Bonjour, je suis en seconde et j’ai un commentaire composé à rendre sur un texte de Victor Hugo, les Misérables. L’axe est donné, je dois montrer comment l’auteur transforme la marche en forêt en une entrée dans un monde terrifiant.
Tout d’abord, voici l’extrait :
a) La description minutieuse du cadre spatio-temporel
b) L’emploi de figures de style
Voici mon commentaire composé :
Tout d’abord, l’auteur donne au texte sa tonalité en utilisant les champs lexicaux de la forêt : "bois" ; "branchages" ; "buissons" et de la peur : "épouvante" ; "horrible" ; "peur". On trouve donc dans ce texte des marques du romantisme, comme la nature. Victor Hugo décrit avec une précision remarquable le cadre spatio-temporel en qualifiant chaque élément qui le compose : "hautes herbes" ; "buissons chétifs". Ainsi, le lecteur se croit projeté dans la forêt et se surprend à trembler, tout comme Cosette.
Premiérement, c’est donc l’espace romanesque qui participe à la transformation de la marche en forêt en une entrée dans un monde terrifiant. En effet, l’ "épaisse couche de brume" diminue la visibilité. De ce fait, Cosette ne voit pas où elle met les pieds. Elle pénètre dans un endroit qu’elle ne distingue pas, ce qui, par conséquent, l’effraie : "qui lui faisait peur". L’expression des sentiments (ici, de Colette), est caractéristique des romantiques. Avec la phrase "quand l’oeil voit noir, l’esprit voit trouble", l’auteur veut montrer que l’espace (ici, l’obscurité et la brume) influe sur le psychisme. Cette formule relève de la philosophie, qui est un des thèmes principaux des Misérables.
La forêt évoque la mort, par ses couleurs notamment, qui rappellent le sang : "rougeur horrible" ; "lugubrement empourprée". D’autre part, avec la phrase "cette pénétration des ténèbres est inexprimablement sinistre dans un enfant", Hugo compare les bois aux ténèbres qui symbolisent le néant et la mort.
Ensuite, c’est le temps romanesque qui accentue l’impression de frayeur. En effet, la scène se déroule la nuit : "le contraire du jour" qui est une période associée au danger. Le noir peut cacher des pièges, des risques réels ou alimenter le fantasme et la peur.
S’ajoutant à cette description minutieuse du cadre spatio-temporel, Victor Hugo enrichit son texte de figures de styles et nous emporte avec lui dans cette terrifiante ballade en forêt.
Tout d’abord, il se sert de personnifications qui donne l’illusion que les éléments naturels sont vivants : "le tragique masque de l’ombre semblait se pencher vaguement sur cet enfant" ; "des buissons chétifs et difformes sifflaient dans les clairières". On a l’impression que l’auteur décrit le paysage du point de vue de Cosette. En effet, elle n’a que 8 ans et un enfant de cet âge fait souvent preuve de naïveté. Comme nous l’avons montré précédemment, la nuit alimente le fantasme. Ainsi, Cosette s’imagine que les éléments de la forêt qui l’entourent sont animés et qu’ils peuvent lui faire du mal : "les ronces se tordaient comme de longs bras armés de griffes cherchant à prendre des proies". D’ailleurs, Hugo explique lui-même qu’un enfant éprouve plus de peur qu’un adulte dans l’obscurité avec la phrase : "cette pénétration des ténèbres est inexprimablement sinistre dans un enfant".
De plus, l’auteur a recourt à des comparaisons qui ont pour but de créer des images fortes et illustrer ses idées de façon plus précise. Grâce à la comparaison "les hautes herbes fourmillaient sous la bise comme des anguilles", on visualise le mouvement ondulatoire des herbes. L’auteur met les mots en images pour mieux se faire comprendre et toucher le lecteur. En effet, grâce aux comparaisons, on s’imagine plus aisément l’ambiance qui règne dans la forêt. La comparaison : "vastes nuages noirs qui étaient comme des pans de fumée" nous laisse imaginer une atmosphère terrifiante où l’obscurité prédomine.
Victor Hugo use également d’une comparaison : "on eût dit une plaie lumineuse" et d’une périphrase : "le contraire du jour" dans une volonté de poésie ce qui montre bien son appartenance au romantisme.
Je voulais savoir si je ne m’éloignais pas du sujet, si mon commentaire composé était correct et si un troisième sous point était possible car je n’en trouve pas. Je souhaitais également que vous m’expliquiez la différence entre temps et espace romanesque. J’ai l’impression de ne pas avoir cerné la nuance. Les conditions météorologiques appartiennent à l’espace ou au temps romanesque ? Je vous demande un peu de votre temps pour me répondre 🙂, merci d’avance !
Tout d’abord, voici l’extrait :
(Cosette, âgée de huit ans, a été envoyée de nuit remplir un seau d’eau à une source située en plein bois, loin de toute habitation.)J’ai trouvé deux sous points :
Au-dessus de sa tête, le ciel était couvert de vastes nuages noirs qui étaient comme des pans de fumée. Le tragique masque de l’ombre semblait se pencher vaguement sur cet enfant.
Jupiter se couchait dans les profondeurs. L’enfant regardait d’un œil égaré cette grosse étoile qu’elle ne connaissait pas et qui lui faisait peur. La planète, en effet, était en ce moment très près de l’horizon et traversait une épaisse couche de brume qui lui donnait une rougeur horrible. La brume, lugubrement empourprée, élargissait l’astre. On eût dit une plaie lumineuse.
Un vent froid soufflait de la plaine. Le bois était ténébreux, sans aucun froissement de feuilles, sans aucune de ces vagues et fraîches lueurs de l’été. De grands branchages s’y dressaient affreusement. Des buissons chétifs et difformes sifflaient dans les clairières. Les hautes herbes fourmillaient sous la bise comme des anguilles. Les ronces se tordaient comme de longs bras armés de griffes cherchant à prendre des proies. Quelques bruyères sèches, chassées par le vent, passaient rapidement et avaient l’air de s’enfuir avec épouvante devant quelque chose qui arrivait. De tous les côtés il y avait des étendues lugubres.
L’obscurité est vertigineuse. Il faut à l’homme de la clarté. Quiconque s’enfonce dans le contraire du jour se sent le cœur serré. Quand l’œil voit noir, l’esprit voit trouble. Dans l’éclipse, dans la nuit, dans l’opacité fuligineuse, il y a de l’anxiété, même pour les plus forts. Nul ne marche seul la nuit dans la forêt sans tremblement. Ombres et arbres, deux épaisseurs redoutables. Une réalité chimérique apparaît dans la profondeur indistincte. L’inconcevable s’ébauche à quelques pas de vous avec une netteté spectrale. On voit flotter, dans l’espace ou dans son propre cerveau, on ne sait quoi de vague et d’insaisissable comme les rêves des fleurs endormies. Il y a des attitudes farouches sur l’horizon. On aspire les effluves du grand vide noir. On a peur et envie de regarder derrière soi. Les cavités de la nuit, les choses devenues hagardes, des profils taciturnes qui se dissipent quand on avance, des échevellements obscurs, des touffes irritées, des flaques livides, le lugubre reflété dans le funèbre, l’immensité sépulcrale du silence, les êtres inconnus possibles, des penchements de branches mystérieux, d’effrayants torses d’arbres, de longues poignées d’herbes frémissantes, on est sans défense contre tout cela. Pas de hardiesse qui ne tressaille et qui ne sente le voisinage de l’angoisse. On éprouve quelque chose de hideux comme si l’âme s’amalgamait à l’ombre. Cette pénétration des ténèbres est inexprimablement sinistre dans un enfant.
a) La description minutieuse du cadre spatio-temporel
b) L’emploi de figures de style
Voici mon commentaire composé :
Tout d’abord, l’auteur donne au texte sa tonalité en utilisant les champs lexicaux de la forêt : "bois" ; "branchages" ; "buissons" et de la peur : "épouvante" ; "horrible" ; "peur". On trouve donc dans ce texte des marques du romantisme, comme la nature. Victor Hugo décrit avec une précision remarquable le cadre spatio-temporel en qualifiant chaque élément qui le compose : "hautes herbes" ; "buissons chétifs". Ainsi, le lecteur se croit projeté dans la forêt et se surprend à trembler, tout comme Cosette.
Premiérement, c’est donc l’espace romanesque qui participe à la transformation de la marche en forêt en une entrée dans un monde terrifiant. En effet, l’ "épaisse couche de brume" diminue la visibilité. De ce fait, Cosette ne voit pas où elle met les pieds. Elle pénètre dans un endroit qu’elle ne distingue pas, ce qui, par conséquent, l’effraie : "qui lui faisait peur". L’expression des sentiments (ici, de Colette), est caractéristique des romantiques. Avec la phrase "quand l’oeil voit noir, l’esprit voit trouble", l’auteur veut montrer que l’espace (ici, l’obscurité et la brume) influe sur le psychisme. Cette formule relève de la philosophie, qui est un des thèmes principaux des Misérables.
La forêt évoque la mort, par ses couleurs notamment, qui rappellent le sang : "rougeur horrible" ; "lugubrement empourprée". D’autre part, avec la phrase "cette pénétration des ténèbres est inexprimablement sinistre dans un enfant", Hugo compare les bois aux ténèbres qui symbolisent le néant et la mort.
Ensuite, c’est le temps romanesque qui accentue l’impression de frayeur. En effet, la scène se déroule la nuit : "le contraire du jour" qui est une période associée au danger. Le noir peut cacher des pièges, des risques réels ou alimenter le fantasme et la peur.
S’ajoutant à cette description minutieuse du cadre spatio-temporel, Victor Hugo enrichit son texte de figures de styles et nous emporte avec lui dans cette terrifiante ballade en forêt.
Tout d’abord, il se sert de personnifications qui donne l’illusion que les éléments naturels sont vivants : "le tragique masque de l’ombre semblait se pencher vaguement sur cet enfant" ; "des buissons chétifs et difformes sifflaient dans les clairières". On a l’impression que l’auteur décrit le paysage du point de vue de Cosette. En effet, elle n’a que 8 ans et un enfant de cet âge fait souvent preuve de naïveté. Comme nous l’avons montré précédemment, la nuit alimente le fantasme. Ainsi, Cosette s’imagine que les éléments de la forêt qui l’entourent sont animés et qu’ils peuvent lui faire du mal : "les ronces se tordaient comme de longs bras armés de griffes cherchant à prendre des proies". D’ailleurs, Hugo explique lui-même qu’un enfant éprouve plus de peur qu’un adulte dans l’obscurité avec la phrase : "cette pénétration des ténèbres est inexprimablement sinistre dans un enfant".
De plus, l’auteur a recourt à des comparaisons qui ont pour but de créer des images fortes et illustrer ses idées de façon plus précise. Grâce à la comparaison "les hautes herbes fourmillaient sous la bise comme des anguilles", on visualise le mouvement ondulatoire des herbes. L’auteur met les mots en images pour mieux se faire comprendre et toucher le lecteur. En effet, grâce aux comparaisons, on s’imagine plus aisément l’ambiance qui règne dans la forêt. La comparaison : "vastes nuages noirs qui étaient comme des pans de fumée" nous laisse imaginer une atmosphère terrifiante où l’obscurité prédomine.
Victor Hugo use également d’une comparaison : "on eût dit une plaie lumineuse" et d’une périphrase : "le contraire du jour" dans une volonté de poésie ce qui montre bien son appartenance au romantisme.
Je voulais savoir si je ne m’éloignais pas du sujet, si mon commentaire composé était correct et si un troisième sous point était possible car je n’en trouve pas. Je souhaitais également que vous m’expliquiez la différence entre temps et espace romanesque. J’ai l’impression de ne pas avoir cerné la nuance. Les conditions météorologiques appartiennent à l’espace ou au temps romanesque ? Je vous demande un peu de votre temps pour me répondre 🙂, merci d’avance !



