Après que / avant que
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Oui, c'est la bonne explication.
Mais n'oublions pas qu' après que peut évoquer lui aussi un évènement futur.
Dans certains cas, le subjonctif n'est donc pas illogique et peut exprimer une nuance.
Il implique une plus grande part d'incertitude que le futur.
Tu le lui diras après qu'il sera rentré. (Je suis sûr qu'il rentrera)
Tu le lui diras après qu'il soit rentré. (Mais j'ai des doutes sur sa venue, qui n'est qu'éventuelle).
Bonjour, je viens tout juste de m'inscrire. j'aurais besoin d'une confirmation.
Est-il correct grammaticalement de dire:
Avant que l'hiver ne vienne
Avant que mon coeur ait trop froid
Reviens-moi
merci
Slylamy
Bonsoir.
Oui, c'est correct.
On pourrait rajouter un autre n' explétif à la deucième ligne, mais rien d'obligatoire :
Avant que mon cœur n'ait trop froid
Il y a même des grammairiens qui vouent ce "ne" explétif aux gémonies.
Il semble que ce soit un "latinisme" distingué, non ?
Oui, surtout quand ce "ne" explétif était employé à bon escient.
La règle, rarement suivie aujourd'hui, était la suivante :
[lien invalide]338895books.png][lien invalide]/338895books.png[/img][/url]
cf. pour plus de détails
Girault-Duvivier
Mais certains grammairiens comme Noël & Chapsal rejetaient cet usage. D'autres le trouvaient au contraire élégant, comme
Martin :
[lien invalide]633181books1.png][lien invalide]/633181books1.png[/img][/url]
Il va de soi que dans les exemples donnés plus haut, si l'on appliquait cette belle règle, il fallait dire :
Avant que l'hiver vienne, car il ne fait pas de doute qu'il viendra.
et qu'on pouvait préférer
Avant que mon cœur n'ait trop froid.
Il semble qu'aujourd'hui, ceux qui font une différence emploient plutôt le "ne" explétif quand celui qui s'exprime craint l'événement futur et ne l'emploie pas quand cet événement est espéré. Mais dans la plupart des cas, ces distinctions sont bien floues.
Mais la "règle" pourrait bien être que ce ne explétif s'emploie volontiers lorsque l'on craint un fait (même certain) et qu'on ne voudrait pas qu'il se produise. On craint l'arrivée de l'hiver tout autant que le refroidissement du cœur qui va en résulter :
Avant que l'hiver ne vienne
Avant que mon cœur n'ait trop froid
Oui, c'est bien ce que je disais dans les trois dernières lignes de mon message. La règle (au demeurant loin d'être universelle) a changé aujourd’hui par rapport à hier.
Mais n'était-ce pas en fait déjà la vraie "règle" en latin ?
Auquel cas elle n'aurait rien de nouveau.
Je mets "règle" entre guillemets car elle n'a rien d'impératif.
L'emploi de ce ne est fortement lié à la subjectivité du locuteur, semble-t-il.
En fait, le latinisme explique mieux des expressions comme "je crains qu'il ne vienne" (timeo ne veniat) où la règle n'a pas changé.
Pour "avant que", je ne crois pas qu'à notre époque d'ignorance généralisée du latin, ce soit l'influence de latin qui nous fasse utiliser le "ne" explétif de cette manière, alors que l'usage classique pendant deux bons siècles avait été différent.
Il n'est pas impossible en revanche qu'on en vienne à cet usage sous l'influence des autres usages du "ne" explétif, notamment avec les verbes de crainte.
Je vous remercie pour vos précieux conseils et de vos exemples et références judicieux.
Puisqu'il s'agit ici du passage d'une chanson que je m'apprête à enregistrer très bientôt, je tenais à m'assurer de la qualité grammaticale. Comme sur ce forum, certains correcteurs me suggèraient différentes possibilités. Cependant, la sonorité est aussi très importante pour moi, puisque c'est chanté. Si j'ai toujours le choix, je préfère sans le (n') explétif devant (ait trop froid), comme je vous l'ai présenté au départ(c'était aussi ma première inspiration d'écriture).
Avant que l'hiver ne vienne
Avant que mon coeur ait trop froid
J'ai essayé les deux approches en studio, et je trouve cela tellement plus harmonieux, et moins lourd, sans ce (n').
Et puisque cette chansons sera mémorisée sur un CD, la question est de savoir pour moi si ce choix esthétique à travers les différentes règles me sera reproché. Est-il accepté de tous que le «ne» explétif est bien facultatif et non obligatoire?
merci,
Slylamy
Puisqu'il est facultatif, personne ne songera à te faire de reproches.
Le principal, c'est la fluidité de tes vers…
Absolument d'accord !
Et vous n'avez rien contre le fait qu'il l'utilise dans une phrase et pas dans la suivante ? :/
Mais non, dès lors qu'il se règle sur l'euphonie !
Oui, tu as raison. Et puis, n'oublions pas l'exemple de Quand on (n')a que l'amour. 😉
Merci beaucoup pour cette confirmation!
Slylamy
Mithridate a écrit :Oui, tu as raison. Et puis, n'oublions pas l'exemple de Quand on (n')a que l'amour. 😉
dans ce cas précis c'est aussi un "ne" explétif ?
"lorsque tu as que l'amour" est moins beau que " lorsque tu n'as que l'amour " !
merci !
Non, ce n'est pas un "ne" explétif, mais un "ne" obligatoire, du moins à l'écrit, qui fait partie de l'ensemble négatif "ne … que", comme le "ne" ordinaire fait partie de "ne … pas".
Il est évident qu'à l'oral ou dans l'écrit cherchant à reproduire l'oral, le "ne" a tendance à ne pas être utilisé.
J'aime que lui.
J'aime pas ma sœur.
Cette suppression du "ne" est considérée comme fautive dans la grammaire normative, et n'a donc rien à voir avec la suppression du "ne" explétif, qui est au contraire regardée comme normale.
merci, je me disais aussi que c'était vraiment moche !
et dans ce cas-ci :
" sans qu'il soit là " ou " sans qu'il ne soit là " ?
PS : "de sorte" introduit un subjonctif ou un indicatif ?