Colette, Sido - Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous,
J'ai besoin d'un peu d'aide pour un commentaire composé sur cet extrait :
"Car j'aimais tant l'aube, déjà, que ma mère me l'accordait en récompense. J'obtenais qu'elle m'éveillât à trois heures et demis, et je m'en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraise, les cassis et les groseilles barbues.
À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d'abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J'allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C'est sur ce chemin, c'est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d'un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…
Ma mère me laissait partir, après m'avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son oeuvre, - « chef-d'oeuvre », disait-elle. J'étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d'accord… Je l'étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu'à mon retour, et de ma supériorité d'enfant éveillé sur les autres enfants endormis.
Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d'avoir mangé mon soûl, pas avant d'avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l'eau de deux sources perdues, que je révérais. L'une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L'autre source, presque invisible, froissait l'herbe comme un serpent, s'étalait secrète au centre d'un pré où des narcisses, fleuris en ronde, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe… Rien qu'à parler d'elles je souhaite que leur saveur m'emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j'emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire…»
J'ai un petit peu de mal à dégager des axes que je pourrais mettre en évidence pour le commentaire.
Mais j'ai déjà un peu trouvé le plan… Le voici :

I- Evocation d'un souvenir d'enfance.

II- Le regarde que porte la narratrice sur ce souvenir.

III- Le regard de l'enfant.

Je pourrais aussi dire qu'elle a une relation privilégiée avec la nature d'où le champ lexical de la nature. Elle mèle aussi l'évocation du souvenir avec la perception qu'elle en a au moment de l'écriture. C'est un texte du registre lyrique… etc. Je ne sais pas du tout comment je pourrais exploiter toutes ces idées ni même si mon "plan" est bon ou pas. Je n'ai pas encore de sous-partie car je ne sais tout simplement pas ce que je pourrais mettre.
Oui, j'avoue ce texte ne m'inspire pas du tout. :/

Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider ?! Ce serait gentil… 🙂
Bonsoir Anny,

Quelques éclairages un peu différents :

Sido est un récit de Colette, publié en 1930 (sous le titre complet Sido ou les Points cardinaux). Il est dédié à l’évocation de l’enfance bourguignonne et à la célébration du personnage de Sidonie Landoy, la mère de Colette.
Ce récit appartient au genre autobiographique et pose l'intéressante question de l'utilisation des souvenirs à des fins littéraires car la Sido décrite par Colette n'est pas tout à fait la mère de l'auteur. Colette idéalise Sidonie jusqu’à en faire une déesse qui règne sur les saisons et la demeure familiale, une initiatrice aux mystères de la nature. En fait, en transfigurant ses souvenirs d'enfance, Colette fait oeuvre de romancière et crée un personnage au point que le critique Claude Pichois relève le paradoxe d'une Colette devenue « mère de Sido ».

Ce texte est l'occasion de découvrir les sortilèges sensoriels de Colette.

Tes axes de lecture pourraient être :
- une enfant différente et sensuelle
- une mère aimante
- la communion avec la nature

Conclusion : Une enfant révélée à elle-même par l'amour de sa mère et le contact avec la nature.
Coucou,

Merci beaucoup pour ces indications. J'ai quand même essayé de me débrouiller pour trouver mon plan… Je ne suis pas très sûre de moi mais bon plus trop la tête de travailler en ce moment. De toute façon c'est pour demain… mais merci encore.

Bonne soirèe 🙂