Qu’est-ce-qu’un personnage de roman ?

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,
je dois rendre la semaine prochaine une dissertation dont le sujet est: "Qu'est ce qu'un personnage de roman?". J'ai accompagné ma réflexion de nombreuses recherches. Les résultats en matière d'exemple sont fructueux, et j'ai déjà une idée pour mon introduction et ma conclusion. Cependant, c'est dans l'organisation de mes idées en un plan très bien construit que je me heurte aux premières difficultés. Je viens vous voir ce soir à titre consultatif, et vous demande de bien vouloir apprécier la qualité de mes recherches, de mon introduction et des prémices de ma conclusion. Je cherche encore d'autres exemples pour étoffer mon propos et vous seriez très aimables de me suggérer quelques pistes encore.

N.B: la plupart des paragraphes ci-dessous ne sont pas écrit de ma main et ne seront, bien entendu, pas présentés comme tel sur ma copie. Et si je n'ai pas réussi à organiser mes idées en plan, j'ai suivi pour cette présentation l'ordre qui me paraissait le plus intéressant et qui devrait se rapprocher du travail fini. Par avance, je vous remercie.

(je n'ai pas encore noté mon introduction.)

Extrait du site Magister:
- sur le plan physique : le personnage est solidement campé […]
-Se poser la question du personnage c'est aussi se poser celle de la focalisation:
"Le romancier est, de tous les hommes, celui qui ressemble le plus à Dieu." François Mauriac (point de vu omniscient) -l'écrivain est un démiurge, il s'agit montrer le personnage en expliquant tous les ressorts psychologiques. (Chez Flaubert par exemple)
"(…) il est libre. Je me glisse en lui et le voilà qui s'attend avec mon attente, il a peur de lui en moi; il vit." Sartre (focalisation interne) : au nom du concept de liberté, respect de l'opacité des êtres. Par exemple le "K." du Château et du Procès, qui se "contente d'une initiale, n'a pas de visage, pas de famille" (Robbe-Grillet)


-Le personnage de Roman
Il se définit par son nom, son hérédité une identité propre: ce n'est pas un anonyme. Chez Balzac il s'agit même "de faire concurence à l'état civil". Enfin il doit posséder un caractère: "un visage qui le reflète, un passé qui a modelé celui-ci et celui-là. Son caractère dicte ses actions, le fait réagir de façon déterminée à chaque événement". En effet, ce dernier permet au lecteur de le juger, de l'aimer, de le haïr. "C'est grâce à ce caractère qu'il léguera un jour son nom à un type humain, qui attendait, dirait-on, la consécration de ce baptême" (Flaubert qui donnera un nom au "bovarysme").
(extrait de Pour un nouveau roman de Robbe-Grillet)

Extrait du site Magister (certains passages ont été réécrit)
Mais, écrit Robbe-Grillet, "avoir un nom était important à l'époque de la bourgeoisie balzacienne" -car avoir une personnalité était à la fois le moyen et le but de toute recherche ("Lucien de Rubempré" dans les Illusions Perdues par exemple). Cependant la notion de personnage a été remise en cause au XXe siècle dans ses fondements mêmes, depuis la naissance de la psychanalyse jusqu’au Nouveau Roman français, en passant par l’éclatement de la conscience perceptive chez des romanciers tels que Proust, Céline ou Gide. "Le roman paraît chanceler, ayant perdu son meilleur soutien d'autrefois, le héros. S'il ne parvient pas à s'en remettre, c'est que sa vie était liée à celle d'une société maintenant révolue."
Robbe-Grillet soutient donc l'idée que les formes littéraires sont liées à un type de société et qu'elles évoluent donc historiquement. Mais on peut s'interroger si Robbe-Grillet est bien fondé dans son rapport historique entre forme littéraire et époque: voyons Jacques le Fataliste et son Maitre où ce dernier n'a pas de nom.(c.f: site Magister). Néanmoins cet "anti-roman", tout comme celui de Furetière, apparait comme une réaction contre l'histoire littéraire en train de se constituer.
Le personnage romanesque s’offre comme un réservoir infini d’aventures et de destins possibles, le personnage de roman est l’un des plus étroitement lié à l’expression la conscience. (comme chez Proust par exemple)


-Sur le Nouveau Roman (& la Nouvelle Critique):
Le texte n'est plus donné comme le reflet du réel mais comme une interprétation de la réalité par son auteur. La critique moderne adopte le point du vu contraire de la tradition: le sens n'est pas préexistant à l'interprétation. Ainsi, chez Roland Barthes, le personnage est "un simple support de hasard".

Extrait de https://perso.numericable.fr/robert.marty/semiotique/s087.htm
"L'homme et sa présence dans le monde tels que le romancier les perçoit d'abord, les conçoit ensuite". (Zéraffa) Le personnage est donc l'émergence dans le texte […]
Conclusion::
Il nous parait très périlleux de donner une définition du personnage d'un roman. Personnages et formes romanesques sont intimement liés: définir le premier revient à dire ce que le second doit être. L'envisager [le personnage] comme un potentiel infini d’aventures et de destins, celui qui parmis les personnages de fiction est le plus étroitement lié à l'expression de la conscience, ce n'est alors plus envisager le roman comme un genre ou comme une forme, mais comme un "espace de la pensée".
A mon avis, ce genre de question n'est pas interessant. Parler du personnage de roman, c'est oublier qu'il n'y a pas une seule définition du roman. Le roman évolue, le personnage évolue. Que voulez vous chercher? On le sait, Ferdinand Berdamu chez Céline, ce n'est pas la princesse de Clèves. Bon, ils ont une identité, voilà, tout ça quoi. Trouvez moi une identité dans la Jalousie de Robbe Grillet ou chez Sarraute. Chez Sarraute, il n'y a pas de nom. Dans la Jalousie de Robbe Grillet, le narrateur est interne à l'histoire, mais il faut du temps pour le comprendre.