Flaubert, L’Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie…

Entraide scolaire

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Tout-à-fait Angel ! et si j'ai relu ce roman plusieurs fois, c'est tant pour le style flaubertien, dont on découvre chaque fois de nouvelles facettes ; mais aussi parce que c'est un des romans où l'amour est pérenne ; ca change de la vraie vie
Commentaire rendu ce matin, on verra bien !! Merci pour tout en tout cas !!!
Bonjour,

j'ai un commentaire à faire mais comme j'en ai fais qu'un mais moyennement réussi je préfère demandé de l'aide…
Voici l'extrait:
Il passait des heures à regarder, du haut de son balcon, la rivière qui coulait entre les quais grisâtres, noircis, de place en place, par la bavure des égouts, avec un ponton de blanchisseuses amarré contre le bord, où des gamins quelquefois s'amusaient, dans la vase, à faire baigner un caniche. Ses yeux délaissant à gauche le pont de pierre de Notre-Dame et trois ponts suspendus, se dirigeaient toujours vers le quai aux Ormes, sur un massif de vieux arbres, pareils aux tilleuls du port de Montereau. La tour Saint-Jacques, l'Hôtel de Ville, Saint-Gervais, Saint-Louis, Saint-Paul se levaient en face, parmi les toits confondus, – et le génie de la colonne de Juillet resplendissait à l'orient comme une large étoile d'or, tandis qu'à l'autre extrémité le dôme des Tuileries arrondissait, sur le ciel, sa lourde masse bleue. C'était par-derrière, de ce côté-là, que devait être la maison de Mme Arnoux.
Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s'abandonnait à une méditation désordonnée : plans d'ouvrages, projets de conduite, élancements vers l'avenir. Enfin, pour se débarrasser de lui-même, il sortait.
Il remontait, au hasard, le Quartier latin, si tumultueux d'habitude, mais désert à cette époque, car les étudiants étaient partis dans leurs familles. Les grands murs des collèges, comme allongés par le silence, avaient un aspect plus morne encore ; on entendait toutes sortes de bruits paisibles, des battements d'ailes dans des cages, le ronflement d'un tour, le marteau d'un savetier ; et les marchands d'habits, au milieu des rues, interrogeaient de l'oeil chaque fenêtre, inutilement. Au fond des cafés solitaires, la dame du comptoir bâillait entre ses carafons remplis ; les journaux demeuraient en ordre sur la table des cabinets de lecture ; dans l'atelier des repasseuses, des linges frissonnaient sous les bouffées du vent tiède. De temps à autre, il s'arrêtait à l'étalage d'un bouquiniste ; un omnibus, qui descendait en frôlant le trottoir, le faisait se retourner ; et, parvenu devant le Luxembourg, il n'allait pas plus loin.
Je pense faire une première partie sur le registre employé qui me semble être tragique (mais je n'en suis pas du tout sûre…).
Cet extrait est tout simplement merveilleux.
Tu ne dois pas faire de partie sur le registre, ce serait "différencier le fond de la forme". Il ne faut pas oublier que les mots employés sont au service d'une idée, ce qui est encore plus vrai chez Flaubert que chez n'importe quel écrivain, vu le temps qu'il lui fallait pour écrire ne serait-ce qu'une phrase (des jours !). Chaque mot est à sa place, il n'y en a pas un en trop, pas au mauvais endroit. Chaque virgule, chaque point : rien n'est inutile ou vain chez Flaubert.

Pour ton commentaire, il faudrait déjà que tu situes l'extrait (quelle partie, que se passe-t-il avant ?).

Pour t'aider un peu, je peux te dire que ce passage traite de l'amour de Frédéric pour Marie Arnoux, qu'il a rencontré sur le bateau qui allait de Paris à chez lui, dans l'incipit. Il l'a revue par la suite, et n'arrive pas à se la sortir de la tête, il ne pense qu'à elle. Ainsi, ce passage évoque tous les moyens qu'il met en place pour ne plus y penser, mais on voit bien que ça ne marche pas. Il s'agit clairement de romantisme ici : le décor, le paysage, est en adéquation avec l'âme du personnage (par exemple, tout se passe la nuit, ses déambulations surtout, aussi sombre que son âme à ce moment-là). Mais il s'agit aussi de Flaubert, et on connaît Flaubert, il ne s'agit pas de romantisme gratuit mais d'une parodie de romantisme (enfin ça je ne pense pas que tu puisses le traiter, c'est beaucoup trop délicat je crois). Enfin déjà si tu t'aides de ce que je viens de te dire, tu devrais bien t'en sortir, et n'oublie pas, un commentaire c'est trois parties, pas deux !

Bon courage !
ok, merci beaucoup!!! 😉

Je pense que c'est du pathétique avec des pointes de lyrique (évoquation de la mélancolie) et tragique (destin implacable)….je pourrais le mettre dans l'intro(je crois)…