On appelle roman l’ouvrage fabuleux composé d’après les plus singulières aventures de la vie des hom

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour!
Voilà, je dois rédiger une dissertation mais je ne suis même pas sûr d'avoir vraiment bien compris la citation.

"On appelle roman l'ouvrage fabuleux composé d'après les plus singulières aventures de la vie des hommes"

Cette définition vous paraît-elle correspondre à ce que sont un roman et ses personnages?

Voici les 3 textes de mon corpus:
1.Eugénie Grandet, d'Honoré de Balzac
À huit heures et demie du soir, deux tables étaient dressées. La
jolie madame des Grassins avait réussi à mettre son fils à côté
d'Eugénie. Les acteurs de cette scène pleine d'intérêt, quoiqu**
vulgaire en apparence, munis de cartons bariolés, chiffrés, et de
jetons en verre bleu, semblaient écouter les plaisanteries du
vieux notaire, qui ne tirait pas un numéro sans faire une
remarque ; mais tous pensaient aux millions de monsieur Gran-
det. Le vieux tonnelier contemplait vaniteusement les plumes
rosés, la toilette fraîche de madame des Grassins, la tête martiale
du banquier, celle d'Adolphe, le président, l'abt)é, le notaire, et
se disait intérieurement : « Us sont là pour mes écus. Us viennent
s'ennuvcr ici pour ma fille. Hé ! ma fille ne sera ni pour les uns
ni pour les autres, et tous ces gens-là me servent de harpons
pour pêcher! »
Cette gaieté de famille, dans ce vieux salon gris, mal éclairé
par deux chandelles; ces rires, accompagnés par le bruit du
rouet de la Grande Nanon, et qui n'étaient sincères que sur les
lèvres d'Eugénie ou de sa mère; cette petitesse jointe à de si
grands intérêts; cette jeune fille qui, semblable à ces oiseaux
victimes du haut prix auquel on les met et qu'ils ignorent, se
trouvait traquée, serrée par des preuves d'amitié dont elle était
la dupe; tout contribuait à rendre cette scène tristement
comique. N'est-ce pas d'ailleurs une scène de tous les temps et
de tous les lieux, mais ramenée à sa plus simple expression ?
2.Léviathan de Julien Green

Au bout d'un assez long moment, Mme Grosgeorge plia son journal et se mit à regarder les bûches qui se consumaient.Lorsque la dernière tomberait en morceaux, elle et son mari quitteraient le salon pour regagner leur chambre. C'était le signal qu'ils attendaient l'un et l'autre; aisi s'achevaient leurs soirées d'hiver. Et, tout en considérant les flammes, elle s'abandonnait à mille réflexions. Dans cet intérieur à la fois comique et sinistre, où tout proclamait la petitesse d'une existence bourgeoise, le feu semblait un être pur et fort que 'lon tenait en respect, comme une bête cernée au fond de sa tanière avec des chenêtes des pincettes et des tisonniers,instruments ridicules.
Toujours prêt à se jeter hors de sa prison, à dévorer le tapis, les meubles, la maison détestée, il fallait le surveiller sans cesse, ne pas le laisser seul dans la pièce.
Elle était comme ce feu, furieux et impuissant au fond de l'âtre,agonisant devant des choses sans beauté et des lâches vigilants qu'il ne pourrait jamais atteindre.
Brusquement, M Grosgeorge sortit de son demi-sommeil.
"Hein?Quoi? fit-il.Tu as dit quelque chose?
-Non.Tu as dû rêver"dit-elle d'une voix sèche où perçait le mépris.Et elle ajouta:"je vais monter un instant"
-Ah? Moi aussi.Je dors déjà.Donne moi la pelle que je recouvre les bûches."
Il prit la pelle de cuivre que sa femme lui tendait en silence et ramassant de la cendre la fit tomber d'une manière égale sur les flammes qui s'éteignirent.
3.Du coté de chez Swann de Marcel Proust.
Mais le concert recommença et Swann comprit qu’il ne pourrait pas s’en aller avant la fin de ce nouveau numéro du programme. Il souffrait de rester enfermé au milieu de ces gens dont la bêtise et les ridicules le frappaient d’autant plus douloureusement qu’ignorant son amour, incapables, s’ils l’avaient connu, de s’y intéresser et de faire autre chose que d’en sourire comme d’un enfantillage ou de le déplorer comme une folie, ils le lui faisaient apparaître sous l’aspect d’un état subjectif qui n’existait que pour lui, dont rien d’extérieur ne lui affirmait la réalité ; il souffrait surtout, et au point que même le son des instruments lui donnait envie de crier, de prolonger son exil dans ce lieu où Odette ne viendrait jamais, où personne, où rien ne la connaissait, d’où elle était entièrement absente.
Mais tout à coup ce fut comme si elle était entrée, et cette apparence lui fut une si déchirante souffrance qu’il dut porter la main à son cœur. C’est que le violon était monté à des notes hautes où il restait comme pour une attente, une attente qui se prolongeait sans qu’il cessât de les tenir, dans l’exaltation où il était d’apercevoir déjà l’objet de son attente qui s’approchait, et avec un effort désespéré pour tâcher de durer jusqu’à son arrivée, de l’accueillir avant d’expirer, de lui maintenir encore un moment de toutes ses dernières forces le chemin ouvert pour qu’il pût passer, comme on soutient une porte qui sans cela retomberait.
Et avant que Swann eût le temps de comprendre, et de se dire : « C’est la petite phrase de la sonate de Vinteuil, n’écoutons pas ! » tous ses souvenirs du temps où Odette était éprise de lui, et qu’il avait réussi jusqu’à ce jour à maintenir invisibles dans les profondeurs de son être, trompés par ce brusque rayon du temps d’amour qu’ils crurent revenu, s’étaient réveillés et, à tire-d’aile, étaient remontés lui chanter éperdument, sans pitié pour son infortune présente, les refrains oubliés du bonheur.
J'ai pris le dissertation dialectique.
Mais la citation me pose problème. "Les plus singulières aventures des hommes…."
Est ce que pour Sade, le personnage du roman doit être un héros qui vit des péripéties extraordinaires?
Oui je pense qu'ilf aut comprendre singulière dans ce sens-là
Donc Eugénie Grandet et Proust seraient des contre-exemples
les 3 sont surement des contre -exemples alors, dans le Lévianthan, c'est une bourgeoise qui est dans son salon (lieu des 2 autres textes) et qui regarde le feu. Elle se compare à ce feu "furieux et impuissant au fond de l'âtre, agonisant devant des choses sans beauté et des lâches vigilants qu'il ne pourrait jamais atteindre"

Tout les personnages principaux participe à un combat intérieur, il n'y a pas d'aventures extraordinaires donc….
Cela m'étonne que dans le Corpus on puisse mettre que des contre-exemples….

J'ai déjà trouvé deux sous parties pour l'anthithèse

a) Les personnages qui font avancer l'histoire sans forcément accomplir des choses extraordinaires (Boule de Suif et les 3 textes du corpus)
b)Le Nouveau Roman: absence total de personnage donc d'aventures.

Pour la thèse je suis un peu brouillée….
Je ne vois pas très bien comment je pourrais faire des parties.
Ces 3 textes appartiennent au genre romanesque non? Vu que dans les 3, il y a un mélange comique-tragique.
Et le genre romanesque devrait être dans la thèse puisque l'on utilise le pittoresque et le fantastique dans ce genre là non?
Bonsoir Glagla,

Tu pourrais aussi envisager ce sens :
SINGULIER, IÈRE
adj.
Qui est particulier, qui ne ressemble point aux autres. Un cas singulier. Cet animal est d'une conformation singulière. Un esprit singulier. Il a eu une destinée singulière.
https://www.notrefamille.com/dictionnaire/definition/singulier
Pense aussi à tenir compte de : ouvrage "fabuleux" (qui tient de la fable)…


Muriel
merci beaucoup. 🙂

Pour l'introduction, je n'ai pas trouvée d'amorce, je ne vois pas comment je pourrais débuter en fait…
Pour le texte de Balzac, tu devrais te pencher sur la dernière phrase :
N'est-ce pas d'ailleurs une scène de tous les temps et de tous les lieux, mais ramenée à sa plus simple expression ?
Fais attention car tes textes cultivent tous un aspect de "l'extraordinaire", du "singulier"…
- être celui qui obtiendra un héritage (là, une dot)…
- ramener pour soi des souvenirs heureux à la vie sous l'effet des "hautes notes" d'un violon…

Le contre-exemple, d'après le peu que tu en dis, semble plutôt être l'extrait du Léviathan :
Elle se compare à ce feu "furieux et impuissant au fond de l'âtre, agonisant devant des choses sans beauté et des lâches vigilants qu'il ne pourrait jamais atteindre"
abandon d'un destin "singulier" ? (mais si tu avais le courage de copier le texte, ce serait mieux…)
le texte est mis, je l'ai vite écrit.
J'espère que vous pourrez m'aider, je suis vraiment bloquée.

j'ai essayer de faire un plan mais c'est vrai que vu les questions posées sur le Corpus et le sujet de dissert'….j'ai l'impression de m'emmêler les pinceaux.

Plan:

I]Thèse: Le roman a besoin de héros accomplissant des exploits, des actions singulières.

a) Besoin d'évasion, de rêve avec les romans d'aventure, de chevalerie.
b)
c)

II]Antithèse: Le roman n'est pas forcément un ouvrage fictif et les personnages ne vivent pas d'aventures extraordinaires.

a)Ancrage dans la réalité, rend l'identification plus facile.
b)Les personnages peuvent faire avancer l'histoire sans accomplir de grands exploits/ on ne relève pas d'aspect extraordinaire dans le roman.
c) Le Nouveau Roman, l'absence complète de personnage donc d'aventure et de fiction mais cela reste un roman .

J'ai vraiment l'impression de me perdre là-dedans…. :/
A votre avis est ce que dans cette dissertation, on peut parler d'anti-héros et de roman d'apprentissage.

Je dois moi aussi faire cette dissertation mais pour vendredi!
Voici mon ébauche de plan:

I)Le roman est une œuvre ayant besoin de personnages fantastiques
a) Un personnage sans défaut presque inhumain (ex: roman science fiction)
b) Des personnages qui enseignent des valeurs morales et universelles (ex: j'ai pensé aux romans de chevalerie)
c)

II) Le roman est tout d'abord une aventure et non un personnage
a) Des aventures singulières pour des personnage effacés
b) Le roman engagé, qui dénonce un vis ou un contexte préoccupant
c) La place du anti-héros dans le roman

III) Le roman est fabuleux
a) Le roman est fait pour faire rêver
b) Mais aussi pour faire réfléchir
(ex: le conte peut dénoncer ou accentuer certains faits pour les faire ressortir)

Voila ou j'en suis (j'ai vraiment besoin d'aide)
Merci d'avance
elende
Je me permet de faire un double post car j'y est encore réfléchie mais malheureusement je n'arrive pas a trouvé des oeuvres précises.
Si vous avez des suggestions je suis toute ouï!! 🙂
Sinon j'espere que mon plan peut convenir a cette dissertation mais je n'en suis vraiment pas sur !!! :/
Je dois rendre cete dissertation a la fin de la semaine mais je ne sais vraiment pas commet organiser mon plan l'enonce est:

A la fin du XVIIe siecle, le Marquis De Sade defini ainsi le roman:" On apelle roman l'ouvrage fabuleux compose d'apres les plus sigulieres avventures de la vie des Hommes."
Cette definition vous parraît-elle correspondre a ce que sont un roman et ses personnages? Pour la discuter vous vous apuierez sur votre experience de lecteur et sur les romans etudiers en classe.

Le probleme de tous ca c'est qu'il faut s'appuyer sur un seul roman qu'on a lu en classe qui est L'Assommoir, de Zola. Je serrais vraiment contente si quelqu'un pourrai m'aider.

Merci d'avance.
Bonjour a tous, alors je vous énonce le sujet que j'ai a étudier :
Donnant une définition du roman, le Marquis de Sade disait : " On appelle roman, l'ouvrage fabuleux composé d'après les plus singulières aventures de la vie des hommes ". Dans quelle mesure cette définition vous semble t elle juste?

Alors j'ai trouvé un type de plan, le plus simple avec
I/ Des romans qui relatent des faits singuliers
II/ Romans qui traitent d'histoires de la vie courante

Apres je suppose qu'il y a un III/, qui est la synthèse des deux premières parties, mais je ne parviens pas a la realiser.

J'ai des exemples pour le I & le II mais c'est tout, je ne trouve pas d'arguments valables.. Alors voilà, si quelqu'un pouvait me venir en aide, ça serait génial.

PS: Puisqu'il faut préciser son niveau, je mentionne donc que je suis en 1ère S, donc que comme vous pouvez vous en douter, le français n'est pas mon fort..
Bonjour a tous !
Je suis nouvelle sur ce forum, je viens d'entrer en première L.
J'ai une dissertation a faire pour mardi (je sais que je m'y prends un peu tard)
S'ai un peu de mal à comprendre le sujet et les textes qui vont avec.. Je n'ai pas été en cours quand les textes ontété étudiés..

Voilà le fameux sujet :
D’après le Marquis De Sade : "On appelle roman l'ouvrage fabuleux composé d’après les plus singulières aventures de la vie des hommes" cette définition du roman vous paraît-elle fondée ?

j'ai compris que le mot "singulières" faisait référence a la différence, que c’était unique. Mais ai-je raison ? j'ai également du mal a comprendre le mot "Fabuleux". Les aventures englobe tellement de choses parlons nous ici de l'amour ? car en vue des textes proposé c'est vers ces aventures que je voudrais me diriger.

Je vous mets ci-joint les textes :
LE MAÎTRE: Tu as donc été amoureux ?
JACQUES: Si je l'ai été!
LE MAÎTRE: Et cela par un coup de feu ?
JACQUES: Par un coup de feu.
LE MAÎTRE: Tu ne m'en as jamais dit un mot.
JACQUES: Je le crois bien.
LE MAÎTRE: Et pourquoi cela ?
JACQUES: C'est que cela ne pouvait être dit ni plus tôt ni plus tard.
LE MAÎTRE: Et le moment d'apprendre ces amours est-il venu ?
JACQUES: Qui le sait ?
LE MAÎTRE: A tout hasard, commence toujours…
Jacques commença l'histoire de ses amours. C'était l'après-dîner: il faisait un temps lourd; son maître s'endormit. La nuit les surprit au milieu des champs; les voilà fourvoyés. Voilà le maître dans une colère terrible et tombant à grands coups de fouet sur son valet, et le pauvre diable disant à chaque coup: "Celui-là était apparemment encore écrit là-haut…" Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an, deux ans, trois ans, le récit des amours de Jacques, en le séparant de son maître et en leur faisant courir à chacun tous les hasards qu'il me plairait.
Qu'est-ce qui m'empêcherait de marier le maître et de le faire cocu ? d'embarquer Jacques pour les îles ? d'y conduire son maître ? de les ramener tous les deux en France sur le même vaisseau ? Qu'il est facile de faire des contes! Mais ils en seront quittes l'un et l'autre pour une mauvaise nuit, et vous pour ce délai.
L'aube du jour parut. les voila remontés sur leurs betes et poursuivant leur chemain. - et ou allaient-ils?- Voila la seconde fois que vous me faites cette question, et la seconde fois que je reponds -. Qu'est ce que cela vous fait ? Si j'entame le sujet de leur voyage, adieu les amours de Jacques…

Denis DIDEROT, Jacques le Fataliste et son maitre
Lol, jeune heroine du roman, est conviée a un bal avec son fiancé, Michael. Ce dernier est d'embiée fasciné par Anne-Marie Stretter qu'il rencontre pour la premiere fois, accompagnée de sa fille.

Il s’était arrêté, il avait regardé les nouvelles venues, puis il avait entraîné Lol vers le bar et les plantes vertes du fond de la salle.
Elles avaient traversé la piste et s’étaient dirigées dans cette même direction.
Lol, frappée d’immobilité, avait regardé s’avancer, comme lui, cette grâce abandonnée, ployante, d’oiseau mort. Elle était maigre. Elle devait l’avoir toujours été. Elle avait vêtu cette maigreur, se rappelait clairement Tatiana, d’une robe noire à double fourreau de tulle également noir, très décolletée. Elle se voulait ainsi faite et vêtue, et elle l’était à son souhait, irrévocablement. L'ossature admirable de son corps et de son visage se devinait. Telle qu'elle apparaissait, telle, désormais, elle mourrait, avec son corps désiré. Qui était-elle? On le sut plus tard: Anne-Marie Stretter. Était-elle belle? Quel était son âge? Qu'avait-elle connu, elle que les autres avaient ignoré? Par quelle voie mystérieuse était-elle parvenue a ce qui se présentait comme un pessimisme gai, éclatant, une souriante indolence de la légèreté d'une nuance, d'une cendre? Une audace pénétrée d'elle-même, semblait-il, seule, la faisait tenir debout. Mais comme celle-ci était gracieuse, de même façon qu'elle. Leur marche de prairie a toutes les deux les menait de pair ou qu'elles aillent. Ou? Rien ne pouvait plus arriver a cette femme, pensa Tatiana, plus rien, rien. Que sa fin, pensait-elle.
Avait-elle regardé Michael Richardson en passant? L'avait-elle balayé de ce non-regard qu'elle promenait sur le bal? C'était impossible de le savoir.

Marguerite DURAS,Le ravissement de Lol V.Stein
La Mere de Charles Bovary compare les merites de la premiere epouse de son fils, une veuve nommeé Mme Dubuc, et de sa deuieme epouse, la jeune Emma Rouaux

Du temps de madame Dubuc, la vieille femme se sentait encore la préférée ; mais, à présent, l'amour de Charles pour Emma lui semblait une désertion de sa tendresse, un envahissement sur ce qui lui appartenait ; et elle observait le bonheur de son fils avec un silence triste, comme quelqu'un de ruiné qui regarde, à travers les carreaux, des gens attablés dans son ancienne maison. Elle lui rappelait, en manière de souvenirs, ses peines et ses sacrifices, et, les comparant aux négligences d'Emma, concluait qu'il n'était point raisonnable de l'adorer d'une façon si exclusive. Charles ne savait que répondre ; il respectait sa mère, et il aimait infiniment sa femme ; il considérait le jugement de l'une comme infaillible, et cependant il trouvait l'autre irréprochable. Quand madame Bovary était partie, il essayait de hasarder timidement, et dans les mêmes termes, une ou deux des plus anodines observations qu'il avait entendu faire à sa maman ; Emma, lui prouvant d'un mot qu'il se trompait, le renvoyait à ses malades. Cependant, d'après des théories qu'elle croyait bonnes, elle voulut se donner de l'amour. Au clair de lune, dans le jardin, elle récitait tout ce qu'elle savait par coeur de rimes passionnées et lui chantait en soupirant des adagios mélancoliques ; mais elle se trouvait ensuite aussi calme qu'auparavant, et Charles n'en paraissait ni plus amoureux ni plus remué. Quand elle eut ainsi un peu battu le briquet sur son coeur sans en faire jaillir une étincelle, incapable, du reste, de comprendre ce qu'elle n'éprouvait pas, comme de croire à tout ce qui ne se manifestait point par des formes convenues, elle se persuada sans peine que la passion de Charles n'avait plus rien d'exorbitant. Ses expansions étaient devenues régulières ; il l'embrassait à de certaines heures. C'était une habitude parmi les autres, et comme un dessert prévu d'avance, après la monotonie du dîner.

Gustave FLAUBERT, Madame Bovary
Merci de votre aide en tout cas ! 🙂