Merci beaucoup pour vos éclaircissements !
La "cause inopérante", là je crois que je vais faire fureur en cours de français ! 😉
Bonjour, "bien que" est-il toujours systématiquement suivi du subjonctif ?
La phrase suivante n´est donc logiquement pas correcte : "Bien que j´avais…" ?
Il serait donc plus judicieux d´écrire : "Bien qu´ayant…"
Merci pour vos réponses.
On ne peut certainement pas mettre l'indicatif après "bien que", et le participe présent me paraît lourd. Pour marquer l'antériorité dans un contexte présent, il faut employer le subjonctif passé :
J'ai faim bien que j'aie mangé
Dans un contexte passé, on peut employer le subjonctif présent ou le subonctif imparfait, le second étant plus châtié :
Il ne réclamait rien, bien qu'il eût faim / bien qu'il ait faim.
Enfin, pour marquer l'antériorité dans un contexte passé, on aura de même le choix entre le subjonctif passé et plus que parfait :
J'avais faim bien que j'eusse mangé / bien que j'aie mangé.
Ces phrases ne sont là que pour illustrer le propos, à vrai dire, à chaque fois, j'aurais plutôt employé une simple tournure nominale "malgré ma faim".
david2103 a écrit :Bonjour, "bien que" est-il toujours systématiquement suivi du subjonctif ?
La règle dit : oui. L'usage dit : pas toujours. Du côté de la règle, rappelons la position des grammairiens synthétisée dans Dupré :
Cependant Grevisse cite une série d'exemples d'écrivains célèbres qui ont employé bien que suivi de l'indicatif pour marquer la réalité et bien que suivi du conditionnel pour marquer l'éventualité. (Flaubert, Faguet, A. France. R. Rolland, Chateaubriand). Naturellement, on ne doit pas se prévaloir de ces distractions de quelques grands auteurs pour commettre une aussi grave incorrection.
Je crois que l'usage réel et la raison sont particulièrement finement observés dans
ce texte.
J'en extrais ceci, qui plaide en particulier pour la possibilité de l'indicatif futur et du conditionnel :
Jusqu’à la fin du 17e siècle, les deux modes ont cohabité pacifiquement après bien que : on réservait le subjonctif aux faits douteux, l’indicatif aux faits certains. Puis le subjonctif a imposé sa loi. Mais les écrivains n’ont pas hésité à l’enfreindre : ils ont parfois employé l’indicatif pour insister sur la réalité du fait concédé, le futur pour décrire une action future, le conditionnel pour marquer une éventualité. On cite Chateaubriand : Bien que sa corruption ne lui nuirait point, ou Aragon : Bien qu’après tout, Blanchette est libre, et d’autres.
Un certain nombre de linguistes, et non des moindres, Brunot, les Le Bidois, Grevisse dans ses Problèmes de langage, ont pleinement admis ces exceptions. C’est pourquoi aujourd’hui le Grand Robert souligne que l’indicatif est parfois employé après bien que pour marquer la réalité ou l’éventualité. Le mot important ici est « parfois ». Personne ne recommande l’indicatif dans tous les cas.
Si quelques grammairiens actuels, comme Jean-Paul-Colin dans son Dictionnaire des difficultés, vont dans le même sens, la majorité demeurent inflexibles. Hanse, Girodet et beaucoup d’autres, même la tolérante Grammaire du français contemporain de Larousse, interdisent formellement l’indicatif. Dupré y voyait une « grave incorrection ».
On peut deviner pourquoi ils résistent à accepter l’indicatif même pour insister simplement sur la réalité du fait : chacun pourrait bien décider d’insister sur la réalité du fait chaque fois qu’il emploie bien que. La porte serait alors toute grande ouverte à l’indicatif; l’exception deviendrait la règle.
Mais pourquoi ces linguistes s’entêtent-ils à refuser l’indicatif futur, qui permet d’éviter l’ambiguïté du subjonctif présent? La phrase :
Sa déclaration ne peut être interprétée comme une manifestation d’hostilité, bien que certains ne manqueront pas de le faire.
serait donc incorrecte. Mais normalement c’est le subjonctif présent qu’on emploie pour une action future. Or ici il créerait un faux sens :
Sa déclaration ne peut être interprétée comme une manifestation d’hostilité, bien que certains ne manquent pas de le faire.
Bonjour à tous,
Merci pour ce site (je viens de m'y inscrire) et, je suis heureux de trouver une communauté passionnée par notre langue.
Ma question porte sur une définition de la syntaxe.
Sur Facebook, suite à un article publié, une personne commente : "Ah ces journalistes qui ne savent même plus la syntaxe !".
Cette personne corrige la phrase suivante de l'article :
"Le « First Folio » de Shakespeare, dont on ignorait l’existence ici bien qu’il était rangé depuis 400 ans".
Et voici la correction de cette personne : "Le « First Folio » de Shakespeare, dont on ignorait l’existence ici bien qu’il FÛt rangé depuis 400 ans…".
Nonobstant le "t" de "FÛt"… s'agit-il réellement de syntaxe ? L'erreur de temps est-elle une erreur de syntaxe ?
Plus j'y réfléchie, plus, je dois l'avouer, je pense le croire à 51% mais… reste 49% de doute.
Merci par avance pour vos réponses !
En tout cas, il s'agit moins d'une erreur de temps que d'une erreur de mode : "bien que" requiert le mode subjonctif et non l'indicatif.
Et "réfléchir" est un verbe du 2[sup]e[/sup] groupe.
Donc : "plus j'y réfléchis"… 😉
Je crois que le questionneur veut savoir si l'erreur relevée est une erreur de
syntaxe ou pas. Il faut admettre qu'il n'est pas aisé pour M. Toutlemonde d'appréhender ce terme.
Après lecture de ceci
https://www.cnrtl.fr/definition/syntaxe je répondrais OUI.
Tiens, c'est drôle, je l'ai vu aussi ce commentaire.
Je me demandais pour ma part de quelle manière il avait été retrouvé, cet ouvrage. Il était donc rangé à sa place ?
Quoi qu'il en soit, je ne pense pas qu'il faille parler de syntaxe dans un tel cas. Par contre, en lisant
la définition du Larousse, je ne sais pas trop comment l'interpréter. Selon moi il s'agit principalement de l'ordre des mots dans une phrase, et cela ne concerne pas la conjugaison.
Oui "réfléchis"… Pardon !
Et merci pour vos réponses.
Par contre, je ne sais pas pourquoi mon message a été déplacé ici.
Il ne s'agit pas d'une question sur l'emploi du subjonctif mais sur le terme syntaxe.
Il y a beaucoup de définitions de la syntaxe ; une définition ancienne disait "l'art de disposer et de coordonner les différentes parties du discours" ; le choix du mode du verbe dans la subordonnée est typiquement une affaire de syntaxe.
Merci beaucoup Lamaneur !
Bonsoir,
J'ai mis un "post" (n° 23) sur l'emploi du subjonctif après "bien que" dans la discussion concernant la concordance des temps après "bien que".
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/39929-concordance-des-temps-avec-bien-que-p3.htmlBonjour,
Bien que + subjonctif… alors pourquoi la phrase suivante me semble-t-elle correcte : Il est sorti bien qu'il devait rester à la maison.
Quelqu'un peut-il éclairer ma lanterne ?
Non, elle n'est pas correcte, selon les critères classiques de la grammaire.
Il faudrait :
Il est sorti bien qu'il dût rester à la maison.
Il est sorti bien qu'il eût dû rester à la maison.
Mais ces temps sont tellement peu usités de nos jours que ces phrases auront du mal à être prononcées par quelqu'un aujourd'hui. Éventuellement, on fera fi de la concordance des temps :
Il est sorti bien qu'il doive rester à la maison.
ou on utilisera un conditionnel :
Il est sorti bien qu'il aurait dû rester à la maison.
(cette dernière construction étant parfois contestée par certains grammairiens).
Naturellement, il arrive qu'on entende ou qu'on lise un imparfait de l'indicatif, mais ce n'est pas recommandé.
Pour garder l'imparfait, on pourrait exprimer une simple opposition au lieu d'une concession, mais le sens ne serait pas tout à fait le même.
Il est sorti, alors qu'il devait rester à la maison.
Bonjour,
je suis tombée sur la phrase suivante dans ma grammaire:
Bien que ce candidat ait fait des efforts, le jury ne l'a pas admis à l'oral.
Je me demande si on pourrait remplacer le subj. pass é par le subj. imparfait:
Bien que ce candidat fît des efforts, le jury ne l'a pas admis à l'oral.
Ou: Bien que ce candidat fasse des efforts … ?
(vu que le subj. imparfait se remplace par le subj. présent à la langue courante. Correct?)
De plus, je me réfère au message suivant de Lucretius:
Où puis-je relire ces règles dont il parle? Je ne les trouve nulle part dans ma grammaire.
Lucretius a écrit :21/11/2013 à 13:44
On ne peut certainement pas mettre l'indicatif après "bien que", et le participe présent me paraît lourd. Pour marquer l'antériorité dans un contexte présent, il faut employer le subjonctif passé :
J'ai faim bien que j'aie mangé
Dans un contexte passé, on peut employer le subjonctif présent ou le subonctif imparfait, le second étant plus châtié :
Il ne réclamait rien, bien qu'il eût faim / bien qu'il ait faim.
Enfin, pour marquer l'antériorité dans un contexte passé, on aura de même le choix entre le subjonctif passé et plus que parfait :
J'avais faim bien que j'eusse mangé / bien que j'aie mangé.
Ces phrases ne sont là que pour illustrer le propos, à vrai dire, à chaque fois, j'aurais plutôt employé une simple tournure nominale "malgré ma faim".
Merci d'avance
Bien que ce candidat ait fait des efforts, le jury ne l'a pas admis à l'oral.
Le subjonctif passé indique une action achevée, par rapport à celle de la principale au passé.
Au moment de la non-admission, les efforts du candidat étaient achevés.
Bien que ce candidat fît des efforts, le jury ne l'a pas admis à l'oral.
Le subjonctif imparfait indiquerait une action passée simultanée par rapport à celle de la principale au passé, et voudrait dire que le candidat continuait à faire des efforts au moment où il n'a pas été admis.
Même analyse avec l'équivalent au subjonctif présent (registre courant) : Bien que ce candidat fasse des efforts…
Merci. Sais-tu où je peux relire cette règle?