Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, vers 372 à 408 - J’ai vu le reître noir foudroyer au travers…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Salut !
On doit faire un commentaire littéraire sur le poème d'Aubigné, les misères des vers 372-408.
J'ai fait deux axes de lecture : un sur l'horreur de la guerre et un deuxième sur la critique des guerres.
Mais j'ai un problème pour la conclusion ou plutôt pour l'ouverture. Qu'est-ce que vous me proposez ? merci
PS : j'ai pensé faire une ouverture sur un auteur qui critique lui aussi ces guerres mais que ça soit sous un autre genre littéraire mais j'ai rien trouvé.
Merci pour votre aide.
🙂
J’ai vu le reître noir foudroyer au travers
Les masures de France, et comme une tempête,
Emporter ce qu’il peut, ravager tout le reste ;
Cet amas affamé nous fit à Montmoreau
Voir la nouvelle horreur d’un spectacle nouveau.
Nous vînmes sur leurs pas, une troupe lassée
Que la terre portait, de nos pas harassée.
Là de mille maisons on ne trouva que feux,
Que charognes, que morts ou visages affreux.
La faim va devant moi, force est que je la suive.
J’ouïs d’un gosier mourant une voix demi-vive :
Le cri me sert de guide, et fait voir à l’instant
D’un homme demi-mort le chef se débattant,
Qui sur le seuil d’un huis dissipait sa cervelle.
Ce demi-vif la mort à son secours appelle
De sa mourante voix, cet esprit demi-mort
Disait en son patois (langue de Périgord) :
« Si vous êtes Français, Français, je vous adjure,
Donnez secours de mort, c’est l’aide la plus sûre
Que j’espère de vous, le moyen de guérir ;
Faites-moi d’un bon coup et promptement mourir.
Les reîtres m’ont tué par faute de viande,
Ne pouvant ni fournir ni ouïr leur demande ;
D’un coup de coutelas l’un d’eux m’a emporté
Ce bras que vous voyez près du lit à côté ;
J’ai au travers du corps deux balles de pistole. »
Il suivit, en coupant d’un grand vent sa parole :
« C’est peu de cas encor et de pitié de nous ;
Ma femme en quelque lieu grosse est morte de coups.
Il y a quatre jours qu’ayant été en fuite
Chassés à minuit, sans qu’il nous fût licite
De sauver nos enfants liés en leurs berceaux,
Leurs cris nous appelaient, et entre ces bourreaux
Pensant les secourir nous perdîmes la vie.
Hélas ! si vous avez encore quelque envie
De voir plus de malheur, vous verrez là-dedans
Le massacre piteux de nos petits enfants. »
PS: j'ai pensé faire une ouverture sur un auteur qui critique lui aussi ces guerres mais dans un autre genre littéraire mais j'ai rien trouvé
C'est une bonne idée.
Tu peux piocher du côté de Céline avec son Voyage au bout de la nuit. Son roman s'ouvre sur une scène de guerre qui s'apparente à une véritable boucherie.

J'ai pensé aussi à Candide de Voltaire, mais la scène de guerre est traitée de manières très ironique qui ne "collerait" pas avec le passage des Tragiques.
reebonjourr!
Mercii beaucoup c'est une très belle ouverture! et ca va m'inciter à le lire 😀