J'ai mis moins de trois heures à lire Les Combustibles, aujourd'hui. Contrairement à ce que m'a dit une amie, je l'ai trouvée plutôt bonne. Mais alors, les didascalies… perdent toute fonction indicative par endroit. Nothomb aurait au moins pu répartir sa pièce en scènes et actes, il y avait de quoi, et soigner jusqu'au bout la langue. Ce n'est pour autant pas faute de s'être essayée au théâtre. La pièce est d'une noirceur que j'ai rarement lue : ironie, cynisme, pessimisme à certains degrés, instinct de survie. On retrouve également dans le personnage de Marina la perversité de la femme mais différemment, dans une position normalement de soumission, celle de l'étudiante. Malgré les grandes dimensions de la pièce comme les suggère la présence de la bibliothèque du professeur, les personnages, excepté Daniel, ne tombent pas dans la folie à cause d'une éventuelle étroitesse spatiale mais de la réduction au fil du temps de la grandeur intellectuelle et la facilité de mourir en temps de guerre.
Rapide, réfléchie, intéressante pièce mais ne restera pas longtemps dans les mémoires : l'action ne retentit pas.
Rapide, réfléchie, intéressante pièce mais ne restera pas longtemps dans les mémoires : l'action ne retentit pas.