La Fontaine, Le lion et le rat

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, je travaille actuellement sur la Fable Le lion et le rat et je me pose des questions par rapport à l'interprétation du texte. Je propose celles-ci: _ dénonciation du mauvais traitement de l'homme sur l'animal, plus puissant uniquement grâce aux armes
_ dénonce le fait que le roi est puissant par sa force et sa rage, mais si le peuple est soudé alors ensemble, ils deviendront plus fort.
Qu'en pensez-vous? Avez-vous d'autres interprétations à proposer?
Quelle est la structure du récit? La focalisation? Aidez-moi s'il vous plaît! Merci
Le Lion et le Rat

Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux Fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
(l'autre Fable est : La Colombe et la Fourmi)
bonjour a tous, mon oral blanc de français approche et j'ai quelques difficulté à réaliser une fiche sur ce texte de La fontaine: le lion et le rat.

voici les quelques éléments que j'ai sur le texte:
-le roi des animaux(le lion) face a l'animale le plus vil (le rat)
-la magnanimité du lion
-l'inconscience du rat
-deux vague de caractérisation: implicite qui viennent moduler l'impression conventionnel
-fable a caractère politique
-paradoxe: renversement des positions ordinaires
-relation féodale: la fontaine vassal du roi

Bonjour je suis sur un devoir mais une question me pose probleme la voici: retrouve t on les 3 mouvements de Paul Ricoeur dans cette fable ?

c’est la fable du lion et du rat, je n’ai jamais travaillé sur Ricoeur mais en regardant sur internet , j’ai pris connaissance de ces 3 mouvements et pour moi la réponse est non .

Pouvez-vous me le confirmer ? merci

Bonjour.

Avant d’autres réponses…

Les trois mouvements de Paul Ricœur :

Ricœur distingue trois mouvements, trois étapes : « La stratégie en tant que fomentée par l’auteur et dirigée vers le lecteur », « l’inscription de cette stratégie dans la configuration littéraire » et « la réponse du lecteur considéré lui-même soit comme sujet-lisant, soit comme public récepteur »

Le texte de la fable :

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde.

On a souvent besoin d’un plus petit que soi.

De cette vérité deux fables feront foi,

Tant la chose en preuves abonde.

Entre les pattes d’un lion

Un rat sortit de terre assez à l’étourdie.

Le roi des animaux, en cette occasion,

Montra ce qu’il était et lui donna la vie .

Ce bienfait ne fut pas perdu.

Quelqu’un aurait-il jamais cru

Qu’un lion d’un rat eût affaire ?

Cependant il avint qu’au sortir des forêts

Ce lion fut pris dans des rets,

Dont ses rugissements ne le purent défaire.

Sire rat accourut, et fit tant par ses dents

Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.

Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage.

Bonjour,

Il faut se livrer à un réel effort pour comprendre les propos de Ricoeur. Ce questionnement me semble dépasser les compétences de lycéens.

Je replace ce que j’ai trouvé sur internet et qui développe l’apport de Jehan.

Ricoeur distingue trois mouvements, trois étapes : « La stratégie en tant que fomentée par l’auteur et dirigée vers le lecteur », « l’inscription de cette stratégie dans la configuration littéraire » et « la réponse du lecteur considéré lui-même soit comme sujet-lisant, soit comme public récepteur » (231). La première étape de ce parcours s’apparente à la rhétorique, et constitue donc une analyse des intentions non de l’auteur réel (ce qui reviendrait à pratiquer une critique « à la Sainte-Beuve »), mais bien de l’auteur impliqué (ce dernier étant vu comme celui qui « prend l’initiative de l’épreuve de force qui sous-tend le rapport de l’écriture à la lecture. » (233) La seconde étape se penche davantage sur l’étude des rapports entre le texte et le lecteur. La troisième et dernière étape analyse la façon dont le lecteur configure les éléments du récit, tout en tâchant de déceler les conditions d’une « bonne lecture » et d’une « bonne distance » par rapport à l’oeuvre. Ricoeur affirme qu’au final, « le moment où la littérature atteint son efficience la plus haute est peut-être celui où elle met le lecteur dans la situation de recevoir une solution pour laquelle il doit lui-même trouver des questions appropriées, celles qui constituent le problème esthétique et moral posé par l’œuvre. » À partir de là, est-on tenté d’ajouter, le lecteur peut contribuer à refigurer l’expérience proposée par le texte, et, du même coup, à clore le processus mimétique propre au récit de fiction.

Je crois qu’on trouve les trois mouvements dans cette fable :

1 - « La stratégie en tant que fomentée par l’auteur et dirigée vers le lecteur », la fable commence par une recommandation pratique, un style de comportement en société,

2 - « l’inscription de cette stratégie dans la configuration littéraire », ici La Fontaine utilise un récit symbolique propre à l’apologue, c’est la forme stratégique à laquelle il recourt pour donner sa leçon,

3 - « la réponse du lecteur considéré lui-même soit comme sujet-lisant, soit comme public récepteur » l’application de cette étape à la fable est plus critique. Nous pouvons remarquer une morale finale non incluse dans le postulat de départ. Ici c’est le fabuliste, et non le lecteur dont il a pris la place, qui "refigure l’expérience proposée par le texte". L’échange de services indispensable à la vie sociale débouche sur une leçon de modération.