Est-il vrai que seule l’intention ait une valeur morale ?

Entraide scolaire

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, j'ai un fabuleux sujet de dissert' en philo, intitulé "Est-il vrai que seule l'intention ait une valeur morale ?" Or, nous n'avons pas débuté le thème "La morale" et je ne vois vraiment pas comment m'y prendre avec cette question. Auriez-vous quelques pistes afin de me lancer dans la bonne voie ? Merci beaucoup
Les valeurs morales sont elles objectives ou subjectives ? Intrensiques ou inventées par l'indvidu?

As-tu essayé d'entrer VALEUR MORALE INTENTION dans Google?
Dans ce sujet , la morale a moins d'importance que l'intention .
JSC, vous m'étonnez, qu'est-ce qu'intrensiques? Ne serait-ce pas intrinsèque? 😉
Pour le sujet de dissert, sinon, il faut réfléchir sur le mobile des actions. Par exemple, en politique, quelles seraient les conséquences si seule l'intention de bien faire avait une valeur morale?
A mon avis, pour bien démarrer ce sujet, il faut maîtriser quelques notions de Kant.. jette un coup d'oeil à la première section des fondements de la métaphysique des moeurs (premières pages, même !)
Alors, je vais préciser un petit peu, je pense que je vais faire une première partie sur ce que disait Kant, à savoir que seule l'intention importe et que la valeur morale d'une homme se juge non pas sur ce qu'il fait mais ce qu'il veut faire. Ce serait pour répondre affirmativement à la question, mais dans un tel cas, quels arguments avancer ?

D'autres parts, je pense couper court au fameux "la fin justifie les moyens" de Machiavel et donc arguer que la réalisation même d'une action, ainsi que son aboutissement participe également à "la valeur morale" de cette action, au même titre que l'intention conduisant à cette action, mais là encore je ne trouve que peu d'arguments à mettre en avant, sinon travailler sur la citation de Machiavel…

Et dans la troisième partie, je compte évidemment synthétiser les deux premières mais j'aimerais éviter partie bateau qui se résume à un "oui mais en fait pas trop" et essayer d'explorer d'autres pistes…

Je sais, c'est mince pour le moment, mais bon j'ai eu le sujet aujourd'hui pour dans trois semaines, alors…
Ce que tu dis est loin d'être faux et tu es sur une bonne piste. En 3ème partie, tu peux facilement t'étendre sur la question politique, qui, pour Kant, peut tolérer des valeurs morales différentes. (vois la distinction doctrine de droit/doctrine de la vertu, en politique).
Pour trouver des arguments, le meilleur est encore de lire des oeuvres.. si ta dissertation est pour dans 3 semaines, tu as largement le temps de t'atteler à quelques passages du Prince et de Kant ! 😉
Bonne chance 🙂
Kant va sans doute me fournir des arguments pour la première partie, en revanche, le Prince (je suppose que tu parles du livre de Machiavel), à la limite pour le III mais bon, pour la valeur morale on repassera 😀

Merci à toi 😉
Pleonasme a écrit :JSC, vous m'étonnez, qu'est-ce qu'intrensiques? Ne serait-ce pas intrinsèque? A mon avis, pour bien démarrer ce sujet, il faut maîtriser quelques notions de Kant.. jette un coup d'oeil à la première section des fondements de la métaphysique des moeurs (premières pages, même !)
Je ne sais pas, Pléo, soit c'est un faux ami, soit c'est une réforme de l'orthographe à effectuer en 2009!

C'est vrai que celui qui dit "morale" se dit instantanément "Kant". Pourtant, c'est comme reconnaître que 2000 ans se sont passés sans que l'intention morale entre en considération, ce qui est faux. Voir Platon {La République, livre II, je crois)..

(Avoir l'intention d')agir par devoir, est-ce là toute moralité ? L’intention morale ne doit-elle pas se préoccuper aussi de ses conséquences ? Kant ne le pense pas : la rigueur formelle de l’intention lui suffit, c’est-à-dire sa conformité à la forme pure ou à l’universalité de la loi : " Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle " {Fondements de la métaphysique des mœurs (1785),}

Voir aussi Intention morale Platon-Kant [lien invalide]
Machiavel n'est pas vraiment immoral, il me semble qu'il précise bien, que si les gouvernants peuvent passer outre la morale, c'est uniquement parce que les gouvernés sont malhonnêtes ! Et puis, en dehors de la politique, il ne fait pas l'apologie de l'immoralité, à ma connaissance 😉

EDIT : JSC, cette citation n'est pas la meilleure qu'on le peut trouver de Kant.. elle est un peu trop galvaudée : "ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse", hm !

"il n’est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n'est seulement une BONNE VOLONTÉ", "Ce qui fait que la bonne volonté est telle, ce ne sont pas ses œuvres ou ses succès, ce n'est pas son aptitude à atteindre tel ou tel but proposé, c'est seulement le vouloir", etc 😉

Fondements de la Métaphysique des mœurs [lien invalide]
Je sais que j'avais déjà ouvert un topic mais j'aimerai qu'il ne passe pas aux oubliettes, c'est pourquoi je ne me contente pas d'un simple "upping". Si vous considérez cela comme un doublon, supprimez l'ancien 😉

Alors, j'ai besoin d'aide et d'avis sur ce sujet, j'ai esquissé un semblant de plan qui ne me paraît pas excellent…

I- L'impératif moral ne tient pas compte des moyens, des circonstances ou du résultat d'une action, seule la nature de la volonté menant à accomplir cette action participe à mesurer la valeur morale de cette dite action.
1°/ La vertu est un savoir, une connaissance, lorsqu'on l'acquiert, on ne peut agir de manière à la morale volontairement ("Nul n'est méchant volontairement", Socrate)

2°/ Deux actions peuvent être analogues dans leur réalisation, leur contenu et différer de part leur issue (comparaison entre l'empoisonneur et le médecin)

3°/ Une action n'est moralement bonne que si elle est animée par le seul désir de faire le bien et cela en dépit de la recherche personnel du bonheur ("Agis comme si la maxime de ton action pouvait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature", Kant)


II- La volonté seule ne suffit pas en morale, l'éthique d'une action nécessite qu'on se penche sur la réalisation et les moyens de réaliser cette action.
1°/ La seule éthique théorique néglige l'aspect pratique d'une action, et de ce fait, fait abstraction des conséquences involontaires de cette action. ("L'éthique veut l'oeuvre", Aristote)

2°/ Le dilemme de la morale kantienne (je vais essayer d'expliquer avec un exemple sur la délation pendant la 2nde GM par exemple, mentir ? non jamais, c'est immoral, mais livrer un ami ? … )

3°/ Est-il possible d'agir de manière totalement désintéressée ? (Je vais essayer de montrer que cela l'est mais très difficilement)

III- A voir, je vais essayer de théoriser sur l'aspect singulier de la morale en politique mais là pas d'idées encore pour le contenu

Merci d'avoir suivi, n'hésitez pas à critiquer, positivement comme négativement, surtout négativement d'ailleurs, même si c'est un détail, un mot utilisé à la place d'un autre… Merci !
_Clément_ a écrit :Si vous considérez cela comme un doublon, supprimez l'ancien 😉
Bonsoir,
Je fusionne car il y a eu des réponses dans le sujet initial.
_Clément_ a écrit :Je sais que j'avais déjà ouvert un topic mais j'aimerai qu'il ne passe pas aux oubliettes, c'est pourquoi je ne me contente pas d'un simple "upping". Si vous considérez cela comme un doublon, supprimez l'ancien 😉

Alors, j'ai besoin d'aide et d'avis sur ce sujet, j'ai esquissé un semblant de plan qui ne me paraît pas excellent…

I- L'impératif moral ne tient pas compte des moyens, des circonstances ou du résultat d'une action, seule la nature de la volonté menant à accomplir cette action participe à mesurer la valeur morale de cette dite action. C'est n'est pas exact, je pense. La principale caractéristique des impératifs moraux est que l'action qui lui est dû est commandée pour elle-même, qu'elle vaut pour une fin en soi. Comme ce que tu dis n'est pas faux, n'utilise peut-être pas le terme "impératif morale" qui a un sens kantien très rigoureux
1°/ La vertu est un savoir, une connaissance, lorsqu'on l'acquiert, on ne peut agir de manière à la morale volontairement ("Nul n'est méchant volontairement", Socrate)
J'avoue ne pas avoir compris.. Et puis je ne vois pas trop ce que vient faire la vertu ici, en fait (je suis très bornée à la morale!)

2°/ Deux actions peuvent être analogues dans leur réalisation, leur contenu et différer de part leur issue (comparaison entre l'empoisonneur et le médecin)

3°/ Une action n'est moralement bonne que si elle est animée par le seul désir de faire le bien et cela en dépit de la recherche personnel du bonheur ("Agis comme si la maxime de ton action pouvait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature", Kant)
Je pense qu'il faut que tu nuances le "en dépit de la recherche personnelle du bonheur', surtout si tu parles de Kant. Dans les FDMM il soutient qu'assurer son propre bonheur est un devoir, car le fait de contrôler toujours ses inclinations et de ne pas être content pourrait nous faire enfreindre le devoir. Mais le devoir moral prime, certes. "Faire le bien", c'est peut-être assez maladroit aussi, car ça peut être confondu avec les impératifs pragmatiques, assertoriquement pratiques, auxquels on se soumet pour le bien-être.. et ce n'est aucunement moral, au contraire!


II- La volonté seule ne suffit pas en morale, l'éthique d'une action nécessite qu'on se penche sur la réalisation et les moyens de réaliser cette action. Je pense que tu devrais distinguer morale et éthique.. Va voir chez Hegel, ou plus récemment, Comte Sponville, qui est très clair et compréhensible dans ce qu'il dit. Pour t'aider et si tu es germaniste, tu peux aussi voir que les mots ont un sens différent en allemand (Moralität et Sittlichkeit
1°/ La seule éthique théorique néglige l'aspect pratique d'une action, et de ce fait, fait abstraction des conséquences involontaires de cette action. ("L'éthique veut l'oeuvre", Aristote)la prudence, la prudence! 😀

2°/ Le dilemme de la morale kantienne (je vais essayer d'expliquer avec un exemple sur la délation pendant la 2nde GM par exemple, mentir ? non jamais, c'est immoral, mais livrer un ami ? … )Je vois pas trop ce que tu appelles "dilemme de la morale kantienne". Mais par rappotr à la WW2, il y a par exemple le fait que l'acte immoral de la guerre peut être… utile. D'une certaine façon, elle a sorti les Etats unis de la crise de 29

3°/ Est-il possible d'agir de manière totalement désintéressée ? (Je vais essayer de montrer que cela l'est mais très difficilement)Si tu montres que c'est possible, tu n'es pas un peu en contradiction avec l'optique de ta partie? Ou alors il faut insister sur le fait que ce n'est pas faisable…

III- A voir, je vais essayer de théoriser sur l'aspect singulier de la morale en politique mais là pas d'idées encore pour le contenu Pour l'aspect assez spécial de la politique, je t'avais conseillé de regarder sur la conception de la "doctrine de droit" kantienne, ainsi que sur Machiavel, bien, ne défendant pas l'immoralité en général, la prône en politique.
Voilà voilà, si tu as besoin d'aide tu sais où me trouver, mais je susi loin de prétendre avoir le savoir absolu 🙂 Ce sont juste des petites remarques comme ça, peut-être injustifiées.
Merci Pléo, ce que tu me dis m'aide beaucoup.
En ce qui concerne l'éthique et la morale, oui en fait j'avais utilisé éthique en guise de synonyme et c'est vrai que c'est une erreur (même remarque pour vertu plus haut)
Pour le dilemme kantien, je pensais dire que imaginons une situation où un résistant est torturé par un nazi et doit lui révéler des secrets, la morale kantienne dirait qu'il ne faut pas mentir et donc agir dans l'intention de se conformer à la morale, à savoir dire ce que l'on sait. Seulement, cela impliquerait de livrer un ami, de se détourner d'une cause noble, qui s'oppose à une idéologie menant à des actes immoraux… D'où le dilemme, je sais pas si je suis très clair.
Je lis le politique de Machiavel et je trouve pas mal d'idées 😉
Pour le I- 1°/ Je veux dire par là que la morale, dans toute son entité, n'est qu'un vaste amas de connaissances auxquelles on ne peut pas déroger si on les acquises. Je veux développer une thèse des stoïciens qui prétendaient que l'on devait l'indulgence aux "méchants" qui ne l'étaient qu'inconsciemment, par ignorance. Mais je me rends compte que cet argument irait presque mieux dans la seconde partie…
Je vois ce que tu entends par dilemme kantien. Il me semble que c'est ce que critique Sartre dans l'existentialisme est un humanisme. Il me semble qu'il prend l'exemple d'un élève qui est venu le voir, et qui hésite entre aller sur le front, servir sa patrie, mais abandonner sa mère, ou rester près de sa mère (malade, je crois) et abandonner sa patrie.. Et par cela, on peut dire qu'il n'y a pas de fondement universel de la morale, pas de loi morale en soi. Mais cela cadre t'il dans ton sujet?
Bonsoir, Pleo.

La Loi du Talion a survécu tellement de siècles…elle doit avoir un fondament juste, non?

Il me gêne de voir des citation de Kant prises hors contexte et sans avoir compris son système de jugements. :/
Autant citer "Le chemin qui mène à l'enfer est pavé de bonnes intentions; " 😜

"Fondament universel": il me semble qu'il n'y en a pas UN 😉
En 1600, 1800, 2000, on avait des opinions très diveres en ce qui concerne son éventuelle existence et même sa nature.
J'avais pourtant compris que Kant pensait que la morale était universelle moi…
S'agit-il d'un jugement analytique ou un jugement synthétique, clement?
Analytique, j'ai lu quelques pages des fondements… et c'est ce que j'en ai compris.
KANT:
Deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique: le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.

Pour lui, c'est la vérité qui est universellement nécessaire et nécessairement universelle.
Il semble associer ce qui est "bon" moralement à cette vérité pour arriver à l'idée que la morale est universelle.

C'est en utilisant la raison pour postuler des idées qui échappent à l'expérience empirique, mais qui ont un usage pratique.
La raison pratique postule les bases pour la vie morale:
- la liberté de l'homme
Son indépendance du monde sensible est démontrable par sa capacité de choisir, de refuser ses propres impulsions
- l'immortalité de l'âme
Un homme n'a pas suffisamment de temps pendant sa vie pour observer l'accomplissement entier de la loi morale
- l'existence de Dieu
Si le Bien doit régner dans ce monde, intelligible, il faudrait bien un Être suprême qui emmène ce Bien dans le monde.


Pour commencer à répondre à la question originelle de ce fil, on doit postuler que la bonne volonté est le vecteur de la Volonté bonne, qui, bonne de sa nature, s'aligne aux principes du Bien.
Merci JSC, ta réponse m'éclaire énormément 😉

Et concrètement, dans mon plan, qu'est ce qui va ? ne va pas ? Que devrais-je dire ?
JSC ignore tout sur les plans. Il n'est qu'homme cultivé: boîte à idées. 😀