Questions complémentaires relatives aux compléments de caractérisation

Langue française

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour
J'aurais pu poser mes questions à la suite du fil

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/6221-de-ou-de-la-du-de-l-devant-un-nom-qui-en-determine-un-autre.html

mais j'ai préféré ouvrir une nouvelle discussion pour faciliter l'accès et la lecture.


Je voudrais revenir sur le sujet des compléments de nom de caractérisation, qui sont identifiés par l'absence de déterminant dans le complément (exemple : une voiture de la société / une voiture de société).

Il me semble que le complément de caractérisation a la particularité de désigner un objet non unique, un objet que l'on pourrait décliner de manière générique, ce qui semble nécessaire pour créer un complément de caractérisation :

une voiture de course
une arme de guerre
un lancer de javelot
un bourdonnement de guêpe
un navire de corsaires
un repaire de brigands
un laborantin d'hôpital

On peut imaginer autant de courses, de guerres, de javelots, de guêpes…distincts, ainsi que de groupes de corsaires ou de brigands que l'on veut.

Prenons l'exemple suivant : " un homme d'armée" . Dans mon esprit, c'est un homme capable de servir dans une armée quelconque, ou qui aura par exemple servi dans un certain nombre d'armées distinctes. L'idée de déclinabilité du complément de caractérisation est claire. "Un homme de l'armée", c'est en revanche un homme qui appartient à l'armée, celle ci étant non ambigüe, unique et bien identifiée dans un contexte institutionnel donné et à une époque donnée.

Je crois que c'est la raison pour laquelle on dira "un officier de l'armée de terre" et non pas "un officier d'armée de terre" : parce que, dans un contexte institutionnel donné et à une époque donnée, on ne risque pas de croiser des officiers appartenant à des armées de terre de différents pays.

(Même remarque avec "un officier de l'armée de l'air", mais la formulation "un officier d'armée de l'air" est fort bancale, avec un complément de caractérisation intégrant un complément déterminé, je laisse donc de côté cet exemple)

Pour ce qui concerne la marine, des bateaux de plusieurs marines pouvant stationner dans un même port, je peux comprendre qu'on dise, pour cette raison, "un officier de marine" ou "un bâtiment de marine". Même s'il faudrait souvent dire, d'après moi, "un officier de la marine" si l'on veut parler d'un officier de la marine nationale.

Mais n'y a t-il pas quelque incohérence à dire "un officier de police", "un officier de gendarmerie" , alors qu'il n'y a qu'une seule police nationale et qu'une seule gendarmerie nationale ? Selon moi, un complément de caractérisation véritable conférerait à "un officier de police" le sens suivant : un officier qui appartient à une police, mais on ne sait pas trop laquelle (par exemple, ce pourrait être la police japonaise). Ce n'est évidemment pas ce que l'on entend dans le langage courant par "un officier de police", expression qui est employée pour désigner "un officier de la police nationale". N'est-ce pas là une surcharge sémantique abusive ? Même remarque pour : une voiture de police, un commissariat de police, un bureau de police.

Même remarque pour "les règles de droit", employé pour "les règles du droit" (le droit officiel en vigueur dans le contexte spatio temporel local). Pour moi, une "règle de droit", c'est une règle qui appartient à un droit (par exemple, le droit romain), et "les règles de droit", c'est un ensemble de telles règles. Assimiler "les règles de droit" aux "règles du droit", c'est toujours, à mon avis, opérer une surcharge sémantique.


Bien sûr, il existe un grand nombre de cas consacrés par l'usage. On dit par exemple : les forces de police, mais : les forces de l'ordre. J'en profite pour vous demander si, dans les syntagmes "les forces de maintien de l'ordre" ou "les forces de répression des émeutes", "ordre" et "emeutes" ne sont pas syntaxiquement abusivement affublés d'un déterminant ?)



J'ai également des difficultés à bien analyser sémantiquement les compléments de caractérisation associés à des noms comme "école", "cours", "enseignement". Pour moi, une "école de médecine", c'est une école dans laquelle est enseignée une médecine, mais sans qu'on sache laquelle (par exemple : la médecine chinoise). Or, si je dis, "il est inscrit dans une faculté de médecine", il va de soi que l'on parle de la médecine officielle agréée dans le contexte spatio-temporel local. Il y a donc, selon moi, à nouveau, surcharge sémantique.


Mais peut-être n'ai je rien compris du tout aux compléments de caractérisation, auquel cas, veuillez m'en excuser. Ma théorie de "déclinabilité" du nom qui joue le rôle de complément de caractérisation est peut-être fausse. A titre d'exemple, on peut dire :
un fromage de Savoie
sans pour autant qu'il existe plus d'une Savoie.

Cependant, si l'un d'entre vous veut bien me dire son avis sur ma réflexion, je vous en serai très reconnaissant. Je n'ai d'ailleurs pas fini de réfléchir.
Dans un complément de caractérisation le nom complément n'est pas actualisé, d'où l'absence (en général) de déterminant.
Tu t'appuies sur l'unicité du référent, parfois à tort (police nationale ou municipale ?), pour considérer qu'il est déterminé. Et si cette unicité n'existe pas, tu la crées avec ton "contexte spatio-temporel". à l'inverse, lorsqu'il y a un déterminant tu le trouves redondant toujours à cause de ce contexte.
Enfin il me semble que tu confonds les compléments de caractérisation et les compléments de détermination , puisqu'à l'inverse, lorsqu'il y a un déterminant tu le trouves redondant toujours à cause de l'unicité et/ou du contexte spatio-temporel : règle du droit, répresssion des fraudes.
Revois les notions d'actualisation…
Merci, Anne345.
Dernière chose : la syntaxe de la formule "les forces de maintien de l'ordre" est elle correcte en français ?
Oui c'est correct.