Bonjour,
Je vous écris pour obtenir de l'aide concernant la rédaction de réponses aux questions posés sur l'œuvre de Balzac,
Le père Goriot.
Je propose de poster les questions et d'inclure mes réponses, de façon à ce que vous pourrez m'aider à les étoffer, voir de les modifier complètement !
Je vous préviens, c'est assez long, donc ceux qui s'armeront de patience auront toute ma gratitude !
Séance 4 (descrip de la maison Vauquer):
Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu'il faudrait appeler l'odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d'une salle où l'on a dîné ; elle pue le service, l'office, l'hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l'on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu'y jettent les atmosphères catarrhales et sui generisde chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh bien, malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l'être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd'hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d'assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placée une boîte à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s'y rencontre de ces meubles indestructibles proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l'appétit, toutes encadrées en bois noir verni à filets dorés ; un cartelen écaille incrustée de cuivre ; un poêle vert, des quinquets d'Argand où la poussière se combine avec l'huile, une longue table couverte en toile cirée assez grasse pour qu'un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l'intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. Le carreau rouge est plein de vallées produites par le frottement ou par les mises en couleur. Enfin là règne la misère sans poésie ; une misère économe, concentrée, râpée. Si elle n'a pas de fange encore, elle a des taches ; si elle n'a ni trous ni haillons, elle va tomber en pourriture.
1)Quel est le point de vue adopté dans cette descript ? Comment s'y manifeste le narrateur ? (l'histoire du point de vue a déjà été abordée mais je souhaite juste m'assurer du bien-fondé de ma réponse…)
Le point de vue adopté est le point de vue interne. Ce point de vue se manifeste par les caractérisations subjectives de la pension grâce à l'emploi de termes péjoratifs et de commentaires personnels de l'auteur. La première phrase en est tout à fait représentative : "Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu'il faudrait appeler l'odeur de pension". Le verbe "exhaler" rend compte de l'odeur nauséabonde de la pièce, renforcé par l'impossibilité de décrire une odeur aussi horrible, et par l'alternative suggérée par l'auteur qui propose de lui inventer un nom en rapport avec le lieu d'où provient cete odeur. Cet aspect n"agtif de la pension est renforcé par l'usage de rythmes ternaires pour la décrire : " elle sent le renfermé , le moisi, le rance", "enfin, là règne la misère sans poésie ; une misère économe, concentrée, râpée", "elle pue le service, l'office, l'hospice"(+ rime), d'accumulations : "Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies (binaire), des ronds de moiré métallique, des piles d'assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus", et d'un oxymore :"les plates horreurs". De plus, l'auteur s'adresse au lecteur à la deuxième personne du pluriel, il le vouvoie (marque de respect) : " vous y verrez un baromètre à capucin", d'où sa subjectivité et sa présence.
2) Relevez et commentez deux champs lexicaux particulièrement significatifs.
Ce sont les champs lexicaux de l'odeur et de la décrépitude. Le premier se manifeste à travers les expresions : " exhale", " une odeur sans nom", " elle pue", "nauséabonde", "atmosphères catarrhales", "parfumé", et l'autre par les expressions : "le moisi", "jadis", "ternies", "indestructibles"(c'est un peu l'inverse, mais bon ça rentre dans le champ lexical, non ?), "poussière", "vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé".
Ces champs lexicaux insistent sur l'aspect de la pension, avilie par l'âge et par les exhalaisons nauséabondes qui s'en dégagent. Ils veulent dévaloriser la pension dans ce qu'elle a de plus repoussant et d'incroyable. Ils mettent en quelque sorte en relation la décrépitude et l'odeur, où cette vieillesse serait à l'origine de toutes les accumulations de crasses expliquant l'odeur "exécrable" présente.
3) Quelle image de la pension est donnée au travers de ctte description ? A quoi tient le réalisme de celle-ci ?
L'image de cette pension est bien sûr dévalorisante, de par son odeur exécrable, sa décrépitude. Mais cette image est réaliste puisque se multiplient les détails qui permettent de décrire la pension. Des détails spatiaux d'abord, comme "cette salle entièrement boisée", "elle est plaquée de buffets gluants", " fabriquées à Tournai", ensuite temporels : " cette salle[…] fut jadis peinte", " aujourd'hui". Des d"tails sensitifs abondent que ce soit la vue " vous y verriez un baromètre à capucin", le toucher " assez grasse pour qu'un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style", et surtout l'odorat " exhale uène odeur", " elle sent le renfermé", "humide au nez"(peut-être le toucher également). Bizarrement, aucune parole at aucun bruit n'est à dénoter, comme pour personnifier une pension qui meut progressivement dans le silence.
4) Dégagez la dimension symbolique de cette page.
Cette page met bien en avant le symbole du réalisme de Balzac qui fait de la pension Vauquer le symbole de ses occupants. On sait que cet ameublement et tout l'environnement des personnages va révéler leur psychologie et la justifier.
5) Pourquoi peut-on dire que la misère y devient poétique ?
Je ne sais pas !
Séance 5 (disc de Vautrin)
Le baron de Rastignac veut-il être avocat ? Oh ! joli. Il faut pâtir pendant dix ans, dépenser mille francs par mois, avoir une bibliothèque, un cabinet, aller dans le monde, baiser la robe d'un avoué pour avoir des causes, balayer le palais avec sa langue. Si ce métier vous menait à bien, je ne dirais pas non : mais trouvez-moi dans Paris cinq avocats qui, à cinquante ans, gagnent plus de cinquante miIle francs par an ? Bah ! plutôt que de m'amoindrir ainsi l'âme, j'aimerais mieux me faire corsaire. D'ailleurs, où prendre des écus ? Tout ça n'est pas gai. Nous avons une ressource dans la dot d'une femme. Voulez-vous vous marier ? ce sera vous mettre une pierre au cou; puis, si vous vous mariez pour de l'argent, que deviennent nos sentiments d'honneur, notre noblesse ! Autant commencer aujourd'hui votre révolte contre les conventions humaines. Ce ne serait rien que se coucher comme un serpent devant une femme, Iécher les pieds de la mère, faire des bassesses à dégoûter une truie, pouah ! si vous trouviez au moins le bonheur. Mais vous serez malheureux comme les pierres d'égout avec une femme que vous aurez épousée ainsi. Vaut encore mieux guerroyer avec les hommes que de lutter avec sa femme. Voilà le carrefour de la vie, jeune homme, choisissez. Vous avez déjà choisi : vous êtes allé chez notre cousine de Beauséant, et vous y avez flairé le luxe. Vous êtes allé chez madame de Restaud, la fille du père Goriot, et vous y avez flairé la Parisienne. Ce jour-là vous êtes revenu avec un mot écrit sur votre front, et que j'ai bien su lire : Parvenir! parvenir à tout prix. Bravo ! ai-je dit, voilà un gaillard qui me va. Il vous a fallu de l'argent. Où en prendre? Vous avez saigné vos soeurs. Tous les frères flouent plus ou moins leurs soeurs. Vos quinze cents francs arrachés, Dieu sait comme ! dans un pays où l'on trouve plus de châtaignes que de pièces de cent sous, vont filer comme des soldats à Ia maraude. Après, que ferez-vous? vous travaillerez? Le travail, compris comme vous le comprenez en ce moment, donne, dans les vieux jours, un appartement chez maman Vauquer, à des gars de la force de Poiret. Une rapide fortune est le problème que se proposent de résoudre en ce moment cinquante mille jeunes gens qui se trouvent tous dans votre position. Vous êtes une unité de ce nombre-là. Jugez des efforts que vous avez à faire et de l'acharnement du combat. Il faut vous manger les uns les autres comme des araignées dans un pot, attendu qu'il n'y a pas cinquante mille bonnes places. Savez-vous comment on fait son chemin ici ? par l'éclat du génie ou par l'adresse de la corruption. Il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon, ou s'y glisser comme une peste. L'honnêteté ne sert à rien. L'on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu'il prend sans partager; mais on plie s'il persiste; en un mot, on l'adore à genoux quand on n'a pas pu l'enterrer sous la boue. La corruption est en force, Ie talent est rare.
1) en quoi peut-on dire que Vautrin porte un regard lucide, sans illusion sur la société en général et sur les mécanismes du pouvoir en particulier ?
Je ne sais pas.
2) Pourquoi peut-on dire que le regard de Vautrin est cynique ?
Je ne sais pas. (mes plates excuses…)
3) Montrez que Vautrin adopte avec Rastignac un ton didactique.
Analysez les procédés stylistiques qu'il emploie pour convaincre son élève.
Étudiez l'emploi qu'il fait de la première personne du pluriel.
Vautrin emploi un ton didactique avec Rastignac. Cela se comprend à travers l'utilisation de la première personne du pluriel, qui a pour but d'englober Vautrin, Rastignac, mais aussi le lecteur dans les préceptes de Vautrin. Ce "nous" est assez ambigu puisqu'il peut cacher la plume de Balzac qui s'exprime grâce à l'intervention de Vautrin.
Les présents de vérités générales abondent tels que : "l'honnêteté ne sert à rien", "il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon, ou s'y glisser comme une peste". On note également la présence de liens logiques qui permettent à l'enseignement de Vautrin d'être articulé : " d'ailleurs", "puis", "mais". Enfin, on remarque des questions-réponses : " …veut-il être avocat ? Oh ! joli. Il faut pâtir pendant dix ans", "voulez-vous vous marier ? ce sera vous mettre une pierre au cou".
4) Vautrin apparait-il comme un séducteur ou un tentateur ? Vous analyserez ses remarques sur le luxe et les femmes.
Je ne sais pas.
5) En quoi le plan échafaudé par Vautrin s'oppose-t-il à celui proposé dans le premier chapitre par Madame de Beauséant ?
Je ne me rappelle plus.
6) Pourquoi le discours de Vautrin peut-il, sur certains points, être considéré comme celui de Balzac (j'ai anticipé !) ? Etudiez les ressemblances entre Vautrin et son créateur.
Je ne sais pas.
Séance 6 : scène de bonheur rue d'Artois
— Mais venez donc voir, lui dit madame de Nucingen en le prenant par la main et l’emmenant dans une chambre dont les tapis, les meubles et les moindres détails lui rappelèrent, en de plus petites proportions, celle de Delphine.
— Il y manque un lit, dit Rastignac.
— Oui, monsieur, dit-elle en rougissant et lui serrant la main.
Eugène la regarda, et comprit, jeune encore, tout ce qu’il y avait de pudeur vraie dans un cœur de femme aimante.
— Vous êtes une de ces créatures que l’on doit adorer toujours, lui dit-il à l’oreille. Oui, j’ose vous le dire, puisque nous nous comprenons si bien : plus vif et sincère est l’amour, plus il doit être voilé, mystérieux. Ne donnons notre secret à personne.
— Oh ! je ne serai pas quelqu’un, moi, dit le père Goriot en grognant.
— Vous savez bien que vous êtes nous, vous…
— Ah ! voilà ce que je voulais. Vous ne ferez pas attention à moi, n’est-ce pas ? J’irai, je viendrai comme un bon esprit qui est partout, et qu’on sait être là sans le voir. Eh bien ! Delphinette, Ninette, Dedel ! n’ai-je pas eu raison de te dire « Il y a un joli appartement rue d’Artois, meublons-le pour lui ! » Tu ne voulais pas. Ah ! c’est moi qui suis l’auteur de ta joie, comme je suis l’auteur de tes jours. Les pères doivent toujours donner pour être heureux. Donner toujours, c’est ce qui fait qu’on est père.
— Comment ? dit Eugène.
— Oui, elle ne voulait pas, elle avait peur qu’on ne dit des bêtises, comme si le monde valait le bonheur ! Mais toutes les femmes rêvent de faire ce qu’elle fait…
Le père Goriot parlait tout seul, madame de Nucingen avait emmené Rastignac dans le cabinet où le bruit d’un baiser retentit, quelque légèrement qu’il fût pris. Cette pièce était en rapport avec l’élégance de l’appartement, dans lequel d’ailleurs rien ne manquait.
— A-t-on bien deviné vos vœux ? dit-elle en revenant dans le salon pour se mettre à table.
— Oui, dit-il, trop bien. Hélas ! ce luxe si complet, ces beaux rêves réalisés, toutes les poésies d’une vie jeune, élégante, je les sens trop pour ne pas les mériter mais je ne puis les accepter de vous, et je suis trop pauvre encore pour…
— Ah ! ah ! vous me résistez déjà, dit-elle d’un petit air d’autorité railleuse en faisant une de ces jolies moues que font les femmes quand elles veulent se moquer de quelque scrupule pour le mieux dissiper.
Eugène s’était trop solennellement interrogé pendant cette journée, et l’arrestation de Vautrin, en lui montrant la profondeur de l’abîme dans lequel il avait failli rouler, venait de trop bien corroborer ses sentiments nobles et sa délicatesse pour qu’il cédât à cette caressante réfutation de ses idées généreuses. Une profonde tristesse s’empara de lui.
1) Lire le commentaire de Gérard Gengembre p 346,348 (edition garnier flammarion, avec la maison en couverture ; mais bon je précise que ce commentaire est bien trop rédigé pour être utilisé en tant que réponse à la question qui suit puisqu'il donne une réponse trop exhaustive). Pourquoi peut-on dire que le père Goriot est le Christ de la Paternité ?
Je ne sais pas (si, j'ai mes idées, mais je ne sais pas comment les structurer et organiser ma réponse…)
2) En quoi le trio formé par Goriot, Rastignac et sa fille constitue-t-il parodiquement un triangle familial ?
Je ne sais pas.
3) Quelles sont les ambiguïtés du bonheur apparent affiché par les protagonistes ?
Je ne sais pas.
4) Pourquoi peut-on rapprocher la créature de son créateur ?
En quoi apparaissent-ils tous deux comme des démiurges ?
Je ne sais pas.
Voilà pour ce qui m'a été demandé. Si vous pouviez corriger mes réponses, et apportez vos lumières sur mes "je ne sais pas", je vous en serez très reconnaissant, étant donné que c'est à rendre pour demain ! On me reprochera sûrement de ne pas avoir assez cherché pour la dernière séance (6), mais j'ai de réelles difficultés à rédiger une étude de texte, bien que le texte en soi me passionne, et qu'il m'est compréhensible !
Bon, encore une fois, merci (d'avance). 🙂
Je suis allé voir ce lien avant que vous ne l'insériez dans mon message, et j'y ai en effet trouvé des éléments de réponse à la séance 4. Mais je veux juste que vous la regardiez (la séance) d'un peu plus près pour me dire ce que vous en pensez. J'ai vu que Jean-Luc a répondu à la question posée dans le lien qui a été inclus dans mon post, mais j'espère qu'il pensera tout de même à regarder mes réponses, même si les questions de la séance 4 lui sembleront familières. J'ai vraiment besoin de votre aide, et j'espère que vous ne vous serez pas arrêté à la première séance en voyant que les questions sont analogues à celles auxquelles vous avez déjà répondu. Merci à tous. 🙂