Valeur du subjonctif plus-que-parfait

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.

J'ai une question sur la valeur du subjonctif plus-que-parfait dans le contexte joint ci-bas.

Selon mes humbles connaissances, le subjonctif plus-que-parfait est utilisé pour exprimer, dans une proposition subordonnée, une action, virtuelle, antérieure à celle exprimée par le verbe de la principale qui est au passé.
(Veuillez excuser mon expression maladroite… mais, j'espère, quand même, que ce soit compréhensible.)

Mais, dans le texte suivant, il me semble que les deux verbes subjonctifs(eût vécu, fût venu) n'expriment point l'antériorité, ni la simultanéité, mais plutôt une postériorité par rapport au verbe principal.
Une pensée surtout le faisait bondir : c’est que, pendant cette traversée, où, dans son ignorance du lieu où on le conduisait, il était resté si calme et si tranquille, il aurait pu dix fois se jeter à la mer, et, une fois dans l’eau, grâce à son habileté à nager, grâce à cette habitude qui faisait de lui un des plus habiles plongeurs de Marseille, disparaître sous l’eau, échapper à ses gardiens, gagner la côte, fuir, se cacher dans quelque crique déserte, attendre un bâtiment génois ou catalan, gagner l’Italie ou l’Espagne, et de là écrire à Mercédès de venir le rejoindre.

Quant à sa vie, dans aucune contrée il n’en était inquiet : partout les bons marins sont rares ; il parlait l’italien comme un Toscan, l’espagnol comme un enfant de la Vieille-Castille ; il eût vécu libre, heureux avec Mercédès, son père, car son père fût venu le rejoindre ; tandis qu’il était prisonnier, enfermé au château d’If, dans cette infranchissable prison, ne sachant pas ce que devenait son père, ce que devenait Mercédès, et tout cela parce qu’il avait cru à la parole de Villefort : c’était à en devenir fou ; aussi Dantès se roulait-il furieux sur la paille fraîche que lui avait apportée son geôlier.
Pourriez vous m'éclairer s'il vous plaît ?
Merci.
Le subjonctif plus-que-parfait, dans la langue classique, peut parfois avoir une valeur de conditionnel passé.
Expression d'une condition antérieure supposée, mais qui ne s'est pas réalisée.
Tout cela ne serait arrivé que si Dantès, auparavant, n'avait pas cru à la parole de Villefort.
On emploie plutôt, de nos jours et dans le langage courant, le conditionnel passé :
il aurait vécu libre, heureux avec Mercédès, son père, car son père serait venu le rejoindre.
C'est le conditionnel passé 2ème forme, rigoureusement identique au subjonctif plus-que-parfait.
On peut même dire que c'est le subjonctif plus-que-parfait, dans un emploi modal particulier (valeur de conditionnel passé).

* Le subjonctif plus-que-parfait, dans la langue classique, peut parfois avoir une valeur de conditionnel passé.
* C'est le conditionnel passé 2ème forme, rigoureusement identique au subjonctif plus-que-parfait.
* On peut même dire que c'est le subjonctif plus-que-parfait, dans un emploi modal particulier (valeur de conditionnel passé).
Merci, Jehan, et Anne !

Malgré le fait que, dans la phrase en question, il n'y ait pas de proposition conditionnelle explicite, j'ai bien compris vos explications.
Cela m'aidera, dès maintenant, à mieux comprendre les livres d'autrefois.
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En relisant plus attentivement, j'ai trouvé que le syntagme prépositionnel ''dans aucune contrée(complément circonstanciel ?)" joue le rôle d'une subordonnée conditionnelle.


Amicalement.
Bonjour,

Le subjonctif plus-que-parfait peut-il avoir valeur d'indicatif plus-que-parfait ?

Exemple : Elle l'étreignit avec force comme si elle eût voulu lui transmettre sa foi.
Oui, après si et comme si :
Après la conjonction de subordination si ou la locution conjonctive comme si, on peut remplacer un plus-que-parfait de l'indicatif, par un plus-que-parfait du subjonctif. Langue soignée.

Si j'eusse étudié plus, qu'eussé-je retenu ?
= Si j'avais étudié plus, qu'aurais-je retenu ?

Tu combattis comme si tu eusses été un héros.
= Tu as combattu comme si tu avais été un héros.
polaris a écrit :Le subjonctif plus-que-parfait peut-il avoir valeur d'indicatif plus-que-parfait ?
Exemple : Elle l'étreignit avec force comme si elle eût voulu lui transmettre sa foi.
La chose a déjà été largement abordée ici :
[lien invalide]137740Capture.png][lien invalide]/137740Capture.png[/img][/url]
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/32660-comme-sil-se-fut-agi-de.html
C'est passionnant de relire tout ça !

Merci à vous et bon dimanche !
Bonjour,

Dans le Père Goriot, il y a plusieurs passages où le plus-que-parfait du subjonctif est utilisé dans des phrases qui expriment l'hypothèse. À quelle règle de grammaire se réfère cet usage ?
Heureuse elle eût été ravissante.
et
Si la joie d'un bal eût reflété ses teintes rosées sur ce visage […]
Merci.
Xpucto a écrit :Dans le Père Goriot, il y a plusieurs passages où le plus-que-parfait du subjonctif est utilisé dans des phrases qui expriment l'hypothèse. À quelle règle de grammaire se réfère cet usage ?

Heureuse elle eût été ravissante.
et
Si la joie d'un bal eût reflété ses teintes rosées sur ce visage [… ]
Bonsoir.

Voir la première page de la présente discussion.

Dans la langue classique, le subjonctif plus-que-parfait peut prendre la valeur d'un conditionnel passé : Heureuse, elle eût été ravissante. = (Si elle avait été) heureuse, elle aurait été ravissante.

ou d'un plus-que-parfait de l'indicatif dans une subordonnée de condition :
Si la joie d'un bal eût reflété ses teintes rosées sur ce visage… = Si la joie d'un bal avait reflété ses teintes rosées sur ce visage…
Merci pour votre réponse.
Говорит Христос ? / C'est le Christ qui parle ? 😜