Accord du participe passé
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Il est à noter que le petit Robert classe cet emploi dans le paragraphe II consacré aux emplois transitifs du verbe passer… Présomption de COD, donc.
Cela dit, Google donne dix fois plus d'occurrences de "heures qu'il a passé" que de "heures qu'il a passées"…. Alors, attendons d'autres avis !
Alors, attendons d'autres avis !
Pour ma part, je ferais l'accord. On les passe, les heures, comme on dirait
On les subit.
J'ai écrit à l'Académie française pour leur demander leur avis. J'exprimais mon doute sur la correction de l'accord au motif qu'il s'agissait plus d'une durée que d'un COD.
Voici la réponse de l'Académie française à ce sujet :
Monsieur,
Nous ne partageons pas votre analyse.
les participes passés comme couru, coûté, régné, valu, vécu sont invariables quand ils sont employés au sens propre, car leur complément est alors un complément de mesure et non un complément d’objet direct : pendant le quart d’heure que nous avons couru ; les 87 ans qu’elle a vécu. Mais ils peuvent varier au sens figuré, où ils deviennent transitifs : les dangers que nous avons courus ; la folle époque qu’elle a vécue
Cordialement,
Patrick ×
Qu'en pensez-vous ?
Mais ils peuvent varier au sens figuré, où ils deviennent transitifs : les dangers que nous avons courus ; la folle époque qu’elle a vécue
On ménage la chèvre et le chou.
Complément de durée ou COD ? Voyons cela.
Il a perdu deux heures en Suisse.
les deux heures qu'il a perdues
Il n'a pas perdu "durant deux heures", il a perdu "deux heures".
COD > accord.
Il a attendu deux heures en Suisse.
les deux heures qu'il a attendu.
Il a attendu "durant deux heures".
Complément de durée > pas d'accord.
Il a passé deux heures en Suisse.
les deux heures qu'il a passées
Il n'a pas passé "durant deux heures", il a passé "deux heures".
COD > accord.
Et dans chacun des exemples, le complément répond pourtant à l'unique question "combien de temps ?". Cette question ne prouve donc pas qu'il s'agisse forcément d'un complément de durée.
Finalement j'ai retrouvé notre débat et des réponses assez complètes à cette question sur le site de "Question orthographe Voltaire" :
https://www.question-orthographe.fr/question/passer-et-participe-passe/
On y trouve de bons arguments, favorables et défavorables à l'accord.
Autant l'option choisie par
"Le Point" d'accorder que l'option choisie par
"Le Figaro" de ne pas accorder semblent donc finalement admissibles.
Le français n'est pas une science exacte.
Les grammaires mettent parfois en garde contre les analyses grammaticales effectuées à grand renfort d’interrogatifs substituables. Il faut garder à l’esprit que quoi n’est pas forcément objet direct, ni combien complément circonstanciel.
Merci de ton lien.
Je suis bien content d'y lire la remarque ci-dessus, et qui rejoint tout à fait ce que je disais dans mon précédent message : même s'il évoque une durée, un complément répondant à la question "combien de temps ?" n'est pas "mécaniquement" un complément circonstanciel de durée… Ce peut être un COD.
Bonjour à vous tous,
Un grand débat est ouvert depuis 15 ans au sein de mon entreprise au sujet d’une phrase présente dans nos lettres de mission. Le modèle est proposé par le siège, et il faudra des arguments grammaticaux solides pour le faire modifier, dans le cas où la phrase comporterait une erreur.
Chers experts/amoureux de notre langue, j’attends vos réponses avec impatience!
La phrase est la suivante:
“A cet effet, nous avons effectué les diligences que nous avons estimé nécessaires au regard de la doctrine.”
1. Quelle est l’analyse grammaticale de cette phrase?
2. Selon l’analyse grammaticale que vous proposerez, accordez-vous “estimé”?
Je vous remercie par avance du temps que vous m’accorderez.
Cordialement,
Pauline.
Il y a deux analyses possibles, qui ont l'une et l'autre leur bien-fondé et leurs partisans.
Pour ma part, je reste en faveur de l'accord. Les diligences, je les ai estimées. La conclusion de mon estimation était qu'elles étaient nécessaires.
Mais je comprends aussi qu'on puisse considérer "estimer nécessaire" comme un bloc.
Nous avons quelque part un fil qui aborde ces questions.
Je n'ai pas retrouvé le fil en question, mais voici une analyse explicative ici, au paragraphe "Le participe passé suivi d'un adjectif ou d'un participe passé".
https://www.logilangue.com/public/Site/clicGrammaire/AccordApresAvoir.php
Donc, accord ou non accord, au choix.
Aucune des deux options n'est considérée comme erronée.
Il est plus simple de ne pas faire l'accord.
Nous les avons estimé nécessaires > Nous avons estimé qu'elles étaient nécessaires.
Ah, merci pour les liens ! 🙂
Je me souvenais effectivement avoir donné quelque part le point de vue (très sensé selon moi) de Wilmet sur la question !
Oui, mais en appliquant la méthode Wilmet, je tendrais plutôt à l'accord avec "estimer" et non-accord avec "croire".
Nous les avons cru nécessaires/ Nous les avons crus : croire n'a clairement pas le même sens dans les deux cas.
Nous les avons estimés nécessaires/ Nous les avons estimés : estimer peut avoir le même sens dans les deux cas (Déterminer, marquer (par un jugement favorable ou défavorable) la valeur que l'on attribue ou doit attribuer à telle personne ou à telle chose abstraite.)
C'est vrai, mais sans attribut du COD, "estimer" peut aussi avoir le sens de "tenir en estime" "apprécier positivement". Là, c'est un cas limite.
Mais bon, je reconnais que l'accord du participe, dans la phrase proposée, peut tout à fait se concevoir.
Bonjour à vous deux,
Merci beaucoup de m’avoir éclairée!
Je penchais pour l’accord, et je suis contente de voir finalement que je n’avais pas complètement tort.
Il semble cependant qu’il existe une règle qui dit que les participes passé « estimé, désiré etc… » resteraient invariables dans certains cas.
J’ai cherché cette fameuse règle partout sur internet, mais je ne la trouve pas.
La connaissez vous? Si oui, pourriez vous me la faire découvrir?
Amicalement,
Pauline.
Peut-être
§V.857 / b - Participes passés, suivis d'un infinitif, qui restent invariables
Les participes "affirmé, cru, dit, dû, espéré, laissé, pensé, permis, pu, su, voulu" restent en général invariables :
- Voici les plans qu'elle a pensé vérifier car elle ne fait confiance à personne.
- Elle a pensé quoi ? > vérifier > l'infinitif est placé après et COD > invariable.
- Les fleurs qu'elles auraient voulu offrir étaient trop chères.
§V.857 / c - Participe passé avec l'infinitif sous-entendu
Les participes "désiré, escompté, estimé, nié, prétendu, prévu, promis" restent invariables lorsqu'ils ont pour COD un infinitif sous-entendu :
- Juliette a fourni tous les efforts qu'elle avait prévu… (sous-entendu : faire, fournir). Elle a prévu quoi ? > pas de réponse > si on sous-entend un infinitif > ce dernier est COD > participe reste invariable.
- Il a pris tous les papiers qu'il a désiré… (emporter).
Grosse difficulté pour analyser cette règle, et conserver le participe invariable n'est pas forcément fautif et reste la solution du moindre mal !
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire//conjugaison37.htmBonjour,
"… et surtout de la rendre plus proche de celle dont elle avait rêvé."
Doit-on marquer la maque du féminin sur le participe passé "rêvé" .
Merci
Eh oui…
dont elle avait rêvé = elle avait rêvé de celle-là
Pas de COD. Aucun accord à faire.
Salut à toutes et à tous,
est-ce que serait il possible d'ecrire, au lieu de "J'ai lu les histoires" de la suivant façon;
"J'ai lues les histoires"?
Merci beaucoup