Bonjour,
Dans le vers extrait du Cid "L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras," quelles sont les fonctions du GN "le cœur" et du pronom clitique "m'"?
Voici comment je l'analyse:
1."Le cœur" est COD du verbe "animer".
2. "m'" est COS (COI) du verbe "animer." Il ne peut être COD comme le vérifie la transformation à la troisième personne du pronom clitique: "L'un lui anime le cœur". [La construction de ce verbe prête à confusion parce que lorsqu'il n'accepte qu'un seul complément, "m'" devient COD: "L'un m'anime" --> "L'un l'anime"].
"m'" est COS, et pronominalise un GP introduit par de: L'un anime le cœur de moi.
Qu'en pensez-vous?
Calcutta89 a écrit :Dans le vers extrait du Cid "L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras," quelles sont les fonctions du GN "le cœur" et du pronom clitique "m'"?
Voici comment je l'analyse:
1."Le cœur" est COD du verbe "animer".
2. "m'" est COS (COI) du verbe "animer." Il ne peut être COD comme le vérifie la transformation à la troisième personne du pronom clitique: "L'un lui anime le cœur". [La construction de ce verbe prête à confusion parce que lorsqu'il n'accepte qu'un seul complément, "m'" devient COD: "L'un m'anime" --> "L'un l'anime"].
"m'" est COS, et pronominalise un GP introduit par de: L'un anime le cœur de moi.
Qu'en pensez-vous?
Bonsoir.
Ton analyse est exacte :
le cœur est bien COD de
anime, et le pronom
m' est bien COS du même verbe.
À propos du pronom dans cette construction particulière, la grammaire Riegel parle de "datif de la possession inaliénable" ou "datif de la totalité impliquée". Des termes bien savants…
On dira que le pronom COS désigne une totalité (une personne le plus souvent) et que le COD désigne une partie de cette totalité, une partie qui lui appartient de façon indissociable.
Autres exemples :
Je lui serre la main. Il me casse les pieds. Elle lui tire les oreilles.Bonjour,
J'aurais voulu avoir votre avis sur un point.
Peut-on considérer le participe passé comme une nature à part entière ?
Si on veut dresser une liste exhaustive des natures de mots, peut-on y faire figurer au même titre :
- les verbes ;
- les adjectifs ;
- les participes passés.
…
??
Je sais bien que le participe passé est — dit-on — la forme adjectivale du verbe mais cette auto-réponse ne me suffit à vrai dire pas trop.
Je trouve bien de faire figurer les participes passés à part du verbe car ils ne se conjuguent pas.
Ça vous semble être erroné comme façon de faire ?
Et que feras-tu des participes présents et des infinitifs ?
Les participes et les infinitifs sont des modes non personnels du verbe.
Les modes non personnels ne se conjuguent pas, ne varient pas selon la personne, au contraire des modes personnels.
Mais leur nature est bien "verbe".
Ils peuvent être le verbe-noyau de propositions participiales, de propositions infinitives.
Le verbe à l'infinitif, c'est le verbe de base, qui ensuite justement se conjugue selon les quatre paramètres : temps, mode, personne et voix (je ne crois pas en oublier).
Quant aux participes présents, étant invariables, je pourrais les classer dans la colonne des natures invariables, avec les conjonctions, les prépositions etc.
Non ?
L'infinitif est un mode (non personnel) du verbe : sa nature est bien "verbe".
L'infinitif ne varie pas en personne, mais il varie en temps (manger, avoir mangé) et en voix (manger, être mangé, se manger)
Le participe présent n'est pas une nature non plus, c'est lui aussi un mode du verbe.
La liste des natures de mots n'est pas forcément un dogme universel et intangible. Celle que nous utilisons remonte aux Grecs anciens, concerne nos langues à nous (flexionnelles ; il serait intéressant de voir ce qu'en pensent les Chinois par exemple) et a varié au cours du temps.
Selon Wikipédia (
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nature_(grammaire) ), "la grammaire traditionnelle classe les mots en neuf catégories, appelées également « les parties du discours » : adjectif, adverbe, article, conjonction, interjection, nom, préposition, pronom et verbe." (Ce point de vue est discuté ensuite).
Il est mentionné également que pour déterminer la nature d'un mot, on peut se baser sur des critères "morphologiques, syntaxiques et sémantiques". C'est surtout quand on attaque l'aspect sémantique qu'on commence à s'amuser, à mon avis.
De toutes façons, toute "catégorisation" n'est a priori qu'une construction intellectuelle visant à rendre compte de la réalité perçue, mais elle n'a pas d'existence en soi. Si de nouveaux faits apparaissent, on peut devoir modifier la catégorisation. On peut aussi envisager par exemple une approche prototypique, dans laquelle les objets à classer sont considérés comme "plus ou moins proches" d'un prototype de référence (souvent culturel lui aussi) : par exemple une chauve-souris peut être considérée comme proche du prototype de "oiseau", plus par exemple que "autruche" ou "pingouin", et même si scientifiquement parlant, c'est un mammifère.
Jehan a écrit :L'infinitif est un mode (non personnel) du verbe : sa nature est bien "verbe".
L'infinitif ne varie pas en personne, mais il varie en temps (manger, avoir mangé) et en voix (manger, être mangé, se manger)
Le participe présent n'est pas une nature non plus, c'est lui aussi un mode du verbe.
Une fois alité, il s'endormit immédiatement.
Dans cette phrase, la participe passé est-il verbe ou adjectif ?
Cochez d'une croix la case correspondante.
Dans cette phrase, la participe présent est-il verbe ou adjectif ?
herodote92 a écrit :C'est surtout quand on attaque l'aspect sémantique qu'on commence à s'amuser, à mon avis.
Que veux-tu dire ?
Que veux-tu dire ?
Eh bien, essaie de définir par exemple un verbe d'un point de vue purement sémantique…
Ben en général, il me semble qu'on dit que le verbe relate une action (sauf les verbes d'état). Non ?
Une fois alité, il s'endormit immédiatement.
Dans cette phrase, la participe passé est-il verbe ou adjectif ?
Comme vous je ne comprends rien à la grammaire. Dans un tel cas je reformule.
Une fois debout, il ne s'endormit pas facilement.debout n’étant jamais un verbe, alité ne doit pas l'être davantage ici.
Cochez d'une croix la case correspondante.
Dans cette phrase, la participe présent est-il verbe ou adjectif ?
Correspondant n'a jamais été un verbe et, sauf erreur de ma part, le participe présent ne prend pas de féminin.
Une fois debout, il ne s'endormit pas facilement.
debout n’étant jamais un verbe, alité ne doit pas l'être davantage ici.
La méthode a ses limites, car on peut arguer que "debout" n'est pas non plus adjectif dans cet emploi mais adverbe !
Note que ta phrase est surréaliste : ne pas s'endormir facilement quand on est debout, c'est un peu le sort commun !
HarolDts a écrit :Ben en général, il me semble qu'on dit que le verbe relate une action (sauf les verbes d'état). Non ?
Oui, mais il y a bien aussi des noms qui relatent une action.
Fabrication, tout comme
fabriquer, relate une action.
Quant à l'état…
Malade, par exemple, c'est bien un état.
lamaneur a écrit :Une fois debout, il ne s'endormit pas facilement.
debout n’étant jamais un verbe, alité ne doit pas l'être davantage ici.
La méthode a ses limites, car on peut arguer que "debout" n'est pas non plus adjectif dans cet emploi mais adverbe !
Note que ta phrase est surréaliste : ne pas s'endormir facilement quand on est debout, c'est un peu le sort commun !
1° L'approche sémantique a ses limites.
2° Je conteste l'emploi abusif du terme "surréaliste".
3° Il existe des histoires à dormir debout.
Déjà, par "action", il faudrait savoir si on veut dire "une action intentionnelle" ou pas forcément, et aussi distinguer une "action" (ex : briser) d'une "activité" (ex: courir). Il est vrai que le CNRTL donne pour définition prudente de "action" : "Opération d'un agent (animé ou inanimé, matériel ou immatériel) envisagée dans son déroulement; résultat de cette opération."
Donc on considère que la phrase "la pierre roule" exprime une action… même si la pierre n'effectue absolument aucune action, elle est juste soumise à la gravité et à d'autres forces éventuelles (vent, tremblement de terre, coup de pied…). On pourrait dire qu'elle paraît (de notre point de vue) effectuer une action (se déplacer). De même pour "il pleut" (impersonnel) : il s'agit d'un phénomène, pas d'une action (ni d'un état ; et qui serait l'agent ?)
Quid de "trembler" ? ce n'est pas une action, ni une opération, on ne contrôle pas un tremblement, pas plus qu'un mal de ventre. Idem pour : "on gèle !"
Ensuite par "verbe d'état", on entend également… les changements d'état, comme "devenir" par exemple. je crois bien que même "sembler" est considéré comme un verbe d'état, alors que "il est fatigué" et "il semble fatigué" ne jouent pas dans le même registre…
Ensuite, quid de "laisser passer", par exemple ? Est-ce un verbe ? Deux ? Quelle action ou quel état exprime-t-il ? (il exprime en fait une absence d'opposition au passage). "Avoisiner", c'est "être dans le voisinage de" : est-ce un état ? (c'est une relation spatiale, ou temporelle, ou logique ; "état" est défini comme une "manière d'être" par le CNRTL).
Puis "croire" : je crois qu'il va arriver, est-ce une action, un état ? "Devoir" : je dois faire cet exercice pour demain. "Pouvoir". Etc… Et même "aller" dans "je vais y arriver" (semi-auxiliaire).
Bref, il faudrait reprendre un à un tous les mots définis comme des "verbes" par les dictionnaires, et vérifier quel genre de concept ils expriment exactement… tenant compte en plus de leur polysémie. Et comme dit, des mots qui ne sont pas des verbes peuvent, eux, parfaitement exprimer "une action ou un état".
P.S. "Il existe des histoires à dormir debout." Oui, et les chevaux dorment debout. Moi-même, je me souviens d'avoir dormi debout (complètement crevé, appuyé à la rambarde, dans un train surchargé en Turquie)… 😉
Hello,
Pouvez-vous me confirmer que dans ce vers de Du Bellay dans "cestuy-là qui conquit la toison" cestuy est le pronom démonstratif ? Si c'est le cas c'est celui ?
Bien à vous,
Oui, c'est le pronom démonstratif.
Et c'est bien l'équivalent de "celui".
Bien que cestui (*ecce-istui) soit étymologiquement distinct de celui (*ecce-illui) ; en AF, ils n'avaient pas tout à fait le même sens ni les mêmes conditions d'emploi, mais en MF (du moins ici), cela semble être le cas.