Jacques Roubaud, Le Lombric
23 réponses · Page 1 / 2
bonjour à tous!
je doit faire un commentaire sur le lombric de roubaud voici le poème:
le lombric
Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence,
le lombric se réveille et bâille sous le sol,
étirant ses anneaux au sein des mottes molles
il les mâche, digère et fore avec conscience.
il travaille, il laboure en vrai lombric de France
comme, avant lui, ses père et grand-père ; son rôle,
il le connaît. Il meurt. La terre prend l'obole
de son corps. Aérée, elle reprend confiance.
Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre
il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
où les hommes récoltent les denrées langagières;
mais la terre s'épuise à l'effort incessant !
sans le poète lombric et l'air qu'il lui apporte
le monde étoufferait sous les paroles mortes.
Jacques Roubaud,
les Animaux de tout le monde.
je voulais savoir si mon plan était bon:
I- la ressemblance poète lombric
1- travail ressemblant
2-humour / comparaison
II- la nécessité du travail du poète
1- vocabulaire du language
2-pédagogie
merci d'avance
Oui c'est plausible
Tu peux utiliser le mot allégorie (pour le lombric)
Par contre, je ne vois pas de didactique dans ce poème (amusant, mais pas seulement)
Bonjour,
J'ai moi aussi un commentaire à réaliser sur ce sujet. J'avais pensé à un plan :
I Un poème didactique
- Comparaison avec le lombric, métaphore filée juqu'au bout
- Humour (en vrai lombric de France…)
- Enrobage dans une "histoire" ("dans la nuit parfumée aux herbes de provence")
II Le rôle et le travail du poète
- Travail du poète indispensable
- Le poète vit seul, loin des hommes, en dessous de la terre
Voilà, ce n'est encore qu'une ébauche, mais qu'en pensez-vous ? Auriez-vous des améliorations à apporter ?
Merci d'avance pour vos réponses !
Merci pour ces indications, Jean-Luc ! Donc, mon plan serait potable ?
Mais oui !
Merci Jean-Luc pour cette confirmation ! Maintenant, je sais que je ne vais pas (trop ?) dans le mur ! 😀
Néanmoins, il me reste encore quelques petites questions :
- Les 2 premiers vers du poème font un peu style situation initiale de fable, mais la suite du poème ne me semble pas convenir au déroulement classique d'une fable, qu'en penses-tu ?
- Au vers 6, Roubaud mentionne le "père" et le "grand-père" du lombric, ce qui tend à désacraliser le métier de poète et le faire comme un job classique que l'on se transmet de père en fils. Penses-tu que ce soit soit plus pour faire un trait d'humour, ou plus pour se moquer de Beaudelaire, Gautier et consorts, tous ceux qui croyaient que le poète était un être "élu" ?
- La métaphore du lombric est-elle là pour représenter la vision que les hommes ont du poète ? Est-ce simplement de l'auto-dérision ? Est-ce surtout pour prendre le contrepied de Beaudelaire dans l'Albatros ou de Gautier dans le Pin des Landes (qui sont 2 des textes de mon corpus avec Le crapaud de Corbière et La colombe poignardée d'Apollinaire) ?
- Enfin, une question d'ordre plus général : dans un commentaire, peut-on faire des liens avec les autres textes du corpus ?
Et encore merci de prendre le temps d'éclairer de ta lanterne les interrogations d'un pauvre ignare comme moi !
Bonjour,
Ne te dévalorise pas, tes questions sont pertinentes.
Roubaud écrit un apologue à la manière de La Fontaine. Comme lui, il utilise le genre animalier. C'est bien un récit court écrit pour un enfant (mais il est bien connu que les adultes sont de grands enfants). Il termine sur une leçon de sagesse, le poème a bien, entre autres, une visée didactique.
Je ne crois pas que Roubaud désacralise la fonction du poète. Il ne prétend pas que la création littéraire soit un métier. Le poète est un artisan sérieux, ou mieux un homme enfoui qui ne cherche pas à briller mais qui fait consciencieusement sa tâche. Le rapport à la terre signifie l'amour de la langue maternelle, véritable terreau nourricier.
Il ne faut pas confondre l’auto-dérision du "Crapaud" et l'utilité du lombric, animal insignifiant à qui il faudrait rendre justice.
Les textes du corpus ne peuvent servir dans le corps du commentaire, mais ils peuvent être utilisés dans l'introduction et surtout la conclusion.
Je te remercie pour avoir pris le temps de répondre à mes interrogations !
J'ai fait ma première partie sans souci, j'ai trouvé des choses à dire.
Malheureusement, je bloque sur la seconde, parce qu'il est difficile de ne pas faire de paraphrase.
Bien sûr, j'ai mentionné que le travail de poète était indispensable et que Roubaud revisitait quelque peu son rôlle
Ma seconde partie est vraiment plus petite que ma première, et je ne vois pas quelles idées rajouter pour faire deux parties équilibrées.
Penses-tu qu'il serait mieux que je change de plan ? Sinon, quelles idées rajouter dans ma seconde partie ?
As-tu parlé de l'invention et du travail patient sur le langage ?
Non, il est vrai que j'ai surtout mis en lumière le rôle du poète vis-à-vis des hommes, son unicité, son lien avec la terre nouricière, et j'ai également rappelé que c'était un travailleur infatigable. Tout ceci me fait un grand A acceptable, mais il me manque un grand B…
C'est aussi celui qui donne vie à la langue…
Oui, en "aérant" le langage comme le lombric "aère" la terre.
Rebrasse les données pour faire deux paragraphes
- le statut social du poète,
- son utilité langagière…
Dans tout cela, je ne vois nulle part mentionné qu'il s'agit d'un sonnet, et que les sonnets sont construits en vue du dernier vers, qui doit former contraste ; que dans un sonnet, les quatrains et les tercets s'opposent. Pas d'étude non plus du jeu des rimes, du choix des sonorités…
Il y a là de quoi étoffer un commentaire, à condition d'éviter 1 la forme, 2 le fond.
Voilà, j'ai rendu mon commentaire aujourd'hui ! Ouf…Je vais enfin commencer à réviser le français décemment…
En tous cas, merci à tous pour votre aide ! 😀
Bonjour, je cherche en vain un plan pour mon commentaire sur le Le lombric de Roubaud, et je ne vois pas comment je pourrais bien le structurer…
Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence,
le lombric se réveille et bâille sous le sol,
étirant ses anneaux au sein des mottes molles
il les mâche, digère et fore avec conscience.
il travaille, il laboure en vrai lombric de France
comme, avant lui, ses père et grand-père ; son rôle,
il le connaît. Il meurt. La terre prend l'obole
de son corps. Aérée, elle reprend confiance.
Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre
il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
où les hommes récoltent les denrées langagières;
mais la terre s'épuise à l'effort incessant !
sans le poète lombric et l'air qu'il lui apporte
le monde étoufferait sous les paroles mortes.
Voici le poème, j'ai trouvé certaines idées : - le poète se compare au lombric
- le rôle du poète d'après Roubaud
- l'importance du lombric
- un animal qui provoque le "dégoût" chez les hommes
- la personnification du lombric
Je pense avoir des idées mais je ne sais pas comment former mon plan.
Merci d'avance pour votre aide.
Bonjour.
Je ne vois nulle part, dans ce poème, l'évocation du dégoût inspiré par le lombric.
Je pense que tu ferais bien de prendre connaissance des messages précédents de cette discussion, tu y trouveras des idées pertinentes pour ton plan.
Ce qui frappe d'abord c'est la métaphore filée : lombric/poète. Relève ce qui appartient à chacun.
Vois les points communs dans tous les domaines. Cela va alimenter ta première partie.(pense aux autres poètes qui se sont comparés au cygne, à l'albatros, au crapaud …). Au premier abord, la comparaison n'est pas flatteuse.
Puis tu vas remarquer que ce texte, en quelque sorte, sous une apparence légère, a un deuxième niveau de lecture. Quelle est donc la fonction du poète selon Roubaud ? Avec un autre crayon, repère toutes les audaces poétiques qu'il s'autorise, les inventions, l'absence de ponctuation, rimes ou pas rimes, strophes régulières ou pas, mètre régulier ou vers libres ?
Alors, c'est quoi un poète selon Roubaud ? comme le lombric, il ondule dans le langage, apparaît, disparaît. Il est modeste mais indispensable. Manière aussi de ne pas se prendre au sérieux.
Tenir compte aussi de la dédicace :
"Conseils à un jeune poète de 12 ans".
Le poème propose une comparaison insolite entre un animal insignifiant, mal aimé et un poète à l'image peu flatteuse et pourtant …
LEUR TRAVAIL EST UTILE à la vie.
Travail discret mais mission essentielle. Qu'on se le dise … en poésie … 🙂
Ah, on reconnaît bien là la connaisseuse en vers… de terre ! 😉