L’imparfait de l’indicatif

L’imparfait de l’indicatif est apte à rendre compte d’un fait situé dans le passé. Il indique que l’événement n’appartient plus / pas à l’actualité de l’énonciateur : il s’agit d’un passé révolu. L’imparfait présente le procès dans son déroulement, en cours d’accomplissement.

Valeur générale

  • Valeur temporelle : Hier, à quatorze heures, il neigeait.
  • Valeur aspectuelle :
    • inaccompli, tensif : l’imparfait s’oppose au plus-que-parfait (Il avait neigé).
    • « sécant » : l’imparfait montre un événement dont on ne voit ni le début ni la fin. Le terme « imparfait » signifie « qui n’est pas mené à son terme ». L’imparfait donne de l’événement une vision analytique : l’observateur se place au cœur de l’événement (→ présent dans le passé).

Valeurs d’emploi ou effets de sens

Valeurs temporelles :

  • descriptif : l’imparfait est seul capable d’exprimer plusieurs actions qui se produisent depuis un temps que l’on ne peut / veut préciser. C’est le temps de la simultanéité. L’imparfait peut entraîner un effet de suspens : C’était un soir d’automne, il pleuvait. Soudain, un cri se fit Passé simple entendre. → L’imparfait pose le décor.
  • imparfait itératif : Le facteur passait tous les jours à huit heures.
  • imparfait pittoresque ou historique : En 1815, Napoléon partait pour Sainte-Hélène. Ici, on pourrait remplacer l’imparfait par un passé simple. Mais avec l’imparfait, l’événement n’est pas anecdotique : il prend plus d’ampleur ; on donne de l’épaisseur à des procès qui, par nature, n’en ont pas.
  • imparfait de concordance (valeur syntaxique) : après un verbe au passé, le présent d’une proposition subordonnée est transposé mécaniquement par un imparfait :
    • Pierre déclara : « Je désire voir Rome ».
    • → Pierre déclara qu’il désirait voir Rome.
    • Au discours indirect libre : Pierre prit la parole. Il désirait voir Rome.
  • imparfait explicatif ou de commentaire : Le train siffla trois fois : on arrivait.

Valeurs modales :

  • imparfait d’atténuation ou de politesse : Je voulais des petits pois. Grevisse (dans Nouvelle Grammaire française, 3e édition, Duculot, 1995) commente cet emploi : « L’imparfait d’atténuation concerne un fait présent que l’on rejette en quelque sorte dans le passé, pour ne pas brusquer l’interlocuteur. »
  • imparfait hypocoristique : Comme il était mignon, cet enfant ! Il avait mal aux dents, le bébé ! Il s’agit bien souvent du langage d’adultes envers des enfants ou des animaux domestiques.
  • imparfait de conséquence inéluctable ou d’imminence contrariée : Un mot de plus, et elle se jetait par la fenêtre. Sans ton courage, cet enfant se noyait. On attend dans ce cas un conditionnel passé.
  • imparfait en système hypothétique : Je sortirais s’il faisait beau.

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