Un leader -> celui-là ou celle-là

Langue française

37 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

En lisant le figaro, je suis tombé sur des propos d'une femme politique française :

«Si je sens (…) que (…) pour faire lever une nouvelle génération a besoin d'un LEADER, si je sens que je peux être CELLE-là, (…)»

L'accord est-il bon? y' aurait-il confusion entre ELLE (une femme) et LEADER (subt masc)?

Puisque, c'est d'un leader qu'elle peut être, pourquoi, elle ne dit pas CELLE-là? (c'est une histoire de féminisation?)

Merci à tous
Elle a bien dit “celle-là” nan ?
Le mot n'ayant pas de féminin, car il vient de l'anglais où il est le même indistinctement au masc et au fém (en anglais on peut dire “Hilary Clinton is a leader”), on peut considérer que ce mot est du genre neutre. Donc, elle peut l'accorder au féminin. Ce n'est qu'avec de telles pratiques qu'on fera que le masculin, enfin, ne l'emportera plus sur le féminin 😂
Bonjour Hamid,
Vous avez écrit :
Puisque, c'est d'un leader qu'elle peut être, pourquoi, elle ne dit pas CELLE-là? (c'est une histoire de féminisation?)
vous vouliez sans doute écrire :
Puisque c'est un leader qu'elle peut être, pourquoi elle ne dit pas CELUI-là ?

Si c'est le cas, je suis d'accord avec vous.

D' autres exemples :
(c'est une femme qui parle à un homme) :
- S'il faut qu'un orage passe sur ta vie, je veux bien être celui-là !

(c'est une homme qui parle à une femme):
- S'il faut une victime dans cette histoire, je serai celle-ci !
LEADER, subst. masc.
A. ? Porte-parole ou chef d'un parti politique. Leader conservateur, libéral, travailliste. Il y a une différence entre l'attitude du très honorable gentleman comme leader de l'opposition et comme ministre de la Couronne (Maurois, Disraëli, 1927, p. 171). Le leader socialiste, après avoir longuement parlé de la politique européenne, faisait un tableau de la France bourgeoise (Duhamel, Combat ombres, 1939, p. 271) :
1. … par d'incessants échanges de vues, les grands leaders européens de l'Internationale, convoqués d'urgence, cette semaine, à la maison du peuple de Bruxelles, préparaient activement la réunion de leur bureau…
Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 328.
Source : leader
Muriel
Merci à vous, Léah et Muriel, de m'avoir répondu.


Effectivement, Muriel en réécrivant les mots en majuscules, j'ai écrit "celle" au lieu de "celui". Ta réponse m'a entièrement convaincu

Merci

Mais avant de partir, j’ai une toute petite question concernant un de tes exemples :

Vous avez écrit :
-S'il faut une victime dans cette histoire, je serai celle-ci !
n’aurait-Il pas fallu écrire ? ("celle-là" au lieu de "celui-ci")
- S'il faut une victime dans cette histoire, je serai celle-LÀ !

En espérant, encore, trouver réponse chez vous.

merci par avance

Hamid
Avec le passage du temps (je suis en France depuis 25 ans), je remarque de plus en plus de ce genre de confusion,par exemple
Madame le Ministre (car elle appuie sa fonction) ou
Madame la Ministre (car elle se souhaite femme à 100%).

Ministre n'a pas une version féminine, non plus.


Drôlement, un policier n'appelera jamais sa Commissaire "Cheftaine"! 🙄
La cheftaine c'est pour les scouts !
Hamid,
Vous avez écrit :
-S'il faut une victime dans cette histoire, je serai celle-ci !
n’aurait-Il pas fallu écrire ? ("celle-là" au lieu de "celui-ci")
- S'il faut une victime dans cette histoire, je serai celle-LÀ !
Je me suis posé la même question ! J'ai corrigé au moins trois fois "là / ci" avant d'envoyer le message !

Ce que j'ai écrit est finalement un choix de ma part. Pourquoi ? Je n'en sais rien, c'est assez subjectif…

Toutefois, j'ai l'impression que le "ci" a une plus forte connotation de "désignation" que le "là".

Je vous conseille de vous "abonner" à la discussion car quelqu'un aura peut-être l'explication, vous en serez ainsi averti(e).

Édit : Il existe une discussion à ce propos mais je ne suis pas certaine que le cas soit le même, ici : Celui-ci ou celui-là ?

Muriel
j'y suis abonné

Je vais essayer d'aller chercher la réponse avec mes dents (une expression à la mode en ce moment) ce week-end dans les bouquins de grammaire.
En espérant que lundi j'aurai une explication à fournir.

Merci encore une fois pour vos réponses et vos conseils

Hamid


P.S : désolé, d'avoir abusé avec l'italique, le gras et le vert. c'est juste histoire de tester la mise en forme.
J'ajoute que le mot est passé dans la lnague française avec un sexe, parce que notre langue fonctionne ainsi, mais qu'à l'origine leader mot anglais est indiffèrement mâle ou femelle 😂
Seuls les bateaux et les chats (plus les rousses, of course 😉) sont au féminin
la langue française avec un sexe
JSC ; tu tronques ma phrase alors c'est orienté 😜
Sur les fiches d'état-civil et tout document officiel où l'on a à répondre H ou F la case à cocher est bel et bien sexe ! je n'y peux rien 😜
parce que notre langue fonctionne ainsi,
!!!!!!!!!!!!!!

Si jamais je vois "sexe" sur un formulaire j'écris "oui, SVP."

On ne dit pas genre plutôt que sexe pour un mot?
Bonsoir Hamid et Muriel,

L'usage pour l'emploi de ci ou là après celle est le suivant :

Là, particule démonstrative, désigne ce qui est le plus éloigné, par opposition à ci, qui désigne ce qui est le plus proche.

Là désigne également ce dont il vient d'être question, par opposition à ci, qui annonce ce qui va suivre.

En l'absence d'opposition, on emploie plutôt là que ci.

L'énoncé "S'il faut une victime dans cette histoire, je serai celle-ci !" ne saurait convenir car "celle-ci" reprend "victime" et donc il faudrait employer "celle-là".

Pensons au célèbre vers d'Hugo
"Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là"
Bonsoir !

Etant donné que, dans les démonstratifs, les formes en -ci sont devenues minoritaires, du moins en l'absence d'opposition (-ci et -là), je me rallierais volontiers à :
* S'il faut UNE victime dans cette histoire, je serai CELLE-LÀ !
(Quel que soit le sexe de la victime.)

Comme dans :
* Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là. (VICTOR HUGO. LES CHÂTIMENTS)

Parenthèse
A la question "sexe", un soldat tout à fait niais aurait répondu : "Brun".
Une histoire belge, qui nous a bien fait rire en 1947 à l'armée. Mais, à cet âge-là, de quoi ne rit-on pas ?
Bonjour!

Jean-Luc et Edy, je vous remercie pour vos précisions.
Personnellement, j'ai toujours été partisan de distinguer la fonction, , de celui ou celle qui l'occupe: par définition, une fonction n'a pas de sexe, que je sache!
Aussi préféré-je Madame le Professeur à Madame la Professeure, voire Madame le Président à Madame la Présidente.
Mais ce n'est qu'un choix personnel et qui n'a rien à voir avec l'officialité de la grammaire…
Cette fois, je suis d'accord avec toi, lebeau. 🙂
Il est remps de féminiser la langue.

1 les mots empruntés à des langues qui connaissent le genre neutre … car on n'a pas de neutre en français .. ou bien masc serait-il neutre ? ça ne fonctionne pas ça.

Leader est neutre, pas de genre fem ni masc. Donc une femme leader, c'est une leader. Si on dit un leader, cela implique qu'on n'intègre pas le mot dans la langue, et qu'on le stigmatise comme mot étranger. ça peut marcher pour des mots plus rarement employés, mais pas pour celui-ci.
Lorsque ce mot sera devenu français, dans quelques dizaines d'années, on dira leaderesse.

2 les mots que le français ne possède qu'en version masculine alors qu'ils décrivent des rôles qui peuvent être joués par des femmes ou des objets de genre féminin.
On ne peut pas continuer à dire Madame le ministre, Madame le procureur .. et pourquoi pas Madame le directeur ..
NON ! La langue sert à penser et à échanger de idées, à faire avancer la société. Continuer à tricher sur les femmes, c'est périmé ! Et cela bloque le mouvement vers la fin de l'oppression, vers une société enfin mixte, véritablement.

Alors, je n'accepte pas non plus les faux féminins tels que : Madame la procureure .. Hypocrisie !

Terminaison masculine : eur, teur
au féminin : euse, trice
Bonsoir !
Je pense qu’il est utile faire quelques mises au point.

1 INTERFÉRENCE ENTRE LE GENRE ET LE SEXE
La langue française ne connaît, dans la forme, que le GENRE : le masculin et le féminin.
Pour les HUMAINS et les ANIMAUX, ce genre dépend généralement du SEXE : le garçon, la fille ; le tigre, la tigresse.
Mais pas nécessairement : certains mots (que l’on appelle ÉPICÈNES, du mot grec signifiant « commun ») :
a- désignent aussi bien le mâle que la femelle de l’espèce (LE rat ; LA souris) ;
b- désignent aussi les mots dont la forme ne varie pas selon le genre (adjectif HABILE, pronom TU, nom substantif ENFANT).

2 LA LANGUE FRANÇAISE NE CONNAÎT PAS LE GENRE NEUTRE POUR LES NOMS.
Le terme neutre ne s’emploie plus pour qualifier certains VERBES : les verbes intransitifs chez Littré ; on l’utilise encore pour qualifier les verbes (neutres ou symétriques) qui passent de la voix active à la voix passive sans modification morphologique :
* Le soleil jaunit le papier. → Le papier jaunit AU soleil.

On ne parle vraiment de neutre que pour CERTAINS PRONOMS : cela, tout, rien. (Outre le comparatif de mauvais, PIS, forme neutre de pire.)
L’accord se fait au MASCULIN, qui est le genre INDIFFÉRENCIÉ.
* Tout est FINI. * Si elle est intelligente, elle LE restera.
Ces pronoms n’ont PAS DE PLURIEL.

3 À PROPOS DES NOMS :
a- dans la classe des ANIMÉS (humains et animaux) :
- les uns ont une forme féminine plus ou moins régulière (berger / bergère, héros / héroïne),
- les autres ont un nom différent (père, mère),
- d’autres sont épicènes (un ou une artiste, un ou une touriste),
- la relation avec le sexe n’est pas constante (un mannequin, une sentinelle) ; on se souviendra aussi que certains noms épicènes s’appliquent aux hommes et aux femmes (UN individu, UNE personne, UNE canaille) et que d’autres noms ne s’appliquent qu’aux hommes (UN garnement) ou aux femmes (UNE ballerine).

b- dans la classe des NON ANIMÉS, le genre est aléatoire : à l’inverse d’autres langues, soleil est masculin et lune est féminin.

4 LEADER
Ce mot d’origine anglaise est un nom ÉPICÈNE : originairement masculin, il a maintenant un emploi féminin : LA leader de l’opposition. (Petit Robert 2007)
Il est intégré à la langue française depuis 1839. Mais, lors de ses premiers emplois, c’était un « xénisme » (du grec : étranger).

5 FÉMINISATION
Sont d’un usage courant : Madame LA Ministre, Madame LA DIRECTRICE.
ÉCRIVAINE (féminin attesté par le Petit Robert) se généralise.
La féminisation des noms de PROFESSIONS n’est que justice. Encore faut-il la faire dans l’ordre. Certains féminisations exigeront probablement une autre solution, car la place est déjà occupée : une cafetière, une marine, une médecine.
Quant à LEADER, les paris sont ouverts.
SPEAKER-SPEAKERINE (qu'est-ce que j'ai ri en entendant ce mot pour la première fois).
LEADER-LEADERINE