Réflexion sur la beauté d’un personnage de roman

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Coucou les p'ti loups! 😜
J'ai à faire une dissertation qui propose une réflexion sur la beauté d'un personnage.

C'est un peu cafouillis dans ma tête mais j'ai quelques idées. :/

Déjà, voici le sujet ► :
Quand, à propos d’un personnage de roman, on emploie l’expression « C’est un beau personnage !» parle-t-on seulement de la beauté physique ou morale de ce personnage ? Que veut-on dire ?


Je me suis proposée cette problématique: qu’est ce qui fait réellement la beauté d’un personnage de roman? 😜

J'ai du mal à trouver un plan ordonné et précis. J'ai les idées..mais elles se bousculent.
Je pense d'abord présenter la beauté du personnage sur le plan physique et moral, et ensuite ouvrir, sur une perspective plus générale telle que l'analyse psychologique, sociologique…

Voici mes quelques idées… ► :
Le romancier donne au personnage une identité qu'il souhaite rendre crédible et significative. La description est ici un moyen privilégié de caractérisation explicite : le point de vue omniscient permet de dévoiler le passé du personnage, de révéler ses pensées, en somme d'organiser un portrait détaillé
- sur le plan physique : le personnage est solidement campé dans un corps avec ses traits caractéristiques, choisis pour le pittoresque mais aussi en fonction de détails particuliers susceptibles de suggérer des traits psychologiques;
- sur le plan moral : le romancier s'attache à l'expression des sentiments, s'intéresse à leurs manifestations extérieures (larmes, sourires, gestes significatifs). Le caractère du personnage peut le situer en individu particulier, voire le signaler comme un héros d'exception; il peut au contraire faire de lui un simple exemplaire d'une espèce sociale.
(site: https://www.site-magister.com/grouptxt4.htm)
Le terme de personnage désigne chacune des personnes fictives d'une œuvre littéraire. Le roman, en devenant au XIX° siècle le genre dominant, a redéfini ce concept apparu à la Renaissance et qu'on réservait au théâtre : c'est à travers l'écriture romanesque en effet que peut le mieux se dissiper une confusion encore entretenue dans le public entre la réalité et la fiction, et que le cinéma a contribué à fortifier. Car le personnage est un création concertée par le romancier, dans la logique de l'univers qu'il fait naître et du regard qu'il est décidé à porter sur le monde.
(site: https://www.site-magister.com/grouptxt4.htm)

Le personnage résulte d’une stylisation de nombreux traits observés, d’une condensation opérée sur des modèles différents, d’une pluralité de possibles que le romancier pousse jusqu’au bout. Ce « type » cristallise l’intérêt du lecteur. Le personnage acquiert souvent la profondeur et l’universalité du mythe. Certains personnages deviennent des archétypes.

L’intérêt d’un personnage de roman ne se limite pas au récit de son existence personnelle. Les particularités de sa vie sont souvent élaborées dans une perspective plus générale. L’analyse psychologique ouvre sur l’analyse sociologique ; son histoire individuelle prend place dans l’histoire collective.

Je compte étoffer encore ce premier travail et y ajouter des exemples déjà présents dans ma p'tite tête! 🙂

Donc, voila! Vous avez vu tout ce que j'ai fait… 😜
Alors, avec un joli sourire 🙂, je voudrais savoir ce que vous en pensez et si vous pouvez me faire part de d'autres idées. ça m'aiderait beaucoup.!! 🙂

Merci! Bisous! 😀
Oui les idées sont bonnes; Je dirais qu'un beau personnage résiste au temps, et interesse toutes les générations de lecteurs (tu as abordé cet aspect avec personnage devenu archétype, mais il y a d'autres choses à en dire)
BEAU (Merci, Petit Robert) : qui fait découvrir une émotion esthétique.
Qui fait naître un sentiment de satisfaction, admiration.
PERSONNAGE : Chacune des personnes qui figure dans une pièce théâtrale (ou poème ou roman) et qui doit être incarnée par un acteur.

Est-ce qu'il y a des canons de beauté pour un personnage comme on peut trouver pour, par exemple, les statues de la Grèce ancienne?

La beauté est dans le regard de l'observateur. Tous les lecteurs ne vont pas trouver les mêmes personnages des romans "beaux".

Les personnages vivent et perdurent car ils font appel à beaucoup de lecteurs. Est-ce toujours une émotion ou un sentiment qui est évoqué, ou est-ce que l'admiration ou satisfaction peut être cérébrale?
Bonsoir Mydy,

Il me semble que beau dans cette expression signifie "qui est remarquable par sa grandeur, son importance : C'est un beau salaud ! par ex."

Cette formule signifie donc l'intérêt du personnage, son aspect original, le fait qu'il a marqué notre mémoire jusqu'à devenir une référence, un type.

Tu peux envisager que certains personnages, véritables contre-héros, comme le Vautrin de Balzac qui appartiennent au versant noir de l'humanité peuvent être parés de ce qualificatif.

Irais-tu jusqu'à l'attribuer à des personnages insignifiants comme le Salavin de Duhamel ou Le Meursault de Camus ?
De ce point de vue, les exemples sont multiples : Néron dans Britannicus est un beau personnage, le héros de La mort est mon métier, Platonov dans la pièce de Tchekhov, etc, etc.

Pour ma part, je ferai la même lecture du sujet que Jean-Luc.

Quelque chose du type :
1. Beauté physique et morale
2. Y-a-t-il de beux personnages laids et immoraux > oui, ça tient à leur composition, à leur finesse, à leur profondeur, à leur richesse pour le critique
3. La "beauté" d'un personnage tient donc davantage à sa valeur de type > qui devient un type, qui acquiert le statut de personnage mythique

Ce qui permettrait d'ouvrir en conclusion sur la poésie : on pourrait faire de la belle poésie avec ce qui est laid et immoral (je pense à "Charogne", dans Les Fleurs du mal).
Effectivement, Jean-Luc nous donne une autre définition de "beau".

Avec Emma Bovary, cependant j'ai une difficulté. Il me semble que par toutes les définitions, son personnage n'est pas "beau". Est-ce que cela pose un problème par rapport à ce théme?
Emma ? mais c'est un des plus beaux personnages de notre littérature !
Tout à fait d'accord avec Léah : c'est un "beau" personnage, parce qu'elle est magnifiquement composée, parce qu'elle offre une profondeur de champ exceptionnelle. Bien qu'elle soit plutôt médiocre d'un point de vue psychologique, j'en conviens : disons qu'elle est un peu… limitée (reste à savoir pourquoi !).
Limitée ? oui, il serait bon de dire en quoi ?
C'est la province qui la limite… dans un milieu favorable, Emma aurait été une grande dame, elle aurait fait des choses extraordinaires. Sa condition de femme, et de femme de médecin de campagne dans une ville mesquine et dans un milieu catholique étriqué, a empêché son essor. Les femmes ont plus souffert encore que les hommes de l'éducation chrétienne. Son exaltation est comparable,quelque part, à celle d'une autre victime de son milieu étouffant : la Catherine de Wutherings Heights. Une autre, Florence Nightingale, véridique héroïne, a su rompre avec sa caste pour aller vers un noble destin, que son cadre rigide l'empêchait de suivre (elle est partie en rompant avec sa famille)
Mais combien ont écrit leurs frustrations dans les points comptés de leurs niaises broderies ?
Je suis de ton avis Léah : et ton analyse appronfondit encore ce que peut être un "beau" personnage…
Mais justemment, Léah: elle manque de grandeur, d'inportance.
La définition de Jean-Luc ne s'applique donc pas.

On parle grandeur (beauté) du personnage, non pas de sa composition, Florent.
Emma ne manque pas du tout d'importance ! on en parle encore aujourd'hui, c'est un type d'héroïne particulièrement réussi
Elle correspond à ce que propose Jean-Luc comme déf (définition d 'ailleurs discutable, et je ne crois pas que Jean-Luc en fasse quelque chose de fini)
Cette formule signifie donc l'intérêt du personnage, son aspect original, le fait qu'il a marqué notre mémoire jusqu'à devenir une référence, un type.
Emma est devenue une telle réf qu'on a créé le verbe “bovaryser” grâce à elle !

(À mes yeux Meursault est un “beau” personnage, parce qu'il est le prototype du héros sur qui tombe l'absurdité et son acceptation.)
Si on se limite à l'aspect physique, Quasimodo est un personnage magnifique, transcendé par son amour…
Bonsoir,

Je rejoins également Léah pour dire qu'Emma est un des plus beaux personnages de notre littérature.

Pourquoi ? à cause de sa profondeur humaine.

Léah se reconnaît dans Emma par solidarité féminine. Elle voit dans Emma une "belle" victime. De fait, Madame Bovary est une victime idéale. D'abord prise au piège de son mariage avec le falot et très limité "officier de santé" (et non médecin de campagne) Charles Bovary dont le nom évoque immanquablement les bovidés, elle ne pèse pas lourd devant les lâchetés de ses amants, les manoeuvres des marchands, la surdité spirituelle du curé Bournisien… Le papillon ne pouvait que se brûler aux flammes de ses tentations. Emma est la victime idéale d'une société provinciale étouffante et étriquée.

Il faudrait aller plus loin pour définir la "beauté" du personnage parce que la part masculine de l'humanité peut se reconnaître aussi en Emma. Gustave Flaubert n'a pas hésité à écrire dans sa correpondance : "Emma, c'est moi". Emma est une victime de son idéalisme comme Flaubert. Emma est une victime de ses rêves, de ses lectures, de son désir d'évasion à tout prix. Emma a, comme son créateur, une âme d'artiste. Elle peut toucher les hommes au-delà de leur mauvaise conscience machiste (n'est-ce pas Léah ?) parce qu'elle incarne un désir d'absolu, une insatisfaction fondamentale qui se coule avec ridicule parfois dans un sentimentalisme sirupeux. Il est vrai que Flaubert essaie de guérir par l'ironie ses propres pulsions romantiques destructrices. Flaubert fait d'abord de son héroïne une victime de la lecture. C'est au couvent, sous le manteau, qu'Emma absorbe son premier poison bien avant l'arsenic. Comme nous tous, elle voudrait que la réalité soit repeinte aux couleurs de ses rêves. Emma est une adolescente éternelle, un être de pur désir qui n'accepte pas de renoncer, de se plier à la dictature du principe de réalité. Emma, c'est en nous cette part de folie qui ne veut pas se laisser domestiquer par l'âge adulte.
Votre plaidoyer est magnifique, Jean-Luc 🙂
Bien sûr, dans un personnage qui devient universel, l'homme se reconnaît tout autant que la femme. et réciproquement.
Vous applaudissez à la fois le style de Flaubert, qui a su construire cette monstrosité névrotique, jamais contente et toujours frustrée, et le personnage monstre qu'il a créé.

Ne serait-il pas permis de détester ce dernier, tout en admirant le premier?
Détester le personnage me mène à ne pas le trouver beau;
d'ailleurs, je reviens à mon idée que c'est l'observateur qui détermine cette beauté: J-L ne trouve pas évident que Mersault soit un beau personnage et Léah n'y a aucune difficulté.

Construire "l'atroce" pour moi n'est pas construire le beau.
SourceBarthes Si Flaubert arrive jusqu'à la psychose avec Bouvard et Pécuchet, toute sa souffrance du style, de la phrase, est, elle, parfaitement névrotique.
Roland Barthes - Flaubert, acceptant l'héritage classique, s'est placé dans la perspective d'un travail du style, qui était la règle de l'écrivain depuis Horace et Quintilien : l'écrivain est quelqu'un qui travaille son langage, qui travaille sa forme. Flaubert a poussé ce travail de manière démentielle. On en a mille exemples : quand il raconte qu'il mettait huit heures pour corriger cinq pages, que Madame Bovary, c'était toute une semaine pour quatre pages, qu'il avait passé un lundi et un mardi entiers à rechercher deux lignes, etc. Ce travail de la forme ressortit à la catégorie de « l'atroce ». L'atroce représente un sacrifice total, et obstiné, de celui qui écrit : Flaubert s'est enfermé à Croisset à l'âge de vingt cinq ans. Et cet enfermément est symbolisé, emblématisé par ce meuble indispensable de son cabinet, le lit, où il allait se jeter quand il n'avait pas d'idée : ce qu'il appelait la marinade.
L'écho de ma pensée:
Source pas très littéraire 😉 -https://macfly0014.cowblog.fr/madame-bovary-fichtre-diantre-quelle-merde-2421520.html

Elle vit par procuration, au travers de magazines de mode, de lectures bidons, et fait venir quantité de conneries inutiles pour satisfaire à sa superficialité. Elle qui a vécu à la cambrousse, elle rêve de la ville, des lumières des réverbères, des soirées huppées, etc. Le tout sans comprendre qu'elle pourrait très bien être heureuse si elle voulait bien s'essuyer la merde qu'elle se tartine sur les yeux toute la journée, cloîtrée chez elle, dans son monde. Mais elle est bien trop futile et capricieuse pour cela.
Nihilisme culturel SourceEmma-malaises (opinion médicale)
Elle est insupportable. 😞

{Quasimodo, je trouve nonobstant magnifique aussi. 🙂 La beauté d'un personnage n'a rien à voir avec sa beauté physique, mais bcp à voir avec les émotions et sentiments que le personnage - pas sa construction - évoque en nous.}
Bonjour JSC,

Ce n'est pas parce que je pose la question pour Meursault que je ne répondrais pas affirmativement.

Au fond de moi, je n'ai pas voulu influencer Midy, mais je pense que Meursault est un "beau" personnage dans son insignifiance, sa malchance et son incompréhension. Il incarne comme Emma un aspect fondamental de la condition humaine : notre désarroi devant l'obscurité de notre destinée, devant notre solitude désespérante…

Enfin, quant à Emma, je reconnais qu'elle peut être exaspérante pour des adultes raisonnables. Mais dans sa futilité, ses caprices, son sentimentalisme maladif, elle reste un "beau" personnage comme Peter Pan qui avait refusé de grandir. Emma continue à parler à notre âme d'enfant, si nous ne l'avons pas complètement perdue…
….=)
Je m'introduis entre deux petites voix, pour vous dire un grand merci à tous …
Vous m'avez bien aidé..du moins j'ai pu cerner les idées! Et ça, ça aide, croyez-moi!
J'me sens un peu moins pommée!
Merci à tous!
Bonjour, jean-Luc. J'adore te lire.
Jean-Luc a écrit :un aspect fondamental de la condition humaine : notre désarroi devant l'obscurité de notre destinée, devant notre solitude désespérante…
Hm. N'ayant ni Spleen ni psychanalyse dans ma culture, je trouve difficile à accepter cette condition humaine-là.
Enfin, quant à Emma, je reconnais qu'elle peut être exaspérante pour des adultes raisonnables.
J'ai toujours admiré ta sagacité et tes connaissance…je ne soupçonnais pas ton don de me faire rire. 😀 Merci, Jean-Luc.
Mais dans sa futilité, ses caprices, son sentimentalisme maladif, elle reste un "beau" personnage comme Peter Pan qui avait refusé de grandir. Emma continue à parler à notre âme d'enfant, si nous ne l'avons pas complètement perdue…
Je devrais relire le livre, car je n'ai jamais vu un côté enfantin chez Emma. Il est vrai qu'en France, les parents gardent aussi longtemps que possible leurs enfants 'liés au tablier'. Je connais bien des jeunes hommes et femmes de 25 ans qui n'ont pas échappé à leur enfance/dépendance. Cependant, la plupart de sociétés dites primitives connaissent la valeur de devenir adulte, plus indépendant, plus autonome, tout en gardant un rôle et une place dans la tribu.

Peter Pan n'est pas un personnage très terre-à-terre (il lui arrive de voler, n'est-ce pas). Dans les écrits de J.M Barrie, Peter Pan est défini à plusieurs reprises comme "joyeux, innocent et sans cœur" : totalement égocentrique. À la fin de l'histoire, il finit par oublier ses anciens amis et les anciennes aventures qu'il a vécues sont perpétuellement remplacées par de nouvelles.
Les romans montrent que PP n'est pas quelqu'un d'humain : dans l'histoire il est incapable d'amour, de compassion ou de quelque sentiment profond que ce soit. Il reste éternellement bloqué dans le factice, ne faisant aucune différence entre le jeu et la réalité.

De plus, l'œuvre ne nous montre pas uniquement un gentil garçon rêveur . Au contraire, c'est un garçon qui s'obstine pleinement à ne pas vieillir ni se souvenir . Wendy le sait très bien : "Et Wendy devait en être consciente, sinon pourquoi lui aurait-elle adressé un au revoir si plaintif ?"). Peter est aussi cruel sans s'en rendre compte.

Du moins, je n'attache pas à ce personnage plutôt attachant (puisqu'il me fait rêver) les épithètes que l'on applique à cœur joie (!) à Emma B.

Il me serait toutefois très intéressant de vous entendre (avec Léah) au sujet de ne pas confondre le personnage avec l'habilité de sa construction.
Bonsoir JSC,

Tu as raison sur un point : la comparaison d'Emma avec Peter Pan était osée. Peter Pan est un enfant, Emma est une adolescente attardée, mais les deux démarches relèvent de la même difficulté à quitter le rêve pour la réalité.

Quant à savoir si Emma a raison de rester fixée sur son adolescence, ce n'était pas mon propos. Je tenais simplement à faire remarquer que ce personnage peut réveiller en nous cette nostalgie d'une époque magique. En tous cas Flaubert a eu besoin de se soigner longtemps pour arriver à se couper de ses rêves de jeunesse.

J'espère que ces propos ne réveilleront pas chez toi une crise d'hilarité.
Bonsoir, Jean-Luc.
Ni hilarité (et surtout pas de crise) ni nostalgie…je ne suis pas passéïste.

Intrigué cependant par un Flaubert (1821-1880) qui se fait soigner…..Veux-tu en élaborer? (La Suisse sous ordre de son médecin presque 20 ans après Madame B.)

Tjrs pas de réponse à mon interrogation personnage/sa fabrication.

Un personnage odieux, peut-il être beau?
Je vois bien qu'un personnage érigé en grandeur peut être grand et qu'un personnage fabriqué en importance peut être important…..