Je puis

Langue française

31 réponses · Page 2 / 2

Salut Anne345, merci pour ta réponse.


Hum… Oui, effectivement, pour une lettre professionnelle, "je peux" est peut-être plus adapté.


A part ça, "je puis", c'est quelle forme en fait ?
Je puis, je peux : deux formes possibles pour la 1[sup]ère[/sup] personne du singulier du présent de l'indicatif.

Je puis est nettement plus littéraire…

Mais c'est la seule forme utilisée en cas d'inversion du sujet : puis-je.
Merci pour ces informations complémentaires, cher modérateur.
Je vais donc utiliser "je peux" dans cet écrit professionnel.


"Peux-je"… 😂 😂
Bonjour,

Je puis vous dire que …

Qu'est-ce qui est exprimé par ce subjonctif?

Peut-on trouver sur Internet plus d'informations sur celui-ci?

Merci
Ce n'est pas un subjonctif (le subjonctif serait "je puisse"). C'est simplement une forme alternative de "je peux" qui s'utilise essentiellement dans l'interrogation (puis-je ?) ou, comme ici, dans un registre de langue plus soutenu.
https://www.francaisfacile.com/forum/lire.php?num=7&msg=93759&titre=Je+peux+vs+je+puis
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/10603-je-puis.html
Bonjour à tous,

En français on ne peux pas dire "peux-je…?" mais on doit dire "puis-je…?"

J'ai quelques questions sur cette forme:

- Quelle est l'origine de cette forme? (le vieux français je présume…?)

- Pour quelle raison utilise-t-on "puis" au lieu de "peux"? La phonétique?

- Y-a-t-il d'autres verbes connaissant une telle transformation?
Par exemple, pour vouloir: on peut dire "veux-je…" Ce qui invalide l'explication issue de la phonétique pour mon exemple principal…

Merci pour vos lumières sur le sujet!


M.
Bonjour.

J'ai déplacé ton message ici, dans cette discussion que tu pourras parcourir, et qui devrait répondre à la plupart de tes questions.

Vouloir connaît lui aussi des variantes, dans l'expression "en vouloir à" à l'impératif présent, forme négative :
Ne lui en veux / veuille pas - Ne lui en voulons / veuillons pas - Ne lui en voulez / veuillez pas.
Ainsi qu'au subjonctif présent, sujets "nous" "et vous" :
que nous voulions / veuillions - que vous vouliez / veuilliez
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/vouloir/82562#difficulte

Il existe au moins un autre verbe qui connaît des variantes de forme, et pas seulement à une ou deux personnes ou temps : le verbe ass(e)oir.
https://conjugueur.reverso.net/conjugaison-francais-verbe-asseoir.html
Pour ce qui est de l'explication historique, et en faisant court :

- Le latin classique conjugue possum, "je peux", potes, "tu peux", potest, "il/elle peut".
- Le latin vulgaire tardif conjugue *posseo (prononcé *possyo), potes, *potet.

- L'ancien français a dérivé des formes régulières des formes du latin vulgaire :
*posseo > puis ; potes > peus (FM "peux") ; potet > peut.

Mais dans le cas de la première personne, l'analogie a joué et on a créé (au XIIIème) la forme peus (souvent écrite pues) sur le modèle des deux suivantes.

Mais cette forme n'a pas effacé pour autant la précédente, même à l'époque moderne, comme on vient de le voir. En AF, il n'y avait pas de restriction d'emploi touchant puis ou peus, et les deux formes (ainsi que d'autres) ont été concurrentes durant une assez longue période. On pouvait très bien avoir peus-je.
Bonjour Yvain,
Mais dans le cas de la première personne, l'analogie a joué et on a créé (au XIIIème) la forme peus (souvent écrite pues) sur le modèle des deux suivantes.
Concrètement, comment cela s'est-il passé ? Qui a décidé de créer cette nouvelle forme peus ? Comment cette nouvelle forme s'est-elle répandue alors que les français étaient habitués à l'autre ?
(Je n'y connais rien en histoire du français.)
Il est impossible, je pense, de déterminer le nom du premier scripteur qui s'est laissé aller à cette création par analogie… Et si la forme s'est répandue et a été adoptée, c'est sans doute parce qu'il était plus simple d'avoir le même radical pour les trois personnes.
C'est sans doute la conscience collective. Le locuteur prend l'habitude de la conjugaison, même s'il n'est pas grammairien, dans des dialogues du type "- Peux-tu le faire ? - Oui, je le peux." Or, dans la plupart des verbes, les trois premières personnes du présent de l'indicatif sont semblables, seuls une vingtaine de verbes ont une 1ère personne qui se distingue des deux suivantes. L'analogie peut jouer en ce cas sans décision consciente d'un clerc (qui aurait eu peu de chances de s'imposer du reste).

Les langues forment des systèmes qui échappent le plus souvent à la volonté des individus…