Accord du participe passé

Langue française

4223 réponses · Page 56 / 212

Bonjour Edy,

j'apprécie la clarté de vos interventions.
j'interviens pour la première fois et sur un très ancien message, mais je ne serai pas tranquille tant que ce doute subsistera.

Vous citez en exemple "Les efforts que cela m'a coûtés" .

J'aurais écrit d'instinct "Les efforts que cela m'a coûté" pour l'accorder avec "cela" et après réflexion également.

Souvent les règles de grammaire rejoignent la logique de l'action ou du processus, et là, je coince…

Peut-on admettre les deux façons ?
Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct s'il est placé avant le verbe.
Cela m'a coûté quoi ? des efforts. Donc accord au masculin pluriel : Les efforts que cela m'a coûtés.

Mais pour les verbes coûter, peser, valoir, etc. il faut faire attention qu'il s'agisse bien d'un complément d'objet et non d'un complément de mesure qui répond à la question "combien". Dans ce cas le participe reste invariable : Les dix euros que cela m'a coûté : Cela m'a coûté combien ? Dix euros.
Bonjour,

Question peut-être bête:
"Sans parler des ennuis que cela lui aurait valu". On écrit "valu"(accord avec "cela") ou "valus" (accord avec "des ennuis")??

D'après votre site sur lequel j'ai trouvé ceci (cf ci-dessous), il faudrait écrire "Sans parler des ennuis que cela lui aurait valus", mais ça me paraît très étrange et je voulais avoir la confirmation.
Dans sa « Grammaire des grammaires », Charles Pierre Girault-Duvivier écrivait : « Les anciens grammairiens avaient encore cherché à établir une exception bien singulière : ils voulaient que le participe passé employé dans les temps composés d’un verbe actif, quoique précédé de son régime direct, ne s’accordât point avec ce régime, lorsque le sujet était énoncé par le démonstratif cela. Ils étaient d’avis de dire “les soins que cela a exigé”, “les peines que cela a donné”, au lieu de “les soins que cela a exigés”, “les peines que cela a données”. Mais depuis longtemps cette exception n’est plus admise. » On écrira donc, par exemple, « La liberté que cela m’a offerte ».
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/accord-participe-passe-avoir
Merci de votre aide!
"Sans parler des ennuis que cela lui aurait valus".
On accorde conformément à la règle avec le COD placé avant.
Mais valoir ne s'accorderait pas avec un complément de prix :
"Sans parler des cent euros que cela lui aurait valu".
Merci beaucoup Anne345 pour votre aide! et toutes mes excuses pour une question à laquelle je pouvais déjà trouver une réponse sur ce forum!
Sans parler des ennuis que cela lui aurait valus.
Cela lui aurait valu quoi ? > des ennuis.
Accord du participe avec le COD.


Sans parler des cent euros que cela aurait valu.
Cela aurait valu combien ? > cent euros.
Ce n'est pas un COD, mais, comme dit Anne345, un complément de prix.
On n'accorde pas le participe.
Jehan a écrit :Sans parler des cent euros que cela aurait valu.
Cela aurait valu combien ? > cent euros.
Ce n'est pas un COD mais, comme dit Anne345, un complément de prix.
On n'accorde pas le participe.
Je signale ici que le professeur Audet ne serait pas d'accord avec cette interprétation. C'est à la page 13 (cas 23-26) de son étude sur le participe passé : https://www.etudes-litteraires.com/le.grammairien/ftp/pp1.pdf

Des divergences existent d'ailleurs entre les linguistes sur de nombreux cas. J'en ai donné un condensé dans mon travail sur la réforme des accords du participe passé : sujet "Pour une réforme du participe passé".
Il a tenté de généraliser ce qui n'est pas généralisable. Ses explications sont plus détestables que les règles déjà établies.

6c Les tableaux que j'ai vu tomber. L'accord dans cet exemple vous gêne pas?
Dans un tel cas, selon la règle traditionnelle, l'accord devrait être fait, puisque l'antécédent est l'agent de l'infinitif.
Mais le non-accord proposé ici ne serait pas absurde.
La règle ne date que du XVIII[sup]e[/sup] siècle, et elle ne fut pas toujours respectée dans l'usage. Auparavant, le grammairien Vaugelas prônait l'invariabilité.
En 1901, il y eut un arrêté tolérant l'invariabilité, de même qu'en 1976.
Le grammairien Wilmet, pour sa part, fait remarquer que le COD du participe, ce n'est pas seulement "les tableaux". En fait, j'ai vu "les tableaux tomber", j'ai vu la chute des tableaux. Une partie du COD (l'infinitif) suit donc le participe, ce qui peut justifier le non-accord.
Les règles actuelles du participe (Grevisse) ont été ébauchées par les poètes Clément Marot (verbe Avoir) et François de Malherbe (verbes pronominaux). J'en profite pour souligner que les problèmes linguistiques ne devraient pas être traités par une assemblée d'écrivains comme l'Académie française, mais par un conseil de linguistes (théorie) et d'enseignants (pratique). Avoir écrit de très beaux poèmes ou romans ne fait pas forcément de vous un spécialiste de la grammaire et de l'orthographe !

Comme dit Jehan, les règles du participe passé ont été très discutées par les grammairiens, plus généralement les principes de l'orthographe française (étymologique ou phonétique). Dans l'étude signalée de Ludo Melis, j'ai relevé 16 cas particuliers (pages 9 et suivantes) sans compter les cas trop généraux, redondants ou sans auxiliaire verbal : 4, 6, 11, 13, 16 à 20, 24 (et 23), 27, 29, 32, 34, 50 et 53. Ludo Melis s'écarte de Grevisse dans 8 cas : 4, 11, 13, 16, 19, 20, 24 et 32.

Devant cet imbroglio, plusieurs linguistes ont proposé deux règles simples : invariabilité permanente du participe passé avec le verbe Avoir, son accord systématique avec le sujet du verbe Être (ou un verbe d'état). J'ai moi-même réalisé un travail (signalé) allant dans ce sens (page 31), avec mes arguments personnels. Cette solution avait failli l'emporter lors de la petite réforme de 1990.

Les usages oraux suivent aussi largement ces principes, bien que l'on ne puisse en juger que pour les participes passés se prononçant au féminin. C'est aussi le cas pour 86 à 89 % des ''fautes'' relevées dans la presse. Je pourrais citer mes sources, pour l'oral comme pour l'écrit. Il faut par ailleurs signaler que c'est ce qui se fait en espagnol (langue apparentée au français), aussi bien pour son verbe Avoir (haber) que pour ses deux verbes Être (ser, estar).


Si vous écrivez un article ou un livre, vous pouvez suivre sans problème ces principes. Dans l'avertissement du livre, vous indiquerez par exemple que vous adoptez l'orthographe de la petite réforme de 1990 (facultative) en tout ou en partie, aussi ces principes d'accord pour le participe passé. Arguments : les règles actuelles du participe passé (Grevisse) manquent de bases théoriques, sont aussi trop controversées entre les grammairiens. Essayer de suivre ces règles multiplierait les risques de solutions divergentes pour des cas analogues.

Mais si vous devez passer des examens ou des concours, il vaut mieux essayer de suivre les règles actuelles, même s'il existe une certaine tolérance. Par ''règles actuelles'', j'entends celles exposées par Grevisse, généralement considéré comme le ''grand calife'' ! Pour ne pas trop vous casser la tête, vous pouvez alors poser la question : qui (personnes) ou qu'est-ce qui (choses) est participe passé ? Pour les verbes toujours pronominaux (s'enfuir), ce sera ''s'est'' au lieu de ''est''. Vous accorderez ensuite votre participe passé avec le support identifié par cette question.

Mettez toutefois de côté les cas où le support se confond avec le sujet du verbe Avoir : ''La terre a rougi''… L'accord sera aussi bloqué (invariabilité) si le support est situé après le participe, donc non encore apparu. On en exceptera les verbes Être dont le sujet est support inversé : ''Paul visita le village où était installée sa fille''…

Vous résoudrez alors 80 ou même 90 % des problèmes ! Pour les 10 % restants, je ne vois malheureusement que le par-cœur, comme d'ailleurs souvent pour l'orthographe française. Suivez alors plutôt Grevisse, beaucoup plus connu que Ludo Melis. Mais celui-ci n'a pas forcément tort pour autant ! 🙄
Bonjour,
Dans la phrase "Merci de nous avoir rappelé(s)", le verbe rappeler s'accorde-t-il avec "nous" (ici un pluriel masculin).
Si la phrase avait été: "Merci de nous avoir fait attendre", là il me semble que ça ne s'accorde pas. Je suis toujours un peu perdu avec l'accord du verbe avoir.
Merci d'avance et désolé pour la question idiote 😜
"Merci de nous avoir rappelés" : accord avec le COD placé avant le verbe (ici un pluriel masculin).
"Merci de nous avoir fait attendre" : jamais d'accord de "fait" suivi d'un infinitif.
Spalding a écrit :Pour ne pas trop vous casser la tête, vous pouvez alors poser la question : qui (personnes) ou qu'est-ce qui (choses) est + participe passé ? Pour les verbes toujours pronominaux (s'enfuir), ce sera ''s'est'' au lieu de ''est''. Vous accorderez ensuite votre participe passé avec le support identifié par cette question.
Mettez toutefois de côté les cas où le support se confond avec le sujet du verbe Avoir : ''La terre a rougi''… L'accord sera aussi bloqué (invariabilité) si le support est situé après le participe, donc non encore apparu. On en exceptera les verbes Être dont le sujet est support inversé: ''Paul visita le village où était installée sa fille''…
Vous résoudrez alors 80 ou même 90 % des problèmes !
Merci de ce rappel de la méthode Wilmet, à laquelle j'ai moi-même
souvent fait de la publicité sur ce forum ! 🙂
En fait, le Désigné Passif employé par le professeur est identique, dans la plupart des cas, à le COD placé devant son verbe. Puis il généralise cette méthode sur tous les autres cas, par exemple '' Elle est revenue.''

Je me souviens encore des ''règles'' de mon prof,

1. Pour les verbes comme venir, tomber, on n'a qu'à les mémoriser.
2. Pour les verbes conjugués avec ''avoir'' et les verbes pronominaux, on utilise toujours la règle '' cOD placé devant son verbe''.
2a. Dans certains verbes ''essentiellement pronominaux'', où on ne sait même pas si le s' est un COI ou un COD, on fait l'accord avec le sujet.

ex. Elle s'est souvenue de lui.

3. Dans les phrases impersonnelles, on n'accorde pas.

4. Non plus pour ''faire faire''

Ça va régler au moins 90% des cas.
Jehan a écrit :Merci de ce rappel de la méthode Wilmet, à laquelle j'ai moi-même souvent fait de la publicité sur ce forum ! 🙂
C'est effectivement la méthode Wilmet. Mais il faut signaler que Wilmet s'est en l'occurrence beaucoup inspiré d'Audet. S'agissant de celui-ci, je conteste l'appellation "participe passif" alors qu'il est souvent à la voix active. Mais c'est une question académique !

J'ai par ailleurs commis une erreur dans mon message 817 (page 82), où la méthode Audet/Wilmet est exposée. Ce n'était pas le linguiste Ludo Melis qu'il fallait lire, mais Charles-Henri Audet. Je répète donc ce message, en indiquant l'étude d'Audet : https://www.etudes-litteraires.com/le.grammairien/ftp/pp1.pdf


Les règles actuelles du participe (Grevisse) ont été ébauchées par les poètes Clément Marot (verbe Avoir) et François de Malherbe (verbes pronominaux). J'en profite pour souligner que les problèmes linguistiques ne devraient pas être traités par une assemblée d'écrivains comme l'Académie française, mais par un conseil de linguistes (théorie) et d'enseignants (pratique). Avoir écrit de très beaux poèmes ou romans ne fait pas forcément de vous un spécialiste de la grammaire et de l'orthographe !

Comme dit Jehan, les règles du participe passé ont été très discutées par les grammairiens, plus généralement les principes de l'orthographe française (étymologique ou phonétique). Dans l'étude signalée d'Audet, j'ai relevé 16 cas particuliers (pages 9 et suivantes) sans compter les cas trop généraux, redondants ou sans auxiliaire verbal : 4, 6, 11, 13, 16 à 20, 23 (24), 27, 29, 32, 34, 50, 53. Audet s'écarte de Grevisse dans huit cas : 4, 11, 13, 16, 19, 20, 24, 32.

Devant cet imbroglio, plusieurs linguistes ont proposé deux règles simples : invariabilité permanente du participe passé avec le verbe Avoir, son accord systématique avec le sujet du verbe Être (ou un verbe d'état). J'ai moi-même réalisé un travail allant dans ce sens : sujet "Pour une réforme du participe passé". Cette solution avait failli l'emporter lors de la réforme de 1990.

Les usages oraux suivent aussi largement ces principes, bien que l'on ne puisse en juger que pour les participes passés se prononçant au féminin. C'est aussi le cas pour 86 à 89 % des ''fautes'' relevées dans la presse. Je pourrais citer mes sources, pour l'oral comme pour l'écrit. Il faut par ailleurs signaler que c'est ce qui se fait en espagnol (langue apparentée au français), aussi bien pour son verbe Avoir (haber) que pour ses deux verbes Être (ser, estar).


Si vous écrivez un article ou un livre, vous pouvez suivre sans problème ces principes. Dans l'avertissement du livre, vous indiquerez par exemple que vous adoptez l'orthographe de la petite réforme de 1990 (facultative) en tout ou en partie, aussi ces principes d'accord pour le participe passé. Arguments : les règles actuelles du participe passé (Grevisse) manquent de bases théoriques, sont aussi trop controversées entre les grammairiens. Essayer de suivre ces règles multiplierait les risques de solutions divergentes pour des cas analogues.

Mais si vous devez passer des examens ou des concours, il vaut mieux essayer de suivre les règles actuelles, même s'il existe une certaine tolérance. Par ''règles actuelles'', j'entends celles exposées par Grevisse, généralement considéré comme le ''grand calife'' ! Pour ne pas trop vous casser la tête, vous pouvez alors poser la question : qui (personnes) ou qu'est-ce qui (choses) est participe passé ? Pour les verbes toujours pronominaux (s'enfuir), ce sera ''s'est'' au lieu de ''est''. Vous accorderez votre participe avec le support identifié par cette question.

Mettez toutefois de côté les cas où le support se confond avec le sujet du verbe Avoir : ''La terre a rougi''. L'accord sera aussi bloqué (invariabilité) si le support est situé après le participe, donc non encore apparu. On en exceptera les verbes Être avec sujet postposé : ''Paul visita le village où était installée sa fille''.

Vous résoudrez alors 80 ou même 90 % des problèmes ! Pour les 10 % restants, je ne vois malheureusement que le par-cœur, comme d'ailleurs souvent pour l'orthographe française. Suivez alors plutôt Grevisse, beaucoup plus connu qu'Audet. Mais celui-ci n'a pas forcément tort pour autant ! 🙄
Re-bonjour

Quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi on n'accorde pas fait dans cette phrase :
"Une réunion qu'elles ont fait récemment".

J'aurais écris …qu'elles ont faite.. mais bon.

Merci à vous !

Sandoo
Mais si, il faut accorder : Une réunion qu'elles ont faite récemment.
Le mieux serait évidemment de choisir un verbe moins bateau, surtout que faire une réunion, c'est quoi ? L'organiser ?, Y participer ?
Pourquoi on n'accorde pas ?
Par simple négligence.
Car en fait il faut accorder.
Un participe passé conjugué avec "avoir" doit s'accorder avec le COD placé avant.

Elles ont fait quoi ? "une réunion" (féminin) , représenté par le pronom qu'.
Une réunionqu' elles ont faite récemment
Bonjour.
Petite hésitation concernant cette phrase :

Le professeur de mathématiques leur a présenté une formule difficile.


"leur" mis pour élèves évidemment. Présenté est bien correct ?
Participe passé conjugué avec "avoir"…
On n'accorde qu'avec un COD placé avant.
Ici, le COD est placé après :
Le professeur leur a présentéquoi ? > "une formule difficile".
Aucune raison d'accorder.
Et le pronom COS "leur" n'y change évidemment rien.