Anthologie poétique sur le thème de l’ivresse

Entraide scolaire

26 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, je dois faire mon anthologie et j'ai choisis le thème de l'ivresse.
J'ai déjà trouvé plusieurs poèmes sur l'ivresse dût à l'alcool, c'est pourquoi je demande votre aide pour m'aider à trouver des poèmes sur l'ivresse dût a quelque chose d'autre (amour, bonheur..)
Merci d'avance pour votre aide
Extrait de La coupe et les lèvres d'Alfred de Musset.
Vous me demanderez si j’aime quelque chose.
Je m’en vais vous répondre à peu près comme Hamlet :
Doutez, Ophélia, de tout ce qui vous plaît,
De la clarté des cieux, du parfum de la rose ;
Doutez de la vertu, de la nuit et du jour ;
Doutez de tout au monde, et jamais de l’amour.
Tournez-vous là, mon cher, comme l’héliotrope
Qui meurt les yeux fixés sur son astre chéri,
Et préférez à tout, comme le Misanthrope,
La chanson de ma mie, et du Bon roi Henri.
Doutez, si vous voulez, de l’être qui vous aime,
D’une femme ou d’un chien, mais non de l’amour même.
L’amour est tout, — l’amour, et la vie au soleil.
Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ?
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?
Faites-vous de ce monde un songe sans réveil.
S’il est vrai que Schiller n’ait aimé qu’Amélie,
Goethe que Marguerite, et Rousseau que Julie,
Que la terre leur soit légère ! — ils ont aimé.
Merci beaucoup pour la réponse, le poème est bien mais il n'est pas assez centré sur l'ivresse je trouve
Baudelaire "Enivrez-vous", 33ème poème des Petits Poème en prose
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.
Qu'as-tu trouvé d'autre?
Pense aussi à la "muse verte" ou "Fée verte " pour l'absinthe …
Le poison

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
Et charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort!


Charles Baudelaire, Recueil 'Spleen et idéal'
- La buveuse d'absinthe de Maurice Rollinat
- Absinthe Raoul Ponchon
- Lendemain de Charles Cros
- Absinthe de Albert Giraud
- Le Vin des amants de Baudelaire
- Le parfum de Baudelaire
- Vendanges de Verlaine
- Celui qui boit de Ronsard
- Bacchante triste de Renée Vivien
- Bacchanale de Heredia
- Oraison du soir de Rimbaud
- Sonnet ivre de Jean Richepin
- La cigale et le poète de Tristan Corbière
Je fais une anthologie poétique sur l'ivresse
J'AI DEJA TROUVE DES POEMES SUR L'ALCOOL

Aidez moi a en trouver sur l'Ivresse d'amour, de joie, bonheur et d'autres si vous trouvez

Merci d'avance si vous pouvez m'aider 😀
Ce thème a déjà été abordé sur le site pour une anthologie …

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/44051-anthologie-poetique-sur-le-theme-de-livresse.html

Quand tu descendras les trottoirs de l’ivresse…

quand tu descendras les trottoirs de l’ivresse
n’oublie pas de regarder en arrière
la rage du vent roule sur les automobiles
tu poursuivras cette marche le corps délesté
de tout ce qui te suit à la trace

rien vraiment ne meurt enfoui dans les yeux
ce sont les oreilles qui se couvrent de mains
tu ne goûtes que le sel si tu restes en place
il faut aller plus loin que ce coin de rue
descendre vers l’effloraison des lumières
ou nier cette guirlande aux devantures de néon
tu jetais toujours le magazine une fois parcouru
lisant quelquefois mais saisissant trop vite le quoi
encore que dans tes yeux se mourait un goût de suie

Michel BEAULIEU, Paysage, précédé de ADN, 1971 Éd. du Jour
Matinée d'ivresse

Ô mon Bien ! Ô mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! chevalet féerique ! Hourra pour l'oeuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois ! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira pas eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines même quand, la fanfare tournant, nous serons rendu à l'ancienne inharmonie. Ô maintenant, nous si digne de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés : cette promesse, cette démence ! L'élégance, la science, la violence ! On nous a promis d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal, de déporter les honnêtetés tyranniques, afin que nous amenions notre très pur amour. Cela commença par quelques dégoûts et cela finit, - ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette éternité, - cela finit par une débandade de parfums.

Rires des enfants, discrétion des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici, sacrés soyez-vous par le souvenir de cette veille. Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.

Petite veille d'ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t'affirmons, méthode ! Nous n'oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours.

Voici le temps des ASSASSINS.

Rimbaud
Oui je sais c'est mon message mais ca ne reponds a ce que je demande


PAS SUR L'ALCOOL !!!
Vers d’amour



Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,
O Joie inespérée au fond des solitudes !
Ton baiser est pareil à la saveur des fruits
Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes
Murmurés par la mer à la beauté des nuits.

Tu portes sur ton front la langueur et l’ivresse,
Les serments éternels et les aveux d’amour,
Tu sembles évoquer la craintive caresse
Dont l’ardeur se dérobe à la clarté du jour
Et qui te laisse au front la langueur et l’ivresse.

Renée Vivien, Cendres et Poussières, 1902
Un matin



Dès le matin, par mes grand’routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C’est fête et joie en ma poitrine ;
Que m’importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

Je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre,
D’être immense et d’être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.

Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m’enfouis dans l’herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

Les bras fluides et doux des rivières m’accueillent ;
Je me repose et je repars,
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

Il me semble jusqu’à ce jour n’avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh ! quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !

Dites, est-il vrai qu’hier il existât des choses,
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Se pavoiser les fruits et s’exalter les roses !

Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n’a point d’âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

J’aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l’espace entier pour en gonfler ma force.

Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l’être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s’enivre de soi ainsi qu’un insensé !

Emile Verhaeren, Les forces tumultueuses
Dans vos yeux



Dans vos yeux
J’ai lu l’aveu de votre âme
En caractères de flamme
Et je m’en suis allé joyeux
Bornant alors mon espace
Au coin d’horizon qui passe
Dans vos yeux.

Dans vos yeux
J’ai vu s’amasser l’ivresse
Et d’une longue caresse
J’ai clos vos grands cils soyeux.
Mais cette ivresse fut brève
Et s’envola comme un rêve
De vos yeux.

Dans vos yeux
Profonds comme des abîmes
J’ai souvent cherché des rimes
Aux lacs bleus et spacieux
Et comme en leurs eaux sereines
J’ai souvent noyé mes peines
Dans vos yeux.

Dans vos yeux
J’ai vu rouler bien des larmes
Qui m’ont mis dans les alarmes
Et m’ont rendu malheureux.
J’ai vu la trace des songes
Et tous vos petits mensonges
Dans vos yeux.

Dans vos yeux
Je ne vois rien à cette heure
Hors que l’Amour est un leurre
Et qu’il n’est plus sous les cieux
D’amante qui soit fidèle
A sa promesse… éternelle
Dans vos yeux.

Gaston Couté
Merci beaucoup 😀
BEN !! C'est moi qui fait sur l'ivresse c'était mon idée !
bensouss, bon jour,

Je ne comprends pas ton message qui est le premier sur ce site.
Pouvons-nous t'aider ?
Floreale, ce message était destiné uniquement à benjicrems dans le sens ou je suis dans son lycée et que c'etait moi qui avait eu l'idée 🙂
Je m'en doutais un peu …
Alors, quel va être le thème de ton anthologie ? Parce que sur le thème de l'ivresse, il y a eu de nombreuses propositions si tu centres sur ce thème seul. Et tu peux faire une sélection personnelle et au moment de rédiger la préface … ne communique plus … 🙂
Bonjour !
Je fais moi aussi une anthologie sur le thème de l'ivresse. J'ai déjà trouvé plusieurs poèmes, mais il m'en faut de siècles différents, or la plupart datent des XIXe et XXe siècles.
Pour des siècles antérieurs, j'ai seulement trouvé :
- Celui qui boit de Ronsard (XVIe)
- Baiser de du Bellay (XVIe) (pensez-vous qu'il corresponde vraiment à mon thème ?)
- Bacchus d'André Chenier ( XVIIIe)

Mon problème principal est que je n'arrive à trouver d'analyse pour aucun d'entre eux, or j'ai du mal à comprendre "Celui qui boit", et c'est encore pire pour "Bacchus". Peut-être pourriez-vous m'éclairer ? ^^ (je dois faire un paragraphe de caractérisation pour chaque poème, en plus de la préface).

Et sinon, connaissez-vous d'autres poèmes qui pourraient me convenir ? (je suis assez pressée…)
Merci d'avance !
L'ivrogne et sa femme de La Fontaine
Merci pour votre réponse.

En fait, j'avais écarté cette fable car j'avais pensé qu'elle ne traitait pas vraiment de l'ivresse mais plutôt simplement de l'alcool/l'alcoolisme. Pensez vous que ce soit vraiment sur l'ivresse ? (et pourquoi ?)

Et pourriez-vous m'expliquer "celui qui boit" (quelle forme d'ivresse est traitée…) et "bacchus" ? Cela m'aiderait vraiment beaucoup.

Merci encore !
Sur le poème de Ronsard : on peut s'enivrer de mauvais alcool
https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1997_num_85_316_4893

On peut, au sens figuré, être épris des yeux de Cassandre.
Quelle que soit l'ivresse, la mort nous en délivre mais il vaut mieux être ivre d'amour.
Merci 🙂 Donc en gros, Ronsard compare l'ivresse de l'alcool (premier quatrain) à celle de l'amour (deuxieme) et il dit qu'il vaut mieux l'amour ? (désolée d'insister mais j'ai vraiment du mal avec celui-ci ^^).

Et donc, pensez-vous que la fable de La Fontaine soit vraiment sur l'ivresse ? (par exemple parce qu'elle montre que l'homme ivre peut croire à n'importe quoi ?) Ce serait pratique, je n'aurais pas à m'embêter avec "Bacchus", que je ne comprends pas et n'apprécie pas tellement…

(Sinon, j'ai aussi trouvé "Chanson à boire I" de Nicolas Boileau, mais j'ai l'impression que, comme la fable, ce n'est pas sur l'ivresse mais seulement sur l'alcool…)
Ivresse a plusieurs acceptions.
Reformuler ce que l'on croit avoir compris d'un poème est pour le moins réducteur et hasardeux.