Dont et l’emploi des pronoms relatifs
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C'est le problème dont auquel je vous cause 😉
"au moment dont je vous parle" ce n'est pas le moment pendant lequel tu es actuellement en conversation ; mais c'est un moment (d'une histoire, de ta journée…) que tu relates à quelqu'un "au moment dont je vous parle c'était ce matin, mon réveil a sonné, j'étais de méchante humeur…"
Au moment où je vous parle, c'est ici et maintenant "au moment où je vous parle j'attends un appel d'une importance capitale" (On pourrait emphaser "au moment même où je vous parle")
Bonsoir, Jérémy !
* Au moment où je vous parle.
1 C'est la forme normale : pronom relatif exprimant une circonstance de temps (ou de lieu).
Trop lourd : Au moment auquel je vous parle.
Littéraire : Au moment que je vous parle. (Que est ici un pronom relatif complément adverbial de temps.)
* Il y a des années où (= pendant lesquelles) l'on n'est pas en train. (Alphonse Allais)
* La première fois où / que j'ai vu une femme nue, j'ai cru que c'était une erreur. (Woody Allen)
* La Tour de Pise penche du côté où elle doit tomber. (Raymond Devos)
* Les baisers sont bons partout où on les trouve. (Henri Jeanson)
2 L'autre, avec DONT, ne serait correcte que dans un énoncé tel que celui-ci :
* Au moment DONT je vous parle, je préfère celui DONT je vous ai parlé hier.
→ Je vous parle d'un moment auquel je préfère…
Cordialement,
Edy
Bonjour, j'aimerais attirer cette fois l'attention sur cette phrase : "je ne me suis pas contenté de capricieuses allégories auxquelles je vous laisse le soin de découvrir"
Le pronom relatif est-il bon dans cette phrase ?
Merci d'avance, cette question m'embarrasse.
Bonsoir, Jérémy !
* Je ne me suis pas contenté de capricieuses allégories auxquelles je vous laisse le soin de découvrir.
Le pronom relatif "auxquelles" n'est pas grammatical : la préposition A qu'il contient ne peut être rattachée à rien.
→ QUE je vous laisse le soin de découvrir.
= Je vous laisse le soin de LES découvrir.
→ auxquelles je vous laisse le soin de faire confiance.
= Je vous laisse le soin d'y (à elles) faire confiance.
Bonjour,
Je viens de tomber sur votre discussion, et après avoir lu tout votre bon savoir, je reste encore pleine de doutes quant à certaines utilisations de "dont", "duquel/de laquelle".
Peut-on dire;
Je parlais hier avec ma maman et lui disais;
"C'est le seul dont je mange"/"C'est le seul duquel je mange".
Les deux propositions sont-elles également correctes/incorrectes ?
Merci !
Tout dépend de la phrase
C'est le seul AUQUEL j'accepte de goûter
C'est le seul QUI ne me rend pas malade
C'est le seul QUE je mange
C'est le seul DONT je me régale
Bonsoir, Lili !
"C'est le seul dont je mange."/"C'est le seul duquel je mange."
Aucune des deux tournures n’est grammaticale : manger est un verbe transitif direct ; son COD se construit donc sans préposition. Or le pronom relatif DONT sous-entend la préposition DE.
→ C’est le seul QUE je mange.
Votre erreur vient peut-être d’une confusion avec l’article partitif :
* Je mange DE la viande / DU (= de le) poulet / DES (=de les pâtes).
Le DE n’est pas une préposition.
En revanche, vous auriez une véritable préposition dans :
* Je parle DE la pluie et DU (= de le) beau temps.
Vous pourriez employer DONT :
→ La pluie et le beau temps DONT je parle.
Revenant à vos tournures, je précise que vous pourriez écrire :
* C’est le seul fruit DONT je mange la peau.
= Je mange la peau du (= DE le) fruit.
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Je reste quand même sur ma faim, si j’ose dire.
* Je mange DE tout.
Je ne mange pas tout, seulement de tout. S’agit-il d’une extension de la notion de « partition » ? S’agit-il de la préposition DE, qui marque l’extraction : une partie tirée du tout ?
* Je vous donne DE mon vin.
Ceci aussi me laisse perplexe.
Il ne me semble pas possible de faire une transformation en DONT, même si, avec certains linguistes, nous considérons qu’il y a là une préposition :
* ° Tout DONT je mange.
* ° Mon vin DONT je vous donne.
Je fais appel à mes collègues. Merci !
Bien bien bien.
La forme grammaticale n'est aucunement contestable et votre démonstration me satisfait tout à fait.
Cependant, mon oreille ne sonne pas si faux avec un "C'est le seul dont/duquel je mange". Mon oreille serait donc défaillante ?
D'éventuelles contre-expertises ?
Merci Edy !
Bonsoir,
Je sais qu'on en avait déjà parlé antérieurement sur ce forum, c'est pourquoi je me permets de revenir brièvement dessus. En effet, je viens de terminer la lecture de "A Rebours" de J.K. Huysmans - assez déroutante par ailleurs - et j'ai rencontré cette expression : "je me rappelle des souvenirs". Je me rappelle justement qu'on avait traité le problème en soulignant qu'on "se souvenait de quelque chose" et que l'on se rappelait quelque chose. Mais peut-on se rappeler des souvenirs ?
Bonjour Jeremy,
Il faudrait le contexte.
En effet des souvenirs pourrait être une expression partitive : quelques-uns des souvenirs.
Si, au contraire, elle est égale à de les, elle serait fautive. Mais je serais étonné que Huysmans se soit livré à une faute aussi grossière.
Pour en revenir au roman, tu as découvert les vertiges de la décadence et la confusion entre artificieux et artificiel. D'ailleurs l'enfermement de des Esseintes est au propre et au figuré étouffant. Mais quel style ! quel sens de la nuance en particulier dans les sensations !
Tiens je n'ai jamais lu "À rebours" qui est pourtant dans ma bibli depuis pas mal d'années ! à vous lire je crois que je vais enfin l'ouvrir 😉
Le des Esseintes de Huysmans est-il le même que celui de Paul Valéry ?
Et pourquoi n'a-t-on plus les balises de style au-dessus des messages ?
Une belle erreur sur le site de la Bibliothèque électronique du Québec !
"C'est l'histoire d'un type que les policiers veulent absolument se débarrasser."
La phrase correcte est bien sûr
C'est l'histoire d'un type dont les policiers veulent absolument se débarrasser.
Bonjour Léah,
Si Valéry doit beaucoup à Huysmans, en particulier à son roman A Rebours. Je n'ai pas souvenir qu'il ait cité directement des Esseintes dans son oeuvre.
C'est Mallarmé qui a écrit la Prose à des Esseintes pour remercier Huysmans de l'avoir cité avec son Hérodiade dans A Rebours.
Je suis d'accord avec la remarque de Jean-Luc sur l'ouvrage qui pourrait paraître bien sibylin pour un lecteur, même averti de la culture ayant attrait au parfum, aux plantes, voire à Gustave Moreau. D'ailleurs, mon passage préféré est lorsqu'il décrit les oeuvres de Moreau : quelle finesse de trait ! J'aime aussi la cruauté et le cynisme du personnage qui veut éduquer un bambin dans le meurtre en le rendant esclave du besoin d'aller voir des prostituées. Sans oublier des passages sur Poe et Villiers de l'Isle-Adam, mon écrivain préféré. Et, il y a cette phrase venimeuse, restée célèbre : "A quoi bon bouger quand on peut voyager si magnifiquement sur une chaise ?" Je compte lire "Là-Bas" du même auteur que je pense préférer de "A Rebours" (tenez : ma phrase est-elle bonne ? "du même auteur dont je pense" ? "Préférer ça d'autre chose" ou "préférer ça à autre chose" ?)
Pour Jean-Luc, je viens de retrouver la phrase, présente au chapitre XIII, en voici l'extrait du passage :
"Les instincts, les sensations, les penchants légués par l'hérédité se réveillent, se déterminent, s'imposent avec une impérieuse assurance. Il se rappelle des souvenirs d'êtres et de choses qu'il n'a pas personnellement connus, et il vient un moment où il s'évade violemment du pénitencier de son siècle et rôde, en toute liberté, dans une autre époque avec laquelle, par une dernière illusion, il lui semble qu'il eût été mieux en accord."
Bonjour Jérémy,
Il se rappelle des souvenirs d'êtres et de choses qu'il n'a pas personnellement connus, et il vient un moment où il s'évade violemment du pénitencier de son siècle et rôde, en toute liberté, dans une autre époque avec laquelle, par une dernière illusion, il lui semble qu'il eût été mieux en accord.
Je pense qu'il s'agit bien ici d'une expression partitive.
"Il se rappelle [quelques-uns] des souvenirs d'êtres et de choses qu'il n'a pas personnellement connus".
En effet, la totalité des réminiscences est psychologiquement impensable.
Merci Jean-Luc ; d'ailleurs, étrangement, cette phrase résume à elle seule la personnalité de Des Esseintes.
Je suis bien d'accord avec toi. Des Esseintes s'identifie à cette fuite devant les aspérités blessantes et les horreurs traumatisantes de son temps.
Merci Jean-Luc ; bien sûr Prose pour des Esseintes est de MAllarmé ; j'ai un peu confonctionné 😉 avec monsieur Teste
Et si Moreau apparaît dans le livre de Huysmans raison de plus pour que je le lise !
Une interessante confrontation des Salome de Moreau
https://aart.free.fr/Moreau.htm
Encore moi !
Dans une entrevue, j'ai entendu cette expression "j'aimerais connaître ce dont à quoi mon frère aurait droit" et plus loin "ce dont à quoi mon frère aurait besoin"… Votre impression ? Personnellement, j'aurais dit "ce à quoi mon frère aurait droit" et "ce dont mon frère aurait besoin"…
Tu as tout juste Jerémy !
mon frère aurait besoin de…
Mon frère aurait droit à…
D'où les relatifs
ce dont il a besoin
ce à quoi il a droit
Par contre
mon frère aurait le droit de…
d'où
ce dont il aurait le droit