Bien que + subjonctif
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Honte à moi, j'oublie mes conjugaisons…
Dit-on: "L'arrière-plan était noir, me faisant apparaître profondément seule, bien qu'il était évidement que je regardasse quelqu'un" ou "bien qu'il était évident que je regardais quelqu'un"?
En toute logique il faut du subjonctif, mais "regardasse" me choque… :/
Bonsoir Oregann,
Moi, c’est « était » que je mettrais au subjonctif.
Ce qui donnerait
bien qu'il fût évidement que je regardais quelqu'un 🙂
Mais tu pourrais dire
Il aurait fallu me payer cher pour que je le regardasse 😂 (l'arrière-plan !)
Merci…
Je me disais bien que "regardasse" était choquant…
En fait c'est pour une traduction d'anglais extraite de La Jeune Fille à la Perle: "the background was black, making me appear very much alone, although I was clearly looking at someone".
Je prends votre proposition, Léah! 😉 Malheureusement, il n'est pas question ici d'être payée! 😂
Pourquoi deux subordonnées pour en traduire une seule ?
although I was clearly looking at someone
quoique je regardais quelqu'un, c'était clair
ou
quoique, évidemment, je regardais quelqu'un
Oui, c'est vrai… Ce serait plus simple en effet… 🙂
Bonjour,
Je suis en train de faire une traduction qui me pose un problème au niveau du français.
En effet, j'ai un "bien que" dans le passé. Selon les règles que j'ai pu lire, les subjonctifs passé et plus que parfait s'imposent, mais cela me paraît réellement dissonant.
Voici la phrase comme je l'ai traduite.
"Cela signifiait que, bien que le changement de la politique économique dans son ensemble prît la bonne direction et eût profité au pays, il n’allait jamais apporter la base d’une véritable croissance économique dans une Irlande qui n’entretenait des liens économiques qu’avec le Royaume-Uni."
Qu'en pensez-vous ? Un simple indicatif ne suffirait-il pas ?
Pour info, voici la phrase anglaise :
"This meant that while the direction of the change in overall
economic policy was correct and had brought some benefit, it
would never provide a basis for real economic growth in an
Ireland whose only economic ties were with the UK."
Il faut normalement le subjonctif après bien que.
Vos emplois de l'imparfait et de plus-que-parfait ne choquent pas à la 3ème personne du singulier. Il est toléré d'utiliser le présent ou le passé ? "Cela signifiait que, bien que le changement de la politique économique dans son ensemble prenne la bonne direction et ait profité au pays… Mais ce n'est pas mieux.
Certains préconisent l'indicatif, mais là, ça me choquerait : "Cela signifiait que, bien que le changement de la politique économique dans son ensemble prenait la bonne direction et avait profité au pays…
Vous aurez sans doute d'autres avis.
Je pense également qu'il faut absolument garder le subjonctif, et que, même si on peut tolérer l'absence de concordance des temps, il est bien préférable d'appliquer ses règles.
Je ferais juste une remarque sur le temps utilisé :
while the direction of the change in overall
economic policy was correct
bien que le changement de la politique économique dans son ensemble prît la bonne direction
Je trouve que la manière dont tu as changé la tournure anglaise est très habile. Un traducteur plus paresseux aurait dit :
bien que la direction du changement de politique économique fût correcte…, ce qui est bien sûr imbuvable. Mais le changement de tournure impose aussi, il me semble, un changement d'aspect.
Prendre une direction implique une initiative : c'est le commencement de quelque chose. C'est pourquoi je pense préférable d'employer une forme composée.
Donc,
eût pris la bonne direction.
Très juste !
Merci pour votre aide.
Une petite remarque, Organn: le verbe regarder dans la phrase citée ne vient pas après bien que, la question du mode à employer ne se pose donc pas par rapport à cette conjonction de subordination.
Bonjour à tous,
Je me permets de poser une question similaire concernant la phrase suivante.
"Bien qu’il n’y avait pas de chauffage, il faisait bon. Plus il y a de personnes réunies au même endroit, plus la température augmente. Nous trois dans cette pièce, il faisait bon, ou plutôt devrais-je dire chaud."
C'est également une traduction (par contre c'est du japonais, donc je m'abstiens de mettre l'original).
A l'instar des autres participants à cette discussion, je sais qu'il faut normalement le subjonctif, mais dans le cas présent, il faudrait donc le subjonctif imparfait qui me paraît étrange à l'oreille et à la lecture. Je souhaiterais avoir votre opinion.
Merci d'avance !
Bonsoir,
Bien qu'il n'y eût pas de chauffage, il faisait bon. C'est bien cela, en principe.
Merci beaucoup pour votre réponse Delisa.
Je vais donc rester orthodoxe et utiliser le subjonctif imparfait…
Mais le subjonctif présent, dans un registre courant, est également admissible :
Bien qu'il n'y ait pas de chauffage, il faisait bon.
Seul l'indicatif imparfait "avait" est à proscrire.
Bonjour,
Je me pose une question et j'ai besoin de vos éclaircissements.
En effet, on emploie le subjonctif avec "malgré que" et "bien que" ex: malgré qu'il soit venu…. Bien que tu sois là….
Pourtant normalement on utilise le subjonctif dans les actions qui ne sont pas sures (ex: pour qu'il soit content, il faudrait que tu viennes) mais dans les exemples avec malgré que et bien que, les situations ont été réalisées, alors pourquoi utilise-t-on le subjonctif?
Merci pour votre aide ! 😉
Malgré que est fautif sauf dans malgre qu'il (ou tu je nous) en ait, dans le sens mauvais gré qu'il ait de faire ça, cela va contre son gré.
Ils demandent toujours le subjonctif, quoique j'aie pu déjà lire des bien qu'ils ont.
Quant à la raison de l'emploi du mode je ne sais pas.
malgré que n'est plus considéré comme fautif dans le sens de bien que...
Les risques de confusion avec la tournure vieillie malgré qu'il en ait sont minimes.
Et la formation de cette locution conjonctive (préposition + que) est grammaticalement irréprochable (cf. avant que, pour que, sans que, dès que, et tant d'autres).
Quant à la raison du subjonctif dans ces subordonnées concessives, c'est que le fait, quoique réel, n'a pas la conséquence attendue. Tout se passe comme s'il n'existait pas.
Bien qu'il pleuve, je sors.
Le fait de pleuvoir est réel, mais n'a pas la conséquence attendue : je sors quand même.
Tout se passe comme si la pluie n'existait pas.
Les grammairiens parlent ici d'un subjonctif exprimant la "cause inopérante".
Ah, j'apprends quelque chose. Est-ce récent, ou bien ai-je vécu longtemps dans l'erreur ?
Robert des Difficultés :
La locution malgré que, suivie du subjonctif et introduisant une subordonnée concessive, est aujourd'hui passée dans l'usage des meilleurs écrivains.
Et de citer des phrases de Marcel Aymé, de Gide, de Ramuz, de Mauriac.
Le Larousse cite même un exemple de Baudelaire.
La grammaire Robert & Nathan croit bon de signaler :
Attention ! Malgré que est aujourd'hui d'usage.
… avec exemple de Proust.
Quant à Riegel, après avoir mentionné la condamnation des puristes :
En réalité, malgré que, en face de la préposition malgré + GN, est parfaitement intégré au système grammatical.