Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 103 / 216

Bonjour,
Il est tout de même surprenant qu’une subordonnée introduite par quoique soit qualifiée de déterminative.
Oui, c'est un vocabulaire ordinairement associé aux relatives.
En revanche, et cela est surprenant, il ne met pas de virgule, justement pour illustrer que quand la subordonnée est déterminative, il n'en faut pas.
C'est conforme à la distinction que Drillon fait entre l'incidente déterminative (pas de virgule) et l'incidente explicative (virgule).
Mais du point de vue du sens, je saisis mal la distinction entre une subordonnée de concession qui serait déterminative, et une subordonnée de concession qui serait explicative.
Parce que dans le cas des relatives, il y a bien deux phrases de sens différent :
Les enfants qui ont fini sortent. / Les enfants, qui ont fini, sortent.
Voici les deux ex. donnés par Drillon, p. 194 de son Traité de la ponctuation française :

Il était généreux quoiqu'il fût économe. => déterminative => pas de virgule.*

Mais tu ne vois pas dans la nature de citronnier produire des pommes, quoique, peut-être, cette année-là, elles lui coûteraient moins cher à former des citrons.
Paul Valéry, "Eupalinos".**

* "Si les deux actions sont pensées simultanément, la virgule est superflue". JD
** " Si la seconde arrive plus tard, comme un correctif rapporté, […] ou si son sens l'oppose fortement à la première: alors il n'en faut pas une." JD

Ne vois-tu pas une différence ?
Cela dit, l'emploi de la virgule a de ces finesses !
Hors sujet : je vois mal à quoi renvoie elles dans la phrase de Paul VALERY. j'aurais mis il pour le citronnier car le pommier peut imaginairement former des citrons, mais la pomme…
Ne vois-tu pas une différence ?
Cela dit, l'emploi de la virgule a de ces finesses !
Effectivement, c'est très - trop ? - subtil.
Et Victor Hugo ne s'est pas embarrassé de cette finesse-là : lui, il a mis une virgule à la césure…
Ce qui souligne mieux l'antithèse.

Pour Paulang : en fait, il manquait un mot dans la citation de Valéry
Mais tu ne vois pas dans la nature le citronnier produire des pommes, quoique, peut-être, cette année-là, elles lui coûteraient moins cher à former que des citrons.
Si le citronnier formait des pommes, elles (les pommes) lui coûteraient moins cher à former qu'à former des citrons.
Bonsoir!!

Est-ce que cette analyse est correcte:
Elle avait tant souffert, sans se plaindre, d’abord, quand elle le voyait courir
après toutes les gotons de village et que vingt mauvais lieux le lui renvoyaient le soir, blasé et
puant l’ivresse !
Proposition principale: Elle avait tant souffert quand elle le voyait courir après toutes les gotons de village.
Proposition coordonée: Et que vingt mauvais lieux le lui renvoyaient le soir, blasé et
puant l’ivresse !

Je crois que la proposition coordonée est, en effet, juste la consequence du"tant" de la principale. Mais ce "et", qui la précéde, m'a confus. Quelle est sa function, du "et"?

Merci d'avance.
Est-ce que cette analyse est correcte:
Non,pas du tout.
La subordonnée introduite par « quand » est une subordonnée conjonctive complément circonstanciel de temps.
« Et que » = et quand.
Le et sert à coordonner les deux subordonnées de temps.
Je tiens à signaler une erreur. J'ai dit: "le petit traité de ponctuation" de Jacques Drillon.

C'était, en fait: "Le traité de la ponctuation" de Jacques Drillon.

Un coup de fatigue, toutes mes excuses.

(Merci à vous de m'avoir répondu)
Bonjour,

Je lisais un article et une question me vint à l'esprit, notamment sur "le" :
Une distinction de base pour l’étude de la littérature est celle entre le texte et le hors-texte, ou
entre le linguistique et l’extra-linguistique.
Pourquoi l'utilisation de "le" en place de "la" ?

Merci 🙂
Alex12291 a écrit :Je tiens à signaler une erreur. J'ai dit: "le petit traité de ponctuation" de Jacques Drillon.

C'était, en fait: "Le traité de la ponctuation" de Jacques Drillon.

Un coup de fatigue, toutes mes excuses.

(Merci à vous de m'avoir répondu)
Pour ma part, je t'excuse bien volontiers. J'avais d'ailleurs déjà rectifié. 🙂
Bonsoir.
Smoke a écrit :Je lisais un article et une question me vint à l'esprit, notamment sur "le" :
Une distinction de base pour l’étude de la littérature est celle entre le texte et le hors-texte, ou
entre le linguistique et l’extra-linguistique.
Pourquoi l'utilisation de "le" en place de "la" ?
La linguistique : la science ainsi nommée.

L'adjectif linguistique, quant à lui, signifie "qui est relatif à la langue" ou "qui relève de la linguistique". Un adjectif peut se substantiver au moyen de l'article le.
le linguistique = "ce qui est relatif à la langue", ou "ce qui relève de la linguistique".
l'extra-linguistique = "ce qui n'est pas relatif à la langue" ou "ce qui ne relève pas de la linguistique".
C'est ce que je pensais aussi.
Ce que j'ignorais c'était l'obligation d'un article masculin pour la substantivation.

Merci !
Tu remarqueras que l'adjectif substantivé ici a un genre neutre, du fait de son sens ("ce qui est linguistique"). Pour le genre neutre, le français utilise par défaut la forme masculine.
Bonsoir
Mais ce n’était pas tout que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et
découvert Tostes pour l’exercer(…)
Proposition principale: Mais ce n’était pas tout
Proposition subordonée (?): que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et
découvert Tostes pour l’exercer.

J'ai quelques doutes sur cette dernier parce qu'il n'y a qu'un verbe à l'infinitif. Quelle est la function de ce "que"?

Merci d'avance.
Mais ce n’était pas tout que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et (d'avoir) découvert Tostes pour l’exercer.
Un seul verbe conjugué était. Le sujet de était fait les actions exprimées par les infinitifs avoir élevé, avoir fait apprendre, avoir découvert qui ne définissent dons pas de propositions infinitives.
Mais c'est le fils qui exerce, pour l’exercer = pour qu'il y exerce, c'est donc une subordonnée exprimant le but.

Mais ce n’était pas tout que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et (d'avoir) découvert Tostes : proposition principale.
La phrase complète est :
Mais ce n’était pas tout que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l’exercer : il lui fallait une femme.
Alors, j'interroge les spécialistes de grammaire.
La première proposition est-elle une proposition principale par rapport à la seconde ? Ou a-t-on affaire à deux propositions indépendantes ?
Peut-on dire que pour l'exercer est une subordonnée (alors que le verbe n'est pas conjugué), et non un simple complément de but ?
J'ai quelques doutes.
Je verrais bien deux propositions indépendantes… mais, comme chacun le sait, je ne suis pas grammairienne… :/
Moi aussi, c'est ce que je vois. Je suis un peu plus grammairienne que toi, mais si peu. 🙂