Analyse grammaticale

Langue française

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Laoshi a écrit :En fait, si l'on développe, comme l'a fait Lamaneur, on arrive effectivement à une relative complément de l'antécédent la chose (= ce).
Qui aimez-vous ? Peut-on savoir qui vous aimez ?
Il s'agit là d'une interrogative, introduite par un pronom interrogatif qui a la même forme en discours direct et en discours indirect (interrogation sur un COD animé humain).
Qu'aimez-vous ? Peut-on savoir ce que vous aimez ?
Aucune raison de ne pas voir également ici une interrogative indirecte; ici, le pronom interrogatif du discours direct qu' doit se transformer en la locution pronominale interrogative ce que en discours indirect. (interrogation sur un COD inanimé).

Dans le cas du ce que introduisant une relative périphrastique, Riegel considère certes cette relative, formellement, comme l'expansion du pronom démonstratif, mais ne considère pas le ce comme un véritable antécédent. Il ne saurait vraiment s'analyser séparément. Et c'est à plus forte raison le cas pour la locution pronominale interrogative ce que.
Lamaneur a écrit :Le rétablissement de la question directe est très artificiel.
Dans "j'ignore ce que tu veux et ne veux pas le savoir", je ne demande pas "Qu'est-ce que tu veux ?" !
.
Oui, un peu formel, mais pas si artificiel que ça… Sinon, quel serait le sens du parallèle direct / indirect pour les phrases interrogatives ?
Il y a toujours la question sous-jacente "Que veux-tu ?", dont la réponse peut être présentée comme recherchée (Je me demande ce que tu veux ) connue (Je sais ce que tu veux) ignorée volontairement ou non (J'ignore ce que tu veux. Je ne veux pas savoir ce que tu veux)
Mais dans Tu fais ce que tu veux (relative périphrastique), aucune question sous-jacente.
Bonjour, je me frotte (avec beaucoup de difficultés) à l'analyse logique de phrases complexes.

J'ai eu à analyser la phrase suivante:

"Encore des tableaux, toujours des tableaux, des saints, des hommes et des femmes avec des figures qu'on ne comprenait pas"

Il me semble que "qu'" est un pronom relatif COD du verbe comprendre introduisant une proposition subordonnée relative. Mais comment une phrase pourrait-elle être complexe par subordination alors qu'elle est construite autour d'une unique forme verbale ? :/
Bonjour.

En toute rigueur, vu certaines définitions, il ne s'agirait effectivement pas d'une phrase complexe, étant donné l'absence de verbe conjugué dans la principale (proposition averbale) .
Mais avec cette logique (nécessité d'un verbe conjugué) une phrase averbale sans subordonnée n'aurait même pas le statut de phrase simple… Alors que c'en est pourtant une, évidemment.

Il me semble que dès qu'il y a une subordonnée, que la principale soit averbale ou non, on puisse malgré tout parler de phrase complexe.
merci beaucoup pour ces précisions, j'y vois plus clair 🙂

Je reviens vers vous concernant une autre difficulté que je rencontre (toujours un conflit entre le sens et la forme)

Dans une phrase telle que:

Je préfère une grande maison à un petit château, un énorme jardin à une luxueuse terrasse, les grands espaces sobres aux petits espaces faits de dorures.

Je discrimine plusieurs propositions juxtaposées, parce qu'il me semble qu'il y a une ellipse de la forme verbale après les virgules. Or elles ne contiennent formellement pas de verbe. Que pensez-vous de ce cas? 😐
Ce sont bien, à première vue, des propositions juxtaposées, avec ellipse du sujet et du verbe :
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=3441
Cela dit, j'ai des doutes.
Certes, quand il s'agit de l'ellipse du sujet seul, on considère que ce sont des propositions juxtaposées.
(Il se leva, se lava, s'habilla.)
Tout comme lorsqu'il s'agit de l'ellipse du verbe seul (voir le lien ci-dessus).
Mais quand il y a à la fois ellipse du sujet et du verbe…
On pourrait voir ici, avec le verbe préférer, qui se construit avec un couple solidaire COD + COI, trois couples COD +COI juxtaposés et compléments d'un seul verbe. Et donc ne voir qu'un seule proposition.
Bonjour,

Pourriez-vous me dire quelle est la fonction grammaticale de "m'" dans l'extrait suivant du poème de Du Bellay : "ma pauvre maison qui m'est une province" ?

On le mettrait au datif en latin ou en grec mais je ne vois pas à quelle fonction il correspond en français.

D'ailleurs, je me pose la même question pour "toi" dans la phrase suivante : "Il est un souci pour toi."

Merci.
Bonsoir.

C'est un COI. On appelle "datif étendu" cet emploi du pronom COI .
Et l'on parle de "complément d'intérêt".
Merci beaucoup, Jehan, mais comment est-il possible que le verbe être puisse avoir un complément d'objet ? Objet de quoi ? C'est pour cette raison que j'avais éliminé cette possibilité.
Un complément d'objet indirect, pourquoi pas ?
On dit bien "Ce livre est à moi", par exemple.
Je suis l'objet indirect de l'existence du livre.
L'existence du livre me concerne indirectement.
Après tout, en latin, mihi peut bien compléter le verbe être.

Le verbe être peut également être complété par des compléments essentiels de lieu ou de temps, construits indirectement : Pierre est à Paris.La réunion est à quinze heures.
Je sais bien que l'extension du complément d'objet est infinie, pour certains, mais je pensais que l'"objet" (direct ou indirect) était forcément celui d'une action, et que donc un verbe d'état ne pouvait pas en avoir. Mais, oui, la difficulté est la même avec "ce livre est à moi". Facile de parler du datif de possession en latin mais pour expliquer à des élèves que le verbe être peut parfois avoir un complément d'objet… Personnellement, je ne m'y risquerais pas : c'est déjà suffisamment difficile de restaurer la logique élémentaire des fonctions grammaticales dans leur tête. Le complément d'intérêt me paraît une très bonne porte de sortie !
Bonjour…. Ou plutôt Bonsoir… Enfin, selon l'heure à laquelle vous me recevez.
En traitant un exercice, j'ai eu des difficultés à dégager avec certitude la fonction de deux adjectif mis bout à bout. Les voici : " Géante potelé" et " bleu indigo".
Personnellement, j'ai trouvé que "géante" est épithète et "potelé" aussi. Idem pour "bleu" et " indigo".
A votre avis, quelle est la bonne réponse ? Si bien sûr, je me trompe.
Merci de bien vouloir me répondre s'il vous plaît…
Princefat a écrit :En traitant un exercice, j'ai eu des difficultés à dégager avec certitude la fonction de deux adjectifs mis bout à bout. Les voici : " Géante potelée" et " bleu indigo".
Personnellement, j'ai trouvé que "géante" est épithète et "potelée" aussi. Idem pour "bleu" et " indigo".
A votre avis, quelle est la bonne réponse ? Si bien sûr, je me trompe.
Merci de bien vouloir me répondre s'il vous plaît…
Bonsoir.

Pour te répondre avec certitude, il faudrait connaître les phrases entières figurant dans l'exercice.

Par exemple, dans C'était une poupée géante potelée, les mots géante et potelée sont tous deux des adjectifs épithètes du nom poupée.
Tandis que dans C'était une géante potelée, le mot géante est un nom de personne qualifié par l'adjectif épithète potelée.

Dans C'était un bleu indigo , l'adjectif indigo est épithète du nom bleu.
Dans C'était une robe bleu indigo, les mots bleu indigo forment un seul adjectif, un adjectif composé invariable, épithète du nom robe.
Merci beaucoup… Votre réponse me satisfait.
Bonjour j'ai un exercice à faire mais je vous demande votre aide merci
Gnathon ne se sert à table que de ses mains; il manie les viandes; les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu'il faut que les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes. Il ne leur épargne aucune de ces malpropretés dégoûtantes, capables d'ôter l'appétit aux affamés; le jus et les sauces lui dégouttent du menton et de la barbe.
a) De combien de phrases cet extrait se compose-t-il ?
b) Dans la première phrase, repérez et soulignez trois propositions subordonnées. Entourez les mots subordonnants.
c) Trouve-t-on dans le texte une majorité de propositions subordonnées, juxtaposées ou coordonnées ? Quel est l'effet produit ?
d) Comment le personnage décrit apparaît-il ?
Bonsoir.

Une phrase commençant par une majuscule et se terminant par un point, il devrait t'être facile de trouver le nombre de phrases.

Tu trouveras le nombre de propositions subordonnées de la première phrase en entourant et comptant les mots subordonnants (ici, conjonctions de subordination).

Que proposes-tu ?

Nous passerons ensuite à la troisième question.
Bonsoir cet extrait se compose de deux phrases. Elles sont complexes

ne se sert que de ses mains : que le mot subordonnant

de manière qu'il faut que les conviés : qu'il le mot subordonnant

s'ils veulent manger : s'ils le mot subordonnant
C'est exact, deux phrases complexes.

Attention : dans "ne se sert que de ses mains"… le que ici n'est pas une conjonction de subordination et n'introduit aucune proposition. ne… que = seulement, c'est un adverbe.

Dans "de manière qu'il faut que les conviés….", c'est qu' (pas "qu'ils") le premier mot subordonnant; mais il y en a un autre.

Dans "s'ils veulent manger", le mot subordonnant est simplement s', pas "s'ils".
Domoison doit repérer 3 subordonnées dans la première phrase mais je n'en vois que 2, ce qui l'a peut-être induit en erreur justement.
Il y en a bien trois, vu qu'il y a trois conjonctions de subordination.
Ce qui complique les choses et ne facilite pas le soulignement demandé, c'est que l'une des subordonnées est enclavée dans une autre. Celle que j'ai écrite en rouge est enclavée dans la verte.
en use de manière qu'il fautque les conviés, s'ils veulent manger,mangent ses restes.
c) On trouve une majorité de propositions juxtaposés -
il y a un sens à chacune des propositions elles sont indépendantes je pense

d) il apparaît comme un glouton répugnant ne se servant que de ses mains, il a un comportement bestial (animal). Il est sans gênes.