Ici :
https://www.etudes-litteraires.com//pedago/radiguet/txt3.html
on lit : "… comme s'il se fût agi d'une scarlatine".
Ne faut-il pas écrire plutôt :
"comme s'il se fut agi d'une scarlatine" (voir par exemple : "L'anthropophage regarda le colon comme s'il se fut agi d'une grille de mots fléché" ici :
https://www.etudes-litteraires.com//pedago/radiguet/txt3.html) ?
En effet, ce n'est pas un subjonctif.
Si, il s'agit d'un subjonctif plus-que-parfait, conjugué avec l'auxiliaire être puisqu'il s'agit d'un verbe pronominal.
En langage courant, il peut être remplacé par un plus-que-parfait de l'indicatif :
"… comme s'il s'était agi d'une scarlatine".
Ton lien est tronqué…
Voici le lien non tronqué :
https://www.etudes-litteraires.com//pedago/radiguet/txt3.html
Végane avait également posté en Entraide scolaire et méthode, et je venais de répondre…
de répondre la même chose ! 🙂
Je suis désolée de revenir sur ce fil, mais cela n'est toujours pas clair pour moi. 😜
Pourquoi s'agit-il d'un subjonctif alors que justement on peut dire :
"… comme s'il s'était agi d'une scarlatine" (indicatif)
et certainement pas :
"…comme s'il se soit agi d'une scarlatine" ?…
Merci pour les éclaircissements.
Le subjonctif passé s'emploie avec une principale au présent :
Je ne crois pas qu'il se soit agi d'une sacarlatine.
Ce n'est pas ce que laisse entendre votre bout de phrase…
Vegane a écrit :Pourquoi s'agit-il d'un subjonctif alors que justement on peut dire :
"… comme s'il s'était agi d'une scarlatine" (indicatif)
C'est un archaïsme littéraire : le subjonctif plus-que-parfait pouvait être l'équivalent d'un conditionnel passé en proposition principale, ou d'un plus-que-parfait de l'indicatif dans une subordonnée de condition introduite par "si".
Je t'avais d'ailleurs déjà répondu à ce propos dans une autre discussion :
Dans l'un de ses emplois, en style soutenu, en subordonnée conditionnelle, il a le sens du plus-que-parfait de l'indicatif.
Prenons un autre exemple :
"Il dansait dans la rue comme s'il se fut agi d'une scène."
Encore une fois, puisqu'on peut dire à l'indicatif :
"Il dansait dans la rue comme s'il s'était agi d'une scène",
je ne comprends toujours pas pourquoi "fut" devrait se mettre au subjonctif !
Jehan, merci pour les éclaircissements.
J'ai posté mon dernier message sans savoir que tu avais répondu entre-temps.
je ne comprends toujours pas pourquoi "fut" devrait se mettre au subjonctif !
Encore une fois, ce n'est pas une obligation !
En subordonnée conditionnelle, à l'indicatif,
on n'utilise pas le passé antérieur(se fut agit) mais seulement
l'imparfait (s'agissait) ou
le plus-que-parfait (s'était agi).
Dans une subordonnée conditionnelle introduite par "si", l'imparfait et le plus-que-parfait
ont une valeur modale d'irréel, valeur modale que ne peut jamais prendre un passé antérieur.
On a donc ici le choix seulement entre deux plus-que-parfaits :
- plus-que-parfait de l'indicatif (registre courant) :
s'était agi
- plus-que-parfait du subjonctif (registre soutenu) :
se fût agiLa règle grammaticale est que "comme si" est suivi d'un subjonctif-plus-que-parfait. Subjonctif que l'on peut (parfois) remplacer par un indicatif dans le langage courant.
Pourquoi "parfois" seulement ?
L'imparfait et le plus-que-parfait de l'indicatif en emploi modal
sont bien les formes les plus utilisées après "comme si"…
L'emploi du subjonctif est une variante soutenue, pas une "règle".
Il trouv'ra un' belle histoire
Un amour qui fait rêver
Et chacun voudra y croire
Comm' si c'était arrivé…
Charles Trenet
C'est une assertion de Michel que je trouve discutable, parce qu'elle laisse supposer que la norme après "comme si" est le subjonctif plus-que-parfait.
Les citations qu'il fournit (toutes littéraires) ne sont pas des citations contemporaines, loin de là. Peut-on honnêtement dire que c'est aujourd'hui la norme ?
Suggérer qu'après "si" et "comme si" le remplacement par l'indicatif est bien loin d'être toujours possible - mais seulement "parfois" - me paraît inexact.
Je n'ai pas trouvé un cas où ce remplacement serait impossible.
Vous pourriez m'en citer un ?
En attendant, citons Riegel :
L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif étaient couramment employés en ancien français dans les systèmes hypothétiques, sur le modèle du latin. Ils y ont été progressivement remplacés par le conditionnel dans la principale, associé à des temps de l'indicatif dans la subordonnée.
L'imparfait du subjonctif n'a plus été employé dans des systèmes hypothétiques complets au XVI[sup]e[/sup] siècle.
Le plus-que-parfait du subjonctif a continué d'être employé en français classique et dans la langue soutenue. Cet usage explique l'appellation conditionnel passé 2[sup]e[/sup] forme qui lui a été donné naguère.
Ou alors Sancier-Chateau, à propos du mode dans les propositions comparatives :
On ne rencontre le subjonctif que dans les comparatives hypothétiques (comme si…) : il s'agit alors d'un plus-que-parfait à valeur d'irréel du passé. Ex. : Comme si un incendie eût éclaté derrière le mur, il sauta hors de son lit... (G. Flaubert) Cette forme est cependant d'un emploi rare et littéraire, le français courant lui préférant le plus-que-parfait de l'indicatif.
Mea culpa, j'aurais dû vérifier la source !
Donc si je vous ai bien compris, on doit écrire :
"… s'il eût été encore en vie, il n'eût pas aimé ce spectacle".
et non :
"… s'il eut été encore en vie, il n'eût pas aimé ce spectacle".
Oui, tu as bien compris. Le passé antérieur ne peut jamais exprimer l'irréel du passé…
Seuls peuvent convenir le plus-que-parfait du subjonctif (registre soutenu) ou le plus-que-parfait de l'indicatif et le conditionnel passé (registre courant)
S'il eût été encore en vie, il n'eût pas aimé ce spectacle.
Ou
S'il avait été encore en vie, il n'aurait pas aimé ce spectacle.
Merci, c'est très clair pour moi à présent.
Mais il est incorrect d'écrire :
" Je l'aurais fait, s'il dût venir "
au lieu de :
" Je l'aurais fait, s'il devait venir " ?
Merci à vous !
Je l'aurais fait, s'il avait dû venir.
Il est donc impossible d'écrire ( pour être sûr ) :
" Je l'aurais fait, s'il fût là ? " au lieu de : " Je l'aurais fait, s'il était là " ?
Merci !
Il faudrait connaître le contexte exact de ces phrases car même les secondes (" Je l'aurais fait, s'il devait venir " ? " Je l'aurais fait, s'il était là " ?) me paraissent -- a priori et sans contexte -- moins normales que " Je l'aurais fait, s'il avait dû venir " ? " Je l'aurais fait, s'il avait été là " ?