Règle de l’accord du participe passé avec "que cela…"

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je cherche une règle "noir sur blanc" qui prouverait que la phrase suivante s'écrit comme suit :
La surprise que cela a déclenché (sans accord pour déclenché).
Je n'ai rien trouvé de satisfaisant dans le Jouette.
Merci d'avance
Adele
Bonjour !

"La surprise que cela a déclenché."

Noir sur blanc ? Nous allons plutôt rappeler pas à pas la règle de l'accord du participe passé.

1 Participe auxilié avec avoir.
2 Il y a un COD : que. (Le verbe déclencher est transitif.)
3 Ce COD est antéposé.
4 Donc, accord du PP avec "que" et, à travers lui, avec son antécédent, "la surprise", féminin singulier.
5 Donc "déclenchée".

→ Cela a déclenché la surprise. (COD postposé.)
* La surprise que cela a déclenchée. (COD antéposé.)

Comme dans :
* La fleur que tu m'avais jetée. (Carmen)

Plutôt que de postposé et d'antéposé, vous pouvez parler de placé après et de placé avant.

Vous ai-je convaincue ? (COD antéposé : vous, Adèle.)
Je travaille dans la presse et mon supérieur a fait publier cette phrase sans l'accord, au motif que si l'on remplace déclenché par "fait" on ne ferait pas l'accord (cf : certainement la règle des participes avec verbes impersonnels), mais je ne suis sûre de rien, car il n'a pas su m'expliquer clairement (moi, j'avais fait l'accord !!)
Qu'en pensez-vous ? La grammaire française est tellement faite d'exceptions.
Merci de vos réponses
Adele
Avec faire, ce serait pareil :
* La surprise que cela a faite. (Pas très euphonique.)

Votre supérieur confond avec fait + infinitif : il est toujours invariable.
* La surprise que cela a fait déclencher.

Cela étant, il est vrai que, dans le langage parlé, il est fréquent qu'on ne fasse pas l'accord. (Mais vous me parlez d'un énoncé écrit.)
En 1992, le Président Mitterrand lui-même a dit à la télévision :
* … dans les conclusions qu'ils m'ont remis…
Même le "juste" pêche sept fois par jour…

Bon ! Je parie que, dans cinquante ans, on nous dispensera de l'accord, du moins avec AVOIR. Et même qu'on nous l'interdira !
Déjà qu'on tolère l'invariabilité de laissé + infinitif… ! Alors que l'accord permet de donner du sens, ce à quoi peu de personnes sont encore sensibles.
* Elle s'est laissée tomber. (C'est elle qui tombe.)
* Elle s'est laissé agresser. (C'est elle qu'on agresse.)

En formulant la règle au XVIe siècle, Marot, j'en conviens, ne nous a pas facilité l'existence. (On parle encore de règle marotique.)
D'aucuns disent que cette règle heurte la raison (sic) et ajoutent perfidement qu'elle ne survit qu'à cause des élites… et des masochistes (sic). A méditer quand même.

Encore un mot ! Je ne vois pas ici de verbe impersonnel.
Il y aurait invariabilité :
* Les orages qu'il a fait. La patience qu'il a fallu.
* Il s'est produit deux accidents dans sa vie : il a été cocu et il l'a su.
Edy a écrit :Bon ! Je parie que, dans cinquante ans, on nous dispensera de l'accord, du moins avec AVOIR. Et même qu'on nous l'interdira !
En lisant ces mots, je me suis senti rassurer. En effet, je me suis sentie rassurée de savoir que dans cinquante ans je pourrais, sans aucun souci, écrire "je me suis senti rassuré" 😂
Merci de vos réponses. Tout cela vient de m'être confirmé par Bernard laygues correcteur de la dictée de Pivot et enseignant chez Formacom. Je n'oserai jamais mettre le nez de mon supérieur dans le caca, car je laisse moi-même bien souvent passer des fautes et il ne me dit jamais rien (à part de me demander de les corriger !!). En tout cas, ça me rassure sur mes compétences de correctrice qui sont parfois mises à mal et me font douter du bien-fondé de mon statut de secrétaire de rédaction.
Adele
Bonsoir Adèle et Edy,

Je vois une double moralité à cette histoire peu édifiante :
Edy est digne (quelle allitération !) de corriger la dictée de Pivot, ce dont je n'ai jamais douté.
La seconde est une image moins reluisante : l'enfer moderne est une mer d'excréments où nous sommes tous plongés, mais nous sommes trop nombreux à supplier les autres de ne pas faire de vague…

Adèle, votre tenacité mérite d'être soulignée et félicitée. Venez chercher le réconfort et ressourcer votre résistance sur notre site.
Mon message a disparu par ma faute ; je recommence donc à l’aide de mes « souvenirs ».

Bonsoir, bonsoir !
Que vos interventions me comblent d’aise !

Edy est digne ? Sur le fond, j’en laisse la responsabilité à Jean-Luc ; je vais sûrement vous prouver le contraire au prochain virage. En tout cas, je vais resservir cette allitération, qui flatte mon ego… Le problème, ce sera d’amener la conversation sur l’allitération, ce qui ne sera pas commode entre deux apéros.

Parenthèse ! Avez-vous remarqué qu’avec oblitérer et oblitération, allitération est seul à avoir un unique T, contrairement à littéral, à littéraire et aux consorts ? Il est étonnant que la réforme de l’orthographe de 1990 n’ait pas évoqué cette anomalie criante, elle aussi.

Je suis retourné à l’opuscule que le Petit Robert a édité en 1991. En voici un extrait, qui, contextuellement, ne concerne cependant que l’accent circonflexe :
« Il faut se rendre à l’évidence : ce ne sont pas les qualités fonctionnelles de la langue qui intéressent les Français, mais plutôt ce qui les surprend et ce qui les charme sans servir à rien. De là le succès des concours de dictées où l’invraisemblable accumulation des difficultés fait reculer les limites de l’absurde. » Bonjour, Bernard Pivot !

Voici quelques citations extraites de mon livre, au moins pour vous amuser :

L’orthographe
* L’orthographe est le commencement de la littérature. (SAINTE-BEUVE. THIMONNIER, CODE ORTHOGRAPHIQUE ET GRAMMATICAL)
* Aucune passion au monde n’est égale à celle qui vous saisit quand vous devez corriger les brouillons de quelqu’un. (HERBERT WELLS)
* Une lettre écrite en français, sans fautes, surprend aujourd’hui comme une chose d’autrefois. (JULIEN GREEN. LA BOUTEILLE A LA MER)
* Les majuscules sont des coups de chapeau calligraphiques. (HENRI JEANSON)
* Une belle orthographe est la plus belle parure d’une femme entre deux âges. (VIALATTE. ALMANACH DES QUATRE SAISONS)
* Il est permis de faire des fautes d’orthographe, non d’en inventer de nouvelles. (GEERT VAN BRUAENE)
* Elle écrit apercevoir avec deux p. Même moi, je m’en aperçois. (GUY BEDOS)
* Dis-moi, viril, ça s'écrit avec un ou avec deux testicules ? (LE SCRIBE ACCROUPI A SON COLLEGUE)
* Tu as mis deux p à éplucher, supprimes-en un ! - Lequel ? (ANONYME)

… la critique
* L’orthographe ne fait pas le génie. (STENDHAL. LA CHARTREUSE DE PARME)
* L'orthographe est une science qui consiste à écrire les mots d'après l'œil et non d'après l'oreille. (AMBROSE BIERCE. DICTIONNAIRE DU DIABLE)
* Notre orthographe est un recueil impérieux ou impératif d’erreurs d’étymologie artificiellement fixées par des décisions inexplicables. (PAUL VALÉRY. VARIÉTÉ)
* L’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité. (RAYMOND QUENEAU. BATONS, CHIFFRES ET LETTRES)

… l’accent, le trait d’union
* Rien qu’en sondant ces mots par un beau soir d’été : / Je pèche ou bien je pêche, avez-vous médité / Sur tout l’ennui caché dans l’accent circonflexe ? (VICTOR HUGO. TAS DE PIERRES)
* L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture. (JULES RENARD. JOURNAL)
* C'est quand les accents graves tournent à l'aigu que les sourcils sont en accents circonflexes. (PIERRE DAC)
* Elle parle sans accent, j’écris de même. (GREGOIRE LACROIX. LES EUPHORISMES DE GREGOIRE)
* Pourquoi « trait d’union » ne prend-il pas un trait d’union ? (SYNDICAT DES CORRECTEURS)

La ponctuation
* La parenthèse est l'île du discours. (VICTOR HUGO)
* J’ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d’air, je la fermerai tout de suite. (ALPHONSE ALLAIS. GUITRY, PENSEES, MAXIMES ET ANECDOTES)
* Ouvrez les guillemets, Madame, j'ai à vous parler. (FRANÇOIS VALORBE)
* Le point et virgule dans les manuscrits mérovingiens. (ANONYME. PROPOSITION DE THESE)
* On doit mettre des guillemets seulement quand les mots sont à prendre avec des pincettes. (ANONYME)
* Dans le Midi, putain et couillon, c'est de la ponctuation. (ANONYME)

… la virgule, les points
* Pour moi, la plus belle fille du monde ne vaut pas une virgule mise à sa place. (GUSTAVE FLAUBERT)
* J'ai travaillé toute la matinée à la lecture des épreuves d'un de mes poèmes et j'ai enlevé une virgule. Cet après-midi, je l'ai remise. (OSCAR WILDE. LES PENSEES)
*Un point, c’est tout. Trois points, ce n’est pas tout. (PAUL CLAUDEL)
* Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation. (JEAN COCTEAU)
* On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l'usage qu'il fait du point et virgule. (HENRY DE MONTHERLANT. CARNETS)
* Si les points de suspension pouvaient parler, il en diraient des choses et des choses ! (PIERRE DAC. Y A DU MOU DANS LA CORDE A NŒUDS)
* Le point d'exclamation, mon favori. (SAN-ANTONIO. LES MOTS EN EPINGLE)
* Entre le point d’exclamation de la vie et le point d’interrogation de la mort : tout n’est que ponctuation. (TRISTAN MAYA. COUPS DE GRIFFES)
* Une phrase sans virgule est comme une musique de rock sans batterie. (CLAUDE DUNETON. ENTRETIEN AVEC R. CAUSSE)

ATTENTION, ORIENTALE !
Lorsque, jouant les pythonisses, j’ai prophétisé que, dans cinquante ans, l’invariabilité du participe passé serait tolérée, voire imposée, j’ai précisé qu’il s’agissait du participe passé auxilié avec AVOIR.
Je suis certain que l’accord sera maintenu avec le verbe ETRE, parce que, dans cette situation, le participe passé est vraiment très proche de l’adjectif. L’opuscule précité dit même que, la frontière entre eux étant incertaine, l’invariabilité du participe passé pourrait se répercuter sur l’adjectif ; « on se retrouverait quasiment dans le système anglais, où les deux sont invariables. »
Si l’invariabilité s’installait, nous arriverions à des incertitudes telles que votre énoncé prophétique : « Je me suis senti rassuré. » Comment voulez-vous que le destinataire puisse savoir, sinon de visu, que vous êtes une femme ? Dans l’état actuel, la bonne formule, vous le savez, est : « Je me suis sentie rassurée. » Sentie, parce que ME est un COD antéposé ; rassurée, parce que cet adjectif (bien proche du participe passé) est attribut du COD. Mais allez savoir si, dans cinquante ans, on ne décidera pas, dans un souci de productivité, qu’un des deux signes suffit ; dans ce cas, je ne parierais pas pour « sentie ». Qui vivra rira… ou rira jaune !

Voici une citation de Woody Allen que je viens d’entendre, et qui est allée tout droit dans ma besace :
* La vie m’intéresse parce que c’est là que je vais passer mes prochaines années.

N’oubliez pas l’hommage de France 2 au bien regretté Raymond Devos, ce soir peu avant 21 heures.

Bonne soirée !
Edy
Bonjour,

Edy, excusez-moi d'avoir, par mauvaise déduction, déformé votre prophétie. En fait, puisque vous aviez rappelé la tolérance à l'égard de l'invariabilité de laissé + infinitif, je voulais vous évoquer l'éventuelle tolérance vis-à-vis de l'invariabilité de senti + infinitif. Mais manifestement, j'ai choisi un mauvais exemple.

Cela dit, pensez-vous que dans cinquante ans on devrait encore apprendre à nos élèves à faire la distinction entre "je me suis senti rassurer" et "je me suis sentie vieillir de 10 ans", "elle s'est vu décerner le prix littéraire de France Culture" et "elle s'est vue travailler jour et nuit" ?

Mes hommages à l'humoriste belge !
Dites donc, je suis tombée sur des pointures ! J'ai trouvé votre forum par hasard, au cours de ma quête de vérité, mais je ne m'attendais pas à trouver sur Internet de tels amoureux de la langue française. Merci donc. Mais j'ai un autre exemple à vous soumettre :
"La catastrophe que le tsunami a produite" et la "catastrophe que cela a produit (e)".
Je m'obstine…
Adele
POUR ORIENTALE
A toutes fins utiles ou inutiles, je rappelle la règle de l’accord du participe passé (autre que fait et laissé, dont il déjà été question) SUIVI D’UN INFINITIF.
Le participe s'accorde avec le c.o.d. antéposé lorsque celui-ci se rapporte au verbe conjugué.
Il est invariable lorsque le c.o.d. antéposé est complément de l'infinitif.
* Madame, je vous ai entendue plaider, mais vous vous êtes trompée de client.
* Les soupirs que j'ai entendu pousser dans cet hôtel, je ne te dis pas…
* Les hommes que j'ai vus draguer. (= Ils draguaient.)
* Les hommes que j'ai vu draguer. (= Ils étaient dragués.)
* Ces arbres que j'ai vu planter et que j'ai vus grandir, les uns je les ai vus s'abattre et les autres je les ai vu abattre. (Exemple qui cumule avec bonheur les deux situations.)
* Elle s'est sentie tomber. (C'est elle qui tombe.)
* Elle s'est senti agresser. (C'est elle qu'on agresse.)
Mais invariabilité si l’agent est un datif (forme COI). (Bizarre ! Non ?)
* Je leur ai vu faire des progrès dans l'ignorance.
* Je les ai vus faire…

Je signale à l’usage des Français que l’arrêté Haby du 28 décembre 1976 modifiant l’arrêté du 26 février 1901, tolère que l’accord se fasse ou ne se fasse pas dans l’un et l’autre cas.
* Les musiciens que j’ai entendu / entendus jouer.
* Les airs que j’ai entendu / entendus jouer.

J’ignore ce qu’on fera dans cinquante ans (Vous viendrez me le dire !) de cet usage. Peut-être que les cerveaux ne seront plus en état de comprendre la différence et, par conséquent, l’utilité de la règle. Déjà qu’on tolère… Quant aux ordinateurs…

Hic et nunc (comme disent certains qui connaissent encore le latin), vos exemples sont correctement orthographiés, selon le bon usage.
* Elle s’est senti rassurer. (C’est elle qu’on rassurait.)
* Elle s’est sentie rassurée. (Attribut du COD. Valeur d’accompli.)
* Elle s’est sentie vieillir de dix ans. (C’est elle qui vieillit.)
* Elle s’est vu décerner le prix. (C’est à elle qu’on a décerné le prix.)
* Elle s’est vue travailler… (C’est elle qui travaillait.)

POUR ADELE
De grosses pointures ! Pourvu qu’elles ne soient pas trop souvent à côté de leurs « pompes » !
* La catastrophe que le tsunami a produite. (Correct !)
* La catastrophe que cela a produite.
Ce qui vous conduit à hésiter, c’est sans doute le fait que « cela » est un neutre, donc un masculin, et qu’en plus, je l’ai dit, la phrase n’est pas euphonique (hiatus). Je ne pense pas que vous auriez hésité avec :
* La catastrophe qu’il (le tsunami) a produite.
C’est pourtant la même application de la même règle.
Comme rien n’est simple, je vous donne deux exemples en sens contraire – précisément avec cela – où l’accord n’a pas été fait, en dépit de la règle :
* Mais combien de serrures cela lui a ouvert ! (Julien Gracq)
* Je ne peux pas vous dire l’impression que cela m’a fait. (Maurice Druon)
Grevisse rappelle que la règle de l’accord avec avoir est passablement artificielle, qu’elle est très mal respectée dans la langue parlée et que les manquements à l’écrit restent minoritaires. Mais quand même ! Gracq et Druon ! Inadvertances qui ont échappé aux correcteurs ? Ou volonté délibérée de faire bouger l’usage ? Rendez-vous dans cinquante ans à l’autopsie !

Amicalement,
Edy
J'aimerais connaître la différence entre "Je leur ai vu faire…" et "Je les ai vus faire…" Merci encore de tout éclaircissement.
La question d'Orientale est également la mienne, qui me tarabuste tellement. Je me permets d'insérer un autre exemple, à observer avec celui posté par Orientale :
Je leur ai entendu dire cela / Je l'ai entendu dire cela.

Merci de tout coeur.
Bonjour Orientale et Ipseite,

Pour Entendre quelqu'un dire ou entendre dire à quelqu'un, la grammaire mentionne les points suivants :
Avec entendre suivi d'un infinitif complément, on peut employer indifféremment le ou lui, les ou leur : je l'ai entendue dire (ou : je lui ai entendu dire) qu'elle partait demain ; je les ai souvent entendus citer (ou : je leur ai souvent entendu citer) ce proverbe.
On peut donc en déduire que la langue ne fait pas de différence entre les deux tournures, il me semble simplement que la première est plus usitée.

Pour Voir quelqu'un faire ou voir faire à quelqu'un, ma grammaire reste désespérément muette. J'aurais tendance à leur appliquer le même traitement sachant qu'il s'agit ici d'un autre verbe de perception.
Merci infiniment pour la réponse, modérateur. Je dirais de bon coeur préférer la première, la deuxième me semblant malsonnante. Mais bon, c'est du français !
Bonsoir !

* Le les ai vus faire. Je leur ai vu faire.

Les deux formes ont, d’après moi, la même signification (SEMANTIQUE).
Par contre, elles soulèvent de drôles de problèmes de SYNTAXE, que je vais tenter d’exposer clairement. Peu de grammairiens en parlent.
En pratique, nous parlons d’instinct dans cette matière. Ce qui est intéressant, c’est de nous rendre compte de la complexité de l’usage et de constater que certaines tournures sont peu pratiquées, surtout à l’oral. Encore que, comme disait Devos !

La construction est celle d’un VERBE REGENT (CONJUGUÉ) + INFINITIF,
AVEC SUJETS IDENTIQUES OU DIFFERENTS.
* Je m’entend siffler. (= J’entends moi + Ce moi siffle. Sujets identiques.)
* J’entends le train siffler. (= J’entends le train + Le train siffle. Sujets différents.)

Nous appellerons AGENT le sujet de la proposition infinitive :
à la forme COD, nous l’appellerons ACCUSATIF ; à la forme COI, DATIF ; comme en latin.

Je me limite aux verbes de PERCEPTION (voir, regarder, entendre, écouter, sentir, etc.) pour ne pas vous submerger. Et pour simplifier encore, j’écarte le participe passé.

(A) SUJETS IDENTIQUES
* Je m’entends siffler.
* ? J’entends que je siffle. (Pas fautif mais pas naturel.)

(B) SUJETS DIFFERENTS (PROPOSITION INFINITIVE)

1 L’agent est un nom OU un pronom AUTRE QUE personnel ou relatif.

a) L’infinitif n’a PAS DE COD : accusatif, avec ou sans inversion.
* J’entends le train siffler. * J’entends siffler le train.
* Je vois quelqu’un arriver. * Je vois arriver quelqu’un.

b) L’infinitif a UN COD : accusatif sans inversion ; ou PAR.
* J’entends l’arbitre siffler la fin.
* J’entends siffler la fin par l’arbitre.

2 L’agent est un PRONOM PERSONNEL OU RELATIF

a) L’infinitif n’a PAS DE COD : accusatif, sans inversion.
* Je l’entends siffler.
* Le train que j’entends siffler.

b) L’infinitif a UN COD : accusatif ou datif ou PAR.
* Je l’entends siffler la fin.
* Je lui entends siffler la fin.
* J’entends siffler la fin par lui.
Si le COD est EGALEMENT PRONOM : 2 accusatifs séparés,
* Je l’entends la siffler.
sauf si tous les deux sont antéposés : 1 accusatif +1 datif couplés.
* Je la lui entends siffler.
A l’impératif :
* Regarde-la-lui siffler. * Regarde-le la siffler. (Attention aux tirets !)
Le datif est exclu avec apercevoir, écouter, regarder.
* Je l’aperçois siffler la fin.
* Je l’aperçois la siffler.
Si le verbe régent est pronominal : par ou de.
* Il se sentait envahir par le soulagement d’une fin de match. (Aspect en cours)
* Il se sentait envahi…. (Aspect accompli)

3 INFINITIF PRONOMINAL : accusatif.
* Je vois l’arbitre se protéger.
* Je le vois s’évanouir.

REMARQUES
1 La transformation en relative, en complétive ou en participe présent est possible.
* J’entends l’arbitre qui siffle la fin. * Je l’entends qui siffle la fin.
* J’entends que l’arbitre siffle la fin. * J’entends qu’il siffle la fin.
* J’entends l’arbitre sifflant la fin. * Je l’entends sifflant la fin.

2 Transformation en infinitive : effacement de on et de cela.
* J’entends qu’on siffle la fin. → J’entends siffler la fin.

Je n’ai pas voulu parler des verbes régents : 1 impersonnels, 2 d’opinion ou de sentiment, 3 d’ordre, de volonté, de souhait, 4 laisser 5 faire.
La suite peut-être au prochain « apéro »…
Allez ! tant qu'on a la santé…

Grammaticalement vôtre,
Edy
Edy, vous avez toujours de bonnes réponses. Grand merci de ma part.
Grand dilemne dans ma famille (je suis prof de FLE et je soutien coute que coute que j'ai raison…)

(c'est une fille qui parle)
ça m'a surpris -ou- ça m'a surprise ?

Merci de nous aider…
SURPRISE !

Démonstration :
1 le verbe est auxilié avec avoir,
2 le verbe a un COD (m'),
3 ce COD est antéposé (= placé avant le verbe),
4 donc le PP s'accorde avec le COD,
5 COD représentant une fille (féminin singulier), le PP s'accorde avec ce "référent".

La règle est ce qu'elle est (depuis Marot et Vaugelas) ; elle est sans doute artificielle ; mais elle est tellement implantée dans l'usage qu'elle est devenue contraignante ; et, pour certains, tyrannique et insupportable. A l'oral, il n'est d'ailleurs pas rare qu'on ne l'observe pas, souvent par paresse ou par inattention. Comme je l'ai dit, je parie que, dans cinquante ans, elle sera un archaïsme. En attendant, il vaut mieux s'y conformer, à moins d'être un grand écrivain… (auquel cas des exégètes y verront un début de révolte ou une coquetterie).

C'est sans doute "cela" qui a semé la discorde chez vous. Je pense que personne n'aurait hésité avec : "Votre visite m'a surprise."
Mais : Cela a surpris notre famille. (COD postposé, donc invariabilité.)

Je ne sais pas quelle était votre opinion, mais j'espère avoir résolu ce "dilemme" familial à votre avantage.

Allez, quelle était donc la répartition des voix avant que je mette mon grain de sel, que je jette la pomme de discorde et que j'ouvre la boîte de Pandore ?
SituE ou situEE

Dans cette phrase :
Ou bien l’auteur de la carte ignorait tout du volcan, ou bien il était au courant de son existence et il l’a situE en ce point.

situé s'écrit :
SituE s’il se rapporte à volcan
SituEE s’il se rapporte à existence, est-ce que ce cas est possible ?
S’il vous plaît

Claire1