Dont et l’emploi des pronoms relatifs

Langue française

563 réponses · Page 18 / 29

Oui, j'ai été étourdi…" du succès de laquelle.", bien sûr…
Pris dans le tourbillon des redondances !
On rencontre parfois l'expression "dont auquel" souvent suivie de "je pense". J'ai toujours eu tendance à considérer cette formule comme un trait d'humour, mais finalement, je me demande si telle est bien l'intention de la personne qui écrit. Je suis presque sûr qu'il s'agit d'une erreur pure et simple. ?
Tout dépend de qui le dit ou l'écrit…
Emploi involontaire ou intentionnel selon les cas.

C'est une erreur par "hypercorrection"… On veut avoir l'air instruit et "causer correctionneusement", comme disait Popeye, en juxtaposant ces deux pronoms. Il semble tout de même qu'on la commette moins.

Mais elle est tellement typique de la prétention au parler cultivé qu'elle a été adoptée par les humoristes de tout poil voulant tourner cette prétention en dérision. Dans les années 60, le dessinateur Gotlib mit en scène Françoise Hardy chantant "C'est à l'amour dont auquel je pense"… Boris Vian, cité par le grammairien Wilmet, fait dire à l'un de ses personnages : "Et celui ou ceux qui ont inventé ce langage dont auquel vous vous en servez si bien, ça serait-y pas des intellectuels ?"
Merci, Jehan, ça me revient, je l'avais vu, entre autres, dans le petit Conservatoire de Mireille chez Gotlib.
Exact, Yéochoua. =)

Le gag où Mireille reproche à une fillette de ne pas articuler quand elle chante "Le Gorille" ("A-ho-ho-î îgne !) et à un autre jeune chanteur de ne pas chanter assez fort… Avant de présenter Françoise Hardy, qui chante donc son "C'est à l'amour dont auquel je pense" d'une voix parfaitement inaudible et sans articuler… et qui reçoit pourtant les félicitations de Mireille, si je me souviens bien !
Je pense que c'est dans la Rubric à brac, sauf erreur, dans le le deuxième volume, mais je ne l'ai plus sous les yeux depuis des années pour vérifier.
Bonjour,

Je suis face à une petite énigme avec un "dont" :

"-Un de ceux dont tu m’as parlé."

Parlé de "un de ceux" (cod) ; à moins que "dont" soit ici Cod… ce dont je doute

"Ceux dont tu m'as parlé" : pourquoi ne pas mettre de "s" ?
MERCI !
Il n'y a aucun COD dans votre phrase, mais deux COI :

J'ai parlé
À TOI
D'EUX

Donc pas d'accord !
Parler de quelqu'un (d'où le dont). Ce n'est donc pas un COD mais un COI, donc pas d'accord.
Décidément, Jérémy, cet accord du participe conjugué avec "avoir" te pose toujours des problèmes… Mais cela devrait finir par rentrer ! =)
Pardonnez-moi je me sens tout rouge… Merci à vous..
Tout rouge ? Mais non, il ne faut pas. 😉
C'est vrai que c'est le point le plus délicat dans l'accord des participes.
Le tout est de bien identifier le COD et de bien le différencier d'un éventuel COI, comme ici. Toujours interroger le sens !
de + que = dont…
…jusque-là, je pense que tout le monde est d'accord. J'ai appris que "dont" contenait "de" et "que", et que c'était pour cette raison qu'on devait correctement dire soit : "c'est de toi que je parlais", soit : "c'est toi dont je parlais".

Or, dans La Vie de Marianne, Marivaux met sous la plume de la narratrice ces mots :

"C'était de Mme de Miran dont je parlais" (p. 229 pour l'édition Folio).

Je n'ai pas remarqué d'autre occurrence de cette structure, et n'ayant pas à disposition les ouvrages propres à mener une recherche, je me demandais (créditant évidemment l'auteur d'une maîtrise plus que satisfaisante de la grammaire…) pourquoi cette phrase est juste, depuis quand elle l'était, et à partir de quand elle devient incorrecte.

Je remercie ceux qui pourront me donner une réponse.
Il me semble que c'est à cause du présentatif et que la phrase :
"C'était Mme de Miran dont je parlais."
n'aurait pas exactement le même sens que :
"C'était de Mme de Miran dont je parlais."
La première insistant sur la présentation de Mme de Miran (dont justement je parlais), qui par exemple arrive à ce moment-là, la deuxième sur Mme de Miran comme objet de la conversation.

Je ne suis pas sûre du tout d'être claire dans mon explication, et je suis tout à fait incertaine de ce que je propose!
On continue à trouver, moins rarement que ne le disent les grammairiens, deux constructions anciennes.H2

La première consiste à rattacher la préposition au relatif, en remplaçant que soit par les pronoms qui (en principe pour des personnes, mais voir § 714), quoi (pour des animaux ou des choses) ou lequel précédés de la préposition, soit par des pronoms (dont, où) incluant en quelque sorte la préposition :
(…) — Ce n’est pas cela DONT j’ai besoin (BERNANOS, Sous le sol. de Satan, Pl., p. 181). (…)

La seconde consiste dans la présence de la préposition à la fois dans le syntagme déplacé et dans les relatifs (dont, où) qui l’incluent.
Cela est surtout fréquent avec dont : C’est DE lui DONT il s’agit (GAUTIER, Mlle de Maupin, IV). — C’est DE dynamomètres DONT le graveur a besoin (BACHELARD, Droit de rêver, p. 72). — C’est toujours DES yeux de Nicolas DONT je me souviens (DURAS, Vie tranquille, F°, p. 137).A2
Quand l’élément mis en relief est un syntagme prépositionnel, on trouve dès l’anc. fr. le tour où la préposition est intégrée au relatif et le tour c’est + syntagme prépositionnel + que : voir H1. Mais on a eu aussi des constructions hybrides dans lesquelles la préposition était intégrée à la fois au relatif et au syntagme mis en relief : C’est A vous A qui je vendi / Six aulnes de drap (Pathelin, 1265), à côté de C’est A vous QUE j’ay a faire (ib., 1479). — Chez les classiques, on observe les trois possibilités :
C’est A vous QUE je parle, ma Sœur (MOL., F. sav., II, 7). — C’est DE vous QUE mes vers attendent tout leur prix (LA F., F., VII, Dédic.).
Ce n’est pas vous, c’est l’Idole / À QUI cet honneur se rend, / Et que la gloire en est deuë (ib., V, 14). [Pour la relative coordonnée, il n’y a pas du tout de préposition.] — C’est vostre illustre Mere A QUI je veux parler (RAC., Ath., III, 2). — Ce sont elles DONT ils font le plus de trafic (VOLT., Lettres phil., XI). — De tous les pays, c’etoit la Suisse OU il revenoit sans cesse [en paroles] (BERN. DE SAINT-P., Vie et ouvr. de J.-J. Rouss., p. 117).
C’est A vous, mon Esprit, A QUI je veux parler (BOIL., Sat., IX). — C’est A la Cour OU l’on en use le moins (VAUGELAS, p. 65). — +Ce n’est pas D’un saint DONT un dévot sait dire du bien (LA BR., XII, 8). — +C’était A son épouse chérie et outrée A QUI il avait affaire (S.-SIMON, Pl., t. III, p. 134).
Au XVIIIe s., les grammairiens condamnaient seulement le pléonasme.
(Grevisse)
Merci ! =)
Bonsoir!

J'aimerais élucider un mystère…
Dit-on " tout ce que j'ai besoin" ou " tout ce dont j'ai besoin" ? Je lis parfois " tout ce que vous avez besoin", c'est mieux de dire " tout ce dont vous avez besoin", non ?
PS : pardon si ce mystère a déjà été résolu !
Merci 🙂
Bonsoir.

que a une fonction de COD.
dont remplace un complément introduit par de.

Or, "avoir besoin" ici n'a pas de COD, mais seulement un COI :
on a besoin de cela.
Donc : "Tout ce dont j'ai besoin" est seul correct… s'il n'y a pas d'autre complément.

Mais dans "Tout ce que vous avez besoin de savoir", par exemple, le est COD de l'infinitif qui suit ("savoir") et non de "avoir besoin" : on a besoin de savoir tout cela.
Oh, alors ça me conforte dans mon idée ! D'un coup j'ai eu un doute parce que la phrase "tout ce que vous avez besoin", je l'ai lue dans le portail de l'enseignement des lettres…
Oui, mais relis bien la fin de mon message : "tout ce que vous avez besoin…" existe aussi. Tout dépend de la phrase entière.