguer un adjectif d'un participe passé employé comme adjectif…


OUI.

Mais je ne saisis pas bien l'importance de les faire distinguer, étant donné qu'un participe passé adjectivé se comporte tout à fait comme un adjectif "classique" quant à l'accord, et qu'il peut avoir les mêmes fonctions (épithète, attribut, apposition).

J'irai plus loin : même non employé comme adjectif, un participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être" s'accorde tout à fait comme un adjectif qualificatif attribut.

Pour l'exemple "Il est courageux", dire "il n'y a pas de verbe de cet adjectif" est une formulation maladroite.
Car si je dis "Il est fâcheux", il y a bien un verbe "fâcher", non ?
"Il est boiteux", verbe boiter.
"Il est pensif", verbe penser.
"Il est râleur", verbe râler.
"Il est adorable", verbe adorer.

Oui bien sur, sauf que leur PP n'a pas la meme forme que l'adjectif.

quand tu dis:
Il est boiteux. / PP. = boite
Donc boiteux est adejctif.



Mais quand tu dis:
Il est fache
le PP a la meme forme que l'adjectif.
Donc c'est un attribut PP adjectif.


Et pourtant, fâcheux, boiteux, pensif, râleur ou adorable, bien qu'ils aient chacun un verbe qui leur corresponde, sont des adjectifs, et non des participes. Ce n'est donc pas un critère pertinent pour identifier un participe passé.

Dans l'exemple "Il est brillant", l'on a un participe présent employé comme adjectif, et non un adjectif. Et ton critère pour trouver que ce n'est pas un participe passé suppose que les élèves savent déjà identifier le participe passé "brillé".

Et s'ils savent déjà énoncer le participe passé de tel ou tel verbe et l'identifier comme tel, je ne vois pas vraiment pas, encore une fois, l'utilité de l'exercice. =)
C'est vrai que l'adjectif "fâcheux" est distinct du pp. "fâché",
que l'adjectif "boîteux" est distinct du pp. "boité"

Mais toi, quand tu leur proposes : "Il est courageux", c'est bien pour leur faire constater que l'adjectif "courageux" n'a pas la même forme qu'un participe passé… Ce qui suppose qu'ils savent déjà reconnaître un participe passé… que tu veux pourtant leur apprendre à distinguer d'un adjectif ! C'est l'intérêt et la logique de cette démarche qui m'échappe…
Oui , je me rends compte que je tourne en rond, mais comme le francais pour nous n'est pas notre langue maternelle, alors nous avons peut etre une autre logique =D

Merci

Je tiens le fil maintenant et comprends que je dois commencer par familiariser les eleves au PP.
Bonjour,

Ce que j'ai appris aujourd'hui a mon ecole :

En general, tous les verbes au passe compose ont un participe passe. Le passe compose est compose de 2 verbes. (EX : sont vendues ) Le premier verbe est le verbe avoir ou etre au present de l'indicatif. Le deuxieme verbe est le participe passe. Parfois, il est separe d'un ou de plusieurs mots. ( EX: sont tres bien caches ) Le participe passe peut etre employe comme adjectif. ( EX : Les maisons vendues etaient toutes belles ) Vendues etait employe comme un adjectif. Les : Det. Maisons : nom commun ( noyau du gr. du nom ) vendues : employe comme un adjectif. = GR. du nom sujet.

Eleve en quatrieme annee

Corriger moi, si cela vous tente.
Bonjour iCatherine,


"sont vendues" n'est pas un passé composé mais un présent passif.
Le passé composé de vendre est 'j'ai vendu".
Cette confusion entre la voie passive et le passé composé actif est très fréquente.
Je ne comprends pas trop ta première phrase. J'écrirais "Tous les verbes ont un passé composé."
Comme le dit Jean Luc, change ton exemple.
Ton analyse de "maisons vendues" est bonne.
iCatherine a écrit :Bonjour,

Ce que j'ai appris aujourd'hui a mon ecole :

En general, tous les verbes au passe compose ont un participe passe. Le passe compose est compose de 2 verbes
Pour être tout à fait précis, les temps composés ne sont pas formés sur deux verbes mis bout à bout, mais sur le rapprochement d'un auxiliaire (du latin auxilium: aide, secours) et d'un verbe qui est toujours conjugué au participe passé. En français, il n'y a que deux auxiliaires: être et avoir.

Deux remarques:
1° L'auxiliaire peut être conjugué, il varie en fonction du temps (présent, imparfait, futur, …) et de la personne (je, tu, il, …). Le temps de l'auxiliaire détermine la valeur temporelle de la forme verbale (c'est-à-dire de l'auxiliaire + du verbe). Ainsi, un auxiliaire au présent de l'indicatif va permettre de construire un passé composé (ex: j'ai pris, tu as pris, il a pris) et un auxiliaire à l'imparfait formera un plus-que-parfait (ex: j'avais pris, tu avais pris, il avait pris).
2° Le verbe au participe passé varie en genre et en nombre (il est pris, elle est prise), cependant il faut bien se souvenir que le participe passé est un temps impersonnel. Impersonnel cela signifie qu'il ne varie pas en fonction de la "personne" (je, tu, il, …), contrairement à l'auxiliaire (ex: j'ai mangé, tu as mangé, il a mangé).

Enfin, l'accord en genre et en nombre du verbe au participe passé peut poser problème, il dépend de l'auxiliaire utilisé (être ou avoir).
=> Si c'est l'auxiliaire être qui est utilisé (ex: il est parti), le verbe au participe passé s'accorde en genre et en nombre avec son sujet (ex: il est parti, elle est partie, ils sont partis, elles sont parties).
=> Si c'est l'auxiliaire avoir qui est utilisé (ex: il a pris) alors tout se complique. Le verbe au participe passé ne s'accorde ni en genre ni en nombre avec son sujet (ex: il a pris une baffe, elle a pris une baffe, ils ont pris une baffe) sauf si le Complément d'Objet Direct de cette forme verbale est antéposé (c'est à dire placé avant la forme verbale), auquel cas le verbe au participe passé s'accorde en genre et en nombre non pas avec le sujet, mais avec ce Complément d'Objet Direct (ex: cette baffe, il l'a prise). C'est une règle bête et méchante à apprendre par coeur.
Ce n'est pas une règle si "bête et méchante" que ça; elle a sa logique.
Sur ce forum, j'ai souvent eu l'occasion de rappeler le système du grammairien Wilmet, qui permet de résoudre la plupart des cas courants :
Au moment où l'on écrit le participe passé, toujours se demander si l'on a déjà écrit CE QUI EST… ou CE QUI S'EST… + participe passé ?

Exemples :

"J'ai jeté des fleurs". — Au moment même où j'écris "jeté", CE QUI EST jeté (les fleurs), n'est pas encore écrit : pas d'accord !

Les fleurs que j'ai jetées étaient fanées. — Au moment où j'écris "jetées" , j'ai déjà écrit CE QUI EST jeté (les fleurs) : accord ! (féminin pluriel). Peu importe que je sache dans ma tête, ce que j'ai jeté . L'ai-je DÉJÀ ÉCRIT au moment où j'écris "jeté"?

"Les deux gâteaux que j'ai achetés" : au moment où j'écris le participe, j'ai déjà écrit CE QUI EST acheté (les deux gâteaux) : je fais l'accord (pluriel).

"Elle s'est lavée." C'est elle qui s'est lavée. On fait l'accord (au féminin) puisque le " s' " (=elle-même) est DÉJÀ ÉCRIT.

"Elle s'est lavé les pieds." Quand j'ai écrit "lavé", je savais que je devais préciser ENSUITE ce qu'elle avait lavé. Mais je ne l'avais PAS ENCORE ÉCRIT. Donc je n'accorde pas.

"Elle a peigné les cheveux qu'elle s'est lavés." Quand j'écris "lavé", j'ai DÉJÀ ÉCRIT ce qui est lavé : "les cheveux"… Donc je fais l'accord.

Quand la question n'a pas de sens, quand on ne peut pas la poser, on ne fait pas l'accord, puisqu'il ne peut y avoir de réponse . Exemples:

"Il a plu, neigé, venté." Je ne peux pas répondre à la question: Qu'EST-CE QUI EST plu, neigé, venté ? " Cela ne veut rien dire. Donc je n'accorde jamais.
Pour reprendre les exemples de Goldmund :

"Elle est partie". QUI EST partie ? C'est "elle", féminin singulier, écrit avant; j'accorde.

"Elle a pris une baffe." CE QUI EST pris, c'est "une baffe"; écrit après le participe; pas d'accord.

"La baffe, elle l'a prise." CE QUI EST pris, c'est toujours "une baffe"; écrit avant le participe; donc accord au féminin singulier.
C'est un bon moyen mnémotechnique, mais s'en référer à l' "intelligence de la langue" pour résoudre les problèmes de morphologie, je trouve ça relativement casse gueule.
Ce système se casse quelquefois la gueule, certes, mais rarement.
Je ne dirais pas qu'il est mnémotechnique; ce n'est pas une pure astuce ou un artifice; il est fonctionnel.
Et l'accord du participe relève plus de la syntaxe que de la morphologie.
En outre, se fonder sur l'intelligence de la langue me paraît mieux venu
que de décréter absurde l'accord avec "avoir",
qu'il faudrait apprendre bêtement "parce que c'est comme ça".

Origine de ce fonctionnement… Que ce fût avec "être" ou avec "avoir",
le participe, quelle que soit sa place, fonctionnait exactement comme un adjectif
et s'accordait en genre et en nombre avec le nom qualifié :

"La rose / Qui ce matin avait déclose sa robe de pourpre au soleil" (RONSARD)

"J'ai cueillie une rose". ("Je possède une rose cueillie")
"La rose est cueillie".

Et puis, on a pris l'habitude de ne pas anticiper l'accord.
Tant qu'on n'avait pas précisé ce qui était cueilli,
tant que c'était encore en suspens,
on n'accordait pas :
"J'ai cueilli…" (une rose ? des roses ? du muguet ? des champignons ?)
En revanche, si l'on avait déjà précisé auparavant ce qui était cueilli,
logiquement, on accordait.
"La rose, je l'ai cueillie."
"Ce sont des champignons que j'ai cueillis."
La langue est de toute façon arbitraire. Notre vocabulaire n'est pas - ou très rarement - motivé par l'objet qu'il désigne; quant à notre syntaxe, elle découle d'une logique par laquelle, d'autorité, nous torsionnons le monde pour l'enserrer dans les limites - toujours trop étroites - de notre langage. Barthes a d'ailleurs une très belle réflexion sur le sujet. La langue est fasciste, "parce que le fascisme ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire".

Je suis du reste assez étonné que le caractère capillotracté de cette explication ne te saute pas au visage: lorsque tu entames ta phrase, l'on est raisonnablement en droit d'affirmer que tu sais comment tu vas la finir, ou alors il faudrait partir du postulat que les éléments de la phrase obéissent à un ordre précis qui vient épouser le mouvement de la pensée. Ce genre de théories, très intéressantes au demeurant, sont notamment développées par Diderot. Toutefois, cela nous amène loin: faudrait-il distinguer les cas où l'on sait d'avance que l'on va cueillir une rose (auquel cas "j'ai cueillie une rose" s'accorderait !) des cas où l'on ignore vraiment jusqu'au dernier moment ce que l'on va cueillir, (donc le verbe ne s'accorderait pas: "j'ai cueilli - quoi déjà ? ah oui - une rose") ?

Je fais du mauvais esprit.