e drame romantique est une des manifestations du romantisme, mouvement littéraire, pictural et musical de la première moitié du XIXe siècle. Ce courant, qui revalorise la sensibilité par rapport à la raison et affirme la liberté créatrice contre l'imitation des modèles de l'Antiquité, ne peut être dissocié des bouleversements socio-politiques de l'époque. Voici un bref aperçu des événements et caractéristiques de cette période.
Une époque en mouvement
- Le romantisme naît dans un moment charnière de l'histoire de France, celui qui sépare l'Empire napoléonien de la Seconde République. Les régimes se succèdent et s'achèvent dans une crise plus ou moins sanglante.
- Le demi-siècle romantique : on peut constater la faible longévité du théâtre romantique : le drame romantique apparaît avec Stendhal, Racine et Shakespeare et Hugo, Cromwell. La plupart des chefs-d'œuvre apparaissent durant la Monarchie de Juillet 1830-1848. Le genre disparaît en 1843, avec l'échec des Burgraves de Victor Hugo.
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Une jeunesse abandonnée
- La génération de ceux que Musset appelle les « enfants du siècle », c'est-à-dire ceux qui sont nés avec le siècle et qui ont à peu près vingt ans en 1820, se trouve, avec le retour des Bourbons sur le trône de France en 1815, brutalement privée d'avenir (militaire et politique).
- Le mythe romantique napoléonien : cette génération est marquée par les défaites finales de l'Empire et, de fait, érige l'empereur en figure mythique. Ce mythe inspirera d'ailleurs certains personnages romantiques (Cromwell, Ruy Blas, et aussi Julien Sorel
).
- La littérature exutoire libératrice du mal de vivre : le sentiment d'appartenir à une époque transitoire entraîne une certaine nostalgie, une impatience aussi, une soif d'action que la littérature canalise pour combler l'absence et pour tenter de donner sens à la déroute.
Une littérature en recherche
- Dominée par la contestation du présent, la littérature romantique se présente comme une recherche de voies nouvelles à explorer. Quand ce courant apparaît en France, il existe déjà dans les pays voisins.
- L'expansion du romantisme en Europe : le romantisme est un courant de pensée qui traverse toute l'Europe.
- La résistance de la culture officielle en France : le début du XIXe siècle se prête mal à la diffusion
d' idées neuves misonéisme, à cause notamment d'un XVIIIe siècle profondément marqué par le rationalisme. Les académies française et des beaux-arts préfèrent consacrer le style « traditionnel », celui qui est héritier du siècle de Louis XIV.
- Le romantisme français : une éclosion tardive. Malgré Rousseau (avec La Nouvelle Héloïse (1761) et les Rêveries du promeneur solitaire (1776)) et Bernardin de Saint-Pierre (avec Paul et Virginie en 1788), il a fallu attendre 1802, avec la parution de Chateaubriand, René, pour que des lecteurs français découvrent et s'intéressent au lyrisme et à la « vague des passions ».
Le romantisme, entre littérature et politique
- La littérature se retrouve très vite sur le terrain politique. La génération romantique refuse les idées reçues (des aînés) : c'est une génération qui désire juger par elle-même, qui veut éprouver les limites de la liberté (liberté du génie par rapport aux règles, de l'individu par rapport à la société).
- Des journaux relaient et soutiennent l'effervescence intellectuelle du romantisme. Cf. le Conservateur littéraire vs la Muse française et Le Globe sur le site Gallica
.
Cénacles et salons
- Héritage du XVIIIe siècle, les salons jouent un grand rôle dans la diffusion des idées romantiques. Charles Nodier réunit les romantiques (Vigny, Musset, Gautier, Nerval, Hugo) dans les salons de la bibliothèque de l'Arsenal. Victor Hugo, quant à lui, installe, à partir de 1827, son Cénacle
chez lui.
Le drame romantique : un genre éphémère
- Au cours du demi-siècle romantique, le nouveau théâtre se développe sur deux décennies : 1823 —> 1843. Trois phases se succèdent : l'élaboration théorique (années 1820), la création des chefs-d'œuvre et le déclin, malgré les succès remportés par Hugo, Vigny et Dumas.



J.-P. Richard, Études sur le romantisme, Seuil, 1999.
S. Fort, Le Romantisme (anthologie), Flammarion, 2002.
J. Bony, Lire le romantisme, A. Colin, 2005.
