Nature et fonction de "que"

Langue française

169 réponses · Page 3 / 9

Je ne sais pas s'il s'agit d'un complément de propos, mais cette solution me semble plus acceptable que celle du complément de détachement. Remarquez que depuis le début de cette conversation, on a eu droit à tout: la proposition complétive, la proposition relative et enfin la proposition circonstancielle [j'aurais aimé caser un émoticone ici, mais ils sont vilains vos émoticones] !
Je lis avec étonnement dans Jean Christophe: "Mais celui qui porte en lui le soleil et la vie, qu'irait-il les chercher en dehors de lui ?"
J'ai l'impression que Romain Rolland a trouvé trop lourd d'écrire pourquoi, mais l'abréger en qu' produit un certain trouble à la lecture. On a d'abord l'impression que c'est un pronom.
On peut penser qu'il a cherché un effet d'exclamation. Mais à quoi bon aurait fait l'affaire.
Qu'en pensez-vous ?
C'est un que adverbial : dans la langue classique que correspond à l'adverbe interrogatif pourquoi :
Que ne me disiez vous que vous m'aimiez ?
Mais il me semblait que ce "que" employé ainsi ne pouvait l'être qu'avec une négation.
Que ne suis-je assise à l'ombre des forêts
Je ne vois pas d'interrogation dans cette citation. Il s'agit d'exprimer un souhait ou un regret. Et il n'y a pas besoin de négation : "qu'il vienne !"
Je suis fatigué, c'est un peu hors sujet, il est vrai.
Je suis d'accord sur le que adverbial. Mais il porte sur le verbe aller uniquement, ce qui scinde la locution verbale "aller chercher". Quand on dit "Que va-il chercher ?", le même sujet va et cherche.
Lucretius a écrit :Mais il me semblait que ce "que" employé ainsi ne pouvait l'être qu'avec une négation.
Que ne suis-je assise à l'ombre des forêts
Exact.
Même si le cas est rare, il semble bien que dans ce tour classique,
"que = pourquoi" puisse s'utiliser sans négation.
Un autre exemple, trouvé dans le TLF :
"Qu'allons-nous visiter sa cellule! Elle est vide." (SAINT-EXUPÉRY)
Un autre encore dans le Petit Robert :
"Qu'avez-vous besoin de tant de conserves ?" (DAUDET)

Le Robert des Difficultés signale certes qu'il est "en général" accompagné de "ne",
mais qu'on le rencontre "exceptionnellement" sans ce mot. Et de citer Montherlant :
"Si vos conclusions ne valent que pour vous, que nous ennuyez-vous avec elles ?"
Putakli a écrit :
Je suis d'accord sur le que adverbial. Mais il porte sur le verbe aller uniquement, ce qui scinde la locution verbale "aller chercher". Quand on dit "Que va-t-il chercher ?", le même sujet va et cherche.
Ce que adverbial est un adverbe interrogatif.
Et dans ce cas, l'interrogation s'applique au sens de la phrase entière,
et non au seul premier verbe.
Un adverbe ne modifie pas forcément un seul mot.
L'interrogation de son équivalent pourquoi porte lui aussi sur toute la phrase :

"Mais celui qui porte en lui le soleil et la vie, qu'irait-il les chercher en dehors de lui ?"
"Pourquoi irait-il les chercher en dehors de lui ?"
"Il irait les chercher en dehors de lui ? Pourquoi ?"
L'adverbe interrogatif permet de bien comprendre la phrase de Romain Rolland. Je suis moins convaincu par les exemples choisis pour l'usage sans négation, où je vois une part d'interjection.
Dans l'exemple "Qu'allons nous visiter sa cellule! Elle est vide"., il y a un point d'exclamation. On pourrait décomposer ainsi: "Quoi ! Allons nous visiter sa cellule ? Elle est vide."
Dans l'exemple "Qu'avez-vous besoin de tant de conserves ?" il y a un point d'interrogation, mais on pourrait également décomposer: "Quoi! Avez-vous besoin de tant de conserves ?"
Autrement dit, j'ai l'impression qu'en un seul mot, "que" condense l'interrogation et sa réponse exclamative.
1. Les mots exclamatifs

Ils expriment le degré élevé en terme de quantité ou d’intensité. Certains de ces termes sont communs aux mots interrogatifs.
(…)
- Un adverbe interro-exclamatif à tendance archaïsante issu de l’adverbe latin qui signifiant " pourquoi ", " en quoi ". Dans cette formulation, l’interrogation rhétorique se mêle à l’exclamation.
Que ne le disiez-vous plus tôt ?!
https://www.etudes-litteraires.com//grammaire/modalit.htm
Chaque auteur choisit sa ponctuation :
Alors, pourquoi vous en donnez-vous l’air ! Ionesco
Et s'il n'y a pas de ponctuation, ce sera le lecteur.
Je dois aider ma fille pour un exercice mais je ne veux pas l'induire en erreur Pourrais-t-on m'aider ?
toutes ces phrases contiennent le mot que ou qu' seul ou en locution.Donnez la nature grammaticale et la fonction des propositions subordonnées qu'il introduit dans les phrases suivantes
1 Il m'avait promis que nous partirions en vacances ensemble.
2 Que le vent s'apaise a permis au bateau de regagner le port.
3 Je ne comprends pas ce que vous essayer de m'expliquer.
4 Elle a trouvé charmant le jeune homme que son amie lui a présenté.
5 Quand il ouvrit le journal et qu'il vit qu'il avait gagné le gros lot,il tomba évanoui.
6 Ouvre grande la fenêtre pour que nous parvienne le bruit de la mer.
7 Nous sommes heureux qu'elle mène enfin la vie qui lui convient.

Merci d'avance.Nathy
1 que conjonctif introducteur d'une conjonctive complétive
2 que conjonctif introducteur d'une conjonctive sujet
3 ce que = problème, la solution la plus facile est de considérer les deux termes comme faisant partie d'une locution pronominale composée du pronom démonstratif de forme simple "ce" qui annonce de manière cataphorique le pronom relatif ou interrogatif "que", en fonction COD. Je trancherais plutôt pour le pronom interrogatif, puisque le verbe introducteur "comprendre" se rattache aux verbes de connaissance et d'interrogation qui introduisent, selon Jean-Dominique Beaudin, une locution pronominale interrogative. La proposition complète est une relative périphrastique COD du verbe "comprendre".
4 que relatif, fonction COD, introduit une relative adjective déterminative.
5 premier "qu'" : conjonctif, terme vicariant reprenant "quand", deuxième : conjonctif, introduit une conjonctive complétive
6 pour que = locution conjonctive, introduit une conjonctive circonstancielle de but
7 premier "qu'" = vrai problème, qui est facile : relatif
qu' : conjonctif, l'expression est correcte mais issue d'une réfection orale d'une tournure originelle : de ce que, où de : préposition introduisant un COI, ce : pronom démonstratif de forme simple qui annonce par cataphore le morphème "que", qui est ici conjonctif et non relatif.
Bonjour Morel,

Donner les réponses de votre fille nous éviterait d'avoir la sensation de lui faire son travail. Alors, quelles sont ses réponses ?

Muriel
Bonjour~!
Voici un extrait de Hugo, 'Les misérables'.
Ici, je veux savoir la nature et fonction de la conjonction 'que' dans 'perdu qu'il était'.
Il fouilla dans sa poche, en tira sa bourse, l’ouvrit, et y prit une petite clef.

Il introduisit cette clef dans une serrure dont on voyait à peine le trou, perdu qu’il était dans les nuances les plus sombres du dessin qui couvrait le papier collé sur le mur. Une cachette s’ouvrit, une espèce de fausse armoire ménagée entre l’angle de la muraille et le manteau de la cheminée. Il n’y avait dans cette cachette que quelques guenilles, un sarrau de toile bleue, un vieux pantalon, un vieux havresac, et un gros bâton d’épine ferré aux deux bouts. Ceux qui avaient vu Jean Valjean à l’époque où il traversait Digne, en octobre 1815, eussent aisément reconnu toutes les pièces de ce misérable accoutrement.
J'ai essayé d'analyser comme ceci :
- perdu : adjectif(ou participe passé) apposé de 'trou',
et en même temps, attribut de 'il'.
- il : le trou.

Mais le 'que', quelle est sa nature, fonction et son emploi grammatical ?
J'ai fouillé tous mes dictionnaires que je possède mais en vain ;
je n'ai pas pu trouver nulle part la contruction 'adjectif(p.p) + que complétive' : 'perdu qu’il était'.

J'espère que ma question soit compréhensible et attends vos réponses amicales.



Merci, d'avance.
Hwang(moijesuisneant) a écrit :Bonjour~!
Voici un extrait de Hugo, 'Les misérables'.
Ici, je veux savoir la nature et fonction de la conjonction 'que' dans 'perdu qu'il était'.
Il fouilla dans sa poche, en tira sa bourse, l’ouvrit, et y prit une petite clef.

Il introduisit cette clef dans une serrure dont on voyait à peine le trou, perdu qu’il était dans les nuances les plus sombres du dessin qui couvrait le papier collé sur le mur. Une cachette s’ouvrit, une espèce de fausse armoire ménagée entre l’angle de la muraille et le manteau de la cheminée. Il n’y avait dans cette cachette que quelques guenilles, un sarrau de toile bleue, un vieux pantalon, un vieux havresac, et un gros bâton d’épine ferré aux deux bouts. Ceux qui avaient vu Jean Valjean à l’époque où il traversait Digne, en octobre 1815, eussent aisément reconnu toutes les pièces de ce misérable accoutrement.
J'ai essayé d'analyser comme ceci :
- perdu : adjectif(ou participe passé) apposé de 'trou',
et en même temps, attribut de 'il'. Non !
- il : le trou.

Mais le 'que', quelle est sa nature, fonction et son emploi grammatical ? C'est un pronom relatif, et c'est lui qui est attribut de il.
J'ai fouillé tous mes dictionnaires que je possède mais en vain ;
je n'ai pas pu trouver nulle part la contruction 'adjectif(p.p) + que complétive' : 'perdu qu’il était'.

J'espère que ma question soit compréhensible et attends vos réponses amicales.
Cette tournure équivaut à "comme celui-ci était perdu…", mais la "qualité" se trouve ainsi mise en relief.


Merci, d'avance.
On peut en voir plus sur le que relatif attribut dans ce fil, où Jehan a cité la section pertinente du Riegel.
Bonsoir.

Une question s'il vous plaît.
C'est sur la nature et fonction de "que" dans ceci :
Il se gardait fort d’être inutile ; avoir des livres ne l’empêchait pas de lire, être botaniste ne l’empêchait pas d’être jardinier. Quand il avait connu Pontmercy, il y avait eu cette sympathie entre le colonel et lui, que ce que le colonel faisait pour les fleurs, il le faisait pour les fruits. M. Mabeuf était parvenu à produire des poires de semis aussi savoureuses que les poires de Saint-Germain ; c’est d’une de ses combinaisons qu’est née, à ce qu’il paraît, la mirabelle d’octobre, célèbre aujourd’hui, et non moins parfumée que la mirabelle d’été.
Qu'est-ce que c'est que ce "que" devant 'ce que' dans la partie soulignée ?
(Il y a beaucoup de 'que' dans ma phrase ; mais ce n'est pas un jeu de mots.)

Merci, d'avance.
À mon avis, il faut prendre l'expression ou gallicisme "il ya que" comme un tout qui signifie "c'est parce que".
Je dirais conjonction de subordination introduisant une circonstancielle causale.
Quand il avait connu Pontmercy, il y avait eu cette sympathie entre le colonel et lui, (parce / du fait) que ce que le colonel faisait pour les fleurs, il le faisait pour les fruits.
comme après un verbe ou un adjectif de sentiment. Mais c'est une tournure rare. Vieillie ?
A confirmer.