Les mots qui fâchent

Langue française

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Eh bien avoir la capacité de pour pouvoir me semble un meuble inutile. Le problème, Plutonium, c’est qu’il est employé la plupart du temps comme exact synonyme de pouvoir et sans la nuance particulière que l’on pourrait lui trouver, je te l’accorde. C’est une expression à la mode. N’as-tu pas remarqué ?

Portia, je continuerai à dire le covid parce que je pense au coronavirus. (un virus et non une virus. Les autres disent ce qu’ils veulent mais qu’ils ne s’avisent pas de me corriger !). Je dis bien entendu un arrêt cardiaque et une grippe ou la varicelle. Ce ne sont pas mots nouveaux, et leur genre ne fait pas polémique. Sinon en France, simple proposition, on pourrait dire la CoviM. 😉

Pour tout te dire, Portia, l’influence de l’anglais, ou plutôt l’invasion d’anglicismes mal prononcés, j’en ai ras les bottines.

Et ce soir, sais-tu qui est the guest dans l’émission de Tartempionmuche ?

Je suis d’accord, il y a bien d’autres expressions qui font l’affaire, jehan a donné quelques exemples au dessus.Même si "être en capacité de" ne me choque pas particulièrement, je n’ai jamais utilisé cette expression.

Et bien, lamaneur, qu’est-ce que c’est que ce coup de mou ? Il te faut retrouver un peu de bonne humeur : https://www.youtube.com/watch?v=aZLAfS7Tcks

Etre en capacité revenait souvent dans le discours de François Hollande, sans remplacer "pouvoir", dont il use beaucoup aussi (au subjonctif, souvent). Pour ce qui touche à la capacité, on a découvert dans son oeuvre qu’il fallait l’entendre au sens de la contenance, comme on dira d’une cruche qu’elle a une capacité de 1 litre.

Pour ce qui est des impactés, le tour rhétorique mène à la même fin, mais avec des moyens différents. On joue ici sur une dialectique orwellienne, où le mensonge est la vérité, la paix la guerre, etc. Ou du Hollandais qui vole très bas.

Il faut d’abord préciser ce qui est impacté, l’objet de l’impactage : c’est l’emploi. Vous aurez par exemple la phrase : "dans cette restructuration de l’entreprise, 200 emplois seraient impactés" etc. Il n’est pas question d’envisager que "les emplois", OK, mais il y a peut-être, en plus réel que "les emplois" des personnes humaines vivantes et aspirant à le demeurer dans l’avenir. Non, il y a juste de l’emploi impacté. Et aussi des personnes, mais le vocable trouble la perspective, car s’il y a des espèces de gros impactés dans ces vêtements sales, ce ne sont pas ceux qui sont déterminés comme des impactés.

Pour revenir un moment sur l’être en capacité et mieux en apercevoir la nouveauté, les plus anciens se souviendront de notre jeunesse, une époque où l’on croyait encore vaguement à la volonté en politique. C’était au temps de l’être capabe (sic). Georges Marchais affirmait que "le parti communisse était le seul qui soye capabe de résoude" (sic) les problèmes sociaux.

Mais entre-temps, les politiques ont subi et organisé (les deux) leur propre incapacité, et compliqué l’affaire en la baptisant de cette façon paradoxale. La vérité est bien plus simple et bien résumée par les mots de l’enfance : la réalité, c’est qu’ils ne sont même pas cap’. On leur reproche de mentir, en n’appliquant par leurs promesses, mais en fait, c’est d’abord et surtout qu’ils sont même pas cap’. De gros mytho, si j’essaye de le traduire en djeuns moderne.

Pour s’éloigner des opinions politiques on peut revenir au genre du covid. L’usage du mot a démarré avec le masculin et s’est répandu ainsi. Vu que l’usage est le critère important et qu’il existe déjà des maladies avec le genre masculin, il n’y a pas de raison de couper les cheveux en quatre et parler de la covid.@Laoshi : Je remarque surtout les bons anglicismes, ceux qui ont des sonorités réussies ou ceux qui évitent une périphrase. Pour les autres je leur donne moins d’attention car je peux avoir à les utiliser avec des anglophones.

Le mot "fêtard" paraît tomber en désuétude, c’est une relique du 20ème siècle.De nos jours, on dit "teufeur" même dans le journal télévisé d’une chaîne du service public.

Exact, je l’ai entendu aussi !

Et sur une bande passante, il y avait écrit en écriture inclusive les délégué.e.s

> @""#p557982 Le mot "fêtard" paraît tomber en désuétude, c'est une relique du 20ème siècle.De nos jours, on dit "teufeur" même dans le journal télévisé d'une chaîne du service public.Teufeur peut être légitime parce qu’il fait référence à un certain type de fêtes (où l’on parle, précisément, de faire la teuf). On ne perd pas "fêtard", il descend seulement d’un rang : la personne qui jette un pétard - ceux qui explosent, pas ceux qui se fument - , boit trop de rouge et mange de la barbapapa, c’est bien un fêtard du 14 Juillet, pas un teufeur. Il me semble que teufeur ajoute une nuance qui n’existait pas. Le verlan n’est pas toujours créateur, on a souvent l’impression qu’il bégaye un peu, dans ce domaine. François Mitterrand l’avait rétorqué à Mourousi quand celui-ci avait demandé s’il était chébran. On peut conitnuer, chébran, câblé, bléca, mais cela a comme conséquence de toujours rabaisser le truc, et si je dis en 2021, que je suis chébran, tout le monde va me classer comme un ringard. Mais il ne faut pas ignorer les créations intéressantes, en particulier celles qui ont une durée et qui s’implantent, parce que ça a un sens.Pour rester dans l’exemple précis, l’idée de "teuff" désigne un certain contexte (ça ne désigne jamais le Bal des Débutantes, je l’ai indiqué) et le terme indique assez bien ce contexte. Certains linguistes parlent de "signal" sur ce genre de mots qui désignent en même temps un contexte. Des mots qui ne sont employés que par des gendarmes, ou des sportifs, ou des philosophes, ce qui fait qu’on reçoit le terme en lien avec ce contexte. Comme le chien de Pavlov : vous entendez ces termes et il y a une petite sonnette qui vous apprend si vous écoutez un pompiste, un scientifique ou un politicien. Ce sont des mots à sonnettes, si vous préférez, plus utiles et moins dangereux que le serpent homonyme.

Si ça commence à être utilisé par un présentateur de journal télévisé, et peut-être bientôt par des politiciens, c’est peut-être une indication que le mot, en circulation depuis au moins vingt ans, a bientôt fait son temps.Attendons maintenant quelques années l’émergence de …feuteur 😎

Je viens de lire ceci:

Chaque année, le Robert invite les internautes à élire le mot de l’année. Mais commencer résumer 2020 en un seul mot sans que ce soit à coup sûr "vaccin", "masque" ou "confinement"? Pour éviter ce travers, les éditions le Robert et l’Oulipo ont eu la bonne idée de demander aux internautes d’imaginer des mots pour toutes les situations inédites auxquelles nous avons été confrontés depuis le début de cette épidémie ainsi que leur définition. "L’ensemble fut un grand succès, et nous avons beaucoup ri en découvrant les nombreuses propositions", se réjouit le Robert. Nous aussi! Le défi maintenant pour chacun d’entre nous: employer ces expressions désopilantes dans nos conversations pour faire sourire nos proches.

[…]

Liste complète ici… Très réussi en effet ! 🤗 https://www.lerobert.com/dis-moi-robert/robert-et-vous/mot-annee/mot-de-l-annee-2020-les-resultats.html

Merci pour le partage. Difficile de ne pas reconnaître des situations vécues et je suis toujours ébahi par l’inventivité langagière

C’est génial ! Merci perluète !

Exemple : Téléventiler : Brasser du vent en télétravail.

Une phrase : "J’ai passé toute le journée autobuée et ce soir, j’ai appris que j’étais déconcertée.

(voir traduction sur le site proposé par Jehan).

On pourrait en faire un jeu à partir de 18 h, puisque nous sommes interdits d’apéro…

Très bon ! Merci perluète et Jehan.

Comme lamaneur, je dois dire que l’inventivité est un réel bonheur. Cette façon d’associer des sens un peu à la manière de Raymond Devos démontre encore qu’il nous reste l’humour pour surmonter les situations difficiles.

(Je regrette juste l’attaque ad hominem totalement hors de propos et qui ne grandit ni son auteur ni ceux qui l’ont propagée)

L’idée du jeu suggéré par fandixhuit est également intéressante…

Un adjectif nouveau, qui ne relève pas du domaine politique : phygital.

Entendu pour les défilés de mode "en distanciel".

Ah, je l’ai entendu probablement dans le même reportage : mot-valise entre "physique" et" digital".

> @""#p550912 Je trouve que "nuiteux" est bien pratique… Et en plus, ce n'est pas du tout anglais ! https://www.cnrtl.fr/definition/nuiteuxAh, évidemment, le féminin "nuiteuse" a deux sens bien particuliers tout différents…Pour les policiers et policières, on pourrait dire des "nuitards" et des "nuitardes".Mais il y en aurait sans doute qui trouveraient le suffixe trop péjoratif. Alors, "nuitier" et "nuitière", peut-être ? Que proposerais-tu ?Je déterre une réponse ancienne, car j’ai été assez absent dernièrement : "Nuiteux".Ce terme était aussi employé pour désigner les conducteurs de taxi parisiens qui "faisaient la nuit". J’en étais dans les années 60.@ Lamaneur : À cette même époque, ma mère fumait des "week-end", et il m’arrivait de lui en voler quelques-unes.😀

J’aime beaucoup la langue anglaise, mais la récupération de termes anglais, souvent employés de façon maladroite et outrancière, me gêne beaucoup.

Dernier cas : le "narrative" (qui devient parfois le "narratif"), qui commence à envahir le discours médiatique et qui apparaît également dans les propos et travaux des étudiants.

Les journalistes utilisent le terme "rassuristes" (avec guillemets toutefois). Il ne figure pas dans mes dictionnaires.