Accord du participe passé

Langue française

4223 réponses · Page 74 / 212

Bonjour Jehan, bonjour Anne,

Merci pour le procédé pratique avec "par", que je connais (Grevisse, par ex., l'indique dans son ouvrage cité ci-dessous).

Par ailleurs, je me réfère à L'accord du participe passé, M. Grevisse, 7e édition revue par Henri Briet, De Boeck supérieur, 2e tirage 2012, 208 p. Il doit s'agir d'une réédition du Savoir accorder le participe passé de Grevisse.

H. Briet. (p. 116-117) rappelle tout d'abord la règle générale d'accord du pp conjugué avec "avoir" et suivi d'un infinitif (accord avec le c.o.d. qui précède si celui-ci fait l'action exprimée par l'infinitif).

Puis il donne l'exemple suivant :Les violonistes que j'ai entendus jouer étaient de jeunes élèves de l'Académie.

Ensuite, il fait l'analyse suivante : "Puisque violonistes peut faire l'action de jouer, il n'est donc [ sic ] pas complément de jouer, mais bien de entendu qui s'accorde donc avec lui et se met au masculin pluriel."

Il prend un autre exemple : Les airs que j'ai entendu jouer provenaient des opéras de Mozart. Il en fait l'analyse suivante : "Le mot airs, dont on pense qu'il est c.o.d., ne peut faire l'action de jouer, il est donc c.o.d. de jouer et ne l'être de entendu qui reste invariable."

L'ensemble de ces deux analyses, c'est ce que j'appelle "la méthode Briet".

Pour ma part, je préfère la "méthode" du Bled orthographe-grammaire, qui procède avec les questions traditionnelles qui ? quoi ? à qui ? à quoi ?, etc.

Ex. pris par cet ouvrage : La pièce que j'ai vu jouer a beaucoup ému le public. Recherche du c.o.d. : J'ai vu quoi ? Que, mis pour la pièce. Recherche de l'auteur qui fait l'action exprimée par l'infinitif : ce n'est pas la pièce qui joue. Comme le c.o.d. placé avant le pp ne fait pas cette action, on n'accorde pas le pp avec ce c.o.d.

Que pensez-vous de tout cela, et quelle analyse faites-vous, par ex., pour aboutir à l'invariabilité du pp dans la phrase ci-après ?

La personne à qui j'ai entendu dire que j'étais nul…


Bon(ne) après-midi !
bonjour,

Je dirais que c'est la personne qui "dire", donc accord.
le site "Français facile" préconise également la méthode H.Briet à supposer qu'il en ait la paternité.

De plus, au ressenti, je mettrais "de" et non "à" (peut-être à tort).

Cordialement,
Paul
Non, c'est bien "à" :
J'ai entendu dire à cette personne que j'étais nulle ==> La personne à qui j'ai entendu dire que j'étais nul…
La préposition "de" s'emploie aussi, mais dans un autre sens :
J'ai entendu dire de cette personne qu'elle était nulle ==> La personne de qui j'ai entendu dire qu'elle était nul…
Dans le cas, c'est bien la personne qui dit. Dans le second, on dit quelque chose de la personne.
La personne à qui j'ai entendu dire que j'étais nul…
La phrase est ambiguë. On ne sait pas si c'est la personne qui a dit ou si quelqu'un a dit à la personne.
Mais dans les deux cas, il n'y a rien placé avant dire dont on peut se demander s'il est "sujet" ou COD de dire. Donc pas d'accord.
Bonsoir,

Je crains de ne jamais parvenir à faire correctement les accords du participe passé. Il n'y a en conclusion aucune recette miracle.

Lamaneur :
Dans le cas, c'est bien la personne qui dit. Dans le second, on dit quelque chose de la personne.
Dans la première phrase, il me semble que ce n'est pas la personne qui dit mais un inconnu non nommé. La personne reçoit la confidence désobligeante me semble-t-il ?
De toute façon "personne" est COI et non COD si je comprends encore quelque chose.

Pour le reste, je saisi la nuance que vous indiquez entre l'usage de "de" et "à" dans la phrase.

Anne : je ne comprend pas ce que vous voulez dire par :
Mais dans les deux cas, il n'y a rien placé avant dire
Cordialement,
Paul
paulang a écrit :le site "Français facile" […]
Le français facile, c'est un oxymore. 😀
paulang a écrit : Anne : je ne comprends pas ce que vous voulez dire par :
Mais dans les deux cas, il n'y a rien placé avant dire
Cordialement,
Paul
Aucun mot placé avant le verbe dont on doit se demander s'il est "sujet" ou COD de dire puisque "à qui" est un COI, qu'on le rattache à entendu ou à dire, selon l'interprétation que l'on fait de la phrase.
Bonjour Freddy lombard,

Et "occis mort" est-il un oxymore, une faute de français ou une faute de goût ? 😂

Paul
paulang a écrit :Et "occis mort" est-il un oxymore, une faute de français ou une faute de goût ?
Un pléonasme, sans exclure certaines autres catégories !
Bonjour,

Je reviens sur cette phrase :

La personne à qui j'ai entendu dire que j'étais nul…

Ici, l’agent (le "sujet" = "la personne") de la proposition infinitive ("dire que j'étais nul") se présente sous la forme d'un objet indirect. Il ne peut donc plus être considéré comme objet direct. Dès lors, il n'a pas d'influence sur le participe passé.

Anne, il est vrai que cette phrase peut recevoir deux interprétations. A remarquer que ce n'est plus le cas si j'écris : La personne par qui j'ai entendu dire que…
Bonjour,

La phrase suivante me pose problème :

J'en ai croisé(s) beaucoup dans ma jeunesse. ("en" remplace ici le mot "criminels")

Faut-il accorder le participe passé étant donné qu'il est placé avant l'auxiliaire ? Est-ce aussi simple que cela ou y a-t-il une autre règle que j'oublie ?

Merci d'avance !
Selon Grévisse, on a le choix.
Invariable :
- Voyez ces fleurs, en avez-vous cueilli ? (Littré)
- J'en ai tant vu, des rois. (Hugo)

Variable :
Les fleurs, il n' en avait jamais vues. (Proust)
Des gens comme nous en avons tant connus. (Péguy)
Grevisse ne dit pas qu'on a le choix, il dit que "le participe reste d'ordinaire invariable […] Cependant, la règle n'est pas toujours appliquée, et il n'est pas rare qu'on traite en comme un autre pronom personnel et qu'on lui attribue le genre et le nombre du nom qu'il représente." Le bon usage p. 1335.
Personnellement, je ne fais pas l'accord.
Chacun son Grevisse.

J'ai recopié la page 27 de mon Grevisse : Savoir accorder le participe passé. Règles exercices et corrigés Ed. Duculot 1975.
La première phrase est :
On a le choix.


Et le N.B : dans la pratique, le plus simple est de laisser toujours invariable ce participe.
Bonjour,

J'ai là trois phrases dont je voudrais être certain de la bonne orthographe, en particulier en ce qui concerne l'accord du participe passé. Pourriez-vous me dire si cela est bon s'il vous plait ?



- Le risque existe que cette organisation sociale ne rende pas justice à ces gens dont les habiles interprétations ont, pour beaucoup de spectateurs, enrichies, mises en lumière et apportées de nouveaux regards sur la musique des autres.

- De fatigantes tournées en France et en Andalousie ont lourdement éprouvé cet homme.

- Ce n'est pas un hasard si douze artistes – dont Robert et Géraldine – interprètent le tableau qu'ils ont choisi de développer


Merci.
… les habiles interprétations ont, pour beaucoup de spectateurs, enrichi, mis en lumière et apporté de nouveaux regards
Merci, les autres conviennent ?
Oui. Il te suffit de revoir l'accord du participe passé employé avec AVOIR.
Oui, j'ai parfois l'impression qu'une règle cachée peut surgir à chaque instant concernant certains mots ou places dans la phrase avec cette règle du participe passé employé avec AVOIR. J'ai préféré être sûr, et apparemment j'ai bien fait. Merci.
Oui.

Rappelons que le participe passé conjugué avec "avoir" ne peut s'accorder qu'avec un COD placé avant.
Donc pas avec le sujet féminin pluriel "Les habiles interprétations" comme tu as fait pour la première phrase. Et il n'y a qu'un COD placé après : "de nouveaux regards".
Les participes enrichi, mis et apporté n'ont donc pas ici à s'accorder.

Même raisonnement pour la deuxième phrase : le COD "cet homme" est placé après le participe "éprouvé".

Dans la troisième phrase, pas de COD du participe, qui n'a donc pas à s'accorder : le relatif "qu" ( = le tableau) est COD de "développer" et non pas de "choisi". (qu'ils ont choisi de développer = ils ont choisi de développer le tableau.) De toute façon, au masculin singulier, l'orthographe du participe n'aurait pas été modifiée.


Pas d'erreurs pour les autres mots.