Bonjour,
Je me permets de vous écrire pour vous demander votre aide. Je suis en train de traduire un texte en latin de l'humaniste suisse Montanus qui, je crois, n'a encore jamais été édité, et il y a un mot (grec) que je ne trouve ni dans le Grand Bailly, ni dans le Liddell & Scott online. Peut-être pouvez-vous m'aider, aussi me tourné-je vers vous.
Il s'agit du mot "onomassugas" (avec accent aigu sur le premier "a" et esprit doux, évidemment - on y reconnaît "onoma", mais pour le reste, je sèche) ; une ligne plus bas, mon texte comporte "sugas" (en caractères grecs mais sans accent, ce qui est probablement une erreur d'impression (je travaille sur une édition du XVIe siècle que j'ai trouvée en ligne)). Quelqu'un pourrait-il m'aider à résoudre cette espèce d'énigme?
Voici le contexte. Il s'agit d'un homme, Fabritius, représentant sûrement le poète lui-même, qui discute avec la nymphe Echo, qui répète chaque fois la fin de ses phrases. Voici l'échange dont il est question:
<< FAB. Fuerunt quidem non pauci hoc nomine viri boni & probatae fidei.
E. Dei.
FAB. Sed ne nomina quidem effugiunt hos "onomassugas".
E. "sugas". >>
Merci d'avance pour votre aide et très belle soirée.
Bonjour et bienvenue sur ce forum.
Pourriez-vous nous adresser le lien qui permet d'accéder à ce manuscrit, si c'est légalement possible bien sûr.
Merci.
L'autre jour, dans la première demande de Desiderius, il était aussi question d' Écho.
Mais il ne s'agissait pas de Montanus, il s'agissait d' Érasme…
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/50379-mot-latin-ate-introuvable-dans-le-dictionnaire.htmlAh ? Eh bien, attendons la réponse de Desiderius.
Quant au "sugas" redit par Écho…
C'est bien la 2e personne du subjonctif présent du verbe latin sugere, téter, sucer… Non ?
Oui, mais Desiderius évoquait des caractères grecs…
Ce que répond la nymphe est censé être une réponse décalée, mais pertinente, à ce qu'a dit Fabritius…
Cette réponse-là, avec ce sens latin-là, serait-elle plausible ?
Pour l'instant, je ne vois guère le rapport entre les deux questions. Il y a aussi ce mot incompréhensible… Peut-être une mauvaise lecture pour onomasti… C'est pourquoi j'ai demandé à voir le manuscrit.
Oui, mais le principe ludique de ce dialogue, comme tu as pu voir, c'est la répétition en écho et la "resémantisation" des syllabes ainsi répétées, comme l'avait noté Desiderius dans son fil précédent.
Fabritius énonce une phrase se terminant par fidei, et la réponse de la nymphe est Dei…
Fabritius énonce une phrase se terminant par "onomassugas" et la réponse de la nymphe est Sugas…
Si c'était "onomasti", ça ne marcherait plus.
J'entends bien, mais il faut sans doute chercher du côté du grec. Cela dit, je ne vois rien de satisfaisant pour l'instant.
lamaneur a écrit :Jehan a écrit :il s'agissait d' Érasme…
D'où le Desiderius !
Je viens seulement de comprendre ! 😀
Et à part cela, tu n'as pas d'idée pour résoudre cette énigme ?
Ce mot inconnu me fait penser à une insulte liée à la connotation négative qui s'attache aux mot figue ou figuier (συκῆ, ῆς). (cf. papefigue de Rabelais), et comme il s'agit d'un texte du XVIème siècle (?)
Eh bien, conformément à l'étymologie, Desiderius se fait désirer…
Espérons qu'il repassera nous dire ce qu'il pense de tout ça !
Je voudrais surtout voir le manuscrit ; rien n'est plus irritant que de faire des conjectures sur des lectures peut-être erronées.
Bonjour,
Veuillez excuser ma réponse fort tardive. J'alléguerai pour ma défense que je n'ai pas reçu d'e-mail me signalant qu'on avait répondu à mon message - ce sera une erreur de manipulation de ma part, j'imagine. Je suis heureux lire vos réponses.
L'édition sur laquelle je me base est celle des
Miscellanea Tigurina (Zurich, 1724 - le texte est publié de manière posthume) aux pages 408-412 (pour le cas qui nous intéresse, voir p. 410) :
https://books.google.fr/books?id=TD0PAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=Miscellanea+Tigurina&hl=fr&sa=X&ei=tpRAVb-nOszhaPaKgJAM&ved=0CCMQ6AEwAA#v=onepage&q=Miscellanea%20Tigurina&f=false
Jehan mentionnait le verbe latin "sugere" : il se pourrait que l'éditeur ait utilisé les caractères grecs à la place des caractères latins, d'autant que la forme "sugas" ne porte pas d'accent dans notre manuscrit.
La réponse de gabiana est intéressante : dans le colloque "Écho" d'Érasme, que Montanus a dû lire je pense (je suis à la recherche d'une preuve de cela), la "figue" tient une place importante.
Merci pour vos réponses et votre aide. A très bientôt.
Du fait qu'il ne s'agissait pas d'un manuscrit, mais d'un texte imprimé, la lecture ne fait pas de doute. Ni le mot employé par Fabritius, ni la réponse d'Echo ne correspondent à des mots connus (même en prononçant "i" le upsilon, les autres mots grecs du texte étant en effet prononcés à la manière byzantine (et moderne). Du reste, la réplique suivante semble montrer qu'il s'agit d'un mot difficile à gloser…
Les recherches continuent.